SCÈNE m
M"»» LAJAUNAY, CLAIRE.
M"« LAJAUNAY, le montrant à Claire.
Voilà nos juges.' curieux, indiscrets, menteurs, effrontés... on les méprise, maison leséconte... Vous êtes bien heureuse d'être à l'abri de leurs attaques I
CLAIRE
Oui , en effet, vous avez raison . . , Mais vons , Madame , que peut-on contre votre repos?... vous n'avez rien à vons reprocher. . .
M^"^ LAJAUNAT.
Et voilà ce qui est affreux !. .. Moi qui ai toujours fermé l'oreille aux déclarations. . . et Dieu sait si j'en ai reçu ! .. . Moi qui suis toujours restée fidèle à mon pauvre Lajaunay, je n'en suis pas moins compromise... et pour l'amant d'une autre encore!
CLAIRE
Plus tard on vous rendra justice.
M™« LAJAUNAY.
En attendant, on m'accuse. . . tandis que celle qui a oublié ses devoirs, trompé son mari, est plus heureuse , plus tranquille. . .
CLAIRE
Heureuse! tranquille! ... Et ce cœur où vous n'avez pas lu !.. , songez-vous aux remords dont il est déchiré ?. . .
Pour elle , snns doute , plus de repos , plus d'espérauce . . . Que ne donnei iiit-elle pas pour retrouver une heure , uue seule de cette paix dout elle jouissait autrefois!... Mais non, ses devoirs oublie's , son honneur perdu. . . son bonheur d'un jour , tout doit être expie' , tout ! . . . Il lui seml>le que sa faute est e'crite sur son front; dès qu'on la regarde, elle baise les yeux , elle a honte. . . Un murmure, un sourire la fait trembler ! Et si , malgré ses remords , sa faute hii est encore chère ! . . .
AIR : Feiil-élre encore tout plein de son outrage (de Marie ftliguot).
Près d'un époux dont le regard la tue , Si , daus le trouble où flotte son esprit, Elle aime encor celui qui Ta perdue ,
Et qui peut-être la trahit.
De ce supplice , ah! faites-vous l'image ! Le hiorrde en vain respecte son honneur . Lorsque contre elle existe un témoignage,
Et qu'il est au fond de sou cœur.
M'"^ LAJAUNAY.
Ah ! oui , ma chère , oui , vous avez raison. . . Je conçois à présent tout ce qu'elle doit souffrir. . . Mais, après tout, écoutez donc , c est sa faute... Elle a tout mérité!'
CLAIRE
Ah!
m""" LAJAUNAY.
Qa'avez-Yous donc?
CLAIRE
Rien, rien. ^ . quelques ordres à donner. . . { A j art. )' Ah ! sortons. . .
( Madame Lajaunar la suit at^cc inquiétude. — Elle sort. )
M™e LAJAUNAY, /<7 sidi>ant des jeiix.
Comme elle est émue!... Ah! je le vois , de la compassion... l'^lIe est si iudulgenie !. . . Le fait est qu'elle, vaut mieux que moi... Elle a raison , il faut aimer son mari ; ii faut l'aimer (juand même!. . .