ACTE II, SCENE XII
d'herbin. Mortel
saint-Charles. Oui, morte , si vous Fépousez.
d'herbin. Si je l'épouse !
saint-charles. C'estl'arrêtdumédecin.
d'herbin. Du médecin ?
SjMNT-charles. C'est ce que vient de me dire votre ami, M. d'Ormenil.
d'herbin. De quoi se mêle ce médecin?
pour qui me prend-il ? où a-t-il vu que ma personne fût si dangereuse ?
saint-charles. Ah ! monsieur , c'est que vous ignorez...
d'herbiim. Il y a encore autre chose?
Saint-gharles. Monsieur, vouz voulez tout savoir; je vous dirai tout. Depuis long-temps l'aime Claire.
d'herbin. Ah! vous aimez?... et le médecin ne trouye pas que vous soyez aussi dangereux que moi?
saint-Charles. Alors, monsieur, vous comprenez...
d'herbin. Mais si vous aimez Claire, Claire ne vous aime pas.
Saint-charles. C'est parce que nous nous aimons que...
d'herbin. Et vous alliez épouser sa sœur ?
saint-Charles. On vous dira. . . on vous expliquera plus tard..... oh î monsieur d'IIerbin, vous êtes bon, vous êtes sensible ; j'ai deviné quel motif généreux vous a déterminé à rechercher la main de Claire ; vous vouliez la ^dédommager des fâcheuses dispositions dû sa mère pour elle... vous vouliez, en un mot, son bonheur. Eh bien! elle serait malheureuse avec vous.
d'herbin. Je
saint-charles. Oh! monsieur, ne prenez pas mes paroles en mauvaise part.
Yous savez combien Claire vous estime, vous aime et vous honore.... vous êtes un père pour elle.
d'herbin. Un père, un père... mais enfin que ne m'a-t-elle dit tout d'abord... ?
saint-charles. C'était pour plaire à sa mère.
d'herbin. Me laisser m'habituer à cette idée-là! C'est vrai... je m'étais arrangé un bonheur... je me voyais près d'une femme charmante, environné de... (Il désigne d'abord de petits enfans; puis, élevant les mains, il désigne de grandes personnes) de parens estimables, et puis voilà que tout;à-coup il faut renoncer...
saint-charles. Ah! monsieur, vous renoncez...
d'herbin. Eh ! que diable! ce n'était pas
is obligé.
pour la faire mourir que je voulais l'épouser... c'était pour faire son bonheur; mais, puisqu'il paraît qu'on m'en juge incapable... quoi qu'il m'en coûte de renoncer à des idées... j'aime mieux la voit heureuse avec un autre que morte avecmoi.
SATNT-CHARLES. Ah! monsieur d'Herbin ! mon cher monsieur d'Herbin !
d'herbin. Oh ! ne me remerciez pas.
C'est que je ne peux pas faire autrement. Du reste, me promettez-vous de la rendre bien heureuse ?
SAiNT-cnARLES. Je vous le jure.
d'herbin. Eh bien! voilà au fond ce que je voulais. Cependant j'aurais mieux aimé que le bonheur luivîntde moi, parce qu'il m'en serait revenu quelque chose.
Enfin je vais trouver sa mère, lui dire
saint-charles. Non, rien encore. Il ne faut pas que Mme d'Ormenil se doute — c'est l'intention de son frère, de votre ami.
d'herbin, désignant les haïtes et V écria.
Et moi qui suis venu avec des cadeaux
allons, il faut bien en prendre son parti. L'état de vieux garçon est un état de sacrifice.
11 sortent par le fond, Saint-Charles témoignant toute sa joie et d'Herbin un peu de mauvaise humeur.
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