SCÈNE \II
ALFRED , M"'^ LAJAUNAY , LAJAUNAY , CLAIRE D'ALBE, SOUFFLOT.
LAJAUMAY.
Eh bien! s'amuse -t -on ici. . . comme là-bas? comment va le plaisir? ( Bas à sa femme.) Allons, un air riant.
M™® LAJAUNAY , baS.
C'est une horreur !
SOUFFLOT
Oh' tout le monde est d'une gaîté... Dam! on prend exemple sur les maîtres de la maison.
LAJAUNAY.
Et vous , monsieur Alfred. . . vous qui avez une si jolie
voix , nous pre'parez-vous quelque chose? ( Bas à sa
femme.) Voilà votre transition. . . Allez, allez.
Monsieur. . .
CLAIRE , à part.
C^était lui!
SOUFFLOT, bas à Claire.
"Vous comprenez ... le danger . . .
LAJAUNAY , bas d sa fetntne.
Allez donc , allez donc.
M™« LAJAUNAY.
Ah! monsieur Alfred... il aVait ëté question d'un duo que vous m'avez apporté.
ALTRÉD.
Oui , j'espérais. . .
LAJAUNAY , bas à Claire.
Mftim:
M™» LAJAUNAY.
Eh bien ! je n'avais pas pensé à vous le dire tout de suite ; mais depuis hier, uu enrouement... Il m'est défendu de chanter.
LAJAtJNAY , bas.
Bien ! bien ! . . . ( Haut. ) Bah ! pourquoi donc ça , bonne amie ? . . . Allons , an petit effort.
SOUFFLOT, riant.
XJn petit effort !
M™" LAJATJNAY.
Non, non, je sens qneça m'irriterait.
Ah! c'est dommage... Comment?... rien qu'un duo?. ..
M™^ LAJAUNAY , bas à SOU mari.
Finissez , oa je chante.
LAJAUNAT , vivement.
Enfin , ma chère amie , je n'insisterai pasj je ne veux pas avoir cela à me reprocher.
M°* LAJAUNAY , à Alfred.
Monsieur excusera. . .
ALFRED
Comment donc. Madame?... ( Rencontrant un regard fie Claire. — A part.) Allons , un retour de j.ilonsie!, . .
SOUFFLOT
Eh ! mais , nous réclamous . . . { A Clair -, ) N'est-ce pas , Madame?. .. On nous a promis un duo. . .
M™^ LAJAUNAY.
Mon dieu! rien de plus sircple. . . quelqu'auTre personne peut chanter avec Monsieur.
LAJAUNAY.
Certainement. ( Blontrant Claire. ) Madame , par exemple. . . N'est-il pas vrai, vous consentez?. . . CLAIRE , préoccupée.
A quoi?
ALFRED , à Claire.
Il s'agit d'un duo qu'on vous propose de chanter avec moi... {^ Ai^ec intention.) Et je crois deviner... vous êtes inquiète. . . A une première vue on peut se tromper ... on a peur ... on se trouble . . . mais si nous avions quelques instans pour nous entendre. . .
Pour répéter ?.. . C'est trop juste. Ma femme et moi nous retournons an jardin rejoindre tout le monde. ( Has à Claire. ) Eh bien! vous avez parlé?... N'est-ce pas qu'il y a quelque chose ?
( ae )
CLAIRE , très-agitée.
Je ne crois pjis encore. . .
LAJAUNAY, bas.
Vous dites cela pour me flatter.
U^^ LAJAUNAY.
Veuez-vous, mou ami?
ENSEMBLE
bOUFlXOT.
Air de la jeune Coquette.
Bravo ! c'est charmant !
Quel enjouement!
Chacun s'y prête .
Chacun est content.
Douce harmonie ! accord touchant !
CLAIRE et LAJAUNAY.
>lon cœur agité N'a pas dompté Sa peur secrète.
Pour moi quel tourment !
Combien je souffre en ce moment !
MAD. LAJAUNAY et ALFRED.
Son cœur agité
N'a pas dompté , etc.
( Lajaunay sort avec sa femme -, Soufflot les suit. }