‹ Civilisation et barbarieChapitre 8 sur 38 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

bilitation, les dégradations par lesquelles elle est passée. Mais il y a d'autres peuples et d'autres hommes qui ne doivent pas rester sans humiliations et sans leçons. Oh ! la France, si justement orgueilleuse de ses sciences historiques, politiques et sociales! L'Angleterre, si contemplative de ses intérêts commerciaux; ces politiques de tous les pays, ces écrivains qui se vantent de leur intelligence ! Si un pauvre écrivain américain se présentait devant eux avec un livre pour leur montrer comme Dieu montre les choses que nous appelons évidentes, qu'ils se sont prosternés devant un fantôme, qu'ils ont temporisé avec une ombre impuissante, qu'ils ont honoré un homme de rien, qualifié la stupidité d'énergie, l'aveuglement de talent, le vice de vertu, et les ruses les plus grossières d'intrigues et de diplomatie; si cela pouvait se faire comme il est possible de le faire, avec onction dans les paroles , avec une impartialité irréprochable dans la juste appréciation des faits, avec une exposition claire et animée, avec élévation de sentiments et une profonde connaissance des intérêts des peuples et un pressentiment fondé sur une déduction logique du bien et du progrès qu'ils ont empêché par leurs erreurs et des maux qu'ils ont occasionnés dans notre pays et fait déborder sur d'autres Ne sentezvous pas que qui ferait cela pourrait se présenter à l'Europe son livre à la main , et dire à la France et à l'Angleterre, à la monarchie et à la république , à Palmerston et à Guizot , au Times et à la Presse : « Lisez, misérables , et humiliez-vous! Voici votre homme! » et rendre exactement cet ecce homo si mal signalé par les puissants au mépris et au dédain des peuples !

L'histoire de la tyrannie de Rosas est la page la plusso-

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