‹ Clarisse HarlowChapitre 22 sur 62 · LETTRE CCX · texte numérisé non relu

LETTRE CCX

■• lotblâgb, a m. bblford.

Sapiedi, S8 mai.

Cette aventure du capitaine Tomlinson a fait notre unique entretien, Bon seulement pendant toute la soirée d*hier, mais ce matin encore, pendant tout le déjeûner, lia belle ne cesse pas de croire que c'est le prélude d'une malheureuse entreprise de la part de Singleton. J'ai répondu qu'il y a beaucoup plus d'apparence que c'est une invention du colonel Morden, f our lui causer un peu d'alarme, et que les voyageurs, à leur retour, prennent quelquefois plaisir à surprendre.— Pourquoi, trbs diire Clarisse, lui ai-je dit , donnerions-nous l'interprétation la moins iiTorable à tout oe que nous ne saurions bien expliquer^

Elle m'a répondu que, depuis quelque temps, il lui était arrivé tant de dioses désagréables, qu'elle ne pouvait empêcher que ses craintes ne fussent souvent plus Tories que ses espérances.

C'est ce qui me fait craindre, ai-je répliqué, de vous voir tomber dans un abattement qui vous rende insensible au bonheur qui se prépare pour nous. Elle espérait , m'a-l-elle dit gravement , que son respect et sa reconnaissance pour le dispensateur de tous les biens, la garantiraient de l'ingratitude ; et la reconnaissance, dans un cœur , produisait le même effet que la joie.

Ainsi, Belford, toutes les joies futures portent sur des biens invisibles. Elle a raison ; car ceux qui comptent le moins sur les causes secondaires sont les moins exposés à voir manquer leurs espérances. Gravité, comme tu vois, pour gravité.

A peine avait-elle cessé de parler, que Dorcas est venue d'un air effrayé* Elle m'a causé à moi-même une sorte de palpitation. Mais il s'est passé bien d'auties mouvemens dans le cœur de ma charmante, comme je l'ai l'ai remarqué à son sein« qui se soulevait jusqu*au menton. ^- Ces gem de bas ordre, a-t-elle observé» tendent toujours stupidement au merveilleux, et trouvent un sujet de surprise dans les événemens les plut communs.

— Pourquoi cet air alarmé? ai-je dit à la soubrette. Avec vos doigte étendus, ei vos : 0 mademoiselle I 6 monsieur I La différence aurait-eUe été d'une minute, quand vous seriez venue plus doucement T

— Le capitaine Tomlinson, monsieur.

-*- Le capitaine diable... Que m'importeT Ne voyez-vous pas danr foel trouble vols avez jeté votre matiresse?

— Cher monsieur Lovelace, m'a dit ma charmante en- tremblant (vois, Belford, ce que c'est de paraître nécessaire! Je suis le cher monsieur Lovelace), si.*, si mon itère, si le capitaine Singleton paraissaient... je

TOUS en prie, fù Tons en conjure, gardez un peur di» mfliéralita^tion itère est mon érère, le capilaine Singleton n'^st qu'un ag^nt*

-*- Ma chère' Tîe, /iîs^je en fossant mes bras autour é'elle (lorsqa'oii demande une faveur, ai-jo pensé en roowmdroe, ee seaaii^ iMen le Aiahfo^ tfi des libertés si innocentes n'étaient pas permiaea au cber M. Lovt^ap» eocore), vous sortez témoin de tout ce qpui ?a se fttssev entre iievpk i)ef-* cas, faiics entrer la personne qui me demande.

Elle m'a supplié de lui laiësvr le temp»de se retirer. On no devait pas savoir qu'el!o fût dans la maison.

Chariiinnte fille 1 Tu voisy Belford, fu'eU» ne pense plus à me quitter. Les friponnes I si l'on n'employait pas quelquefois la surprise, comment un honfiôle homme saurait-il jamais ce qui se passe dans leur cœurt

Elle est sot tie de la chambre pour ptêter l'oreille. Quoique cet iueident B^atl pas produit tout ce que j^eo avais attendu, il faut, si tu veui conmultre cntiorcinent la circulation de mesdesseins^ que je te raconte, |usqu'h la moindre circonstance, ce qui &'est^ passé entre te capitaine Xem* Ùnson et moi.

H est entré en habit de campagne, son fouet à la main

-« Votre serviteur^ monsieur, ie omis purler à monsieur Lovelaoe^

•«M- Mon nom est Lotclaco^ monsieur^

— Pardon, monsieur, pour lo jour et pour PhabUIément^ Je 8ui»obtig6 dt^-eenir à eu moment de la ville, dans l'espérance de revenir ce seîr.

*- Le jour u^a rieu que do convenable ; l'habillement n'a pas besoin d'exp!i<'jiion.

— Lorsque jr'ni envoyé mon valet, je ne prévoyais pas que je trouverats moi mônio le tcnips de vous voir. Je ne m'étais proposé ce jour-là, pour cbliger mon nmi, que de m*assurer de votre demeure, et si je pouvais espérer rhonncur de vous parler ou à madame votre épouse,

•— Monsieur, vous d jvez connaître vos motifs. Vous devez savoir aussi quel temps vos affaires vous laissent. J'attends que vous preniez la ^ine do vous expliquer.

Ma chai mante m'a confessé depuis qite (e lotï seôde nfVeS réponses Ti^vait fort a!arniée. Tu devineras aisément que si je ibéle Id S0s entêtions, je n'en ai clé informé qu après cette scène.

— J*espère, monsieur, que vous ne vous offenâeréz pas : Oion doMin tfesl pas de vous offenâcr.

A- Non, non, monsieur ; cxpVqacz-rotts HbfiBtîtetrf.

^ Je i/ai aucune sono d'inicrét, monsiecrr, dans TâffMre ifiâ lâlAttAne iâ. Jû puis vous I arutirc (rop officieux; mds si je le croyais, je cesserais de m'en mêler, ausoiiôt que je vous attfdi 6dt enteiidro de qudt llfest qliestlon.

— Et do quoi s'ogU-il, monsieur?

. — Puis-jô tous demander sans ôlYéitséf, Mroi^tif; âltous afCz du penctiant pour vous réconcilier, et si totrs 8tes disposé èr prcfridffé^ des mesures honorable?, de concert avec une péUMntler Ad ttoni d^EhiÂdve, cpmmd une j réparation qui pcût CoûdiAre^l une ficftUtïbtiiKfu généralet

X^eirer r.gîTM km dtfflfs fo cœur de mtf éhamMiMM

^ Vous m'embarrassez, monsieur (el ilIglialttOf» MdOuMsMi^Mite WH. Toolio la Emilie en a fort n^at usé tf^ mol. HHe a méndgé^oncore Alpins ï\\ù répoiatlon et ceMedo me» piDBlWy i»quo Jfoi bia» |Mde peine à pantoiner.

GLA&ISSE HAaLOVB. iCST

««•lioiisieur* monsieur, j'ai floi. Je vous demande pardon de.yous avoir interoMaptt*

lui nui charmanlo a pensé s*évaoouir et n^a pas du tout été ôontenl» de'iaoi*

— Mais, monsieur, rien n*empêche que vous m^expTiquiez le sujet dje fittce commission» puisqu'il parait que c'est une commission dont voua lous êtes chargé.

'— Oui, monsieur, c'en est une et d*une nalure qui m^'avaii (ait jugcfr ^*eUe serait agréâblo pour toutes les paities, sans quoi j^auràis refuA ié Vaccepier.

— Elle peut rêlre, monsieur , lorsqu'elle sera mieux connue, iftais aoullrèz que je la prévienne par une question. Connaîtriez- vous le colonel Éordent

•^ Non, (nonsieur. Si tous entendez personnellemenly je ne le connais pa^; mais mon intime ami, M. Jules Harlove, m'a parié souvent de lui avec de grandes marques d'estime, comme do bon associé dans une alfaite d'importance.

'^ 4'avais jugé , monsieur , qne le colonel pouvait être arrivé , et qu'étant peut-être de ses amis, voire dessein était de me causer une agréable surprise.

— Si le colonel Morden était en Angleterre, M. Julis Harlove no pou^* m4 i'ignorer, et vraisemblablement je ne serais pas sans avoir Thonoeùr é^le connaître.

— Fort bien, monsieur. Tous êtes donc chargé de quelque commission pour moi, de la part de 1^. Jules Harlove ?

* — Monsieur, je vais vous expliquer, en aussi peu de mots qu'il me sehi possible, le véritable sujet qui m'amène ; mais approuvez que je vous Uàaé aussi une question préliminaire, pour laquelle vous verrez que la giuiostié n'est pas mon seul motif. Votre réponse m'est nécessaire pour continuer, et vous en allez juger après m'avoir entendu.

— Quelle est cette question, monsieur ?

— En deux mots : si vous êtes actuellemeni, et de bonne foi, mavfé kmàtê Clarisse Harlove ?

Vai marqué de l'étonnement, et j'ai pris un ton plus kaut.

—telle est donc la question à laquelle il faut que je réponde avant q^ fOUftjpuissiec parler plus nettement?

—Je ne pense à rien moins qu*à vous offenser, monsieur Lovetace. Un ami m'a pressé de me charger de cette office. J'ai des nièces , j'ai dés llUe»^ ie ne suis ûguré que la commis&ion était louable, sans quoi ^e me serais disptnsé de l'accepler. Je connais le monde, et je prendrai la liberté da dire que si cette jeune dame.

—Vous vous nommer le capitaine Tomlinson ,h*es(-ce pas?

-—Oui, monsieur.

— Ëh bien, capitaine Tomlifison , je vous déclare quH n^j a point (le tiberle que ie puisse prendre en bonne part , si elle n'est* extrêmement déticate^ lorsquSl est question de fa jeuue dame dont vous parlez.

-^LorsqJUe vous m^aurez entendu, monsieur Loveladb, si vous jugjte

Qieje me s^is expliqué d'une n)auifere qui ait rendu cette précaution nà-

eenaire , je convicndftai qu'elle érait juste. Permette^moi de vous dite

flie ie n'ignora pas ce qui est dû au caractère d^i^ae femitie vertueuse.

* — Cbftiment'I capitaine Tomlinson , il parait q^e ytih vous éduuilKx

MB CLARI86B HABLOTB.

Iidlement. An reste» si ce langage couvre quelque Tue ( que ma beDe a tremblé icil comme elle m'en a fait l'aveu ), je réponjs seulement que cette maison est un lieu privilégié. C'est à présent ma demeure, el par conséquent un asile sacré pour quiconque me (ait Thonneur d'y vedr, dans quelque vue qu'il y vienne

—Je ne crois pas, monsieur, avoir donné occasion è ce discours; mais je ne ferai pas difficulté de vous voir dans tout autre lieu, si je tous im> portune ici. On m*avaii averti que j'aurais à faire k un j<:une gentilhomme plein de feu. Comme je me rends témoignage de mes inientions , et que la oommissioD que j'ai acceptée est d*une nature paisible, je n'en ai pas été plus refroidi. J*ai deux fois votre Age, monsieur Lovclace , j'ose le dire; mais je vous assure que si mon message, ou la manière dont je l'exécute, a quelque chose d'offensant pour vous, je puis suspendre mon entreprise un jour ou deux, et pour toujours, si vous le désirez. Ainsi, monsieur, quelque jour qu'il vous plaise de choisir, vous serez le maître de me faire savoir vos intentions...

Il allait me dire sa demeure, mais je l'ai interrompu.

— CHpiiaine Tumlinson, vous répondez fort bien. J'aime les caractina fermes. N'êies-vous pas oftlcier de guerre?

— Je Tai été , monsieur : mais foi eonverli num épée enunêoeâ» charrue, pour parler le langage de rÉcriiure, et depuis quelques années j'ai fait toutes mes délices de cultiver le bien do mes pères. Un homme do oœur, monsieur Lovelace, me plali autant que jamais. Cependant, permettez-nioi de vous dire que lorsque vous sirez à mqn âge, vous penserez qu'il n'y a pas autant de vrai courage dans une chaleur de jeunesse, que TOUS semblez y en trouver à présent.

Qu'en dis-tu, Be ford? Ce n'est pas un sot que Tomlinson. H a gagné tout à la fois Taitention et le cœur de ma charmante. — Quel bonheur, i-l-elle dit, qu'il y ait des hommes capables de se posséder dans la eo^ lèrel

— Fort bien, capitaine ! reproche pour reproche. Nos points sont égau. Donnez-moi donc à présent le plaisir d'entendre votre commission.

— Volontiers , monsieur , pourvu que vous me permettiez de répéter ma demande. Etes-vous marié réellement, et de bonne foi, à miss Clarisse Baibve, ou ne Têtes- vous pas?

— R:en de plus clair, capitaine. Mais si Je tous réponds qœ je soia marié, qu'aunz-vous à dire?

— Je dirai, monsieur, que vous êtes homme d'honneur.

—Oui, capitaine, c'est ce que je crois être , soit que vous le disiez on que vous ne le disiez pas.

— Je serai sincère, monsieur, dans tout ce que j'ai à tous expliquer là-dessus. M. Jules Uarluve a découvert depuis peu que vous êtes logés dans la même maison, vous et sa nièce; que vous étiez ensemble à là comédie, il y a aept ou huit jours. Il se flaue que vous êtes mariés. On Ta même confirmé dans cette opinion ; mais comme il tous connaît d*an caractère entreprenant , et que vous avez déclaré du dédain pour une al» fiance avec sa fumille, il souhaite que je tire de votre propre bouche la confirmation de votre mariage, avant que de s'engager dans les démarches qu'il est disposé à faire en faveur de sa nièce. Vous conviendrez, monsieur Lovelace , qu'il n'aurait pas lieu d'être aatîslail d'une répoûe qui loi Uiaaerait la moindre doute*

— n me seinble, capitaine Tomlinson , qu'il n'y a qn'une méchanceté condamnable qui puisse faire supposer...

— Monsieur... monsieur Lovelace,au nom de Dieu, ne tous échauflèi pas. Les parens de la jeune dame son i jaloux de Thonneur de leur famille. Ils ont, comme vous, des préventions à vaincre. Ou peut avoir pris des avantages... sans que la jeune dame soit blâmable.

— Elle n'est pas capable , monsieur, de donner de tels avantages; ei quand elle le serait, quel serait Tbomme capable de les prendre? i^ co»naissez-vous t

— Je n'ai jamais eu Tbonneur de b voir plus d*une (ois. Cétait même à l'église ; et je ne crois pas que je puisse la reconnaître.

—Ne pas la reconnaître, monsieur I J*aurais cru qu'après avoir en le bonheur de la voir une fois, il n'y avait pas d*homme au monde qui ne b reconnût entre mille.

— âe me souviens, monsieur, d'avoir pensé que je n'avais jamais vu de si belle femme ; mais , monsieur Lovelace, vous conviendnz qu'il vaut mieux que ses parens voud aient lait une injustice, que si vous lui en aviez fait une* Me permeiiez-vous de vous répéter ma question?

Là-dessus, Dorcas est entrée avec précipitation.— Monsieur, m'a-t-elle dit, on demande à vous parier une minuie ; et mo tirant à part : — Césl ma maîtresse, monsieur*

Conçois-tu, Beiford, que la chère personne ait pu mettre ce petit mensonge dans la t)ouche de Dorcas, et cela pour m'en épargner uni J'ai r^ pondu à cette fille :

— Faites entrer Tétranger dans une sale , et je suis à lui dans quel» qœs momens. Elle est sortie. Je n'ai pas douié que ma charmante ne voulût me dicter la réponse que je devais faire aux instances du capilaiae. Elle n'aurait pas réussi^ comme tu crois. Cependant lo message de Doceas a produit quelque effet. J^étais sur le point de faire un de mes coupe de malire, qui aurait éié de prendre avantage des iuformaiions du capitaine pour lui faire avouer è elle-même ncire mariage devant lui , comme elle l'avait fait devant les Lmmes de la maison : et si j*avais pu l'y faii« con* sentir, il ne m*auraii pas été plus dilficile de l'engager, pour k sali fiotîpn de son oncle, à lui écrire une lettre de reCiHmaissance qu'elle n'aorait pu se dispenser de signer Clarine Lovelace. Je n*éuiis pas fort disposé par conséquent à suivre Tordre qu'eile m'envoyait. Mais dans la crainte aussi de i'uffenser sans retour, j ai jugé à prupos de changer l'état de la question, en mettani Tomlinson dans la nécessité de répoudre pour lui-même. Ma vue ne regardait qu^elle; car, au fond , conmie je le lui ai dit ensuite à elle-même, que m'imi^orte d*éire jamais réconcilié avec une famille que je dois éterneUenient mépriser?

— Vous croyt z donc, capitaine, que j*ai (ait une réponse douteuse è la question que vous, m'avez proposée. Vous pouvez le penser. Je vous a^ prends que j*ai le cœur fier, et que si vou» ne me paraissiez pas un galûl homme, qui ne vous êtes engage dans cette affaire que par de géuérevc motifs, je prendrais fort mal une question qui suppose quelque doute de mon honoBur. Mais avant de vous saiiSéaire plus diiecteineui, je vous fé-^ rai moi-même deux on trots questions auxquelles je vuui prie de répondre.

— De tout mon coeur, monsieur ; vous ne me ferea pas de queâlûmi auxquelles je ne réponde avec candeur.

-^ yfyù^'ëH^'H^lï è^ r«vehu h Iff. ItaffhT«ri|tte ûtMiA ftflM» \M ensemble à la comédie, et que nons scMitftoes log^ dSmsta iMmei itiflféM ; ékf grâce , d'où iui tiennent (Hss iumièr^t Car je ne* tous cachend pas 4ue , par certaine) considérations , qitt ne me regardmir pe» ioei^mttiiB , j'àtaiâ $dahaité que nott^ demeurent ^norée; et ee tocret a été gaUtté si ûièlement, que miss flowe méhie, qtiolqti*eh eorflffipendance ofec sbn 900^ n€^s»it pas oÀ lui' adires^r directement ses letfr». '«^)e p^ ttststiire <tue ht personne q^ ton» d ttr^ à lli coméâid est unhotnme d*affutresdeM. Jules HarIo?e. Il observa tous vos monremens. jlÈpi^s'Ie s^eetlrere, il sniyil rotre earrosse jusqu'ici; et le lendemain, étant monté à cAeval, îl se iiâlB cfaUer ftùre part à son maître de sesdH sttVdttorts.

«i^ Quelle Mzdmtie* d«iflS h» éréoenlei» , capitaine Tolimson ! Mais Aoti'e demeure est-elle connue de quelque autre flarlore ?

•^ C'est nn Sectet abaoli» pourioat le l'esté de la famille, et M. Jules H&ifbve désire qu*i( soit garé^. A souhsiië qu^'on ne sache pas non plos ^tf A eittrB en fririié aveo vous, si' sa nièce es¥ actttoliemcnt mariée r Car il prévt>it beeneoup d^obscacles ù la récorneiliation de la part de certaines pe^nneâ, qnafnd it leur émnei'atit mérne cèue assnranéo. ' Ui, jè r/eû doute pas , capitaine. Teute \k folie de' cette fbmîlle tient du brave James Harlove. Quels fous, en effet, de Se laisser gouverner par me tête à qui la malice, pintOt ^ue lë génie, dbnne fane vivacité mal iMeiidfuej qui M tieiMi de rieo' me&atf que dl»^ 1» Batnre! Hais y a^il long-temps , s*il vous platt, que M. Jules Harlove est éatts cette pftCiO- ^«dMpesitk)R?

•^ Je' voQs le d^ai vtAodiîets, nensîéur te>veldee ;' et je tooSfWapprî»!tUfti iftéme PMcasion^ le' tout m'expli^pK^r d'autant plus netiemeiitr là- 4M8SU9, et sur tCFut ce que tour avea quelque intérêt k sateir dtd méî ,

C près* m'a teii'ekilfifttdu, tous seies persuadé qae j# ne» me suis i^s gé'iftal à^yrdpos ê» la eommission que f exécute. ' PWfQiff eapiuMUe.le teifs pmmits toute. ffl<m infbtttkM. (ll»dMrmme n'en dbnaint pas moki», sans éoiite.)

-^ Il Mul^ tdus' a^rendn^i monsieur , qu'il n'y a ft& loni^- temps que ^9ai§ éb*II dsnsf te t<^iflS|fe' de M. Jaffes HMote. IHnix metîDs «l'y ^t ftiil transpèiter iMt* famille de KorffaaMptonshhrv : delui d'éne flus 'èr j^ée dei^Hiplii' les deveirs (Pttm» cuiUtoHe'deiit Je ii*ai pu me diÉpen- WÊitt et qful m^ebfige de faîMi sd^vent le voyage de Eoeitoes ; el monpio- 'l^ iotéréc, qni m'a lait prendl^ le parfi d'occuper moi-Mtaie nn^feniie négligée, dost j ai' ««qui» depuis pe» bvprepKîéié* Hais- qu^ifie Attire oiitnMsand» ne seit pas ptusancleaMiey et- qu'halle dit cemmened au- jeu de boules (l'oncle Jules est «h grattd jeuew de beûleo, Belford), h Vtbtaf tsted'dw eospp €imp>m{ême dont en ms iMrit l» ddeision, deux frères iTdHepasI'un pe«t fatM ude plus cordiils estime; YSMssatet, monsMIir 40vetoiO9^qM« le owinredHiis «niie «irwio^dftpriii êbà tapportscapniM de ks lier éituilSflMnt dans Wà quitidrlieiiiUè

*^ €el» «SI tr«r, eapittioe.

<<i^Cë<futen eoMéquenie de eetle MiûéfMMOWéè fMirf dt dMUlte, ^ud^tuMI^ Mu mbii, 4màmt je ni^en éeutiens periaitemevt, M» flarloNre tint me demander familièrement à dîner. Dans notre entretien f il ttfapptitefci eeèliil9Rce 4eut<ê la malheureuse aKàifS qui a causé omtde chagiins à toute sa famille. Je n'ctt éaMê laJbrfliiéi|a0par labruit ptAUc,

CLARISSE ilABI.0V8. ft7i

çMfy.wnii^ iMiÛre .intime liaison, i'awms diUêoûu. cpie p. dans une <m> casion de celte nature, il s'expliquât le premier. D hîé (fit alors qu*ûQ ^ijcifap deconsidératîoBy qu'il me nomma, s'éiait adressé i lui, deux oa trois jours auparavant, pour l'engager, noh séuTetnent à se réconcilier e«)8ç afrBÎàcer mas à faire les ouvertures d'une réconciliation générale; ft sœur Aarlove ^ m'a-t-it dit, avait été soTlicitée en rhéme temps » par une knne femme qpi est respectée de tout te mdndè et ^i avait fait entendre <|u*aveciin peu d'enconragement delà part de la femille sa niice étMt disposée à rentrer sous ta protection de ses pareA$^ et même à voue qpàùetj mais qu'autrement eUe ne pouvait éviter de devenir votre iémnle4 ié me flatte^ monsieur Lovelacot de n'avoir rien dit d'ofléfisanl pour vpiMi» Vôtts pereiesez ebagrin^j vous soupirez,, o^onsieur t

-«Continuez , capitaine Tomlinson ; de grftce continuez. J'ai poussé «& sMfûr encore ptue prefoné.

?— ils ont trouvé tous extrêmement étrange qu'une jeune peisovne farMt d^éviier le mariage avee ua homme à qui elle a'est livrée en ps^ aafit Ir fuite avec kii.

•^Tf le vous pffie, oepitainOy je vous prie;^ monsieur Tonilinsoii , dene plue toucher ce point. La nièce de M. Ha^ieve est un «nge* Elle est au 4es8vs du moindre reproehe. Les fautes, s'il y en a qjoelqu'nno ici, viennent de sa famille et de moi. Ce que vous voudriez aiouter, n^esl-ce pas? e'4Mqiie li'iifi|>la€able iamill^a rejeté ses edreerie le sais. Gel é^nement a causé quelque mésintelligence entre eUeet moi i un^querelle é^a^' Wua^} vous ro'eHtetidez, capitaine ï Notre honheuren est aogmeuté depuis.

-^ D^aecordf memieur. Alai» ve«8 conviendrez que M» flarle^e es^dû Wte«dephjs sérieuses réfleïioes sur le» eirtnnslaaces. tt m'a demaodé tencvis sur la condailo qu'it devait tenit. lamaie, m'M^il cbt« «n père o^^tf pavi" Ane fille plus da tetidsesse qu'il e» a pDW sî^nièftei U ieteti- •ÏH'qtt^lle à été durement tractée par'soif frère et par sa sœifr s* et demme tolfe aHittiee t moosieiir)» tel bien- éloignée delMve' dé^onneiav àsa fm^iHsvîl serait porté à faiire tUtosee efferls^tir yéciMlUerfonteeèss parlies, s'il était sûr que vous fussiez actuellement homme et femme' . ^^ fvÀ9^ ton» delnaviee^ enfétiftiMi^ qneè aéfé yolN efi^t

«^ielvi ai éh, ImtiireHemevt^ qeeslaa mèoe«vail'éi«»hiidigiMmmit Iraiéée» eli ei cAle était dans qual^ie emberrasi^ coviiÉe'il caoytti4 le pikvoit eoDclure de ses of&esy il ne sérail f»t km^-tempeeine entenëreen- Cef# farter di'elie^ naie qu^ me iteraissait' plus vraisembMie qM*^e jitwt ftiit> éts offres sais espérance de Suocôe^ et comme «ne dénMithe qu'elle avait crue nécesseift pour se mener eani le eosieealement 4» ses fppchto.; d'autant pins, oomme il me l'avaiv dit toi-^êmerqu'elles ne ve- ■iiiii^pas' diractemeni d'elle^ mais d'mmr jeuMi demoiselle de ses emêas, qitt nlélfcii pat le nieoi dit raonle' arec se DMuHe^ et'fpr'eHe n'mtfaît^ifl employée si elle s'était promis quelque succès. .,/««•. â rtierreîHe » eapitaioe ToiMinBQfh# Be gsicef eeBliDMc# ^{•«••L'aliairedRneani date tette sitoetion ^mqu% diminehe «ijair, <qi|pai#fliilae BiO^^e Éie ât l'hennëer île vMe càe» moi « toeoHTpagaé de l'homme qui vous avait vu à la comédie avec votre cMse tome» oomme je veux croiie qu'elle l'est h pfénenl»» el-t(ul. Vmraèk asAfé que >viMi4ugiett<diii» te même ftnâsènw Les ottrest qm éunc&i tentas léœates, •smMant imte ostaoaltre q«» vous n'élie» paemanéa^ â^ilml dane une^si Tirtf iMpéMe pour FlMMeu de U «èair«e je M,«|iMili 4» 4t-

f T9 CLARISSE HARLOVt.

pMier qaeTqae penonoe de confiance à la ville pour ftdre les lecherlflies convenables.

— Fort bien , capitaine ; et M. Harlove fit-il partir quèlqa'an avec cette commission?

— Il en chargea ifn homme sage et discret, qui prit des informations mardi dernier , si je ne me trompe, car il nous les apporta mercredi* Après s*étre adressé aux voisins, sans en pouvoir tirer les lumières qull cherchait, il fit appeler fa femme de chambre de votre dame, qui dédara que vous étiez actuellement mariés. Mais Thomme de confiance ayant refusé d*expliquer les motifs de sa curiosité, cette fille refusa aussi de lui apprendre le jour et les autrvs circonstances de votre mariage.

— Votre récit , capitaine > est fort clair et fort exact. Continues y Je vous prie.

'L*homme revint, mais ses informations laissèrent des doutes h M* Harlove, qui, ne voulant point s'engager témérairement dans une allaire si imporiento , me pria d'enti^prendre moi-môme cet éclaircissement, parce que mes affaires m'appellent souvent è Londres. « Vous aves des enfans , monsieur Tomlinson ; vous connaissez le monde , eut-il la bonté de me dire ; vous comprenez mes vues , vous éies capable d*y mettre de h sagesse et de la fermeté : je serai content de tout ce qui vous satisfera vous-même. »

Ici Dorcas est rentrée brusquement pour me dire que l'étranger ^im» patientait. J*ai répondu que j'étais à lui dans un instant.

Alors le capitaine a fort bien eipliqué pourquoi il n'était pas venu lui* même, lorsqu'il savait que nous étions logés dans cette maison. Il avait, m'a-t-it dit, une affaire importante hors de Londres, à laquelle il s'était cru obligé de donner hier tous ses soins. Mais d'autres obstades lui ayant fait remettre son voyage à ce jour, et sachant qu'il nous trouverait au logis, sans être sûr de retrouver une autre fois la même occasion , il avait cru devoir tenter sa bonne fortune avant son départ : ce qui le faisait paraître avec ses bottes et ses éperons » comme je le voyais.

Il a laissé couler quelques mots à l'honneur de nos hôtesses » mais assez adroitement pour ne pas faire soupçonner qu'il eût jugé néceanire de prendre des informations sur le caractère d'une maison de si bonne apparence. Je puis remarquer aussi , par rapport à ce point , quo si ma charmante avait pu concevoir quelque défiance des femmes du logis, le sflenoe du messager de son onde , après ses informations dans le voisinage , aurait été une forte preuve en leur faveur.

Le capitaine a repris : — A présent , monsieur , que je crois vous avoir donné de justes éclaircissemens sur tout ce qui regarde ma commiaBîon , j'espère que vous me permettrez de renouveiier ma demande » qui est...

Dorcas est revenue , comme hors d'haleine : ^ Monsieur I l'étranger vent entrer jusqu^id pour vous parler. Et s'approchant de mon oreiile: •— Ma roatiresse est impatiente, elle est surprise que vous'taodifli si kmg-tempbt

— Pardon, capitaine , je vous quitte un moment.

--> Je vous ai trop retenu, monsieur Lovelace, et mes propres affaires ne me permettent pas de pousser cet entrelien plus loin, surtout lorsque la suite de ma question et de votre réponse nous engagerait sans

CLAAI8SB RABLOVB. 173

dMite dans de plas longues explicaiions. Me permeUez-yous de ceTeoir demain au matin.

<— Vous dé jeûnerez donc avec moi, capitaine?

— n faut que ce soit de très bonne heure, si vous me faites cette laf ear-là. Je dois être chez moi demain au soir« sans quoi je causerais une morteile inquiétude à la meilleure de toutes les femmes, et j'ai deux ou trois endroits où je suis obligé de m'arrêier sur la roule.

— Ce sera dès sept heures, si tous le souhaitez, capitaine. Noos sommes ici fort matineux. Et je vous dirai volontiers que si j'ai quelque lécoDciliaiion h me promettre avec une famille nus&i implacable que j'ai toujours éprouvé les Harlove, ce doit être par la médiation d'un homme aussi sage et aussi modéré que vous.

Nous nous sommes quiiiéi de cette manière , avec les plus grandes marques de considération et de politesse. Mais , pour la satisfaction par* ticulière d*un si galant homme, je ne lui ai laissé aucun douie que nous ne fussions homme et femme , quoique je ne l'en aie point assuré directement*

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