‹ Claire d'AlbeChapitre 3 sur 40 · L ..lAUN'AY · texte numérisé non relu

L ..lAUN'AY

Air de Turennt.

Vous vous trompez , je suis très-brave j Je n'ai jamais connu 1 VSVoi ; De rhoaneur, avant tout esclave, Lui seul est ma suprême loi ; Oui , l'honneur est ma seule loi.

Plein du courage qu'il m'inspire, Pour un mot douteux , de ce pas J'irais me battre. . . aussi je neveux pas .^l'exposer à l'cnteiKire dire.

Mais de votre part, un oubli, cela n'aurait pas eu d'inconvénient.

M™° LAJAUNAY.

Je vous demande pardon -. cela en aurait eu beaucoup. M. de Surgy est un jeune officier, aimable , instruit, et dont tout le mérite n'est pas dans son épée. L'année dernière, nous le rencontrions tous les jours dans la maison de M. d'Albe , et il va souvent encore en visite chez Glaire , depuis qu'elle ne reçoit plus à jour fixera cause de son deuil. Il passe pour être au moins une de nos connaissances familières; vous-même vous lui avez toujours parlé de ce ton là , et en même temps vous aviez la maladresse de

laisser voir la jalousie qu'il vous inspirait. La malignité a recueilli vos soupçons mal de'guise's j et si j'affectais cl^éloifi^ner un jeune homme dont on vous croit jaloux, il n'en faudrait pas davantage : nos pre'tendu» amours seraient bientôt une nouvelle reconnue, avérée, officielle. Avec ça que la socie'fé, oîi la charité est aujourd'hui de mode, est si peu charitable , si avide de vous surprendre, onde vous supposer eu faute. C'est à qui épiera son voisin, se tiendra à l'affût de sa faiblesse, tâchera de tout deviner pour tout redire, souvent même ce qu'il n'a pu deviner. . . Et cette société-là, mais c'est tout le monde ; c'est l'homme qui vous serre la main, la femme qui vous adresse un sonrire , ce cercle d"amis que vous attendez chez vous. . . Et tenez , la voilà en abrégé. . . C'est M. Soufflot.

LAJAUNAY, à sa femme.

Chut donc !

SCÈ1\E If.

SOUFFLOT, LAJAUNAY, M»« LAJAUNAY.

SOUFFLOT, après avoir salue.

Bonjour , Lajaunay . . . Madame. . . Comment pe*-honne encore. . . c'est charmant. . . Un peu de médisance. . . Vous savez, tant pis pour ceux qui se font attendre j c'est pour ça que j'arrive toujours avant les autres.

XAJAUNAT.

Qu'est-ce que vous nous direz?

SOUFFLOT

Je ne sais rien de neuf.

M™« XAJAUNAY.

C'est étonnant, \ous qui en faites.

SOUFFLOT

Oui, quelque fois. (A pari.) De l'ironie. {Haut.) k\\\ ça, que je vous fasse mon compliment. J'ai entrevu votre jardin. . . un séjour délicieux. . . et puis à une demi-lieue de Paris , sur lu grand' route. . . 11 est vrai qu'on a des arbres tout blancs de poussière , des fleurs desséchées , pas d'eau, pas de vue, et beaucoup de bruit j mais c'est campagne , ce mot là répond à tout.

tAJAUNAY.

Toujours plaisant, comme disait ma femme à liostant même.

J'occupais les pensées de Madame. . . Privilège bieu flatteur , s'il était exclusif..... malheureusement il ne l'est pas.

LAJAUNAY.

Heim !

SOTJFFLOT.

Sans doute. Je suis persuadé que quand Madame est auprès de vous , elle pense à vous. Ce cher Lajaunay ! ... A propos, je viens de rencontrer sur la route Alfred de Surgy.

M™'' LAJAUNAY.

Nous l'attendons.

SOfFFLOT.

Ah ! ce pauvre jeune homme ! ... je ne sais ce qu'il a . . . mais je gagerais que c'est de l'amour. . . ( Regardant madame Lajaunay.) On saura pour qui... Le fait est qu'il avait mis sa petite jument au pas, et qu'il relisais une lettre, que j'ai cru même lui voir approcher de ses lèvres..... C'est drôle! ( A Lajaimay.) Vous ne riez pas?

LAJAUNAY.

Si fait. ( A part. ) Que le diable l'emporte. ( Se retournant. ) Et tenez , le voilà , a\ ec nos amis.

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