LETTRE CXL
«ISS CLARISSE HARLOYR, A MISS HOW*.
Samedi aprta midi, U «ntl.
O ma meilleure , ma seule amie ! c’est à présent que je ne puis plus vivre! j'ai reçn le coup au cœur, je n’en guérirai jamais! Ne pensez plus à la moindre correspondance avec une misérable qui semble désormais
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absolument dérouée. Quelle autre espérance si les malédictions des païens ont le poids que je leur ai toujours attribué, et que tant d'exemples m’apprennent qu’elles ont eu dans tous les temps? Oui , ma chère miss Howe, pour mettre le comble à toutes mes afflictions, j’ai à lutter désormais contre les malheureux effets de la malédiction d’un père! Continent aurai-je la force de soutenir celte réflexion ? Mes terreurs ne sont-elles pas trop justifiées par tes circonstances de ma situalion.
J'ai reçu enfin une réponse de mon impitoyable sœur. Ah ! pourquoi me la suis-je attirée par nia seconde lettre à ma tanle? Il semble qu'on l’ait tenue prêta pour ce signal. La foudre dormait jusqu’au moment où je l'ai réveillée. Je vous envoie la lettre même. H m'est impossible de la transcrire. L’idée m’en est insupportable. Terrible idée! la malédiction s’étend jusqu'à l’autre vie.
Je suis dans le trouble et l'abattement des plus noires vapeurs. Je n'ai que la force de répéter : Évitez, fuyez, rompez toute correspondance avec le malheureux objet des imprécations d’un père 1