‹ Clarisse HarlowChapitre 20 sur 62 · GUaiSftB bABLOTB · texte numérisé non relu

GUaiSftB bABLOTB

prendre, un air emprunté dans un nouvel état pendant qu'ils pourraient . briller dans leur état ordinaire. L'aisance nécessaire pour aider son ûls, ^ et pour se mettre elle-même à couvert du besoin» bornerait toute l'ambi- 1 lion d'une si digne mère. ^

Voilà de b prudence ,. voilà du jugement dans une personne de cet Age. Que je hais les Harlove pour avoir produit un anget Aht pourquoi, ' pourquoi s'est-elle refusée à mes instances lorsque je l'ai pressée de for-; mer le nœud avant que de venir à la ville? Mais ce qui mortifie mon orgueil, c'est que, si nous étions mariés, cette sublime créature ne se serait pas gouvernée avec moi par amour, mais par pure générosité , ou par un aveugle devoir, et qu'elle aimerait mieux vivre dans le célibat que d'être jamais ma femme. Je ne puis soutenir cette idée. Je voudrais que' la femme à qui je donnerai mon nom , si je fais jamais cet honneur à quelque femme , négligeât pour moi jusqu'à ses devoirs supérieurs. Je voudrais que, lorsque je sortirai de la maison, elle me suivit des yeux aussi loQg*temps qu'elle pourrait me voir, comme mon bouton de rose suivait' /eon, et qu'à mon retour, elle vint avec transport au devant de moi. Je. vaudrais l'occuper dans ses songes comme dans ses heures de veille. Je voudrais qu'elle regardât comme perdus tous les momens qu'elle n'aurait pas passés avec moi; qu'elle chantât pour moi, qu'elle lût, qu'elle badinât pour moi, et que sa plus grande satisfaction fût de m'obéir ; que. lorsque je serais disposé à l'amour, elle m'accablât des marques de sa, tendresse ; que, dans mes momens sérieux ou solitaires, elle n'osât s'approcher de moi qu'avec respect, prête à se retirer au moindre signe ,, n*osant s'avancer qu'autant qu^elle serait encouragée par un sourire; qu'elle se tînt devant moi dans un profond silence, et que si je ne marquais pas d'attention pour sa présence, elle se retirât sur la pointe des, pieds ; enfin, qu'elle fût commode pour tous mes plaisirs, qu'elle aimât les femmes qu'elle connaîtrait capables d'y contribuer; soupirant seule-, ment en secret, que ce ne fût pas toujours elle-même. Telle était l'ancien usage entre les femmes des honnêtes patriarches, qui recommandaient une jolie servante à leurs maris, lorsqu'elles la croyaient propre à lui plaire, et qui ne mettaient pas de distinction entre les fruits de ce( amour et leurs propres enfans.

Le tendre Waller dit que les femmes sont failes pour être maUriêêeè. Tout tendre qu'il était, il connaissait cette vérité. Un mari tyran, fait une ycr tueuse (emme. Pourquoi les femmes aiment-elles les libertins de notre espèce, si ce n'est parce qu'ils dirigent leurs volontés incertaines, et parce qu'ils entendent parfaitement l'art de les conduire ?

Autre conversation agréable. Le jour, ou les jours en ont fait le sujet. En fixer un, m'a dit la belle, c'est ce qui n'est pas nécessaire avant que les articles soient réglés. La célébration dan3 la chapelle , en présence des dames de ma famille, serait une affaire d'éclat ; et ma charmante observe avec regret que milord parait être dans l'intention de rendre l'affaire éclatante.

Je lui ai répondu quo le voyagd de milord en litière, son arrivée à la^ vQle, son goût pour la magnificence, et les témoignages de sa joie, donneraient aussi nécessairement un air public à noire mariage, que s'il était célébré dans la cliapella de M... , en présence des dames.

Elle ne pouvait supporter,, a:l-eUe répliqué, la pensée d'une fête publique. C'était une espèce d'insulte pour. toute sa famine. Si milonl nj^

IS.AUS8B HARLOTI. ^

Toulaît pas 8*en offenser ( comme elle Tespérait, parce que f à proposition n^était pas venue de lui-môme, mais de moi ), elle lo dispenserait volonliers de nous honorer de sa présence, d'autant que la parure alors et Pair de représentation no seraient pas nécessaires ; car elle m*arouait qu'elle ne pouvait penser à se parer , tandis que son père et sa mère étaient dans les larmes. Plaisante idée que celle-là. Si ses parens pleurent , ne l'ont-ils pas mérité î

Vois , Belford : avec de si charmantes délicatesses , le nœud ne devait pas être différé si long-temps. Cependant il nous reste encore do chemin à faire avant que d*y arriver.

Je n'ai marqué que de l'obéissance et de la résijçnation. Nulle autre tolonté que la sienne. Je l'ai quittée pour écrire sur4e-champ à milord. Elle n'a pas désapprouvé ma lettre. Je n'en ai pas i^ardé une copie ; mais en substance : « je témoigne ma reconnaissance à milord , pour la bonté dont il me donne de si chères marques , dans l'occasion la plus sérieuse et la plus importante de ma vie. Je lui dis que l'admirable persoane, à laquelle il donne des louanges si justes, trouve de l'excès dans les propositions qu'il fait en sa laveur ; que jusqu'à ce qu'elle soit réconciliée avec ses proches , elle n'a pas d'inclination pour une fête éclatante , si nous pouvons éviter l'éclat sans désobliger les miens ; qu'en 88 croyant fort redevable aux seniimens de bonté qui lui font consentir à me la donner de sa propre main, comme elle présume qu'il n*a pas d'autre intention que de lui faire honneur, aux dépens môme do sa santé» qui oe lai permet pas trop de s*exposer à la fatigue du voyage , die cioil qu'il serait beaucoup plus à propos qu'il s'épargnât celte peine , et qu'elle se flatte que la manière doni elle pense là-dessus sera prise de tonte la famille dans son véritable sens.

» J'ajoute que le château de Médian me paraît le plus convenable pont notre demeure , surtout parce qu'il me semble que c'est aussi le senti- UMoi de milord; mais que, s'il le souhaite, la dot peut être assignée suc mon propre bien, et que je laisse raliernaiive à son choix; que j'ai oUsrt son billet de banque à miss Uarlove, mais que, sur le refus qu'elle aliiitde l'accepter, n'en ayant pas besoin moi-uiômo à présent, je le lai renvoie avec mes remsrciemens , etc. »

Celte manœuvre m'engage dans des longueurs qui me désespèrent. Quelle figure ferais-je daus les annales des libertins , s*il arrivait que je fosse pris dans mon propre piège? Mais de quelque manière que l'affaire puisse tourner , de toute sa vie milord n'a reçu une lettre si agréable de son neveu Loveiace.

Miss Qarisse, après avoir fait à son amie, dans une autre lettre, le récîA des circonstances qu'on vient de lire, s'exprime eu ces termes :

La principale consolation que je trouve dans ces favorables npp»« rences, c'est que vraisemblablement , si je n'y mets pas d'obstacles par ma faute, moi qui n'ai à présent qu'une amie, j'en aurai autant qu'il /' a de personnes dans la famille de M. Lovelace , soit qu'il en use bien ou mal avec moi ; et qui sait si, par degrés, le rang et le mérite décos nouveaux amis n'aura pas assez de poids pour me rétablir dans la fareur de mes proches? 11 n'y a point de véritable repos pour mui jusque œt agréable dénouement. Mon espérance, d'ailleurs, n'est pas d'ôtre jamais heureuse. Le caractère de M. Lovelace ot le mien soet extrême-

194 CbABIfiSR QUUJQ^Ia

mat dïttéiemi^Béem^ sur des points esscDlials» Mais^^dass les (etnief oà je suis actuellement avec lui ,, je vous recommande, ma diëre amlà^ de ganier pau£ ¥ou& seule toutes les circonstances dont la révéEalioii georcait ne pas lui faice honneur. Il vaut mieux que les fautes d^m mari soient révélées par tout autre que par sa femme « si je suis desllnée k potier ce tiice , et tout ce qui pourrait vous échap|)er parattsoit fenir de moi.

4e demanderai constamneoi eu ciel qu*it répande sur vous tout ce quflm

rut e^-pécer de bonheur dans ce mwide ; et que vous et lês vôtres ,^ dans postérité la plus élo'gnce, vous ne roanq^iiez jamais d^une amie tell» qpe ma chère Anna Howe Ta toujours été |.aur sa Clarisse Harloye.

WéLtfniKBrfonrhwiJbaamàB ses iowealiMra, expl'qae k son Mn„dii» we BMtPe laiiie , le plao d* netta^cice qu*il a ù^%mé contre mss Uow% denfriin «eyage quVUa devait uiir» à iXa de Wi^l, accompagna de sa mëce et de M. Hukman , pour ▼isitec une tante fort rîcne qu*eltn atait dins cette île et qui souhaitait de la voir, elle et son mari fton; avBnt qu*elle changeât de nom ; mais comme il parle de ce pEnt-san»

' flire tésolU de l'exécuter, fédileor angtats a supprimé cette lettia

LBTmE C€T.

«• KOfBUCB, A. M» BEUOBD*

' S Va conip1b( dbnf je t'ai donné rerpTicatieir n'est pas de ton* gait, compte, Betlord, que j'en ai trob ou quaire autres^dent je s«» beawm^ |lôs satisfair, et dbntttr léseras peue-étTe atnsi Je t'en leÉsseniileclkiii^ spht reox renoncerseuliemenli aux misérables engageonas qaa tu «s pris,. Ftmr tes trois camarades , ib doivent exécuter ce q«e je leur ai presmp et ne t'imagine pas que tu puisses t'en dtepensef usa ptus; Ne saia*jay0 yfffin générait Mais d'est on sujet auquel je re»ieiKt»ai dans fia» tenfs. Tir sais que je ne me détermine jamais aisoluraBfll ptar u» praisC, k tomps de TexécutioD. Alors, l'aetion de la feudai'D^esl pas plaB que ja mienne.

fte^nons à ce qui Rie touche iîmnédfalemeni to cseor. Ha cniin»lBy sf je« te dis que, par rapport à na fièremattresie, fit taM da sgpstènea^iè se présentent en foule à mon esprit ptHir oèienir la pvéléranca , qaa |a suis dans Temfiarraspotrr càeisir. Je pourrais t'en appteadMsîa pnaeipanx dont un seul répondrait h toutes mes vues. Maia eamaia la cbiDip personne ne mia point épargné les sujets de eW^m, je ccoia <pn^ laaaconnaissance m'oblige k ne pes ménsger mes machines^ el qae je •u contraire, lui causer de l'étonnement et de radoNrttkm , ( fntr lK»a<ea cputce minai à la Me»

Êceata et suis-aiai', si ta es capable 4a me comprendre. Je seiak demelia foct maMe^ sérieusement,^ la s«rai. Alalade i Ehl pourquoi nfs- Met Pouc quantité de bennes laisons^ Belfoid. Je te crois lort cucièw^ dlen savoir ii nuiins ime. Bbkdel De toutes uies inventions , je suis ^ fsa oettc-ci le serait le moins tombée dans l'e^t.

Peut-é*re crois-tu qiie ma vue est d'aiUrer la belle au chevet de maâ fik C'est use rnse ancienne de trois ou quatre mille ans* Il conviendcaîl We» mîeua il mn desseins de pouvoir m approcbei du sien ; mais je! roia kiea qu'il faut Vins^rutre plus clairement.

JftSttispiNa iofuieique tu m le penses sur ce sjatime deconUoefiande,

qui est de rinvention de miss Howe. Il ne ini Tiis>â<mtiV'fMi>8l i^Ua ua6ï(eBAa(m8Mi»Micokg|m*4btfnnMHeîii'Mitr«prao KjiapiiEaiWe^ imr sifo&«ppM d-'eiH^e ise»itmti»4<Jâ m'éuiis ^mtiadé«utreio» <)Uîell«iiifMr njîi; mis j'en daM46>à/|r^Beiit ;.ou>du «oiM-qiifroesaiJt aveo iiiie^trtaii^ pei» enpIvireT i». Hifwe ëe'Mii* Uptb^ fûibi^ imd» eiyaMo^e no pitfk donner des fautes préméditées.

Et que me servira d*étre malade? Ëcou(e-mc&>i«ai4lilàtla.fiDii iioii>înt|i[h tîoir |ètQ0i jas.d*Air» MK^ai^natadetiMl HOfOlr le rqmé<^lei».>€fcpcad>H, j«ibfttol«rn' predîgieufieiiMnt. Je rewiFM un peu de lengCMUé* SApemaB^ je we- sera vom^ qiielq^^ yates^iki^fi n?en ponfera peiiil dMiteiu-Oo^ ieisa ?«mr4e rè»u>6i;piiqu» é*BaUM t nm- «iiouii nédeoiRoe paiattc»». â Bàa belle a qit^lq^esentiaeB^d-lMaNniié^.elirnAiDAnqiiera'paede s'^lamier; dmîb -«il» coeur estf pw^i w d'est de l'^f^oun 91'eUe resseï^^, quelque refroidi qu'il puisse être, il se produira dans cette cocasioft^fYÎÎ éelatei«t4Bop<seuieroeii4' dan»^ wm^ jrenft > naie'dami ehaqti» traiide' md charmant naa§»è

ieBCPat» tet intrépide, lé ne vedwiienii pas la mort ». ni aiucune suit» de mon accident» ieparleMie» kemisesAr d'être mieuifr dans une heuee on* deuS' peur avioiff déjà* teii une beureuse- espérieaoe: de oe^Mmède- M* eaaiqMell VoeGasion d'une chute quim'est anriyée k* la chasse 9 et dont ma maladie eet- ?i«iflemUoblement« un* wete ; oetie conduite , tandis fuer tout! le> mande pandisa (oat^eiann^dero» siiuatioai,,férafoip àdaMle q^e-j^n'fB ai peint ia-neiadidînqpiétudef et que ja n'ai pac conséq^ueni' aaoun doaiein»

Tvh oomoMncest sans deute « à iugep mieux de mon nivention* i» iii?y 8UÎB' atteoduvi loicqye jlaufaiS' achevé de m VxpU^ier- Une autre fois, qp/^ tea-^ux seienl pnéts à li^ Ues meafeillea « et^ loa esprit à hanntr ton» kS'doutea. A présent,, BeUord|> ai* ma charmant» n^'esL pas ejUcémemont* touché» de me Toiv un- vaibseau i^orapu ^ nai fort daugeffetix dans una eanatitutioo au^ ardente q^'oi^ cpniu^t la^ mwnne , et que j'aUribuiiral' d'un dû calme aux. agitation» et aux- chagrins qtie j'ai essuyés depuis ^^Mlqpe temps-; e» qui^ doit passer h ses jeux pour une nouveU» prauvéde mon ameury^et m'auiaarqpehpie seAtimentdesecoonai-sance^. Qpoif qu'arri¥er»-t*ii? Ce qui aaciver<a? io ne sorai pas comhatlu akwir par de» remords trop wfsi si je piends le pActi d'«mpk)yer un peu de TîolelM»: car celle qui ne mac^pie peint de cdmpasaioaa'e» doit jms al^ t*tfM.

liai» si sea inquiétude paratt extrême?

JUocaj»' serai danar^spérancudehAtir sur uabon fondement. Limeur caHshe une roultiCude de fautes , et diminue, oelles qp'il ne peut cacbac» Uamuur f lorsq^r'il est- découve^ et teconnu^ autoiPise les libertés^ Uop libeaié en produit un» autre* EnOa, jp v<irrai alor& où. ceii^' ouveciuçe peuito me eenduire*

Vlar^ bianv Levalane.? maie aeee eette force de san4é et c»¥iaage fknfip comment persuader à quelqu'un que tu sois malade ? 1

Cummena? <^piek|uesii^in»4'Hl^oaGuaBha fevont l!al(aifa.«» a'estaaim^ penr Âielsiae balatef eemuii»uae fuaiet

Mai»]» aaagî'Oommeiit seadffedui6aag.tai i» n» me> fai» un» Maosni» . léellat

• JP^auw» BeKord I J^Boras^tu don$. qu'à ae iro»?» de» .Bissons etdf^ \ peutoia cbaxie paeaaier fflfiasentt

166 CUBI88B HAILOVI.

Joins l«s mains d'admiration.

Dans an état si douteux, madame Sinclair me leprésentera que fai mené depuis quelque temps une vie trop sédentaire. Je me laisserai per> suader de faire Tenir une chaise, et de me faire porter au parc, où f es* ' saieiai un peu de mardier. A mon retour, je m'arrêterai au Cocotier pour m'amuser quelques momens.

Et que m'en reviendra-t-4l?

Encore des questionsT jecrainsBelford,quetane80isun incrédule. Eh bien I pour satisfaire ta curiosité, ne saurai- je donc pas si ma charmante > entreprend de sortir dans mon absence? Ne Terrai-jedonc pas, à mon re- > tour, si je suis reçu avec tendresse Y Mais ce n'est pas tout ; jene saisquel pressentiment m'avertit qu'il arrirera qu elque chose d'intéressant pendant ma promenade. C'est ce que je remets à t'eipliquer dans un autre temps.

Conviendras-tu enfin, Belford, ou ne conriendras-tu pas, qu'il est utile ' à bien des choses d*êire malade? En vérité, je prends tant de plaisir à mes inventions, que si je perds l'occasion de les mettre en œuvre , j'en serai à demi fâché. De ma vie je n*en retrouverai une si belle.

D'un autre c6té, les femmes de la maison sont si pressantes dans leurs ' impertinens reproches, qu'elles ne me laissent pas un moment de repos. Elles voudraient que, sans perdre le temps en projets éloignés, je prisse le parti d'employer quelqu'un de leurs artifices vulgaires et usés. Sally, particulièrement , qui se croit l'esprit fort inventif , me disait tout à l'heure, d'un air insolent, sur le refus que j'ai fait de ses offres, que mon intention n'était pas de vaincre, et que j*étai8 assez méchant pour penser au mariage, quoique je fisse difficulté de l'arouer. Parce que ce petit diable a fait son premier sacrifice à mon autel , il se croit en droit de prendre avec Aïoi toutes sortes de libertés; ei son impertinence augmente, de ce que depuis long-temps j'évite, avec affeciation,dit-elle,roocasion de répondre à ses avances. L'impudente!. Me croire capable' d'être le successeur d'un autre homme. Je n'en ai jamais été réduit à cette humiliation. Tu sais quel a toujours été mon principe. Ce qui passe une fois entre les mains d'autrui ne rentre jamais dans les miennes. C'est à des gens tels que toi et tes compagnons qu'il convient de s*ao- ' commoder d'un bien commun. J'ai toujours aspiré à la gloire des premières découvertes. Je n'en suis que plus coupable, diras-tu peut-être , de me plaire à corrompre ce qui n*a jamais été corrompu. Mais tu te trompes grossièrement ; une maxime telle que la mienne met les maris è couvert. Aussi, n'ai-je point à me reprocher d'avoir porté beaucoup d'atteintes un nœud conjugal.

Cependant une aventure qui m'est arrivée à Paris arec une femme nMtriée, et dont je crois ne t'avoir jamais fait le récit, ne me permet pas de dire que j'aie la conscience absolument nette. L'esprit d'intrigue j eut plus de part qu'aucune méchanceté réfléchie. Je veux te l'apprendre en deux mots- Un marquis français, d'an flge asses avancé, qui se trouvait emptojé par sa cour dans une fonction publique à celle de Madrid, avait laissé une femme jeune et charmante, qu'il avait épousée depuis peu, dans la même maison et comme sous la garde de sa sœur, qui était une vieille ' et insolente prude. Je vis la jeune dame à l'Opéra; je pris du gofit pour elle à la première vue, et plus encore à la seconde, ioraque j'eus appris .

CXAB1B0B BABMfl. 19?

sa situation, n ne me fut (ms difficile do me lie^ arec l'une et l'autre, après avoir trouvé l'occasion de me faire présenter à la vieille. Mon pi^ mier soin fut de tourner toutes mes attentions vers celte prude, et de lui ' faire penser qu*elle avait pu m'inspirer quelques sentiniens tendres. Bu même temps, je prenais avantage de la situation de la jeune marquise, entre la jalousie de son mari et l'arrogance de sa belle-sœur, pour la piquer contre ces deux ennemis de sa liberté. Je me flattai d'y faire entrer un peu d'égards pour ma personne. Les dames françaises n'ont pas d'aversion pour la galanterie.

La vieille sœur ne laissa pas de former quelques soupçons. Mais j'étais déjà si bien dans l'esprit de la jeune, qu'elle ne se trouva pas disposée à voir congédier le seul homme qu'on lui eût permis de voir. Elle m'apprit les soupçons de sa sœur ; je lut conseillai do l'engager à se cacher dans on cabinet pendant ma première visite, sous prétexte de lui faire entendre comment je m'expliquerais dans son absence. Elle prit la clé du cabinet dans sa poche, parce qu'il n'était pas à propos que la vieille pût être surprise, soit par ma curiosité ou par celle d'un autre. J*arrivai ; je m'assis près de l'aimable marquise : je marquai de Tétonnement de ne pas voir sa sœur, du chagrin, de l'impatience ; et, prenant une si belle occasion d'exprimer des sentimens fort vifs pour cette chère absente, je lui donnai le plaisir de croire que je parlais d'elle avec une passion extréoie, tandis que mes regards levaient l'équivoque pour la marquise.

Quel fut le dénouement? Je pris cette charmante Française par la main, en feignant de vouloir chercher sa sœur dans l'appartement voisin. Je la traînai à demi, sans qu'elle osât crier pour se plaindre ; et la vieille, enfermée sous une clé sûre, demeura dans le ravis&ment de tout ce qu'elle venait d'entendre.

Jamais une jolie femme ne s'est trouvée inutilement tête-à-téte avec moi , à l'exception néanmoins de ma chère Clarisse. Mon ingénuité me fit obtenir grAce : la marquise trouva celte double tromperie d'autant plus plaisante, que non seulement sa geôlière ne pouvait se plaindre d'ôtro elle-même en prison, mais qu'en redevenant libre après mon départ, elle se crut presque aussi heureuse que nous l'avions été, sa sœur et moi... -%

Les Anglais, Belford, ne l'emportent pas souvent sur les Français par l'esprit.

Notre commerce se soutint par d'autres ruses, qui ne te paraitraienl pas moins ingénieuses. La glace une fois rompue, ma belle marquise ne fit pas difficulté d'y contribuer ; car tu sais mon axiome : Une f<» tubfuguie^ e'eti pour faujimrê. Mais un incident plus tendre servit à révéler le secret, à le révéler, avant que notre di^râce commune pût être voilée par le retour du marquis. La sœur, avec plus d'un sujet de leasoptiment, devint une furie impitoyable. Le mari, moins propre k la qualité de mari qu'aucun homme de sa nation, etdevenu plus susceptible, peut-être par son commerce avec les Espagnols, promit de loin une édalame vengeance. Que restait-Il à la belle que de se jeter sous ma protection? Elle ne s'en crut pas plus malheureuse jusqu'aux jours des grandes douleurs, que la nmrt et le repentir arrivèrent à la même heure.

Pardonne une larme, cher ami; eUe méritait un meilleur sort. De quoi cet inexorable mari n'aura-t^ pas à répondre? La sœur fut punie par

^Mtoment (noie* M^bfttiiMiie i^imh^ d#à.<iQ»méi<(iy • ih^oii» rt

■• tOTEUa^ JL II. .BBUrOU).

'!MRdte->tt^; {eViens de prenllfe^ir «v«o nMi<«htnDM4ei apeèi de

Codes instances pour obtenir celte faveur* 'Ne«t éUoiis ♦i«mi|mi<iu deux nymphes, qui ont joué parfaiieiiieoi leur rdle^ les (yeux4iioitetei, le discours tourné sans effeclalion^'à la morale. Atf !'Betford,qiMlls Mmons que ies femmes, lorsqifellesêtti fessé < les 4)arnes^t que aois ^iitons -rendu leur ruine tx>mplèiel

lie carrosse doqs a eondutis Ters'HamstesM!, de le 'vers^Iihgile^ wts

llnzzelhill ^t d'autres lieux, d'où nous sonMnes revenus è^HamsIeudiet

Ht« par complaisance pour les nymphes, ma charmante a «oneenli è Me

une peltie collation. Ensuite nous sommes rerenus. de honueteureà^a

tflle, par Kentish-Toim.

Elle a paru d'une humeur délicieuse. 'Moi, j^tMrqué lant detve^^ •t de complaisance pendant tout le fheflttH],'et*lor8qHe nous serauM^ries- <^dus pour nous preroener suri la hauteur, <^ % «^ariéCé 4«s ^)bjels tonne une ^rypectiveefharmanle, qu*efle ffi*a promis d'yww^aitqurtjuefois pour prendre le même air. Je crois, miss Howe, ai-je dit plusioqrs lois en moi-'méme, je -crois quêtes miségaMe6;piaiiB'^leniieot inutiles. .jDepuis qtie nous aommes>reveiias,^son ooe«jpBlfeu*iaC'la «lieiitteioutaicé tl*écrire. Blleupromb de flf^cooider-ee^r'tttte lie«i6il*<ettir0iieB'af?att quetle-se retirer.

Tout ce que l'amour le plus soumis est capaMe^thispiftr, peur dis* jpDSersott coeur h lamriMie de demain, fara^uienëtiMlè ^^endant «otre 'tonTersaiion ; mais f aurai sein, en parlant, «ide me ^srindhiotMal "d'estomac.

' 'flous nous sommes tus/1^ me fMft,'ra«ottr et'le raapect opt |é»é j^iditement'leur ^êle.'ll n^a «Khi manqué- fion 'plus à «sa douoeof.etià svcomplaisafloe.fate atiartt<4ettohée démon iiHwmiuodké.'Si'aubitnwaaf I Au moment qite nous allious nous quitter. Mais ce n^élailirien^SIe «amptatt de me iteuiw mieux demain.

Ma foi, Belford, je crois que je suis déjà malade. Est-il possihie, .pnnr im étoufiu HA que-moi , -de se^penuader •qu*il'me«se'poil0 vpasih&iHit A cet^omple, Je -^rais médieur «e«Kédien>q^4^4M 4e*a0thaile; ^maia\je -^Vii^as un^fifff , pasuneflbiie, qivl no'eoienttimjqurs yiétsà cnnifihyfcr 'im'Suecès-d'une^tra?agance*donti)fiai<oftt|é4è dmein.

V Sorcas-a^lrarnsetlt pour moi>40ule^laflettre'detoais9iHi>wef4u'dhntnéhe '44'defnffi, dont je n*aTtfiS'fneare''qqaîltat0ait.<(BMB n'enta -pasNtsMdé 'de nouvelle dans le^uiême faquet ,'UiÉis«\aat ^niaez ponr AiaLÉto>«riiiiâ ^tr€a «eHe ^fueiféi <^ée inui^Hfênie«n«€hifffCBtfdiflianQhadarniai^iHi^ ique ma'<$harm'antetél«itrè<l'églii««

^Doreas 'm'apprend ^ue sa «nMdtftsse lamanipeitf nés tfi|piarsjdeJa -gtande-iamioire dlêbène ^dians une csMatte.qni 4)»ntiMit'aap ^JingeiifBt qtMie Q plaééetlens une fardcreke dbscure^fMons nlaiaos - p«B> h ^painpl lAi^lé do'^tle-'oasfietie') elle «f conservo»tppai»maiMft iontes «les liHtres tfÉ'ello a reçues-avani eellei>q«e je me/inin pmftin'ii intnBoainninitilart

cuaisn HAKhoarB. .• 159

(j^pftfr I rif TBilnnt éUa» flade^de 4i'é(n 4)aMMi«lK|MMiét»#ifli»< ffil^lle 411 ato .d'^nroir 44MH.veinù dM6 Ucndre oà%diif ùkiliMMiik

iLETEBS GCJKDL

■• LUTEUCB» A M. ULBOUk

L*ipécacuanlia est un remède eitrêmement désagr^abte. huii^cii /ces muidiis médecins ne f^euveni-ils xien Bn^ployer juujr JioifBJBanlé^ lyii ne ioil.an irai j^isontil nfrseraii,pas!be6oin<d*aulre.pc]nitlan dans Vàaim tamdib^ pour une vie mal em|^o(yBe« ^ue de poendre leurs délAslaUês Snigues. UQ médecin d*ttn cAié, un apoïKicaire de i?auUa,.etia,piijiKfls âme soumise à. leurs ordonnanoes^^je ne coogmfBSk deiouimeos jures gue celle situation*

Hl/éiaii question de me donner un air malade : Je ji'ai jqueimp réusiL 4]rant,pas assez tt*ipécacuanha.pourime causer demanda. vomicîseroen^ elik'a^ant pas avalé assez d'eau pour m*en délivrer louiàitait», je n«B.8uis UQiaré ansnU^t rair d'un homme qui .aurait gardé le iii ,pesidant quinae jeuEs. U ne fout pas ba(nner avec des-amnes itanchantes, me suis-i,e-.dû à .mo^même au milieu iie rexetclce ;«dt Jûen .moins Mxec ûeUes de Ja «riédecina.

, J'ai passé deux heuves dans 1rs trancbées. J'avais déCendu ^iDqnais d'en rien dire à ma chère^Clarissevpar un^uu- mouiœmentde lendrass^ mab Ikienaise aussi de lulfaira-coonàtire,lo(^/q[u'eUe epprendi:ait maidéfense, qlie je m'attendais èi Jui voir de L'inguiélude pour ma siiuation^rli faudrait valoir bien .peu^ pour.s*abandonner g>oi-migme».comme-ri Ton m oïéritait l'atteniion de pecsonne.

I^Drfbten; mais Dùrcas est une «femme. £lle peut ilire 'tout loa^lu» flaaliresse^le secret iiu*elle a reçu ordre de* garder*

, — Tiens ici» toi irjponne, ai-je dit 1 ceue . fUlo (malade an atten<* dant comme nn chien ) ; laisse-moi voir comment k douleur, méléa aivec la suTprisiîf tait sur ion vi-age. Tu Vy prends mil. ^eite .mâchoire Abâltite el cette bouche trop étendue en ovale, cdmriennent plus à l'hor* reur^iTà la jûlié. Retraoche^moi i:e dignoiementt ces minaiuleries dans ton odieux regard^ xomme tu sais que ma charmante l'a une lisM i^mmé. Oui, cela est beaucoup mieux.; fort bien.: mais tiens la bouche i^jpeu plus fermée. Tu as un ou deux muscles que tu ne saura'Srgou- Yerner, enlreTosdelajoue et les lèvres. Bon. Pars à présent. Ifonlejel descends TescaVrer en Caghant beaucoup. Porte quelque chose.avec loi; l|^)pOrte-^Iey comme si tu Favaisétô chercher; jusqu'à ce que ce mouvomât extraordinaire Tatl m'isertiors d'haleine, ei^piiisse Sonner \ la nsittlitlonrair naturelles soupirs.

!!fidrcais a commencé aossUdi'la scèfle.

— *firf!y ••l-ildooct)orca^

,^^en, lAadanie.

;vi tbai^atii^ etaltftonriSe, éansabtiYe^tte ne m'an^rj^.nile matii^ mats trop dédaigneuse pour nurquor.son éténnenieiit. Tçpeo/dant» ^ ta«e de têpéier : Xi<^y â-t-llMoiic, qu'y a-l-îldoncT pendant que Dbr- ^ ^empresdalt de moilter dt Me descendre, étle a tl^é 'de cfltielUto : -^ lâi/madame t mon maître» mon m^ire...

160 GUU88B BAILOYB.

— Qaoit Gomment? Qoandî

' ( Entre deux parenthè^s, je t'apprendrai, Belford, qae les petits moto dans la république 'des lettres, comme les petits hommes dans une pttion, sont quelquefois ceux qui signifient le plus. )

— Jo ne dois pas vous le dire, madame. Mon maître m'a défendu de TOUS le dire. Mais il est plus mal qu'il ne le pense. Il ne veut pas qu'on TOUS cause de l'épouvante.

Ici, une vire inquiétude a. pris possession de chaque trait du charmant Tisage. Elle s'est attendrie pour moi 1 Sur mon âme, elle s*est attendrie.

— Où est-il?

(Trop empressée, comme tu vois, pour observer la décence des termes. Antre parenthèse, Belford. Ce qu'on appelle décence est si peu naturel, qu'il faut avoir rer^prit composé pour l'observer. La politesse n*habite point avec le trouble. )

•— Je ne puis m'arrêter pour répondre aux questions, a crié la soubrette, quoiqu'elle ne désirât rien tant que de répondre, ( Troisième pa^- TenthèsC ; comme les cneurs qui font des ventes publiques, et qui tournent le dos à ceux auxquels ils ont le plus d'envie de rendre. ] Cette précipitation n'a fait qu'augmenter celle de ma charmante. Au même moment, une des nymphes a dit en bas à sa compagne, d'un ton contraint, mais à la porte, et assez haut pour êtro entendue de ma déesse, qui prêtait l'oreille : —Mon Dieu 1 ma chère, il faut avertir madame Lovelace; il 7 a sûrement du danger. A ces mots, l'adorable Clarisse s'est élancée après Dorcas : — Arrêtez... Je veux savoir.. •— 0 madame \ tm vomissement de sang I Un vaisseau rompu, j'en suis sûre I

Ma charmante n'a fait qu'un pas jusqu'à la chambre où j'étais; et s'approchant de moi, les yeux pleins d'une tendre inquiétude.

'— Qu'avez-vous ? comment vous trouvez-vous, monsieur Lovelace?

— 0 mon unique amour 1 fort bien, fort bien, ai-je répondu d^unevoix languissante. Ce n^est rien, rien qui doive alarmer personne : je serai mieux dans un instant. Je n'avais pas besoin de me contrefaire, pour tromper ses yeux; car je souffrais comme un damné, quoique je ne rendisse ^lus de sang.

En un mot, Belford, je suis parvenu k mon poinL Je vois que je suis aimé ; je vois que toutes les offenses sont oubliées : j'ai du crédit pour recommencer un nouveau compte. Miss Howe, je te défie, ma chère. Madatne Townsend 1 Qui êtes-vous toutes ensemble pour lutter contre moi? Tourniz-moi le dos, avec votre contrebande. Qu'il n'y ait plus ici d'autre contrebandier que moi-même; et que les plus exquises faveurs de ma charmante ne soient plus des richesses prohibées pour moi.

Personne no doute plus ici qu'elle ne m'aime. Les larmes lui sont ve* nues aux yeux plus d'une fois , à la vue de ma situation. Elle a souffert que j'aie piii ^a main, et que je Taie baisée aussi souvent qu'il m*a plu. A l'occasion de quelque discours de madame Sinclair , qui me reprochait de vivre trop renfermé , elle m'a pressé de prendre l'air ; mais elle m'a reconnnande , daus iei termes les plus obligeans , de prendre soin de mol. Elle m'a conseillé de prendre un médecin. JHevk^ m'4-t-«Ua dit , a /atl les m^cfedM.

Je nu suis pas de col avis, Belford. Dieu, assurément nous a tait tous; mais je crois que ma charmante a voulu dire la médecine au lieu du «^citu j akin sa pensée pourrait fort bien ôire entendue dans le sens

CLAB1S8B HABLOVI. Ml

46 Mto phrase Tulgaire : Dieu envoie Ue viimdee, eije dUMe feM

Je me sais trouvé biontôt rétabli , aprte «roir pris le styptiqae de set chères mains.

Lorsqu'elle m'a pressé de prendre Tair, je lui ai demandé si elle me ferait rhonneur de monter en carrosse avec moi : je voulais connaître» par 88 réponse , si elle pensait à soriir dans mon absence.

Elle m'a répondu que si elle n*éiait persuadée qu*une chaise me con?^ nait mieux après mon accident , elle m'aurait accompagne de tout aoD cœur.

Est-ce là un divin compliment 7 J'ai baisé encore une fols sa main : je lui ai dit qu'elle était la bonté môme ; que je regrettais de ne l'avoir pas mérité mieux , mais que je ne voyais devant nous que des jours beareux; que sa présence elle généreux intérêt qu'elle avait pris à mon accident m'avaient rétabli tout d'un coup; que j*étais bien, que je ne sentais pas le moindre mal ; mais puisqu'elle était d'avis que je prisse un pea l'air, j'allais faire appeler une chaise. — 0 chère Clarisse! ai-je ijonté 9 quand cette indisposition me serait venue de mes derniers chagrins et du regret que j'ai eu de vois avoir désobligée , tout serait compensé à l'infini par votre bonté. Tout le pouvoir de la médecine esl dans un sourire de votre bouche et dans un regard de vos yeux. Votre dernier mécontentement a fait ma seule maladie.

Pendant ca temps-là toutes les femmes de la maison levaient les yeux et les mains pour remercier le ciel du miracle.^ Voyez la force de l'amour , disait l'une tout bas, mais d'un ton qui pouvait être entendu: Le charmant mari 1 disait une autre ; et toutes ensemble : L'heureux couple! Que ce concert d'éloges a paru flatter ma charmante ! Quelles étincelles j'ai vu sortir de ses yeux ! Qu'on ne dise pas que les louanges offensent la modestie ; elles échauffent au contraire un cœur qui se rend témoignage de son mérite. Elles en banmssent la défiance, en y ranimant le courage et la gatié.

 présent, Belford, crois-tu qu'une maladie ne mène à rien? Cependant je te déclare que j'ai trop d'expédiens agréables à mettre en œuvrt pour recommencer jamais Texpérience de ce maudit ipécacuanha.

LETTRE CCVm.

BUSS CLAHISSB SARLOVB, k IDSS HOIVB.

Samedi, SI mai.

H. Lovelace , ma chère , a été fort malade. Son mal Ta pris sobi-i toment : il a vomi du sang en abondance. C'est quelque vaisseau rompu. Haletait plaint, hier au soir, d'un mal d'estomac. Je m'en suis sentie d'autant plus touchée , que je crains qu'il ne soit venu de nos violentes discussions. Mais étais je coupable?

Que j'ai cru le huïr ces joui-s passés? Mais je vois que , dans mon cœur, la colère et la haine ne sont que des mouvemens passagers. Il •3t impossible , ma chère , de haïr ceux qu'on voit en danger de mort , ou dans l'affiiction. Je ne me sens point coupable de résister è la bootép ni au sincère aveu d'une faute commise.

Aussi long-temps qu'il l'a pu , il a pris grand soin de me faire cacher v. u. U

Uâ CLARISSE HABLOVB.

^sa mal9di^. Si teDdrQ , si alteotif dans la douleur I Je youdrais d^ Fayoïr pas vu dans cet état. Ce spectacle a fait sur moi trop dlibpr^ioD^ ijiarrpée encoiQ , comme je l'ai été, par les cralmc;^ de tout le moi|dfe. 1^ pauvre jeuue homme 1 être surpris tout d'un coup, dans une 89^ À florissante 1

1t est son! dans une chaise à porteurs : je l'en ai pressé. Maïs Ja çrai|^ ^e lui avoir donné un mauvais conseil ; car le repos est ce qu*u j^4fi qiieux dans les maladies de cette nature. On n^»t q\ie trop prompte , 4ans les cas d'importance , à donner son avis sans certitude et sana li|mière. Je lui ai proposé, à la vérité, de faire appeler un médecin ; nu^ |1 m veut pas en entendre parler. 4e. respecte beaucoup la F^cutté^ el d'autant plus, que ceux qui la traitent avec mépris n'ont pas plus (f ëgaixl^ comme je Tai toujours obsçrvé , pour des institutions d'un ordre encore iflus respectable.

Je vous avoue que mon esprit n'est pas tranquille : je crains de nfCtre Urop exposée devant lui et devant les femmes de la maison. Elles poorponi me trouver excusable , parce qu'elles nons caroient mariés. Mais sil manque de générosité , f aurai peut-être sujet de regretter une surprise , fiu m^apprend à me connatire mieux que je ne me suis connue jusque présent , surtout lorsque j*ai raison de croire qu'il ne s'est pus bien conduit avec moi.

Cependant je vous dirai, comme je le crois sincèrement, que. s'il nie jJMnae occasion de prendre Tair de réserve et de le tenir éloigné, j'espère que je trouverai assez de force dans la connaissance que j'ai de ses défipiuts, pour me rendre supérieure à mes passions; car M. Lovelace, nw dière , n'est pas un homme estimable dans toutes les parties Û0 «op caractère. Que pouvons-nous faire de phis , que nous gouverner par tas rayons de lumière qui nous luisent par mtervaUesY ' Vous ne vous étonnerez pas que je paraisse grave sur écrite if^eotieerfe. Duel nom je lui donne! Mais quel nom puis-je lui donnent Je n'ai pap le cœur assez à l'aise , pont approfondk^ ce cœur comme je Je dfryrais.

. Dans le mécontentement que J*ai derooi-même^je n*a! paslaliardtefe de jeter les yeux sur ce que je viens d'écrire. Cependant je ne saispn comment j'aurais pu faire puur écrire autrement. Jamais je ne me suis trouvée dans une situation d'esprit si bizarre. Je serais embarrassée à vous la décrire. Auriez-Tons jamais été de -môme ? c'est-à-dire, redoutant la censure de mou amie, sans^^roice néanmoins 49e je le mérite.

Je ne suis sûre que d'une chose: c'est que je lamenterais effectivement, si mon cosdr avoit quelque secret que je voulusse vous déguiser.

'|lai« je ifaj^uter^ pas im seul mot , .i^rès wws »wit ajmctor qii0 je faiHt iayr^ un «xamen plus rigoureux de .moi-mêipe» et qu^jesuiSi^kc

LETTRE (GCDL

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