‹ Clarisse HarlowChapitre 13 sur 62 · LETTRE CLXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CLXXIX

VISd HOWE, A UADAME KORTOn.

BaiMtfitasoIr, tt/oftaf.

Ch<&r6 et excellente femme, l^bônneuT de totre incomparable élève est -sans tache et ne* cessera jamais d*être tel, en dépit des hommes et de toutes Tes puisantes de l*enfer. S'il y avait eu quelque cspéruitce^ dte réconciliation, meTr uniqfte but était de l'arracher à cet hamme-lè. Ce <ne }e' puis dire à présent, c'est qu'elle doit courir le risqw d'atoif tu maftrvais mari, elle dont il n'y dpas'd'hontnie qui sfoit digne.

Vous plaigiie2 sa mère ; c'est de quoijesMJs Wen éloigtiéCi Je ne plahri |)as taèut qui se mettent dans l'impuissance de marquer de'fai tendresse et ■de l'humanité par de misérables vues de repos et d'intérêt propre que 1* nloîndre vetït peut troubler. Non,, je n'en plains pas un ?eul; c'est à* ma <Sh6r^ amie que je dois toute nia compassion. Sans eux, elh) ne serait }vmais tombée dans le's mains de cet honmie-Ià. Elle est irréprochable. Vous fié savei pas toute son histoire. Qurxnd je vous dirais qu'elle n'a pas eti l'intention de partir avec lui, ce serait la justiGer inutilement; te sérail <îônclamner seulement ceux qui roui poussée dans i'abtme^ et celui qui ûoit être à présent son refuge. Je suis voire servante et votre amie sincère.

LETTRE aXXX,*

ttADAME HARLOVB, A MADAME NORTON.

Samedi, 13 mai.

J'exécute ma promesse, en répondant par écrii^ vps informations. Mais gardez-vous d'en parler à personne, soit à Belty de ma fille Bella, qui TOUS rend' quelquefois visite, à ce que j*apprends; soit à la pauvre malheureuse elle-même, à persoune, en un mot, je vous le teeomrifande abso- Ittllietfti J'ai le eoeur plein , je me soulagerai .eu {mnanb la^ pliiM^ et fetitr'êtr» m*aarr«terai-je bien plus à la pciiilare 4ftr mes pûne» qÊfkfk téjKMiMd' que je tous ai promise^ *

IfVMis sffvei; c«mbi6ii cette ingrate eréafvfe wûim a tevqontB été ahèra»

'Vbtf6 éavet quel p)iai$ir nous nous faisions dviieits ifiMIraè ctut quiila

W/iMs^ ou qui eonTêrsaieiit avec ellir, poar la io«<tf ec poufi'iitaiiptt.

^ Il nous anivarit mène aesen souvent de passer le» bovties d'imt oeiitaiM

I MMesiie^q«l devail^nous rendre p4aft séfèM», purNfM e^étAit iiotwflUe.

r^ *^i:!enë lëttn» if a été communiquée qû'«préi ta' dû de fttistbii^ , et lôMqifon t ftfJM Mreeeaff.

lb||^,p6B6iaQft (pi'il 7 atait plus à craindre de marquer de rarea- ^emeiU eide ralfectatton, en refusant nos louanges aux apparences (TuH ' iqénle ai distingué^ que de nous àltirer un reproche d'orgueil et de par- f; tialilé en louant ce qui nous appartenait. %

Ainsi, lorsqu'on nous félicitait d'avoir une telle fille, nous recevions ce cenpliraent sans le trouver excessif. Si Ton admirait noire bonheur, nous convenions que jamais parens n'avaient été plus heureux dans une ÙUe. Si 1'^ observait particulièrement le respect qu'elle avait pour nous, il est Tiû, disions-nous, qu'elle ne sait pas manquer au devoir. Si nous entendioDS dire que Clarisse avait de L'esprit et de la. pénétration for( au delà de son âge, au lieu de rabaisser son esprit, nous ajoutions 'que son ingeineDt n^était pas moins extraordinaire. Si l'on faisait l'éloge de sa prudence et de cette prémédiialion qui supplérait en elle au défaut des années et de i'expérience, nous répondions avec une sorte de vanité s Clarisse Harlove est en état de donner dos leçons à tout le monde.

PacdonBez, ma chère Norton, ah I pardonnez h la tendressq d'une mère. Mais je sais que vous aurez cetie indulgence pour moi. Cet enfant était anflBâ le ¥Ôire, tandis qu'il n'y avait rien à lui reprocher; il faisait votre' ffam comme la mienne.

Mais u'cntendiez*TOtts pas les étrangers, lorsqu'ils la voyaient passera VélJàtBi qui, s^arrôtantpouf l'admirer» la traitaient de créature angélique, poÉéJtotqte ceux de qui elle était ccmnue croyaient avoir dit assez en répodéaiït que c'était miss Clarisse Harlove ; comme si tout le monde eût été obligé de connaître miss Clarisse Harlove, ou d'avoir entendu parler. d^lte et de ses perfections. De son côté, accoutumée dès l'enfance à ce t^bixi de louanges, l'habitude en était trop familière pour lui faire changer qMlfiie chose à sa matcbe ou à ses regards.

Pour moi, je ne pouvais me dérober à nn plaisir qui avait peut-être UM vanité ceapeble pour fondement, lorsqu'on me parlait ou qu'on s:'a* dMMâil à moi ooraitte è sa mère. M. Harlove et moi, nous sentions croître notre affection l'un pour l'antre en nous'applaudissant de la part que nous amns.eiift à cet admirablo ouvrage.

(MorBy encona un peu d'indulgence pour ces tendres effusions d^un OQWr BOftetsei! Je pottirais m'attaoher éternellement au souvenir de ce qa*di» éiait^ ne £ùt*oe que pour écarter de mon esprit ce qu'eUo est <lBveniBew

Dans un âge si tendre^ je ponrais déposer toutes mes peines dans son, nein, sûre de trouver dans sa prudence du conseil et de la consolation^. etridàil Fauire insinués d'une manière-si humble^ si respectueuse, qu'il était iftposnible d'y remarquer la moindre de ces indiscrétions que la dilféreftoe des aanée» et du caractère entre nne mère et une fille aurait ptt faive appréhender de toute autre qu'elle. Elle faisait notre gloire au dehM^iet nos délices dansi l'intérieur de la maison. Entre ses parens, chacua éiaia. passionné ponr sa ceupagnie. Us. se la dispuiaiçot entre eux> Son. pèE^qt ^noii wm ne l'accordicos qu'à regret à ses oncles et k sa tante, et s il s'élevait quelque différend dans la lamille, c'était à l'ocoasion de* aa^fMesiv û^.dii temfs qa'aUe devait pa^si^ chez Vmi ou chez i'aullre. , lamais^ elle n'a reçu de nous d^autres marques de méconlentemeht on 4*lMHPeU:Fqne e^W desramans^ c'est4rdire des reproches leUdres loirs-:

qnT^^ a'enferinait.trop loi«-f6|np$. pour çea/;h#r9|jmt^.ç)t.ifyà^ occu-, î

7â CLàWSèft lUltOfB.

paiions dont toaCe b maison, néanmoins, tirait de Si grands ayanfagM.

Nos autres enlaus, quoiqu'ils aient toujours éié d'un fort bon caractère, ayaient peut ôlre raison de se croire un peu négligés. Mais ils rendaieol tant de justice à la supériorité de leur sœur, que, reconnaissant Thonneur qu*elle faisait à sa famille, ils n*élaient pas capables de la regirder d*un œil d'envie. Entre des frères et des sœurs, une différence de oelte nature n'excite que l'émulation. C]ar7,Tousle savez, chère Norton, donnait du lustre à toute la famille. A présent qu'elle nous a quittes, hélas I quittés avec tant de confusion pour tous ses proches, nous sommes dépouillés de notre véritable ornement ; nous ne sommes plus qu'une famille commune.

Vanterai-je ses talens, sa voix, son habileté dans la musique et la peinture, rexcellence de son aiguille, cette élégance dans la manière de se mettre, qui faisait dire à toutes les dames du voisinage, quelles n'ayaient pas besoin des modes de Londres , et que le goût naturel de Clarisse Earlove était fort au dessus des recherches de l'art? Parlerai-je de son air aisé, des charmes de sa figure, de ses profondes lectures, dont le froitt augmenté par àes léOexions, ne changeaient rien à ses manières ouverte et ne diminuaient pas son modeste enjouement? Orna chère Norlool quel délicieux enfant avais- je autrefois dans ma Clarisse 1

Je ne dii rien que vous ne sachiez comme moi, comme tout le monde, et même encore mieux; car une partie de ses perfections venait de youa, et vous lui aviez donné , avec le lait , ce qu'on ne pouvait attendra de toute autre nourrice.

Croyez-Tous, ma digne femme , croyez-vous que la chute yolontaiie d'un enfant si précieux puisse jamais être pardonnée? Peut-elle croire elle-même que l'abus de tant de talens, qui lui ont étéconflés parleciel, ne mérite pas le plàs sévère châtiment?

Sa faute est une faute préméditée, où Tartiflceet la ruse ont joné les premiers rôles. Elle a trompé l'attente de tout le monde: c'est une tache pour tout son sexe, comme pour la famille dont elle est sortie.

Quelqu'un se serait-il jamais imaginé qu'une jeune personne de son caractère, qui avait sauvé sa trop vive amie du danger d*épouser un M* bertin, prendrait la fuite eUe-méme avec lo plus infâme et le plua venoromé de tous les libertins ; avec un homme dont elle oonnaissait ies moDura* pires mille fois que celles de l'homme dont elle avait préservé son amie; avec un homme qui a 6té la vie à son frère, et qui n'a pas cessé un moment de braver toute notre famille?

Pensez-y pour moi, ma bonne Norton; jugez quel doit être lé malheur de ma vie, en qualité de femme et de mère. Que de jours d'affl ctienl Que de nuits passées dans l'insomnie! obligée néanmoins d'éioulfer la douleur qui me ronge, pour adoucir des esprits violons, et pour ariéter de nouveaux désastres. Ohl cruelle, cruelle fille I Avoir si bien oonnii œ qu'elle faisait! avoir été capable d'en soutenir toutes les oonsé» qnenoesl elle que que nous aurions crue disposée à soufinr la mort, plutôt que de consentir k sa honte!

Sa prudence, si tong-temps éprouvée, ne hri laisse aucune eienae. Comment pourrais-je donc entreprendre de plaider pour elle, quand l'indulgence maternelle me porterait moi-même à lui pardonner? D'aiHeoM, toute l'humiliaiion que nous avions k craindre de cette disgrâce n*esl .

oDe pas dëjh tombée sor doqsT Mangoe-t-il quelque choMk la sSeoM?

Si le dégoût U prend aujoard*bai pour les mœurs de son libertin « n'ayait-elte pas la môme raison d*ea resseniir avant sa fuite? Serail^-ce rezpérienoe qui lui en aurait iosptréT Ahl ma chère bonne femme, je doute, je doute... Le canctère de I*bomme ne ferait-il pas douter d*un ange, s*il lui tombait un ange entre les mains? Le public en jugera dans le plus mauvais sens, et j'apprends qu'il l'a déjà fait . Son frère le dit ; son père le craint : puis-je l'empêcher?

Elle connaissait noire aversion pour lui, comme son caractère. Il faut donc que pour de nouveaux motifs, il y ait quelque nouvelle raison. 0ht ma chère madame Norton, comment pourra!s-je, comment pouvez-voos supposer les craintes oii ces idées nous conduisent I // la preae eoiif^ nuillement^ m*avez-vous dit, et tmis ut parent la soUieilenî dt VépoHter. Elle a ses raisons, sans doute> elle a ses raisons, pour s'adres.^er è nous et son crime est d*un0 nature è nous faire redouter quelquo nouvtUe disgrâce. Dans quels précipices un cœur égaré n*est-il pas capable de se laisser conduire après une criminelle démarche? Il n'est que trop vraisemblable qu*on cherche à nous sonder, pour ménager la vanité d'un e^ prit opiniâtre, qui se réserve le pouvoir de nier ou de se rétracter.

Mais enfin, quand j*aurais du penchant è plaider pour elle, c*est è présent le moins Câvorableide tous les temps : à présent que mon frère Jules (comme il est venu nous dire ce matin) a rejeté les soUicita'.ions de M. Uickman, et qu'il en a été applaudi ; à présent que mon frère knU^ nin pense à faire passer ses grands biens dans une autre famille; ellemâme s'attendaut sans doute à rentrer dans la terre de son grand-père, en conséquence d'une réconciliation , et comme une récompense pour st faute; et s'en tenant d*aiiieurs aux termes qu'elle offrait auparavant, el qui ont déjà été refusés; refusés, je le puis dire, sans qu'il j ait eo de ma faute.

Vous ferez, sur toutes ces raisons, une réponse telle que le cas la d^ mande. Dans les conjectures présentes, parler pour elle, ce serait renoncer à tout le repos de ma vie. Que le ciel lui pardonne I Si je le fais aussi, mon exemple ne sera suivi de personne. Pour votre intérêt comme pour le mien, qu'on ne sache pas même que vous et moi nous ayons mis ce sujet en délibération ; et je vous recommando de ne m'en plus parler sans ma permission particulière, car c'est me faire saigner inutiiemeni le cœur par autant de ruisseaux que j'ai de yeines.

Cependant ne me croyez pas insensible à de véritables marques de pénitence et de remords. Mais c'est un nouveau tourment pour moid'ayolr delà bonne volonté sans aucun pouvoir.

Adieu, adieu. Attendons toutes deux notre consolation du ciel. Puisset-il inspirer à cette ûlle, autrefois si chère ( hélas I elle me le sera toujours, car une mère peut-elle oublier son oofani? }, un véritable seatiment de repeniance, et ne la pas punir suivant i'éuormité do sa faute» Cest la prière de votre sincère amie,

CHAUbOTTS HaUOîS.

74 CLARISS'É ÏIaAlB^.

LETTRE CLXXXÎ.

um flovB» ▲ mm GuaasBà Bàvuoné

i'igdoce, mt chère , comment toub <kds aelaellement avec M. Love* lace ; mais j'appréhende beaucoup que vous ne soyez obligée <i0 le fi^ndre pour seigbeur et pour maitre.

Ito L-ai ioit Vm\ trailé daos ma dernière lettre. Je venais d'apprendre failq^es unoB de ses bassesses, lorsque j'ai pris la plume, et moil indigeAUoa éiart fort échauffée. Mais après un peu de réflexion , et sur d'aiUres rechescbea , je trouve que les faits dont on lo charge sont êmai anciens, et qu'ib ne sont pas postérieurs ^ du moins, au temps dHpuifi lequel il a cherché à vous plaire : c*est dire quelque chose en sa lavfAir. La conduite généreuse qju'il a tenue à l'égard de la petite fille it» l'héleilerie, est un eiempiC plus récent à Tavantage de son caractère, 4MMis.parler du témoignage que tout le monde rend à sa bonté pour ses gens et pour ses fermiers. J'approuve beaucoup aussi la proposition ^'iLyoiis fdit d'entrer dans la maison de madame Pretchvili, pondant ^'i^ continuera de demeurer chez TauC^e veuve, el jusqu'à ce que vous enyez convenus tous deux de n'occuper qu^une seule m&ison. C*est un6 4(iAii;e que je souhaiterais de toir déjà conclue. Ne manquez poitot dlBi6esptec cette offre; du moins, si vous ne vous rencontrez pas biefttOl à Tautei, et si vous n'avez pas la compagnie d^une de ses cousines.

yne fois mariée, je ne puis m*unaginer que vous ayci de grands maliieuis à craindre , quoique moins heureuse peut-être avec lui que tous ne «nérilez de Tètre. Le fonds du bien qu'il a dans sa provihce, celui qtrl doit lui revenir, Tattentlon quli donne à ses affaires, votre mérite, et ^•n frgueil même, me paraissent des sûretés raisonnables pour toitt. Quoique chaque trait particulier que j^pprends de sa kuéchahceté me bLes&e et m'irrîM t cependant , après tout y lorsque je me donne te tetxtp^ de réûécbic, Cq qu*on m^a dit à son désûvatatagè était Compris ddts lè fjoçtrait générai que l'intendant de son obclë faisait de lui, et qui vousà été.eoofirmé par madame Greme. Je ne vois rien par conséquent (J[ui doive ,toi|s oauser d^aulre inquiétude sur l'avenir , que poiu: sou propre bien, et pour l'exemple qu'il sera capable de donner à sa |)ropre famille. Il êÊf> fiai q^ e'ea est un assez grand sU^et ; mais si vous te quittez k fsésÊfiti soit mal|g;ré lui , soit avec son couSeniemeot , sa fortune el ses alliances étant si considérables» ta personne et ses manières si engà- 49MU0B, et teat le monde vous trouvadt aussi excusable par ces raisons que par la loli» de vos parens, cette démarche n^aurait pas boUne appi^ tMce pouc votre réjfutaùoo. U me semble donc, après y avoir pensé iDOfrteiBpi»^ que je ne puis vous donner ce conseil , pendant quel voUS n'avez aucune raison de vous délier de son honneur* Puisse la vengeanoe éternelle «faàtadiejr sur I9 monstre, s'il donne jamais lieu à deà craintes de cette nature.

J'avoue qu'il 7 a quelque chose d'insupportable dans la conduite qu'il tient avec vous. Sa résignation à vos délais et sa patience pour l'éloignément où vous le tenez, a Toccasion d'une faute qui doit lui paralure bien plus légère que la punition , me paraissent tout à fait inexpUcables. U

CLAAISSB BABLOTJL "Kh

douta. <ie yatie Undiesse pour lui : yoilà co quoje troave de plus probable; ipais vous devez être surprise de lui voir si peu d*ardeur lûrsi^u'U etL iBalLre , eu quelque sorte» de sou propre bonheur.

Ci^ que vous venez de lire vous a fait juger sans doute du succès da la coiuer«ucc entre.SL Hickman et votre onclç. Je suis furieuse y sanÀ eisaption , contre tous ces gens-là. Sans exception , le dois le dire : car Î'aî ait sonder votre mèra par votre bonno Norton , dans la mémo vua qui a fait agir M. Uickmao. Jamais on n*a vu dans le monde des brutes si déterminées. Pourquoi ro'arrêter aux détails? J'igoore seulement jus* qu'à quel point on peut excepter votre m&re.

Vplre oncle soutient que vous êtes perdue, «n îl se persuade tout , ditil» ad desavaatage d*une fille qui a pu s'eofuir avec un homme » surtout avec un homme tel que Lovelace. lis s*allendaienl h vous entendre parler de réconciliation , lorsqu*il voua serait arrivé quelque posante disgrâce ; maLi ils étaient foàs résolus de ne pas se remuer d*un pas en votre fa- ' Teur,, quand il s'agirait de vous sauver la vie. »

Ma dière amie, déterminez-vous à faire valoir vos droits. Re4emandez. Gp qAii est à vous, et prenez lo parti d^aller vivre comme vous la. iievçz, dans votre propre maison. Alors, si vous ne vous mariez pas „ ¥o«3 auxez le plaisir de voir ces misérables ramper devant vous, dana Tespérance d'une réversion.

Oq.vous accuse, comme votro tante Fa défa fait dans sa lettre, de préméditation et de ruse dans votre fuite. Au lieu d^êtro touchés de quel<|UA compassion pour vous, ih en ont demandé au médiateur pour eux-mêmes qû vous aimaient autrefois jusqu'à Tidolâtrie , dit votre oncle , qui na connaissaient de joie qu'en votre présence, qui dévoraient chaque moi à mesure qu'il sortait de votre bouche, qui marchaient sur vos pas, lorsque TOUS i^archiez devant eux, ci je ne sais combieh d'affectations de cette nature.

£a un root, if est évident pouf rhoî , comme U dbtt l'être pouf vous, après avoir lu cette lettre , qu'il ne vous teste qtt'ûn seuT choix et que f éii§ ne sautief tous hâtef trop de le faire. Scrpposerons-nons que ce choix n'est pas 6n votre pouvoir T Je n'ai pës ia patiëhce de faire cette* Supposition.

A la vérité, je ne suis pas safis quetqtiô éml^arras strr Itt manièfre âbût tous Vous y prendrez pour rereftità lui, a(près l'hvôlt tcfmi Bi t^gonreu^ sémênt éloigné , et sur la tengeance même k teqttelfe stm orgtieit peut le pdrfér. Mais je vt)Uâ assure que si mron départ et lit réftoltition dt^pitt- Ihgét totre sôtt peuvent dispenser une âme $1 noMd de se rabaisser trop, i pfifs forte raison àlb peuvent émpêeher votre ruftte, je ti'hésitetâis péà nn rbôment m partit. Qu'est-ce pour moi que le Inonde entier, lorst{aef^ féihers en hdlancearetr Une amitié telle que la nôtre f'Fèrtae2'>vôa^ eue' eèUè tk ait qudque plBisir qtri pût en êrm tiù poUf tatk^ «Tff me n(ndl Voir une amie telle que vous itm m Mitté dbfit' j'àtfridâ pu to tifér par* te âaerifice de (but ce qui porte ee nom? Lorsque te tons tîen^ ce langage, et que je Sifis prête à le térldtsf, nW^if pM ttiït'qne^ée^è M itm mfré tfe^ que le fhiil â^lfie aMMé êtfB¥ytA IMMgMiM» k fiAie MAnttt;

faiMWrneï Ht ehatouf dé tiMs exptiKaslaa^ Ceil9 4e nwa' eantiMnweail fdiH aiot ÛtastJé: Mr Mla eafagéë centre tottv famlHé j cat imi oftei»

76 CLAM8SB BABIjOVB.

ne TOUS le dirai-je jamais. Je suis irriléo contre Tof re insensé Lordace. et contre sa misérable vanité. Cependant , tenons- nous , puisque c'en TOtre soit, h prendre ce fou tel qu'il est, et à tirer de lui le meilleur parti qu'il est possible. Il ne s*est rendu coupable d*aucune indécence dont TOUS soyez directement blessée. Il n*oserait : sa méchanceté n'est pas assez infernale. S*il avait cette horrible intention, elle ne se serait pas dérobée jusqu'à présent , dans la dépendance où vous êtes de lui, à des yeux aussi pénétrans que les vôtres, à un cœur aussi puri Sauvons donc ce misérdble, si nous le pouvons ; qaoiqu'au risque de uqus salir les doigts en aidant à le tirer de sa fange.

liais il me semble que, pour une personne de votre fortune et de votre indépendance, il y a d'autres soins encore dont vous devez être oci;upée, si vous en venez au terme que je crois désormais indispensable. Yoos ne m'apprenez point qu'il vous ait encoro parlé de contrat, ni de permission ecclésiastique. C'est une réflexion fâcheuse, filais comme votre mauvaise destinée vous prive de toute autre protection , vous devez vous tenir liea à vous-^même, de père, de mère, d'oncles, et traiter vous-même ces deux points. Il le faut absolument ; votre situation vous y force. A quoi re* viendrait à présent la délicatesse T Âimeriez-vous mieux néanmoins que je fisse la démarche de lui écrire 7 Mais ce serait comme si vous lui écriviez vous-même : et vous pourriez lui écrire, en effet, si vous trouvez trop de peine à parler. Cependant le mieux, assurément, serait de TOUS expliquer de bouche. Les paroles ne laissent aucune trace. Elles passent comme l'haleine et se mêlent avec l'air. On peut en resserrer le sens où l'étendre , au lieu que l'expression de la plume est un témoignage authentique.

Je connais la douceur de votre esprit. Je ne connais pas moins la louable fierté de notre sexe dans des occasions si délicates. Mais , encore une fois , c'est à quoi vous ne devez pas vous arrêter à présent. Votre honneur est intéressé à ne pas insister sur cette dignité.

cMonsieur Lovelace, dirais-je (sans trouver le personnage moinsridicule pour son stupide orgueil , qui lui fait souhaiter une sorte de triomphe sur la dignité de sa femme) , je me vois privée, à votre occasion, de tout ce que j'avais d'amis au monde. Comment dois-je me regarder par rapport à vous? J'ai tout pesé. Vous avez fait croire à plusieurs personnes, oontre mon inclination, que je suis mariée. D'autres savent que je ne le suis pas; et je ne souhaite point que personne croie que je le suis. Pensez-vous qu'il soit bien avantageux pour ma réputation de vivre avec TOUS sous le même toit ? Vous me parlez do la maison de madame PretchTill, si cette femme est incertaine dans ses pro;ets , que m*irâiporte sa maison t Vous m'avez parlé de me procurer la compagnie de votre cousine Moniaigu : si le complot de mon ftère est votre prétexte pour ne pas aller lui faire cette proposition vous-même, vous pouvez lui écrire, rinsiste sur ces deux points. Que vos parens s'y prêieui ou non, c'est ce qui doit m'être inditéceni* si la chose l'est pour eux. »

Dne déclaration de œile nature avancera beaucoup vos adaii^es* H y a Tingt moyens, ma chère, que tous trouveriez pour une autre dans les mêmes drowstances. DerÂnsolence dont il est natnrellemeni » il ne voudra pas qu'on puisse penser qu'il ait besoin de consulter personne. Usara loroé par coiiiéN|ttent das'expUquer; et s'il s'explique» au

cLAiBSB nkwumt. 77

Qom de Diea « plus de défais de votre part. Pixez-hii le jour, et qoe ce jour ne soit pas éloigné. Ce serait déroger, et è votre mérite, et è votre honneur, permeltez-rooi de le dire, quand même ses explications ne seftieot pas aussi nettes qu'elles doivent Téire, de paratire douter de ses intentions, el d'attendre des confirmations qui me le feraient mépriser éternellement, s'il me les rendait nécessaires. Souvenez-vous, ma chère, qu'un excès de modestie vous a déjà fait manquer de>ix fois, ou plus souvent, des nccasions que vous n*auriez pas dû laisser échapper. A l'égard des articles, s*il ne viennent pas naturellement, je les ahandonnenis h sa propre volonté et à celle de sa famil!e. Alors, vous êtes à la fin ée tous vos embarras.

Voilà mon avis. Faites-y les changemens qui conviendront aux droonslances , et suivez le vôtre. Mais, en vérité» ma chère , je ferais ce que je vous conseille ou quelque chose d'approchant , et je ne balance point à le sigatT de mon nom.

AlINB Howl.

Billet qui fut joint à la lettre précédente.

Il faut que je vous communique mes propres chagrins , quoique vous so/ez si tourmentée des vôtres. J*ai une nouvelle curieuse à vous ap- Urendre : votre oncle Anlonin pense à se marier. Devinez avec qui : avec ma mère. Rien o*est plus vrai. Votre Camille le sait déjà. On en rejette la faute sur vous avec un redoublement de maligniié, et le vieux masque n'apporte pas d*aulre excuse.

Ne faites pas connaître que vous en soyez informée ; et, de peur d'accident, ne m'en pariez pas même dans vos lettres.

ie ne crois pas que cette folle idée puisse réussir; mais c'est un bon prétexte pour quereller ma mère ; et si je n'en avais pas manqué jusqu'à présent, ne douiez pas que je ne fusse depuis long-temps à Londres. Aux premières marques d'encouiagement que je croirai découvrir de sa part, je donne son congé à Hickman ; cela est certain. Si ma mère me chagrine sur un point de celte importance , je ne vois pour moi aucune raison de l'obliger sur l'autre. Il est impossible que sa vue ne suit qu'une ruse pour me faire hâter mon mariage. Je ré(.èLe que ce beau projet ne peut réussir. Mais ces veuves sont étranges : sans compter que , vieilles ou jeunes, nous sommes toutes si aises qu'on nous fasse la cour et qu'on nous admire ! A cet âge-là surtout, il est si doux pour une mère de se voir comme ramenée à la classe de sa fille I J'ai souffert beaucoup de Tair de sa liifc^ciion qui était répandu sur son visage lorsqu'elle m'a communiqué les propositions. Cependant elle affectait de m'en parler comme d'une chose qui la louchait peu.

Ces garçons surannés, qui se trouvent vieux sans s'en apercevoir, n'ont pas pius tôt pris leur parti, qu'il ne leur reste rien de plus pressant que de faire connaître leurs intentions* Au fond , les richesses de votre oncle sont une puissante amorce. Ajoutez une fille impertinente dont on n'est pas fâché de se défaire, et la mémoire d'un père, qui n'est pas d'un gcand poids dans la balance. Mais que l'un avance, s'il a c^tte hardiesse; que l'autre ait celle de l'encourager. Nous verrons, nous verrons. J'espère néanmoins que j'en serai quitte pour la peur.

Pardon , ma chère. Je suis piquée. Peut-être me Irouverez-voos ceupable s aussi me garderoi-je bien de mettre mon nom k ce billet.

•f6 .^féwv^Mmfiff^'

LETTRE CLXXXH.

Lundi êptèB^m, 15 bmA.

Q^est à présent, oia meilleure, mon unique aime, qu'il no me.ri^e pillât en ^iÏQldeuf, pariU à choisir. Je ceconnab à pi éseni que j'aipqnjfipé QiOQ resseaUmeot Uiop Ioîa, puisque je me irouvo Uaus le cas de piir^Ure obligée à la patience de mon (yran, pour une conduilp qui peut liii^^âni- ^l^r (^lioieu^ et puérile, ou pluiôi qui Jui a fait «onnuître ie peu^'es- ^m0 que j ai pour lui-

U.lac^oir» du mom fort subordonnée; pendant que son orgueil iui

mortellement une jeune personne, pour laquelle toute autre espérance est évanouie, et qui n*a plus par conséquent devant elle qu'une éternité de tristesse, dont l*bomme, auquel sa mauvais* destinée la livre, eet capeèie lui-môme de se faire un cruel plaisir? Il me eemble, en vérité, que c'est à quoi je m'attends avec ce sauvage. -Quel sovt est le mini 1

Vous me donnez, ma cbère, un fort bon conseil sur la manière décisive dont je dois iui pari er. Mais considérez<-vous à qui vo^ donnez ce oonseii? De toutes les femmes du monde, j'éi|»s celle qmi devoir me trouyer le moins dans Toccasion de le recevoir, car il surpasse absobnnent «tes forces. Moi, presser un homme d'être mon mari I Md, rassembler •toutes mee forces pour hAter les résolutions d'un homnw trop lentt iCbereher moi-même à faire renaître nne occasion que j'ai perdue! Menacer, en quelque sorte , employer du moins les reproches pour assurer mon mariage 1 Ahl chère miss Howe, si ce parti est juste, s'il est sage, qte œtte justice et cette sagesse doivent coûter à io modestie ou à la fierté, si vous l'aimez mieux I Ou pour m'exprimer dans vos termes, se tenir lieu à soi-mêsie de pèro, de mère et (Toaolesf suitevt lorsqu'on a lieu de oroire que Phemme veut s'en faire an triomphe! Par pitié, ma chère, eoBseillez-moi, persuadez- moi de renoncer- pour jamais à lui, ei fen^ brasserai avec joie votre conseil.

Vous m'apprenes que voue avez imi l'essai du crédit de madame Norton SUT ma mèrei vous me cachez, dites-vous, une partie de la flichense réponse qu'on a faite à M. Hic\man , et vous ajoutez que peutnêtre ne m'en apprendrez-vous jamais davantage. Pourquoi donc, ma thèreî Quelles sont, quelles peuvent toe les fildheuses réponses que vous ne devez jamais m'apprendreT Quoi de pire qne de renonoer pour jbmais à mol ? « Mon ont:fte, dites-^ous, mecrolt perdue. Ildédare qu'il se persuade tout au davantage d^une flMe-iiuî a pu s*enfuir avec un hoînme; «t tous sont résolus de ne pas se remuer d'un seul pas, quand fl serait question de me sauver la vie. « '

Me tenez-^oos quelque chose de -^ en téserveT Partez, ma dhère I Mon père n'aura pas renouvelé contre moi sa terrlMo malédiction. Ma mère du moins d'V' auru pas joint la Sfenne. Mes oncles l'auraient-ils scellée de leur'cdmientemeni? En auraM-on tti mi acte defaniBB?

CLARISSB RARLOTB. 79

Qoèlb est donc, iQa cbàre, cptte fatale partie de m^ disgrâces que yoiis pfi TOiAez jama» me rérëler t

Ohl Lovelace f que n'oDtres-ttt dans ma chambre, tandis que f ai oetle aoiie perspective devant les jeux. C*est à ee moment que, si tu pouTais pénétrer dans mon cœur, tu verrais une affliction digne de ton barbare viomphe.

La violence de mes sentimetts fn*à fcroée de qnHter la plume.

¥6a8 dites donc que vous avez ftiit Tessai du crédit de madame Nort(m ^nr ma mère. Ce qui est fait est fait. Cependant je souhaiterais que, sur im poîDt si important, vous n*evssiez rien entrepris sans m'a?otr cotisél- 'lée. pardon, ma chère, mais cette ûobio et généreuse amitié dom yens n'assurez avec une chaleur si exti^ordinaire et dans dM termes si oUf- ^eaos, me cause autant de cniinte que d'admiration par sen ardeur.

IKevenons à l*opinion ei^ vous éles queje ne puis ne dispenser de me ^eaner k lui , et que soit qu'il j consente on non, mon propre honneur se me permet plus de le quitter. 11 tàvâ donc que je tire parti d'une tàtnatîon si. désespérée.

Ce matin, il estsorii de f6rt bemie hevre, après n'avoir fait <Kre quM ne reviendrait pas dtner, à moins queje ne lui tisse l'honneur de le recevoir à dîner avec moi. le m'en suis excusée. Cet homme, dont la colère est à présent d'une si haute impertanee pour mei^ n'a pa» 4lé cooteot de ma réponse.

Gomme il s'attend, aussi bien que moi, que je recevrai aujourd'hui de vos nouvelles, je m^fmagine que son absence ne sera pas longue. Apparemmeol qu'à mm retour il prendra un air grave, imposant, un air d'autodtési vous vQule?;, JSt moi, ne dois -je pas prendre alors un air b^m- JHa, iw air soumis, et m'efforcer, par des appareqces respectueuses, de m'insinuer dans ses bonnes grâces? Lui demander pardon, sinon debou- 010, du moins en baissant le» yeux, d'avoir eu l'injusiice de le tenir Âojgné? Je n'j dois pas manquer sans doute. Mais il faut que j^essaio auparavant si ce rôle me sied. Vous m'avez raillée souvent de Texccs de ma douceur. Eh bien 1 il faut essayer de me rendre encore plus douce. yi'estrce pa5 vi>ire avis*- ma chère 7

Hais je vais me tenir assise, les mains croisées devant moi, ré^gnée à tout; CAr je reutend3 revenir... ou plutdt irai-je simplement au devant de lui et lui adres$erai-je jna harangue iam les termes que vous m'avez prescrits?

n est rentré. J\ me Ta fait dire en demandant à me voir. Dorcas raconte que tous ses mouvemens respirent Timpalience* Mais il m'est imfimbikf ou^ impossible, do liû parier.

ILiuidi,«a40ir«

' i«1eetttro4e votM lettre tl mee doulouremea léflcxions m'oatt rendue iKapMe^ de le veir. La première fnestieii ipiïl a làita à Dorcas a éiési j'avais reçu quelque lettre depuis qu'il était sorti. EUe lui a répondu fne l'en avais^roga «ne, ^«e je n'aivis pas oessé de ptonrer difaîia, elque ' }4ials eBooie à Jeun.

fi fa fiait teawmGa «nntAt f9iwtm denandar «ae «plrama A%ac 4e BonveUaala^laMea. Mi i^pondufveî^ n'élda fiaa biea,K|ttaiklMia aa «alhi je le V)ai|«i04'8M8i bonne heure qa'i la aouhalletait.

Oa la» ii)ei*-i pin iMMiririat Ite tp^ k f artIM saa asaea» jpa c^

80 CIAEI88B DABLOYB*

Cependant on ne Ta pas pris pour de rhumiiité. Dorcas ro*a dit qat ^s'était frotté impaUemnieni le visage, et qu'en se piomenaot dans la sait jil ayail laissé échapper quelques mois emportés* ' Une demi-heure après, il m*a renvoyé cette fille pour mo supplîei instamment de Tadmeltre à souper avec moi, en promettant de ne prendre aucun autre sujet de coovers>atîon que ceux que je lerais naître moimémo. Ainsi j'aurais été libre, comme tous ?oycz, de lui faire ma cour. Mai^ je Tai fait prier «ocore de recevoir mes excuses. Que voulez-vous, ma chère? j'avais les yeux enflés; je me sentais tiès faible. Il m'aurait été impossible, après plusieurs jours de distance, d'entrer tout d'un coup, avec une certaine liberté, dans la conversation à laquelle je suis forcée par l'eniier abandon dé mes amis et par votre conseil.

Um'a fait dire aussitôt qu'ayant appris que j*éiais encore à jeun, il sa soumettrait à mes ordres si* je voulais promettte de manger un poulel Voilà bien de la bonté dans sa colère. Ne Tadmirez-vous pas? j'ai promb ce qu'il désirait. C'est une préparation à l'huniilité. Je serai fort heureuse assurément si je lui trouve demain une sorte de disposition à me pardonner.

Je me hais moi-même. Mais je ne veux pas être insultée. Non, je ne veux pas l'être , quoi qu'il puisse en airiver.

LETTRE CLXXXm.

usa CLABISSB BARLOVI, ▲ MISS BOWB.

■aidi,10mtL

n paraît que nous sommes encore parvenus h quelque espèce de raccommodement ; mais c'est au travers de l'orage. Je vous dois ce curieux déUil.

Dès six heures du matin, j*ai cru l'entendre dans la salle à manger. Je m'étais mise au lit en fort mauvais état, ei j'étais déjh levée aussi; mais je n'ai pas ouvert ma porte avant sept heures, et Dorcas est venue alors me proposer de le voir. Je suis descendue.

n s'est avancé vers moi ; et me prenant la main lorsque je suis entrée dans la salle:

— Je ne me suis pas mis au lit, mademoiselle, avant deux heures ; cependant je n'ai pas fermé l'œil pendant le reste de la nuit. Au nom de Dieu, ne me tourmentez pas comme vous l'avez fuit toute la semaine. Il s'est an été. J'ai gardé le silence. — D'abord, a-i-il continué, j'ai cru que voire ressentiment pour une légère curiosité ne pouvait être bien vif, et qu'il se dissiperait de lui-même. Mais lorsque vous m'avez déclaré qu'il durerait jusqu'à l'explicaiion que vous attendez sur de nouvelles ouvertures, dont le succès m'expose à vous perdre pour toujours, comment aurais-je pu soutenir la pensée d'avoir £ut si peu d'impression sur votre cœur, malgré l'union de nos intérêts?

Il s'est encore arrêté. J'ai continué de me taire* Il a repris :

— Je reconnais, mademoiselle, que la nature m'a donné un cœar flMr* Il m'est bien pardonnable d'avoir eqiécé quelque maïque de faveur et de préférence de la part d*une personne à qui toute mon ambition M d'appartenir, et Savoir souhaité que son dMix oe.par(li|Ma ouvertement conduit par la malignité de ses preprei peiaéoulaiin ei de jnea ennemis irréconciliables.

C^ABUSB HAHLOVr» 81

n s'est étendu asses long-temps sur la même idée. Vous savez, ma àAre^ qu'il m'a donné vingt sujets de récrimination. Je ne l'ai point épargné. Biais il serait inutile de tous répéter tous les chefs. Chacun de ces points, lui ai-je dit, n'était propre h me convaincre que de sa Ûerté. Je lui ai confassé que j'en avais autant que lui, mais d'une espèce différente, et j'ai ajouté que , s'il entrait dans la sienne le moindre mélange d*une véritable ûerté, d'une fierté d gne de sa naissance et de sa fortune, il souhaiterait plutôt a'eiciter la mienne que de la combattre ou de s'en plaindre ; que c'était elle qui m'avait fait regarder comme au dessous de moi de désavouer mes motifs, lorsque, depuis quelques jours, j'avais évité tout entretien avec lui, et lorsque j*avais refus^ la visite de M. Mennell pour ne pas tomber sur des points dont la décision n'était pas en mon pouvoir, jusqu'à la réponse que j'attendais de mon oncle; enfin, qu'il était vrai que je l'avais fait sonder, dans l'espérance d'obtenir sa médiation, pour me réconcilier avec ma famille, à des conditions que je lui avais fait proposer.

U ne savait pas, m'a-t-il répondu, s'il pouvait prendre la liberté de me demander quelles étaient ces conditions; mais il ne lui était que trop aisé de les deviner et de juger même quel devait être le premier de mes ' sacrifices. Cependant, je lui permettrais de dire qu'autant il admirait la noblesse de mes sentiniens en général, et en particulier cette véritable fierté que je venais d'expliquer, autant il souhaiterait qu'elle fût assec uniforme pour m'élever au dessus de la soumissien que je rendais à des esprits implacables, comme elle me mettait au dessus de toute sorte d'indulgence et de faveur pour lui.

— Le devoir de la nature, monsieur, me fait une loi des soumissions que vous me reprochez. Un père, une mère, des oncles, voilà ce qui justifie ces soumissions. Mais de grAce, monsieur, qu'auriez-voua à dire pour ce que vous appelez de la faveur et de l'indulgence? Ferez-vous valoir ce que vous avez médité d'eux et de moi?

— Héiasil qu'entends-jel s'est-il écrié, après leurs persécutions I après tout ce que vous avez souffert ! après co que vous m'avez permis d'espérer I Nous parlions de fierté; permettez que je vous demande, mademoiselle, quelle serait la fierté d'un homme qui dispenserait Ai personne qu'il aime de Thonorer de quelque inclination et de quelque préférence? Quel serait un amour*. •

— Un amour! monsieur. Qui parle d'amour? N'en étions-nous pas à ce que vous avez mérité? Vous ai-je jamais marqué, vous ai-je jamais demandé quelque chose qui ressemble à l'amour ? Mais ces débats no finiraient point; si irréprochables l'un et l'autre, si pleins de nous-mêmes..*

— Je ne me crois pas irréprochable, mademoiselle ; mais...

— Mais, quoi, monsieur? aurez -vous toujours recours à des subtilités? Chercherez-vous des excuses? Perez-vous des promesses? Et quelles promesses, monsieur? Celle d'être à l'avenir ce qu'on doit rougir de n'avoir pas toujours été?

— * Grand Dieu ! a-t-il interrompu en levant les yeux vers le ciel, si ta bonté te permettait d'être aussi sévère...

— Fort bien, fort bien, ai-je repris impatiemment : K me suffit d'observer combien la différence de nos idées Mi voir qu'il ftaa dans nos caractères. Ainsi, monsieur...

— Qu'allez-tous dv:^Y mademoiselle... Vous jetez un trouble dans mon

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