XLII PROLOGUE
ment que je me rendais au Chili où brillait encore la liberté, et que je me proposais de faire projeter les rayons lumineux de sa presse jusque de l'autre côté des Andes. Ceux qui connaissent ma conduite au Chili savent si j'ai rempli ma promesse.
SEfiOR D. YALENT1N ÀLSINA.
Je vous consacre, mon cher ami, ces pages qui revoient la lumière publique, moins pour ce qu'elles valent qu'à cause des efforts que vous avez faits pour semer vos notes dans les nombreuses lacunes de la première édition. Essai et révélation pour moi-même de mes idées, le Facundo souffrit des défauts de toute production du moment, sans le seccfdfrs de aocmflènte à ma portée { il fat exécuté sans être bien conçu, loin du théâtre des événements et dans un but d'action immédiate et militante. Tel qu'il était , mon pauvre livre a eu le bonheur de trouver des lecteurs passionnés sur Cette terre fermée à la Vérité et à la discussion, et, glissant furtivement de main en main, gardé dans quelque cachette bien secrète, pour faire halte dans ses pérégrinations, il a pu entreprendre de longs voyages, et les exemplaires sont arrivés par centaines, ternis et défigurés à force d'avoir été lus, jusqu'à Buenos-Ayres, aux bureaux du pauvre tyran, au campement du soldat et à la cabane du gaucho, jusqu'à ce qu'il fût devenu, dans les conversations populaires, un mythe comme son héros.
J'ai employé avec ménagement vos précieuses notes, gardant les plus substantielles pour de meilleurs temps et des travaux plus médités, et par crainte de ce qu'en retouchant une œuvre aussi informe, sa physionomie pri*