SCENE IV
M»« LAJAUNAY , SOXJFFLOT , ensuùc LAJAUNAY.
SOUFFLOT . à la caiiLonadc.
Oui , riez , riez ! ce n'est pas une plaisanterie, [ On mitrmure. ) je vous assure. . . un coup d'cpe'e.
M^® LAJArNAT.
O ciel! unconp «l'épéel... Qu'est-ce donc , M. Soufflet? SOUFFLOT.
Àh! c'est vons, Madame! Vous ne savez pas?... Pardon , je sois tellement troublé. . .
M™® LAJArNAY.
Eh bien ! vous êtes aile' de ma part. . .
SOUFFLOT
Chez M. de Surgy... pauvre jenne homme! Impossible de le voir... il venait de rentrer... c'est-à-dire, on venait de le rapporter à son hôtel
M™^ LAJAUNAY.
Comment?
SOUFFLOT
Il pre'tend, lui, qu'il s'est bles?ë en tombant; mais son domestique m'a fait entendre , en secret, que c'était une blessure très-grave , un bras cassé. . . un duel. . .
M™^ LAJAUNAT.
Un duel! Ah ! mon mari!» . .
( Elle va pour SOI tir , Lajaunar paraît. )
SCEIXE V.
M"" LAJAUNAY , LAJAUNAY . SOUFFLOT.
LAJAUNAT , à la cantonade .
Eh bien ! oui, c'est moi... me voilà ! je ne stn's pas morf^ Quand vous me regarderez. . .
M"^^ LAJAUNAY.
Quelle peur vous m'avez faite!
LAJAUNAY.
Moi!
SOUFFiOT.
Vous u'êtes pas blessé?
LAJAUNAY.
Hein ? . . . Ali ! ça , voyons , est-ce ane gageure? et tout le monde s'est-il donné le mot ? C'est à qui me demandera si je suis blessé.
m""^ lajaunat.
Vous ne l'êtes pas ! . . . ah ! tant mieux ! Mais à présent , Monsieur , je vous ferai de justes reproches . . .
LAJAUNAY.
Des reproches !
SOUFFLOT
Et Madame a raison j car enfin votre affreux duel. . .
Plaît-il?... Un duel, moi!
SOUFFLOT
Parbleu ! la blessure de ce malheureux jeune homme...
LAJAUNAY.
Quel jeune homme ?
SOUFFLOT
Dam ! ce pauvre Surgy ! ,. .
LAJAUNAY.
Il est blessé? ( Regardant sa femme. ) Encore du scandale!
SOUÏFLOT.
Un bras cassé. . . Vous devez le savoir mieux que personne, puisque c'est vous. . .
lajauxay.
j Air de l' Opéra-comique.
Monsieur , vous tairez-vous enfin?
MAD. LAJAUNAY.
Calmez. vous , soyez raisonnable.
LAJAUNAY.
Me prendre pour un spadassin î Moi , Monsieur , j'en suis incapable
SOUFFLOT
Non, ce n'est pas volr*^ défaut.
Mais sans èlre brave , l'on blesse ; Et pour être adroit il ne faut Qu'un coup (le maladresse.
Est-il entêté ! . . . Mais vous êtes sorti ?. . .
LA.TAl'NAY.
A ce con)pte là, aut;int vaudrait dire que c'est d'Albe qui s'est battu , lui qui est sorti comme moi. SOUFFLOT.
Eh ! . . , an fait, ... ça se ponrr.'it Itif n , . .
LAJAUNAY.
Allons donc. . . Quand il part ce soir. M""" LAJAUNAY.
II part?
SOrFFLOT.
Ce soir!
LAJAUNAY.
Je cours pour ça depuis une heure!..» tl m'attend là dans son cabinet. . . {U va pour sortir.)
SOI'FFLOT, à ynri.
II part!... de mauvaises affaires peut être. . . pourvu que le bruit ne s'en répande pas.
i^ // va pour sortir par Le fond. ) M™^ LAJAL^îïAy.
Son de'partî. . , c'est singuli r! . . . Lajaunay !. . .
LAJAUNAY , revenant.
Plait-il? {Soiiffiol redescend.)
M™« LAJAUNAY. Mon ami, soyez de bonne toi, pas de détours; c^est plus important que vous ne pensez. . . Entre nous , est-il bien Trai que ce duel n'ait p^s eu lien avec vous ?
SOUFFLOT (l).
Là , est-ce bien vrai?
LAJAUNAY.
Encore!... Allez vous-en an diable.
.âiR : L'amitié vous réclame. ( de l'Orpheline.)
C'est une impertinence
Dont je vais tout de l>(.>n ,
Dans mon impatience ,
Vous demander raison.
Vous verrez , l'aventure est ueuve , Qu'il faudra , par malentendu,
(i)Soufflot, Lajaunay ; madame Lajaunay.
Claire.
^îe battre, pour donner la preuve Que je ue me suis point battu.
C'est une impertinence , etc.
MAD. X.AJAUNAY , à part.
Après sa longue absence , D'Albe part sans raison-' Et Claire!.. . ah ! plus j'y pense. . . Quel étrange soupçon !
SOUl'FLOT, à part.
Dans mou itnpatience, Je cours vite au salon , Faire la coufiilence De mon nouveau soupçon.
{il sort à droite, Soufflât sort par le fond; les portes restent ouvertes', on voit des groupes se former dans le salon, el Soujfflot aller de Vun à l'antre.)