‹ Clarisse HarlowChapitre 2 sur 62 · BOULÉ, ÉDITEUR, RUE COQ-HËRON. S · texte numérisé non relu

BOULÉ, ÉDITEUR, RUE COQ-HËRON. S

HARLOVE

PAR RIGHARDSON.

tETTRE CXLIX.

ID86 CLAB1S8I HARLOVB, A MttS HOWB.

Mercredi après-midi, 15 aTril.

A la fin , ma très chère miss Howe, je suis à Londres , et dans mon Boayeau logement. Il est proprement meublé, et la situation en est agréable pour la Tille. Je m'imagine que vous ne me demanderez pas si j'ai pris du goût pour la yieille hôtesse ; elle parait néanmoins fort civile et fort obligeante. A mon arrivée, ses nièces ont marqué de l'empressement pour me recevoir. Elles paraissent des jeunes personnes fort agréables. Mais je tous en apprendrai davanlage lorsque je les connaîtrai mieux.

Miss Sorlings » qui a son oncle à Barnet , l'a trouvé si mal en passant par ce bourg, que, dans l'inquiétude où je l'ai vue pour la santé d'un se^ cond père de qui il elle attend beaucoup, je n'ai pu lui refuser la liberté de demeurer, pour prendre soin de lui. Cependant, comme cet oncle ne Tattendait pas , j'aurais souhaité qu'elle m'eût du moins accompagnée jusqu'à Londres ; et M. Lovelace Ton a beaucoup pressée , en lui offrant de la leuToyer dans un jour ou deux. Mais l'ayant laissée maîtresse du choix, apHs lui avoir fait connaître mon inclination, je' ne lui ai pas trouvé autant de politesse que je m'y étais attendue ; ce qui n'a point empêché qu'à notre départ M. Lovelace ne lui ait fait un présent fort honnête. Cette noblesse, qui éclate à chaque occasion, me fait regretter sou- Tent qu'il n'y ait pas plus d'uniformité dans son caractère.

En arrivant, j'ai pris possession de ma chambre ; et si j'y passe quelque temps, je ferai bon usage du cabinet éclairé qui l'accompagne. Un des gens de M. Lovelace, qu'il renroio demain au château de Médian, m'a fourni le prétexte de me retirer pour votis écrire par celte voie.

Souffrei à présent, ma très chère amie, que je vous gronde beaucoup

6 GLAiftSâK Dil&LOlIt.

de la résolution téméraire que vous avez formée , de ne pas rendro M. Hickman le plus heureux de tous les hommes, tant que mon bonheur coniinuera d'être en suspens. Je ne la crois pas irrérocable. Supposons, ma cl)èrc, que Je fusse condamnée à Tinfortune, de quoi me servirait votre rcsoluiionf Le moriago est le sublimeélat de famHié. S*il est lieurtux , il dimiooo no» peines en les divisant ^«commô il augmente nos pitvsirs par une participation mutuelle. Vous m*aimcz, n'est-^ pas? -Pourquoi donc ne sericz-vous pas plutôt portée k* me cfonodv uê^ second ami, à moi qui n*en ai pas deux sur lesquels je puis compter? Si vous aviez consenti à vous marier la dernière fois que votre mère vous en a pressée , j*ose dire que je n'aurais pas manqué d'un asile qui m'aurait garantie d*un grand nombre de moriifioations et de tout ce que j'appelle ma disgrâce.

J*ai été interrompue par M. Lovelace et parla veuve qui, sont venus me présenter une (ille pour mon service, en attendant qu Hannah puisse me joindre ou que je me sois procuré une autre servante. Elle est parente de madame Sinclair ; c'est le nom de la veuve, qui lui attribue d'ailleurs d'excellentes qualités, mais en lui reconnaissant un grand déiiaut, qui est de ne savoir li liieni écrire. Cette partie de son éducation» dit-elle , a été négligée dans sa jeunesse , quoiqu'elle entende fort bien toutes sortes d'ouvrages à l'aiguille, et que pour la discrétion, la douceur, la fidélité , son caractère ne laisse rien à désirer.

Je lui passe aisément son défaut. Elle est d'une figure très avenante, trop jolie môme pour unefjmme de chambra. Mais ce qui me plaît le moins dans elle, c'est un œil fort malicieux. Je n'en ai point encore vu de sehiblabie, et je crains d*y avoir démêlé une sorte d'effronterie.^La Ttuve elle-même a dans le legard un toyr eitrêmemeBfc siaguliei, et, ^our une feninie accoutumée au séjour de Londces f ses déf^renctt me pàcaisscitt trop étudiées. lUais oa no se fait pas de» yeuK sûi-UL&m»^ et i» ne lui vois rien d'ailieurs que de civil et d'obligeant. Pour k jaune ille» qui se ftomoie Dorcas, eile ne sera pas long-temps avec noi.

le »'ai pas laissé de raocsptcr. Commest pouvait-je m'es défandw^en piéssnce dei sa parente, et lor$qa*ello m'était proposées! silkietisMient fêÊ M. Lovelace ? Mais ces deux feinnv.'S s'éiant retirées , i » déclaré à Mu Covekiice y qai semblait disposé k conmietieer une convursatiofr aivec Mfèl^ qiae je fegaré»i9 cet appartement Gomum le lic« de oHirelnile , el'4^ je souhaitait» qu'il le ivgardâi de même; ^ as je poanr» le toir €$ ré(ttN>ter dans la satle a maitger , ma s foe je demandais en gfits de If^re point intenompue cbi^ moi* Il s'est roiiré très rea^ectucusentnt "Ms^la perte;^ mais il %'y Oit arrêté. H me priait dose, m'a-t^ éH , de lui attOorder quelques niomeus d^oMretiefi dans* la isU» à nangefi. Je lui dl iiëf^du qu0 s'il alfail chercher unaam tofgem^at poof lai*flièiiie, félâh prêt« k descendre } mais que s'rt ne sortait pas à rheor»itflme êam eétte vue , j'étais bien aise de finir md Mre<k «Mi HMe.

Je vois qu'il M'a pas dessein de me qtiitter ^l peut s'en édt^oâm* Le ^Mjet de mon frère lui fournit mi prétexte pour flit solli(5i!lerd&l04égapf de stf professe; mais Pen di^pen^er poof ttn temps, e^Mt lui^ dMaer ftMtîi^revéè' pour touj6m«. Il pomfc persuadé qu*aU0 espéea dTapprÉllation, que j'ai donnée à ses tendres soins dans ta ¥iolenue éernia doulnir, J^ VêttmoB dMil de me purlev avec toute U Utorté 4'ttB «une mtonnu.

CLAftlSSl! HAKMUL y

; ita âmdaîte m^apprend qae » pour tine femme (fBfi tCen^tifàQ me fite / «ffc œ sexo » il est bien diflicile de revenir sur ses fias. One grieo t»lûordée tsi le prélude d'une autre grâce. Depuis dimanche dernier, il Q> pas cessé de se plaindre de la distance où je le tiens ; il se croit aut^ osé & ré^roquer mon estime en doute, il se fonde sur la disposition qB0 j'ai marqua h le sacrifier pour ma réconciliation ; et cependant fi eit bien UAn de cette tendresse respectueuse (si ces deux mots peuvent fl*a6-

t.'Corder} qui m*a portée à quelques aveux dont il semble se prévaloir. Pendant qu'il me parlait à la porte, ma nouvelle servante est vemn nous inviter tour deux à prendre le thé. J'ai répondu qw) M. Lovekuie pouvait descendre > mais que j'avais une lettre à continuer; et lui témoignant k lui-même que je me sentais aussi peu d'inclination pour le souper que pour le.thé , je l'ai prié de faire mes excuses aux dames de Ta maison, pour l'un et pour l'autre. J'ai ajouté qu'il me ferait plaisir de leuf apprendre que mon dessSin était de vivre aussi retirée qu'il nie serait possible , et que je promettais néanmoins de descendre le matin pour déjeuner avec la veuve et ses nièces.

U m'a demande si je ne craignais pas que cette affectation, surtout pour lê souper , no me donnât un air un peu singulier dans une maispii étrangère.

—Vous savez, luiai-je dit, et pouvez rendre témoignage que j« mange peu le soir. Mes esprits sont abattus. Je vous demande en grâce de no aie presser jamais contre mon inclination. Âjcz la bonté , monsieur lA^ vetooer d'informer madame Sainclair et ses nièces de mes petites singularités. Avec un peu de complaisance , elles me les pardonneront. Je^iao suis pas venue ici pour faire de nouvelles connaissances.

i'aî fMé tous les livres qui se trouvent dans mou cabinet, reh'sws fDflt satisfaite, et je n'en ai qus meillenre opinion de mes hôtesses. Le nom 'dsMttdtuMe Sainclair «st sur quelques ouvrages de piété. La plupart des ■Mires, qui sont des Uvres d'histoire, de poésie ou de littérature légôcet «psrteftt le nom de Sally Mariia» ou de Poily Horton, c'est-à-dire ^ éoniiftees.

HtMs fort en colère contre M. Lovelaee > et vous conviendres ^e <ê É^^Bl pas sans raison , lorsque vous asrez lu le rédt que j'ai à voiis 'Mm d^ane conversaHon qui vieot de finir» car ses instances m'ubt isttM^'forcée de lui en accorder une dons la salle à manger.

II a commencé par m'apprendre qu'il était sorti pour s'informer plus

Sirtfcuîlèrement du caractère de fa veuve. €et(e précaution, m'i^t^il t^ fui avait paru d'autant plus nécessaire, qu'il me supposait to^^urs ' la même impatience de le vok éloigné.

Je lui ai repondu qu'il n'en devait paà douter, et que je lie pénsoîs^piis fi^ voulût prendre son logement dans la même maison ^ué moi 7 mais •^lnvatf-îl recueilli de ses infomiatîonst

Hélait assez satisfait, au fond, de tout ce qu'il avait appris. Cependant,

.omune il savait de moi-^éme que, suivant l'opinion de miss Howe, mda

'fière n'avait point encore abandonné son plan , et comme la vetifep

<pii KO vivait que de ses loyers , avaîl, dans le tnfme corps de légiste

j'occupais, d^autres appartemens qui pouvaient êtïQ loués par un enne-

' mt, II ne connaissait pas de méihode plus sû^^qaeiile tes prendra tous ,

s OLAUSSE HABLOVB.

d'autant plm que ce ne pouvait étro pour long-temps » h moins que je n*aimaflse mieux chercher une autre maison.

Jusque-là , tout allait assez bien; mais n'ayant pas de peine à deyiner qu'il ne parlait de la veuve avec cette défiance que pour avoir un prétexte de se loger dans la maison , je lui ai demandé nettement quelle était là-dessus sou intention? Il m'a confessé, sans détour, que dans les conjonctures présentas, si je ne pensais point à changer de logement, il ne pouvait consentir à s'éloigner de moi six heures entières, et qu'il avait préparé la veuve à s'attendre que nous ne serions que peu de jours chez elle , pour nous donner seulement la facilité de chercher une maison, et de nous établir d'une manière convenable.

— Nous établir I nous? monsieur Lovelacel Dans quel sens, s'il vous piait?...

— Mais, chère Clarisse, a-t-ii repris en m'interrompant , si vous avez la patience de m'entendre... A la vérité, je crains à demi d'avoir été trop ?ito , et j'ai tort peut-être de ne vous avoir pas consultée ; mais comme tous mes amis de Londres sont persuadés , suivant la lettre de Doleman , que nous sommes déjà mariés...

— Qu'entends-je ? Assurément , monsieur , vous n'aurez pas eu Faudace...

— Ecoutez-moi , très chère Clarisse... vous avez reçu ma proposition avec bonté; vous m'avez fait espérer l'honneur de votre consentement : oependant, en éludant mes ardentes instances chez madame Sorlings , TOUS m'avez fait appréhender des délais. A présent que vous m'honorez de votre confiance, je ne voudrais pas, pour le monde entier, qu'on me crût capable de vous engager dans une démarche précipitée ; cependant le projet de votre frère nest rien moins qu'abandonné. J'apprends que Singleton est actuellement à Londres , qu'il a son vaisseau à Votfaerhiht ; que voure fière a disparu du chftteau d*Uarlove. S'ils peuvent se per» suader une fois que nous sommes mariés , tous leurs complots tombent d'eux-mêmes. Je suis porté à bien juger du caractère de la veuve; mais vous conviendrez que plus elle est henné' .. femme , plus le danger serait grand de sa part , si l'agent de votre frère venait à nous découvrir , puisqu'il en sera plus aisé de lui persuader que sa conscience l'oblige de prendre le parti d'une famille contre une jeune personne qui s'oppose aux volontés de ses proches : au lieu que nous croyant mariés , sa probité môme devient une défense pour nous et la mettra infailliblement dans DOS Intérêts. J'ai pris soin d'ailleurs de lui expliquer, par de bonnes rai-: sons , pourquoi nous n'occupons pas encore le même appartement*

Ce discours m'a mise hors de moi-même. J'ai voulu le quitter dans ma colère; mais il s'y est opposé avec respect. Que pouvais-je faire ? 0& trouver un asile, lorsque la nuit commençait à s'approcher?

— Vous m'éionnezl lui ai-je dit. Si vous êtes homme d'honneur, pourquoi ces étranges détours? Vous ne vous plaisez à marcher que par des voies obliques. Apprenez-moi du moins, puisque je suis forcée de souffrir votre compagnie (car il me retenait par la main) , apprenezmoi tout ce que vous avez dit de fabuleux. En vérité, monsieur Lovelaoe» vous êtes un homme inexplicable.

—Ma très chère Clarisse ! avais-je besoin de vous faire ce rédt? et se pouvais-je pas me loger dans cette maison sans que vous en eussiez le

OJOUBSB BABLOYB. $

monidre dëflance » ai je ne m^éuis pas proposé de soumettre k ?otie jugemenl toutes mes démarches? Voici ce que j*ai dit à la Teuye, deTant ses Bièces et devaut Totre nourelle servante : < Ou*à la férité nous noua étions marias secrètement h Hartford, mais qu*a?ant la cérémonie vous m'aviez fait promettre, par un serment solennel que je suis résolu d'observer religieusement « de me contenter d*un appartement séparé, et de loger même dans une maison différente jusqu'au succès d'une certaine réconciliation qui nous est d'une extrême importance à tous deux. Bien plus, pour Yous convaincre de la sainteté de mes intentions, et que ma seule Toe est d'éviter toutes sortes de fâcheux accidens, jeteur ai déclaré que je ne m'étais pas engagé moins solennellement à me conduire avec ▼eus, aux yeux de tout le monde, comme si notre union ne consistait encore que dans la foi donnée, sans prétendre môme à ces petites faveurs innocentes qui ne se refusent point dans les amours les plus scrupuleux.

Ensuite il m'a fait vœu, à moi-même, do s'en tenir fidèlement aux mêmes règles.

Je lui ai répondu qu'il m'était impossible d'approuver son roman et la nécessité è laquelle il voulait m'assu jétir de paraître ce que je ne suis point; que chaque pas que je lui voyais faire était tortueux; que s'il ne pouvait se dispenser de quelque explication sur mon compte avec les femmes de la maison , j'exigeais qu'il rétractât toutes ses fables, et leur appdl la vérité.

Le récit qu'il leur avait fait , m'a-t-il dit , avait été revêtu de tant de droonstances , qu'il mourrait plutôt que de se rétracter; et loin de passer condamnation sur le fond même de son entreprise , il a continué de soutenir, par les mêmes raisons, qu'il était à propos qu'on crût notre mariage réel.

— Eh! d'oi!i peut venir, a-t-il ajouté, ce vif mécontentement pour un expédient si simple? Vous savez que si je souhaite d'éviter votre frère, ou ce Singleton, ce ne peut être que par rapport à vous. Supposez-moi libre , mon premier mouvement serait de les chercher. C'est la manière dont j'en use toujours avec %bux qui ont l'audace de me menacer. U est vrai que j'aurais dft vous consulter, et que je ne devais pas agir sans vos ordres, liais puisque vous désapprouvez ce que j'ai dit , permettez , très chère Clarisse , que je vous presse de nommer un jour , un jour moins éloigné, oii mon récit puisse devenir une heureuse vérité I Âh 1 que n'est-ce demain I Au nom de Dieu , mademoiselle , que ce soit demain 1 Sinon (était-ce à lui, ma chère, à dire sinon, avant que j'eusse répondu? ) je vous demande en grâce, du moins s'il ne m'échappe rien qui vons déplaise , de no pas contredire , demain pendant le déjeuner , ce que vous nommez ma fable. Si je vous donne suje». de croire que je pense h tirer le moindre avantage de cette faveur, révoquez-la au même instant, et ne faites pas difQculté de m'exposer à la confusion que je mériterai. Je le répète encore une fois, quelle autre vue puis-je me proposer, que celle de vous servir par cet expédient? Je ne pense qu'à prévenir des malheurs assez vraisemblables , pour le repos de votre esprit, et pour l'intérêt de ceux qui ne méritent pas de moi la moindre consi* dération.

Que pouvais-je dire? Que pouvais-je faire? Je crois véritablement que s'il avait recommencé à me presser dans des termes convenables, j'aurais

' 10 CU«T8Sr IliMMtB.

^Q GOndsnffr, ntolgré ttifSd justes rnéODiit nfteinëiis» à toi &tn\0t fans poQT demain, dânstin lien pltis solenml ^iMla ea !eoù mniséliaB; tttt\9 ce qui 0st bien décidé dans mon esprit, e'iesi qu'il o'obtieBdn pas ' mon consentement pour demewrer une âeule nuit dans œtîH maîBoitvIl Viemt de me donner une plus forte raisoà que jamais, pour m'aUaofisr à cefte résolnifon.

Hélas f nrn tdière, qu'il esl inaffle de dire ob qu'on v«iit ou co q»bn M veut pas, lorsqu'on s'est livré au powioir de ce sexe t Après m'aroir qoittée, à n»a prière, il est descendu fusqo*à Tfoeans du souper; e» me ûâsicnî redemander alors un moment é^audiemei eomme il i^ppeile, il m'a soppiiée de lui hrissor passer ici eeiie seule nuit, en promettasi de partir demain après le déjcûn^T, pour se rendi*o«uprès à» milord M***, «n h Eif w«»ro, chez sonomi fieltord» Si je m'y opposais absolu tuent» m'a- 14! dit, il ne pem-mt demeurer à souper ; et demum il cs^éiaét de me ie?0ir avant linJi bénies; mais ii s'ebt hàjà d'/ujoKter qu'apiè^ ce qu'il avait dii aux femmes de la maison, mou reiua leur paiùiiiaii biuguiier; d'a^ntanl pUi» qii'ii était déjà convenu de preuUro loutes Ihs chambres vacaniesy à la^ vérité, pour un mois seuiemeni, ta par la raison qu'il .m'avait expiiqoee: qu'au resie ru.n ne m'obligeait a'y dimeurer deux JoitfSy si je pienuis quelque dégoût pour la \euvo ci ^our ses nièces, dfins renirttieQ que je devais avuir le lendemain avec eUui.

Malgié la résoluiion à laquelle je m'étais arrêtée, j'ai jugé qoe dans les circonstances qu*ii me lepreseatait, on pouvait m'uccubor do pousser la délicaies;:e uop loin; sans compter que je n'etuii pas bûre de lo trouler dispose à mobeir ; car j'ai cm lire aans ses yeux qu'il é.au résolu d» ne pas se rendre aisément. Comme je ne vuu que trop qu^il n'y a point d'apparonce do récouciliaiion du côte de mes anus, et quu j'aicominencé à rtcevoir ses soins avec moins de reserve, it m'a semblé que je ne devais pas quereller avec lui y à je pouvais Téviier; surtout lorsqu'il ne deuuukiait qu'une seule nuit, et qu'il aurait pu otmcuier sans ma parucipaiion : ujouitz que, suivant votre opiUiUn, la deUauce que lo fier persouàioge a de mes seutimens m oDiij^era pioDablemunt do me relâcher mi pou en sa faveur. Toutes ces ra^sous lu'uiu déterminée à lui céder ce poiut. Cependant, il me resuût tant 4e cUo^iin de i*autre^ que ma repon;»e s*eu t^t resseiiiic :

-^ Il ne laot pas espérer, lui ai-je dît, que vous renonciez jamais à ros voloiitéo» Les promesses ne vous oodteni rien, mais vous n'éles pas nains pri>mpt à lea oubaer. Cependant vous m'as>uivz que votre réotuùou est Ue partir demain; vous savez que j*ai eio fart uiol : ma santé A'ost pas ass^z j?etaUie pour me permetue d'ijnirer eu dispute sur toutes XQA voies oUiques. Mats je vous dedure encore que jo sm» itèi pou sai^iie du roiuan que Vi>us avez fait iwi ; et je no vous promets pas de paraître deuiaifi,attvaM ks ÀMumOd do cette m«asun, coque jo uestns point.

k^t bofii dtti'air le plus respectueux, en lue UeiuaudaMt pour unique laveur^ da ie traiior deaaam avec asboz de bonté, ;poHr ne pas jaire con* naitro a U vcuvid q^'il m a&t doune quelque sujet do mecouiouieuieaC

ie mo sn.& retvoo daaa mon appaibrment^ et UoiCiW i^tTOMue peur recevoir mes ordres : jo lui ai dit quu je ne deinandats pas upo assiaNité gèfiaiiie, es qoe mon usage est do m'nabitier et an mu daphabukr moiïQ* filA0 ois<ji/ masque de fiuqiuèfeudef^euutto si natta Jrej^asâ

feutrer do ^éfqçm dégofit, cl' ttmte son étud^y.mVt-efîë éft, setaîl db oie ^kiire et de m*obtrger. lé i*bi assurée qu^eiley réussirait aibéiueDt, et que jo lui ferais conbatire de temp^cn temps quebsen'ice^iidésirsàs dVIfev niais qoir (.oor cuitt* Duit' jvr ne* fui en demandais aucnn*

Kilo est ciûn seulement tovl joui', mais civile dans ses manières et dans JOfl langage, fl paraii qu'on n'a pas négligé dans euq éducation ce qu'on appelle orAiinairetneut la panier db la politesse ; mais il est étrange qae tesrpèrt» Cl lus mcri's fassent si peu de cas d'une autre partie, plus précieuse pour les liiles; qtn consiste dans lu c«iUure de l'csgrit, d'où dé- COutst^teni narureiieiucm toaits les autres giâce:»^

Aos&i(dl qaep are sois trouvée seule, j'ai visité lès portos, lesfen^tnôB, le lambiii , lu cabinet et la garderobe; et n'y ûyanit rien découvert qti ptxTssij in(7 donner de la deffumce, j*ai repris ma plorae.

BfadUme âinciair me quitte à ce moment. Dorcas, m'a-t-cne* dit, ttd ayant rapporté que je la dispensais de me sertir ce soir, elle venait sa- ^r cte moi-mc'ni(î si j'é.ais saii:>faite de Tappaitcment, et me soubaitcr nne hemcirse nuii. fi«ie m'a témoigné son regiet et cctm de wts niccoi, d'être privées de ma compa*gnie à souper. M. Loveface, a-t-elle ajouté» ks avait infur niées do nioa goût pour ta retrartc. Elle m*a pi omis qno je ne serais pas iuterronjpue. HnsTuite, après s'être étendue sur ses fouiKiges et m'en avoir dt)nne beuaci^np, elle m'a dit qu'elle avait iippris avec chjgi in qu'il y avait peu d'apparehco que nous ilsiioiiS chez elle on long séjour.

Je. lui ai répondu avec la civilité convenable. EHe m*a quittée avec de granJoi mari^ues de fespcci : plus grandies, if me semble, que ta dlTlérence de nos âges ne le demande ; surtout de la femme d*ctn ofDcier de considération, qui, dans toute sa maison, comme dans sa manière de se mettre» n'a rien qui senlo rabai?setucnt.

Si vouîi ê^cs résolue, ii.a chère, de m'ccrire que^cjnerofs ma'gré la déiBDse^ay<ez la bouté d'adresser vos lettres à mibS Letitia Beaaniont, CXitz Ué W>lcOu,, dans Pall-AIail. C'est JU. Lovelace qui me propose itette ackessi.', sans savoir que vous m'avez priée de faire passer notre correspus^dancc par une maui tierce. Ci-imme bon motif esta'empcchtr que mon frère ne puisse découvrir nos traces, je suis bien aise d'avoir cetie preuie eC piusieurs autres qiu'il ne pense point à faire plus de mal qull n'eni^ déjà fait.

Ëics-vûus ieforméo de la santé de ma pauvroHjnnahT

M. Lovelace est si fertile en inventions, que nous ne ferions pas mal d'examiner avec un peu de sein lea seecHAK de nos lettres. Si je le trouvais infidèle sur ce point , il n'y aurait pas de bassesse dont je ne le crusse capable, eli^io fuirais comme mon plus mortel ennemi.

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