CHŒUR
Pour que la fête
Soit bien complète ,
Nous voilà lous
Au rrndez-vous.
A!i ! quel plaisir pour nous !
( ornijien ce jour est doux !
J'oint de tristesse;
Et qu'aujourd'hui
Notre allégresse
Trompe l'ennui.
ALFRED , prenant la main à Lajaunay.
Mon cher monsieur Lajaunay, qne vous êtes aimable de m'avoir invité. . . par la main de Madame. . . Quel plaisir de se retrouver à la campaçjne, au milieu de tous ses amis ! ( A pdrt. ) Elle n^est pas encore arrivée !
LAJAUNAY , à part.
Voilà une poignée de main qui me fait mal.
( Alfred t en se retournant ^ se troiwe en face de Soiifflot.)
SOUFFLOT
Eli bien ' monsieur de Snrgy , comment vont les amours?
Moi? Je ae sais ce que vous voulez dire.
SOUFFLOT
Toujours discret. ( Bas à mie dame gui est près de hn. ) Avez-vous remarqué madame Lajaunay , qui ne salue pas Alfred?. . . Au fait, c'est politique.
ALFRED, à part ^ à madame Lajaunay.
Madame, voici le duo, dont nous avons parlé avantbier.
m"^^ LAJAVSA.Y , de même.
Ali ! donnez. . . c'est charmant.
( Elle parcourt oi^ec lui le papier. )
SOUFFLOT , has à Lajaunay , lui montrant Alfred. Ditts donc , Lajaunay , vrai . c'est en ami que je vous fais remarquer. . . non pas que je suppose. . . mais ça fait rbucholter.
LAJAUNAY, se plaçant entre sa femme et Alfred. Ileim! qu'est-ce donc?
M'"*' LAJAUNAY.
De la musique, un duo que M. Altreil veut bien chanter avec moi.
ALFRED
Il est fort joli; et je suis sûr que dans la bouche de Madame , il prendra une g'âce, uue expression. . .
LAJAUNAY.
Ah ! c'est vrai.
SOUFFLOT, àpart.
Ah ! du moment que ça lui fait plaisir. . . Bl™® I.AJATJNAY.
Et cette bonne Claire? Quelqu'un a-t-il eu de ses nouvelles aujourd'hui?... Monsieur Alfred , vous n'êtes pas passé la voir?
AI-FKED.
Moi?... Oh! non, non, Madame; ni aujourd'hui , ni hier.
SOUFFLOT
Oh non ! ce n'est pas de ce côte' là <iue M. Alfred . , .
ALFRED-
Ah! ça, Monsieur, je vous prierai de vous uiêlcr de ce qui vous regarde.
SOUFFLOT
Allons donc! si ou ne peiit pas rire. . .
ALFRED
Madame d'Alhe vit si retirée depuis six mois. . .
LAJAUNAY.
Je l'ai vue, moi. . . Toujours triste. . , et coamio )e lui parlais, j'ai remarqué en elle uue émotion, . . ( RegardtnU sa femme.) Kh\ voilà uue femme qui est vraiaieut attachée. ..
SOUFFLOT , rinlcrrompant.
Charmante personnel. . . C'est peut-être même , k l'exception des dames ici présentes , la seule femme de Paris dont on ne dise rien, pas même son ancien portier, que j'ai placé chez moi*. . Il est vrai (]u'elle a une autre porte sur le jardin; et cette rue Saiut-Laznrre est si isolée. . .
( Mouvement d'Alfred. )
M*"® LAJAUNAY.
Comment ! Monsieur , que siguitie?. . .
SOUFPLOT.
Oh! rien. . . je suis le chevalier de madame d'Albe. . . Est-ce qu'elle ne Tiendra pas?
LAJAUNAY.
J'en donte. J'ai passé chez elle ce matin; elle n'e'tail pas bien de'cide'e. . ■■■-' Ji-j -• ,
.4ir delà hôbeét des Bottes.
Elle a depuis huit jours à peine
Pris le derai deuil, et ce soir ,
Je doute beaucoup qu'elle vienne.
SOTJFFLOT.
Ça dépendra de sou miroir.
Si sa parure , à ses rc^gards offerte , Lui découvrait qu'elle embellit , je croi Qu'elle viendrait : c'est une découverte
Qu'on ne garde jamais pour soi.
UN DOMESTIQUE , annonçant.
Madame d'Albe!
( Mouvement d' Alfred', il s* arrête. — Tout le monde va vers la porte. )
SOUFFLOT , se frottant les mains.
Heim ! j'en e'tais sûr !, . . La coquetterie. . . { A Alfred.") Je ne me trompe jamais.
ALFRED , à part.
Le fat! comme j'aurais du plaisir à le jeter par la fenêtre!