‹ Claire d'AlbeChapitre 35 sur 40 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

M"»» LAJAUNAY, CLAIRE.

M"« LAJAUNAY, le montrant à Claire.

Voilà nos juges.' curieux, indiscrets, menteurs, effrontés... on les méprise, maison leséconte... Vous êtes bien heureuse d'être à l'abri de leurs attaques I

CLAIRE

Oui , en effet, vous avez raison . . , Mais vons , Madame , que peut-on contre votre repos?... vous n'avez rien à vons reprocher. . .

M^"^ LAJAUNAT.

Et voilà ce qui est affreux !. .. Moi qui ai toujours fermé l'oreille aux déclarations. . . et Dieu sait si j'en ai reçu ! .. . Moi qui suis toujours restée fidèle à mon pauvre Lajaunay, je n'en suis pas moins compromise... et pour l'amant d'une autre encore!

CLAIRE

Plus tard on vous rendra justice.

M™« LAJAUNAY.

En attendant, on m'accuse. . . tandis que celle qui a oublié ses devoirs, trompé son mari, est plus heureuse , plus tranquille. . .

CLAIRE

Heureuse! tranquille! ... Et ce cœur où vous n'avez pas lu !.. , songez-vous aux remords dont il est déchiré ?. . .

Pour elle , snns doute , plus de repos , plus d'espérauce . . . Que ne donnei iiit-elle pas pour retrouver une heure , uue seule de cette paix dout elle jouissait autrefois!... Mais non, ses devoirs oublie's , son honneur perdu. . . son bonheur d'un jour , tout doit être expie' , tout ! . . . Il lui seml>le que sa faute est e'crite sur son front; dès qu'on la regarde, elle baise les yeux , elle a honte. . . Un murmure, un sourire la fait trembler ! Et si , malgré ses remords , sa faute hii est encore chère ! . . .

AIR : Feiil-élre encore tout plein de son outrage (de Marie ftliguot).

Près d'un époux dont le regard la tue , Si , daus le trouble où flotte son esprit, Elle aime encor celui qui Ta perdue ,

Et qui peut-être la trahit.

De ce supplice , ah! faites-vous l'image ! Le hiorrde en vain respecte son honneur . Lorsque contre elle existe un témoignage,

Et qu'il est au fond de sou cœur.

M'"^ LAJAUNAY.

Ah ! oui , ma chère , oui , vous avez raison. . . Je conçois à présent tout ce qu'elle doit souffrir. . . Mais, après tout, écoutez donc , c est sa faute... Elle a tout mérité!'

CLAIRE

Ah!

m""" LAJAUNAY.

Qa'avez-Yous donc?

CLAIRE

Rien, rien. ^ . quelques ordres à donner. . . { A j art. )' Ah ! sortons. . .

( Madame Lajaunar la suit at^cc inquiétude. — Elle sort. )

M™e LAJAUNAY, /<7 sidi>ant des jeiix.

Comme elle est émue!... Ah! je le vois , de la compassion... l'^lIe est si iudulgenie !. . . Le fait est qu'elle, vaut mieux que moi... Elle a raison , il faut aimer son mari ; ii faut l'aimer (juand même!. . .

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