‹ Civilisation et barbarieChapitre 5 sur 38 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

A la fin de 1840, j'abandonnais ma patrie, exilé par malheur, estropié, rempli de meurtrissures et de marques des coups que j'avais reçus la veille dans une de ces bacchanales sanglantes de soldatesque et de masborqueros. En passant par les bains de Zonda, je pris un charbon et, sous l'écu des armes de la république, que, dans des jours plus gais, j'avais peintes dans une salle, j'écrivis ces paroles :

« On ne tue pas les idées (1). »

Le gouvernement, auquel on communiqua le fait, envoya une commission chargée de déchiffrer l'hiéroglyphe que Ton disait contenir des choses ignobles, des insultes et des menaces. La traduction entendue : « Eh bien ! diton, que signifie cela?»

. Cela signifiait simple-

(1) Ces mots sont écrits en français dans le texte.

Page 1