‹ Clarisse HarloveChapitre 74 sur 127 · LETTRE LXXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE LXXXIX

MISS QLABJSSE JIARLOYE, A MJSS IIUVVK. ,

A Saint-Atliom, mardi , 6 -me -heore aptàs minuit.

U ma .1res diète amie! après toutes les résolutions dent je vousaii entretenue dans ma dernière lettre, que dois-je ou .que puis-je vues écrire? De quel front approcher de vous, -par Tcnlnurose même dune lettre? Vous serez bientôt informée, si vous ne l'ùies déjà par .leèruit public, que votre amie, votre Clarisse Llariove, a pris le fuite avec «a .hum me.

Je n'ai rion de si important, de si nécessaire au monde, que de vans en expliquer les circonstances. Toutes les Iteorus du joue, et de chaque jour, seront employées à celte grande entreprise, jusqu'à ce qu’elle sait entièrement Unie : j’entends les heures que cet importun me laissera libres, à présent que je me suis jetée si fullement dans la nécessité 4e lui en accorder un grand nombre. Le sommeil a fait divorce avec mes yeux. Il n’qpprochc plus de moi, quoique son assoupissement soit un baume si nécessaire pour adoucir les plaies de mon Ame. Ainsi, pendant les heures qu’il devrait occuper, vous aurez sans interruption le récit de ma funeste aventure.

Mais, après ce que j’ai fait, daignerez-vous ou vous sera-t-il permis de recevoir mes lettres?

0 ma chère amie 1 souffrez que je respire.

U ne mu reste qu’à tirer le meilleur parti que je pourrai de ma situation. J’espère qu’il ne seca point désavantageux. Cependant je n’en suis pas moins convaincue que l'entrevue est une action téméraire et qui ne peut être excusée. Toute sa tendresse, tous ses sermons ne pouvtmt calmer les reproches que mou cœur se fait 4e nette imprudence.

cuuussk »ut! r*. 5T9

hé-porteur. macèière,» ordre de tous demander ia petite quantité de linge que je vous ai envoyée dans de meilleures et de plus agréables «apéraneca.

Ne me renvoyé* pas tues lettre». Jo ne vous demande que le linge : i moins que vous ne soyez disposée à m'accorder lu faveur de quelques lignes pour m'assurer que vous m'aimez cucere, el-que vous suependnez voire oensure jusqu'à l'explication que je tous promet». Je n’ai pas voulu différer à vous écrire, alin que si v ous avez envoyé quelque chose au dépdt. vous vous hâtiez de le faire retirer ou d ariéter ce que voua auriez dessein do faire potlir.

Adieu, mon unique amie! Je vous -conjure de m'aimer. Unis, hélaa! que dira votre mère? que dira la mienne? que diront tous mes prêchas? fit que va dire ma chère madame Norton? Quel seca le triomphe de mon frère et de ma sueur!

Je ne puie vous dire aujourd'hui comment ni dans quel lieu j'espère «eus donner du tues nouvelles etrecevoirdes vélres. Je dois partir d’aci (I) de grand malin, et mortellement iauguee. Adieu encore une fins. Je no vous demande. plus que votre pitié et vos prières.

CLARISSE Haulotr.

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