‹ Clarisse HarlowChapitre 26 sur 62 · CUM86B BUIL&V · texte numérisé non relu

CUM86B BUIL&V

la«W1We fbl tftoftWt % wspieds.U, fixant ses regards sur Londres, elle a %ttrté ^0 iftottdWît â ses yeux, » se repenUint peut-être de la ùemttche létoéWitTre oùelte ft'eét engagée, et souhaitant de pouvoir retotirr^r sur ses ptt. ie te répète, B^lford, c'est le meilleur parti qu'elle pttisseprendre. fllalliew à la fille qui , après avoir pensé à devenir naar femme , sefa capaWetde m© fuir et de renoncer pour jamais à moil

D Ensuite, s'étant fisittise à marcher , elle s'est encore arrêtée; et comme si la coultf a^t coawiwicé à lui déplaire., après avoir recomnfôncé k ploufet, elle eit ^tournée vers Hamstead. »

Je «uis ravi qu'elle ait tant pleuré , parce que , dans les plus grands chagritts, mi cœur qui reçoit ce soulagement devient capable de résister à la douleitr. De là vient «|ue je n'ai jamais été fâché de voir une belle femme en pleurs. Combien de fois n'airje pas souhaité, depuis hier après midi , de pouvoir pleurer è chaudes larmes?

a Bientôt elle a vu venir vers elle un carrosse vide, à quatre chevaux. Elle a quitté le sentier qu'elle suivait pour aller à sa rencontre , dans te dessein apparemment de parler au eocher, s'il s'était arrêté pour lui faire les premières questions. Il Ta regardée attentivement. Mais tous les passatis lui payaient cette espèce de tribut , ce qui servait à lui rendre l'espion moins suspect. » Heureux coquin que ce cocher, s'il avait su q<» il pouvait oblîgfîr , et quel prix on aurait attaché à ses services ! Mats quel malheur aurait été le mien , si sa stupidité ne m'avait été aussi favorable que mon étoile ; « en un mot , il paraît qu'ils ont manqué Umis deux de résolution. Les chevaux suivant la route , le cocher a tourné plusieurs fois les yeux derrière lui, tandis que, regrettant l'occasion qui s'éloignait, elle arecommenté à verger des larmes qui ont été observées par l'espion.

» Etant rentrée dans Hamstead , elle regardait au visage chwque personne qu'elle rencontrait ; et poussant quelquefois son haleine sur •«» main , elle l'appliquiait sur ses yeux pour en dissiper la rougeur ou pour sécher ses larmes. Enfin la vue d'un écrlteau , qui offrait des logemens à louer, l'a fait avancer et retourner plusieurs fois comme incertaine du parti qu'elle devait prendre. Elle n'a pas laissé de passer au delà de éélte maison ; et Fespion, arrêté aters par quelques gens de sa connfaissance l'a perdue de vue pendant quelques minutes. Mais il l'a bientôt vue sortir d'une boutique , accompagnée d'une servante qu'elte avait enfidffée, comme l'effet l'a prouvé, à la conduire dans la maison où cite est actuellement logée. Ne la voyant puini reparaître, aprte l'avoir atusndue plus d'une heure , il est revenu à Thôlellerie pour faire -son récM à ceux qui ravaîertt employé. » . . ,. . ,

Le mien, Belford, est du genre dramatique. Ainsi, regarde ce que to as lu jusqu'ici comme te premier acte. Mon valet, qui entre sur la scène,

va oomtaencer le second. .

ïl s*était procuré toutes ces informations avant mon arrivée, par îe soin quni avait eu de raconter en échange diverses particularités dont l'ai chargé depuis teng-iemps*sa mémoire, cm les lui répétant de boutthe et i>ar écrit. 'Ainsi, j'ai trouvé les gens de cette maisondans mes miérôts* fis m'ont répété tout ce qd'îl leur av*it dit, nvec des souhaits pour te s*uîcès de mon entreprise.

' Mais il a commencé pafr me rtîûtîre compte de l'idée quil leur âvait fait prendre de ma belle et ïte rot». C'est un détail dont il est nécesssiwi

âl8 CUBISSB BAftLOfB.

qae (a sois informé. Cependant j'appréhende d*Atre pressé par le ieakpÊm Un domestique de celle hOiellerie m'assure que, étani sorti depuis un moment, il a vu madame Moore, à qui je destine ma première visite, entrer dans la maison d*une vieille fille de son voisinagOy nommée miss Rawlings, si respectée pour sa prudence, qu'aucune femme du bourg n'entreprend rien sans la consulter. J'ai chargé aussitôt mon honnête cocher de veiller à la porte de cet oracle d'Hamstead, pour m*avertir du moment où madame Moore reiournera chez elle. J'espère que leur entretien ne durera pas plus que mon récit, dont je ne veux pas que tu perdes un seul mot.

« Will avait donc raconté à ceux qui avaient voulu Tentendre, que sa maîtresse était mariée depuis peu à un gentilhomme des plus accomplis; mais si vif et si dissipé que, étant mortellement jalouse, elle l'avaii quitté dans un accès de celte furieuse passion. Quoiqu'elle TaimAt chèrement, et qu'étant une des plus belles femmes du monde, comme ils en avaient pu juger par leurs propres yeux, elle en fut adorée, sa jalousie, s'il était permis de le dire (mais la vérité était la vérité), l'avait rendue si capricieuse que, lorsqu'il refusait d'entier dans la moindre de ses vues, elle était toujours prête à le quitter. C'était un tour qu'elle lui avait déjà joué deux ou trois fois, mais avec toute l'innocence et toute la vertu du monde* Elle se retirait ordinairement chez une de ses intimes amies, jeune demoiselle remplie d'honneur, quoique trop indulgente pour elle sur ce point, qui était, à la vérité, son unique défaut. Celte raison avait porté son maître à la mener à Londres, car leur résidence ordinaire était à la campagne. Mais, pour avoir refusé depuis peu de la satisfaire, à l'occasion d'une femme avec laquelle on l'avait vu au parc de Saint-James, elle l'avait traité avec sa rigueur ordinaire, dès la première fois qu'elle était venue à la ville, et le pauvre gentilhomme était à demi fou de cette aventure.

» Ici, Will avait plaint ma situation, les larmes aux yeux, et dans des termes fort touchans. Ensuite il avait expliqué par quel hasaril il avait découvert les traces de sa maltresse. En un mot, il les avait fait entrer si vivement dans mes intérêts, qu'ils lui avaient prêté un habit pour se déguiser; et qu'à sa prière le maître de riiôtellerie s'était informé s'il était certain qu'elle eût pris un logement chez madame Moore. Il avait su par cette voie qu'elle s'était engagée pour une semaine, quoique en même temps elle eût ajouté qu'elle ne croyait pas faire un si long séjour à Hamstead; et c'était alors qu'il m'avait dépêché un exprès, avec ses premières explications. »

A mon arrivée, ma personne et mes habits répondant fort bien à la description de Will, tous les gens de l'hôtellerie semblaient prêts à m'adorer. Je pousse quelquefois un soupir. Quelquefois je prends une con* lenance plus gaie, mais qui laisse voir un chagrin mal déguisé, plutôt qu'une joie réelle. Ils ont dit à Will qu'il était bien fâcheux qu'une dame si charmante fût d'une humeur si ombrageuse, que ces fuites inconsidérées l'exposaient à de grands dangers, qu'il se trouvait de tous côtés des libertins (des Lovelaces à chaque pas, Belford ), surtout aux environs de la ville ; que les gens de cette espèce étaient capables de tout entreprendre , qu'ils pouvaient nuire du moins à sa réputation, et lui faire perdre tôt ou tard l'affection de son mari. Conviens, Belford» que les gens de Hamstead sont de fort bonnes âmes.

/ai fait appeler le roattre de ThAtellerie.

— J'appreods de mon valet, lui ai-je dit gravement, qu^il ne vous a pas eaché les raisons qui m*amènent ici. Fâcheuse aventure, monsieur! très fâcheuse aventure 1 Mais jamais femme ne fut plus vertueuse que la mienne.

It m*a répondu qu'on ne pouvait prendre une autre opinion d'elle; qu'il était bien malheureux qu'une jeune dame fût capable de ces petits entêtemens, surtout avec un mari d'aussi bon naturel que je le paraissais.

— Un enfant gflté par sa mère, ai-je repris; un enfant gAté, voilà tout le mal. Et, poussant un soupir : Il faut s'armer de patience, ai-je ajouté. Ce que vous pouvez faire pour moi dans cette occasion, c'est de me prêter une redingote; n'importe laquelle. Si ma femme m'apercevait de loin, peut-être me serait-il difficile de lui parler. Une redingote avec un capuchon, si vous en avez une de cette espèce. Il faut que je m'approche d'elle sans qu'elle puisse s'en défier.

Mon hôte a paru craindre civilement de ne pouvoir m'offrir une redingote digne de moi. Je l'ai assuré que la plus mauvaise serait celle qui me conviendrait le mieux : il m'en a présenté deux, et j'en ai choisi une dont le capuchon peut se boutonner sur le visage.— -Ne me trouvez- vous pas l'air fort abattu, lui ai-je demandé avec un nouveau soupir? Que je suis à plaindre I Cependant vous devez juger que ce n'est pas une légère oonsolation pour moi de la retrouver avant que le mal soit plus grand. Mais, si je ne puis la guérir de ces cruels caprices, elle me fera mourir de chagrin. Avec tous ses défauts, je l'aime à l'idolAtrie.

L'hêiesse, qui nous écoutait à quelque distance, s'est approchée par un mouvement de compassion.

— Puis-je savoir, monsieur, m'a-t-elle demandé d'un ton radouci, ai madame est mère?

— Hélas I non, ai-je répondu en soupirant. Nous sommes mariés depuis peu. Je puis vous assurer néanmoins que c'est sa faute, s'il n'en parait encore aucun fruit (lu sais, Belfort, si je mentais d'une syllabe); mais, pour vous parler de bonne foi, elle est d'une réserve...

— Je vous entends, a repris ma tendre hêiesse avec un sourire, madame est fort jeune. Je me souviens d'avoir connu deux jeunes dames de ce caractère ombrageux. Mais comme elle vous aime (et je la trouverais bien étrange, en effet, do ne pas vous aimer), elle n'aura pas plus tôt l'espérance d'êire mère, que ces petites inégalités disparaîtront, et qu'elle sera la meilleure de toutes les femmes.

— C'est mon espérance, ai-je répondu.

Will ajustait pendant ce temps-là ma redingote, et me la boutonnait sur le menton. J'ai demandé à l'hôtesse un peu de poudre, dont j'ai persemé légèrement mon chapeau ; et, l'ayant mis sur ma tête, je l'ai rabattu d'un côté sur mes yeux.

— Dans cet état, croyez-vous, madame, ai-je dit à l'hôtesse, que je puisse être reconnu?

^ Que vous l'entendez admirablement I s'est-elle écriée. Je ne suis pas surprise, si vous me permettez de le'dire, que madame ait eu quelque petit mouvement de jalousie. Assurément, si vous avez soin de cacher le galon de votre habit, il n'y a personne qui puisse vous prendre pour le même, à moins qu'on ne pût vous reconnaître à vos bas.

J'ai loué son observation.

*Q5Û CLARISSE HA&LÛV2.

— Auriez-vous, ai-je dit à Vh^le^ une paire de gros bas à me prdler ? Il n'est question que d'en couper lepied^pour les chausser par dc»susl6s inleos.

11 m'a fait apporter sur-^le-champ des bas de bottes» qui me (ont d'autant mieux, qu'ils donnent à mes jambes un air goutieux. La bonne femme s'#8t mise à rire, et m'a souhaité du succès. Son mari a fait de même. Tu sais que je ne suis, pas mauvais comédien : j'ai pris une canne, que j'aien^pruuléeàThôte; et^pour m'eseroer un peu à la marche d*un godtieux, j'ai tait quelques tours dans le jeu de boule. C est dans ce bizarre équipage que je t'écris. Will me raconte que» pendant ma promenade^ Tiiûtesse disait k l'oreille de son mari :

•-^ U n'est passait d*hier, j'en réponds ; je gagerais hardiment que toute ■la laute n'est pas d'un côté.

L'hôte a répondu que je lui paraissais si gai et de si bon naturel, qu'il^ ne comprenait pas qu'on pût êire de mauvaise humeur avec moi.Ce.hoiuafe, •fielfonl, juge iori hieo. llsetfait àaouhaiier que ma charmaate fMsât comme lui.

Je vaiB essayer h présent «i je pourrai oonyeair, avec madame Uocm^ d'un logement et d^antree eemvnodttés pour ma femme malade. Qnoit «Qu'est-ce qui t'éienoe^ici ? On, maifemme. Qui sait 'quelles précautioie 'le chère fugitif a pu prendre, dans la crainte qu'eUe a de moi ?

Vefe la bonne Hoere CK^-^Ie d'autres logemens à louer ? Oui, eut, j'ai pris'SRoin de m'en éelairclr et je «roure qu'elle a précisément (oiMmb les commodités dont j'ai 'bosofn. Je ne suis pas moins sûr que ma femme en sera satisfaite ; parée que , tout marié que je suis, grftce au ciel, j'ose dire que je suis le maître. Si madame Hoore n'avait eu qu\m grebier de reste, je ne l'aurais pas trouvé moins de mon goût, eih-prenant la qualité d'un pauvre auteur menacé de la prison, pour avoir u^ trop libremennt de se plume, qui dberche un asile, et qui a lait quelque Kr^dt de ses petits meubles pour être en état de payer son l(^er d'«K vance. Il n'y a point de rôle auquel je ne puisse ra'ajuster.

Enfin la veuve Moore a repris le chemin de sa maison. Silenee mon ctsur, car je vous crains ici plus que ma conscience.

^Examinons s'il n'est pas plus à propos de prendre d'abord une votx enrouée... Mais j'oublie quelque chose de plus important. Mar(|nerai-Je de la colère ou de la joie lorsque je paraîtrai devant ma charmante?... De la colère, à coup sûr. "N'a-t-elle pas violé sa promesse? et dans un i(?mp& où je méditais de lui rendre une généreuse justice ? Entre les honn^os gens, l'infidélité n'est-elle pas un horrible crime? Ma règle, pour juger ÙS& ûdions et des choses, a toujours été moins leur nature que le caractèi^ des acteurs ; et sur ce principe , il serait aussi ridicule de voir un fibertin fidèle à ses engagemens d'amour, qu'il est noir pour une femme d'y manquer.

Ahl cher Belfort, remarqties-tu quef cette gravité hors de saison n'est gue.pour apaiser les.palpitations d'un cœur difficile à gouverner'? Mais je saurai le réduire. Je le rendrai tranquille, .pendant le chemin que jTi h iâire dans ma voiture. Que ce chemin est court , néanmoins l 'Est-co.la peine de monter? Oui, montons. Ne suis-je pas *iui pauvre goutteux? D'ailleurs, c'est flatter madame Moore, que deparâtlre avec un éqiiipngr. pour lui demander un logement. Quelle veuve, quelle servante do ILini-

stead oserait àuie k moindre queelion à rhomme dImportaBce qui se présente dans un carrosse?

dUandonne tnmi codwr et mo» kquais à .la direction de WUL Jamais ooquin ne fut plus bldaos qufil lefacalt dans aon déguisement. Il ne pe«t être reconnu que du diable et de son autre maître, qui lui ont tous deux impiâmé leur marque* Pour la mienne^ilila portera toute sa vie ; car je prévois 91*11 seva ipeoàa avant que l'âge là^se tomber lereatedeseis dénis, Afec oelle qu'il se Tante d-avoir .peaduepar mes coups.

le fars. Compte que je suis parti.

LETHUE CCXXX.

■• LOniLACB, ▲ M. BELFOKD. .

BAmsibad, veadreSn au tofr.

Prépm %m attention, Baliocd, pour le die^d^œuvre des récits, ie le CD&tibttQfn, .comme le»ccroonstances me le permetttxmt , mais avec tant d^abUeléiqua^ si je Tintecromps vingt fois, tu «e pourras t'aperoevoir <ib le âl ^sera rroiHpii.

Ijeedonleurs de m|i goutlene m'ont.point empâohé de descendre de meo carrosse, pesamment appuyé d'une main sur ma canne; et 4e l'autre sur Mpaula (tito mon laquais. J'ai^riMOrvède me trouver à la porte -au même mmeut^fie j'y aifnppé^ >pour être plus 8Ùr4'en obtenir l'entrée. Ma redingote était boutonnée soigneusement ; et j'en avais couvert jusqu'au pewmeaaideaHDa «pée^iqui était im peu trop gai pour mon âge. 11 y av^t fM d?apparenoe qae j'enase Toocasion d'employer mon ôpée. En MMbantaram iaipnrie» je me sniaipressé plusieurs ioisfles yeux pour en adoucir l^dat (paase^setta flcodomontade à ma vanité, Beiford) ; j'ai ramené leaaur mes jouas ; et mon cbapeau bordé , avec ce qui pade ma pesiu^uja, «ae donnait l'air >d'uo tbd bomme un f^

ilaiporte a^est ouverte. J'ai demandé «à voir la maltresse du Iqgis. La aarvante m'a conduit dans teiparkiic. Je me suis assis, avec TexclamatiflEidUinihemmegni seuifce.

'Madame âlooffe est veoae» -^ Votre serviteur, madame. Pardon, si je aepaii na lever .. Votaeafflobe.miaikitoonnaltreque vous avez des loge» mens à louer. Ayez la bonté de m'expliquer enquoi ils consistent. J*aime situations dt jo^vaia vous dire de quoi ma famille est compo* J'aimatfemme^qui est unfHO plus lâ^ée que moi, et d'une fort »d santé 14 à qui Jl^oiwa oonseillé de prendre Tair de liamstead. NDUs4}UDons>nne!seryBnte et (deux laquais. Comme notre dessein est de nliproir qn-'iDi cavrQsso^.i)euslrouverons daosie village quelque Ueupoiur Vf >ldacer ; et ie cocker se Jogera près de ses obevaux»

"«•^^^oel jour^ monsieur, itompiez^vous d'ôtre ici «vec votre famille î

Je prendrai votre>appariement dèsaujourd'huii; et si je le trouvecom^ OMide, :paut«6t» ma femme jf sera-4^11e ce soit.

4n*jNo sedeB-vous pas J)ien aiso , monaiouE, d'avoir' toutÀ^la ims to taUa^ct le 'logement?

v^^i£^e8t œ.qni dépendra de vous, madame. Vous m'4paagneriez l'embarras d'amener mon cuisinier; je siippose que vos domestiques sonto^npalMa»4^KPfiiôtar tiDis ou quatre .^ats* Xo «égioiede ma femme de-

iSfi GLâBOSB BÀBLOTB.

mande une nourritore simple, et je ne suis pas da tout pour les fiandes recherchées.

— Nous ayons 9 monsieur, une jeune demoiselle qui ne compte pas d'être ici plus de deux ou trois jours. Son appartement, qui est un des meilleurs de la maison, sera hbre alors.

— Mais... je me figure, madame, que tous en avez d'autres actudlement prêts à recevoir ma femme; car nous n'avons pas de temps à perdre. C^ maudits médecins... excusez madame, je ne suis point accoutumé à jurer, mais j'aime beaucoup ma femme. ..les médecins l'ont eue si long-temps entre les mains, que, dans la honte de se faire payer plus long-temps, ils lui conseillent aujourd'hui de prendre Tair. Je souhaiterais que cette pensée leur fût venue plus tôt. Mais nous cherchons à réparer leur négligence.

Vous ne serez pas surprise, madame (voyant qu'elle m'ob servait avec beaucoup d*attentioD), de me voir enveloppé comme je le suis dans une saison si chaude. Je n'appréhende que trop d'avoir quitté imprudemment ma chambre et peut-être suis-je menacé du retour de ma goutte. Pour comble de peine, je suis attaqué d un mal de dents fort douloureux, qui m'oblige de me couvrir la joue ; mais tout autre témoignage que le nûen ne satisferait pas ma femme ; et comme je vous l'ai déjà dit, nous n'avons pas de temps à perdre.

— Vous êtes le maître , monsieur, devoir les commodités que je puis TOUS offrir ; mais je crains que la faiblesse de vos jambes ne vous permette pas de monter.

— Il est vrai que mes jambes sont faibles. Cependant, comme j'ai pris un peu de repos, je me crois en état de voir, du moins, l'appartement que vous destinez à ma femme. Tout sera bon pour les domestiques; et vous paraissez d'un si bon naturel, que je ne disputerai pas sur le prix.

Elle s'est mise en marche pour me servir de guide; tandis qu'afièclani de m'appuyer sur la rampe, je suis monté après elle, avec plus de iégèrelé que je n'en attendais de mes jambes goutteuses. Mais, Belford, quelle comparaison entre Sixte-Quint et moi, lorsque sous la ligure du languissant Montalleil aspirait au pontificat, sans faire éclater ses intentions ;el qu'au moment qu'il fut choisi levant le masque, et se dépouillant de toute apparence de faiblesse, il marcha ferme à la vue du conclave étonné! Jamais la joie ne fut plus vive que dans mon cœur. Jamais homme ne s'est senti les talons plus légers.

L'appartement consistait en trois pièces de plain-pied. J'en ai vu deux qui m'ont paru assez propres. Mais comme elles avaient chacune leur dégagement, madame Moore m'a dit que l'autre était occupée par la jeune demoiselle. Elle y était, BelfordI elle y était en effet. Tandis que j'ailècta» de me traîner, en prononçant quelque mots d'une voix rauque, que je ne contrefaisais pas moins habilement, j'ai remarqué que sa porte s'entr'ouvait ; et je lui ai vu jeter un coup d'oeil, pour observer qui j'étais. Mais n'apercevant qu'un vieillard courbé sous le poids de Tâge et d'un habit fort épais pour la saison, elle s'est retirée, en fermant sa porte sans émotion. Que je lui ressemblais peu 1 son ombre scuU m'a fait sauter le cœur jusqu'à la bouche. J*ai craint pendant quelques mom«iis d'étoufiièr*

J'ai paru satisfût de l'appartement ; d'autant plus qu'on me parlait de la troisième chambre comme de la plus belle.

— Il lAut que je me repose un moment, ai-je dit à madame Moorei et

CLAM8SB HâttUIVI*

je me sois assis dans Tendroit le plus obscur de la chambre. Ne tous aaseyez-YOus pas aussi, madame î Nous n'aurons pas de diCQculté pour le prix. Vous convieodrez, s'il tous pUtt, avec ma femme. Prenez seulement des arrhes (en lui mettant une guinée dans la main). J'ajouterai une chose : ma femme a le défaut d'aimer un peu l'aiigent, quoiqu'elle ait d'ailleurs le cœur fort bon. Eliem*a donné beaucoup de bien ; et cette raison, jointe à l'amour qu'un honnéle homme doit à sa femme, m'oblige de garder avec elle toutes sortes de méuageroens. S'il arrive qu'elle soit un peu serrée dans le marché que vous aurez ensemble, ayez la complan sance de vous relâcher. Je suppléerai à tout sans sa participation. C'est mon usage. Je ne voudrais pas lui causer la moindre peine.

Madame Moore a loué mes attentions, et m'a promis de se conformer à toutes mes volontés.

—Cependant, lui ai-je dit, ne pourrais-je pas jeter un moment les yeux sur l'autre chambre, pour être en état d'en rendre un compte plus exact à ma femme? Elle m'a répondu que la jeune demoiselle souhaitait de ne voir personne, mais qu'elle allait lui proposer... Je l'ai retenue par la main. — Demeurez, demeurez, madame. Si votre jeune demoiselle veut être seule, il ne me conviendrait pas de l'importuner...

—Vous ne l'importunerez pas, monsieur. Elle est d'un fort bon naturel. J'ose me promettre qu'elle ne fera pas difûculté de descendre un moment, pour vous laisser libre. Eile a si peu de temps à passer ici, qu'elle ne voudrait pas s'opposer à mon avantage.

—Je me l'imagine comme vous, madame ; si son caractère est tel que vous le dites. Est-elle ici depuis bien long-temps 7

— Depuis hier seulement, monsieur.

— Il me semble, madame, que je l'ai entrevue à sa porte. Elle m*a paru d'un âge avancé.

—Non, monsieur. Vous êtes assurément dans l'erreur. C'est une jeune personne, et des plus belles que j'aie jamais vues.

— Pardon, madame ; quoique je ne puisse vous cacher que, si elle devait faire un long séjour ici, j'aimerais autant qu'elle fût un peu plus âgée. Vous me trouverez d'un goût fort étrange ; mais, en faveur de ma chère moitié, j'aime toutes les femmes d'un certain âge. D'ailleurs, j'ai toujours pensé que l'âge mérite du respect ; et c'est la raison qui m'a fait tourner mes vues vers la femme que j'ai aujourd'hui; en mettant aussi sa fortune dans la balance, c'est de quoi je ne disconviens pas.

—J'admire votre façon de penser, monsieur. La vieillesse est respectable. Nous vivons tous dans l'espérance de vieillir.

— Fort bien, madame. Mais votre jeune personne est belle, dites-vous? le vous avouerai aussi que, si j'aime à converser avec les vieilles, je ne laisse pas de prendre plaisir è voir une belle et jeune personne, comme l'en prendrais à la vue d'une belle fleur dans un jardin. Ne pourrais-je pas jeter un coup d'œil sur votre demoiselle, sans qu'elle s'en aperçût? car, dans l'équipage où je suis, je ne souhaiterais pas plus qu'elle, de paraître aux yeux de personne.

— Je vais lui demander, monsieur, si je puis vous faire voir l'appartement. Gomme vous êtes mané, et que vous n'êtes plus de la première jeunesse, peut-être fera-t-elle moins de scrupule.

— Cest-à-dire» madame, que tous la croyez on peu de mon goût, et

qii0 sa prél^vence'Qst [leob^lre pour les vieillard»* Il nk^l fts MposMUe qu!cil€! ait ea quelque chose à aouf&ir des jeuoes geas^

««*»Je me UinaagiQey monsieur.. Je la onois inquiète pour le passÀ qê^ poui Tayenir* Elle a souhaité de ne voir personne ; et si quelqu'un T6^ nait tel demander» en décrivant sa^ûguse, elle ordonne de répendie qu'oB ne la ooiinatt pas.

Que lu es une nsaie femme» chère dame filoore, ai-'Je pensé cd md^ même.

"^ Voilà (fétianges poécantions, madame I Eh I quelle peut êlio son aventure?

— Elle est fort réservée dans sesdiseoucs^ Mais je sub Itompée» momsinuTi. si ce n'est pas quelque allaire de cœur. Je lui vois sans oessff les larmes aux yeux, et la compagnie paratt Tennuyer.

-r^ Il ne me oonviemifait pa$, madame, de vouloir pénétrer dais^Ies affaires d'autrui; mais puis-je vous demander quelles sont ses oocufi^ (ioos? Cependant, comme vous ne l'avez ici que d*hier»« il vous sfiiai^ difficile de le dire...

-^ Elle écrit continuellement, monsieur*

Interroge une femme, Belforât en paratssaii douter qu'elle soit îih formée de ce que tu lui demandes ; jo te réponds qu'elle s'efrQDceca.de i^ convaincre qu'elle n'ignore rien.

— Pardon, madame ; car mon caractère n'est pas l'indiscrétion,: mais si le cas de votre jeune demoiselle avait quelque difficulté» qui ne fftt pas lUie himple affaira d'amour, comme elle est de vos amies» je lui otfdrais volontiers mes conseils,

•* Vous êtes donc homme de robe^monsieur ?

T- A la vériié, madame, j'ai suivi. anciennement le barreau; mais il y a long-temps que j'ai quitté cette profession : ce qui n'empêche pas qjote mi^samiâ ne me consultent encore sur les points difficiles. Aux pauvres, je donne quelquefois de l'argent avec mon avis ; mais je no prends rien do CQUX qui sont plus riches.

— Vous ôles d'uno générosité admirable^ monsieur. Que je serais heureuse (cette exclamation a été précédée d'un soupir), d'avoir su qu'lt y avait au monde un si honnête homme de robe, et de l'av^oir connu plus tôt !

— Consolez-vous, madame, consoltîz-vons. Peut-être n^est4l pas trop tard. Lorsqne nous nous connaîtrons mieux, on pourra vous être- utile a quelque chose. Mais ne parlez point de mes talens à votre jeone pe^sonne. Je vousl'ai dt^à dit; je n^ime rien moins que le vêlë' d'homme officieux.

J^étais sûr que si le oaraolère de lii dame Moore répondait k Vidée quelle m'en«va<tt' déjà Mt prendre^ cette âéiense ne servirait qu'à lai faiie saisir la? première occasion de violer mon seciet. J'ai feint si pe^ d'era*pressement peur voie la> chambre de la demoiselle, qu'elle a paru bienlQt fdehée. de mon- indifférence ; suptout loreque, pour Feiciterv j'ai laissé éebapper^ oemme au hasard, qafH fallait plus (feiquaiiléa qu*on a'eadi^ mande ordinairement dans une femme, pont* luii ^ire obteqtin de me» le titve d^>hettet et que toute ma, vte je* nfen- avasapae tu six auxquelles j'eusse voulu* Taoeorder.

En un mot, la dame Bloosa est passée dans lachftmilBe;^. dfoùc ^«est

xtvfione 0MÉ<teFqiiomQns aprtet.iNUff oedmqne lai^vmipflcsofmas'é-

Imi TBiké^ iam aon caUoet» j'étrâ libre d!6alM «^ deaiii^bira ma

Quels mouvemens ont recommeooé à s'élever 4im nooii oœiir 1 Je me aiis tratiié en doebant. Afirèe avoir parcouru des yeut toule» les parties 4e la chambre, pour me donner le temps de reprendre haleine, j'ai a|>prouvé tout- ce que j'ayais vu, et j*ai garanii que ma femme n*ea semît paamoi»» conteiftle* Ea&ui(0» demandant ]« permisaion die m'aaseoir, j'ai (ait. diverses queatioDasurle miniair^de la paroisse» sur ses taUms pour U ch9ii«9 et partiottlièremwt sur ses mcnifs.

— C'est une curiosité , madame , que j'ai dans tous les lieux où. ]• mteriétetf J'aime que U oondttite du ehvrgé flépoode à oe <|ii'lt bous

^Rieu n'^ si jaMe». monsieur; miis c'eet ce qui «'arriva pas avs*

souvent qu'il serait à souhaiter».

—Tant pis, madame^ tant pie. Pour moi, j'honore eitrêmemealle clergé en général. Si l'on. suppose dans ceux qfiisoDt appelés h la perfeiB^ion par leur é^ eti par. lee moyens qu'ils ont de se pe^ctionner^ aiUaiUt de CaiMesaes que dan» les autres hommes, le leproche- tombe sur lUf^tiue humaine plus que sur la robe eoclésiasiique. Je n'ai jamaisaimé la censure qui attaque les professions... Mais je retiens votre demoiselle daw son cabinet. Ma goutte tm rend incivil*

JUûi quittant ma cba^i je me suis uraîné ^ la fenttre»

-^ De quelle étoffe sont.ce» lideaua, madame?

^ De tii damassé, monteur-

"«-Je les trouve extrêmement beaux. On les croirait de sioie« Us sont glus chauds que la soie, j'en suis sûr^et plus convenables à um apparte-* ment de campagne; surtout pour des personnes un peu âgées». I^ lit me Piraît de ft^rt bon g^t..

-*-Il est très proi^re, monaieur- Non» ne pîélfmdpJM ici q^*à la pno* prêté.

—Oui, vraiment, il est des. plus propres. Un camelot, de soioi si je na me trompe. En vérité* 4oul est fort bien» Dout plaira beaucoup a ma f^mme* Mais^ nous serions fâchés d» mettre votre jeune demoiseUe hors dé son appartement. Nous nous contenterons à présent des deux autces

cbambreii.

Je me suis avancé vers le cabinet pour observer le dessus de poiïMi*

— Que représente, cette peinture ? Ah l je le voi^ : une garnie Cécile^

,— C'est un tableau fQrt commun, monsieur..

— IL n*est pas mal, il n'et pas mal. C'est une copie de quelqiie bon ^a^ bleau d'Iialie..«.Mais, pour tout aumende, je net voudrais pas mettre ¥otie demoiselle dehors^ Nous nous accommedecons des deux autres pièces^ ài-je répété un peu plus haut, mais toujpurs de mon ton rauque et par* koi du gosier; car mon aiieAtÂo^ était pactagée entre le spA de ma voix e^de mes discours^

Àh I peUordI ai près d(9 mon.adftrable Cbuwae 1 Juge qndle devait ôtm

ma contrainte.

Xé\m résolu,^» r^ngagw ». Si'U était possible ^.èisortU d'«Uo«iôme de s»«Qtraite. J'aif«int d'éuteprét.à «se retireik

r*- Hbdame Itf ooi^ airjQ s^pû^, lousme psomettei donc oetle chambre b^H'eUe seca libre : non» «iiie ajoiu^, eo^ ienaiil esses k voa pour me <fiiiieie9leq4K& dA cabinet» qu* jo veuille iaosouBodet loliei jeune d»«

856 CLABI88K BAltXlVB.

moîselle ; mais je souhaiterais que ma femme fût informée k peu près du temps. Les femmes, tous ne Tignorez pas, madame Moore, aiment à m- ▼oir sur quoi elles peuvent compter.

<» Madame Moore, a dit alors ma charmante, et jamais le son de sa ▼oix ne m*a paru plus harmonieux, jamais il n'a causé une plus douoe émotion dans mes veines ; vous pouvez répondre à monsieur que je ne serai ici que deux ou trois jours, pour attendre une réponse qui ne sautait tarder plus long«temps, et piuiôt que d'ôtre incommode à personnOi je prendrai volontiers toute autre chambre que vous me donnerez an second.

-—Non assurément, non, mademoiaelie, me suis-je écrié. Vous êtes trop obligeante.Quelque affection que j*aie pour ma femme, jo la mettrais plutôt dans un grenier, que d'exposer à la moindre incommodité une personne aussi respectable que vous le paraissez.

Comme la porte ne s'ouvrait point encore, j*ai continué :

— Mais puisque vous poussez la bonté si loin, si vous permettiez, ma* demoiselle, que de la place oà je suis, je jetasse un coup d'œil sur le cabinet, je pourrais dire à ma femme s'il est assez grand pour contenir quelques meubles précieux, qu*elle est bien aise d'avoir partout avec elle.

Enfin, la porte s'est ouverte. Ma charmante m'a comme inondé d'un déluge de lumière. Un aveugle ne serait pas plus vivement frappé de l'éclat du soleil, sli recouvrait la vue en plein midi. Sur mon Amel je n'ai jamais rien senii qui ait approché de cette situation. Que j'ai eu de peine à me vaincre, pour ne pas me démasquer k l'instant ! Mais hésitant et dans le plus -grand désordre, j'ai avancé la tôle dans le cabinet. J'y ai promené mes yeux.

— L'espace, ai-je dit, me parait suffire pour les bijoux de ma femme. Us sont d*un grand prix ; mais le ciel me confonde (je n'ai pu m'empôcher, Belford, de jurer comme un sot ! Maudite habitude I ) il n'y entrera jamais rien de si précieux que ce que j'y vois.

Ma charmante a tressailli. Elle m'a regardé avec terreur. La vérité du compliment, autant que j*en puis juger, avait banni la dissimulation de mon accent.

J'ai vu qu'il m'était également impossible de me déguiser plus longtemps à ses yeux et de résister à mes propres transports. Ainsi, me découvrant la tôte, et jetant ma redingote, j'ai paru comma le diable de Milton, dans ma forme angélique; quoique la comparaison puisse te sembler assez bizarre. C'est ici, Belford, que les expressions et les figures me manquent pour illustrer cette étrange scène, et l'effet qu'elle produisit sur ma charmante et sur la dame Moore. Je me réduis, par impuîseance, à la simple description du fait.

LabelieClarisse ne m'a pas plus tôt reconnu, qu'elle a poussé un cri vio* lent, et plus vite que je n'ai pu la soutenir dans mes bras, elle est tombée sans connaissance à mes piels. J'ai maudit l'indiscrétion qui m'avait porté k me découvrir si brusquement.

Madame Moore, comme hors d'elle-même k la vue du changement qui s'était fait dans mon habillement, dans ma figure et ma voix, s'est mise k crier une douzaine de fois tour à tour : — Au meurtre! au secours I au meurtre 1 au secours I Ce bruit a jeté l'alarme dans la maison. Deux servantes sont montées» et mon laquais après elles* J'ai demandé de Teau

CUftlflSB BAftLOTI. 8ST

llralctiet des sols, des esprits. Chacun a couru de différent cAté. Une des errâmes csi descendue aus^i vito qu*el'e était monlée : tandis que si tiattresse, piissani d*une chambre à fauireet revenant plusieurs kU dans OAie où nous ciions, se lordjîi les mains, invoquait le ciel, prriait à elle* même, aux us^^idlans, sans savoir apparemment ce qu'elle Lisait et œ f u*eUe voulait dire.

La servante qui était descendu') est remontëe avec un homme du Toisi- ■agc et sa sœur, qu'elle avait elé chercher. Cette fille, voyant la vieux goutteux qu'« lie avait introduit, métamorphosé tout d'un coup en oa Jeune drôle, vif, dispos, qui avait la voix claire et toutes ses dents, soutenait que je ne pouvais être que le diable, et ne pouvait dé:ourner les yeux de mes picdi, s*altendant sans doute à chaque minute do les ?oîr IMratire fourchus.

Pour moi, j*étais si attentif à soutenir ma charmante, que je m*occiipais peu de tout autre soin. Elle a donné enfin quelques signes de Tie, par ses soupirs et ses sanglots. Mas on ne lui voyait encore quo le blanc des yeux. Je me suis mis à genoux près d'elle, j*ai soutenu sa tête de mon bras, je lui ai parlé du ton le plus tendre :

— Mon arigel ma charmante! ma Clarisse 1 Regardez-moi, ma chère Tiel 5<i no suis pas fâché contre vous. Je vous pardonnerai, cher objet de mon amuur.

Les spectateurs étonnés ne savaient quelle explication donner è ce qu'ils enicnJaimt, et bien moins lorsque ma charmante recouvrant la Tue, a jeté un regard sur moi, et que, poussant un faible gémissement^ elle est reiombéo dans l'ciat dont elle ne faisait quo sortir.

J'ai levé la fenêtre du cabinet, pour lui donner do l'air. Ensuite la laissant au soin de madame Moure et de miss Ibwlings, car c*était cet oracle de Hanistead quo la servante avait omcoéc, je me suis retiré dans un coin do la chambre, où je me suis fait ôier par mon laquais mes gros bas de riiôielierie, et j'ai achevé de repi-cndre ma forme ordinaire. Je suis retouiné au cabinet. Là trouvant M. Uawlings, auquel je n'avais pas fait beaucoup d'attention dans le premier trouble :

— - Monsieur, lui ai-je dit, vous avez été témoin d'une scène extraordinaire. Mùis celte jeune dame est ma femme. Je crois être le seul homme dont la présenco &oit nécessaire ici.

Il m'd demandé pardon. — Si c'était ma femme, a-t>il ajouté, il con- Tenait qu'il no devait point entrer dans les affaires d'un mari: cependant la peine qu'elle avait marquée h ma vue...

— Retranchons les ft, les cependant, ai-je repris d'un ton plus fier.' Dispensez-vous de cette inquiétude pour la peine d'autrui. Votis n'avei aucun droit à vous attribuer dans celte occobion, et vous m'obligerez de fOus retirer sur-le-champ. Cest un bonheur qu'il n'ait pas lépliqué.Mon sang éioit prêt à s'écbaulfer. Je no pouvais souffrir que le plus beau cou, les plu* beau bras et les plus beaux pieds du monde, fussent en spectacle à tout autre homme que moi.

' Lorsque je mo suis aperçu que la connaissance commençait à lui rêve* nir» je suis sorti encore une fois du cabinet, dans la crainte que me Toyant trop tôt, elle ne retombât dans le même accident. Les premiers mots qu'elle a prononcés, en regardant autour d'elle arec une extcèmi émotion, m'ont frappé par leur son lugubre. l^

.j2S3 CLARISSE HARLOTB.

— Oh! cachez-moi, cachez-moîl 'Est-il parti? Cachez-moi, je vous en

UUUJULV.

j Vies RarrHinrts est revemie aussHftt Ters moi.

'—'Monsieur, tnVi-^leâtt d'un air assez «ssaié, leoes test toi smplB* naiit. Cette ijenne ilame ne pent «upperter votre Tve. Vous^vm wima que nous quel sujet tde plainte tous vrez pi' lai donner; Kwls«ili«rtiè craidre qu'une nouvelle rechute soit la dernière. A«oc un peo é^vMi'. -^MsaMce et de< bonté, 'inmsipMOtf riez le fwtti ûb «misicetinv.

11 était important povr moi de mettre unepeisonne si ootable^iBB «ttes intérêts ; surtout après aTotr tmité assez eayalièieoMnt son fvèoiw

^-*€e!te ehère personne, lui ai-je dit, a quelque raison de craindBMin -peu ma fue. 6i vous raez, mademoi^eUe, im^niri qui eût pour vonsiitttamt^ tendresse que j^ -ai pour eUe, fomis sftrqud tous ne lequiilflriez, pas, pour vous exposer témérairement à toutes sortes d'ai!eatiure89.CMMDe oiie &it chiqne loSisjfate naàise d'entrer dans ees oaprioea. A la vérité, •tf^eat a««c une pasiaite* innooenoe. Il n'y a rien À reprocher è ses inten- ^làons. iMais c'est aa faute, uniquement sa .iauite. Mie est d'aulant t^fais rinasouaable, que je^suis è kle par son choix, «i que j'ai raison da^GBOire qu'elle me préfère à tous les honmea du. inonde. Ici, iiedford , J'ai.»- »aaaté une deices hiakMFres que Je> tians en xésarvejpourt donner «ne couilear plus viveii mes auppo8iti(ms.

— Vous parlez en galant homme, et vous en avez l'apparencQ» m*a lié- , ,{>QDdu miss Rawlings. GepeDdant» monsieur, le cas n'est pas moins étrange. Il paraît que œite jeune dame ne vous voit qu'avec terrent.

— Vous n'en serez pas surprise, mademoiselle, dis-je, en la tirant lin peu à part, mais du côté de madame Moore, si je vous apprends que 6'est la troisième fois que je pardonne à cette chère femme une malheureuse jalousie... qui n'est, pas toujours sans un peu de flrénésie^ ai-je ajouté d'un ton plus bas, pour donner à celte circonstance un air de secret... Hais notre histoire serait trop longue : ôt là -dessus j'ai fait un ratmvejnent pour retourner vers ma charmante. Ces deux femmes m'ont art^, en me priant de passer dans la chambre voisine et me promettantide faire leurs efforts pour l'engager à se mettre au lit. Je leur ai recommandé de ne pas la faire parier beaucoup, j)arce qu'elle était accoutumée à certains accès, et que dans cet état elle disait tout ce qui lui venait à la bouche, avec un désordre d'esprit qui durait quelquefois' tonte une semaine. Elles m'ont promis d'apporter tous leurs soins à la rendre Yrnrquille. Je suis sorti de la chambre , après avoir lait desceuidre^tous 'les domestiques.

En prêtant l'oreille, je n'ai pas laissé d'entendre quelle s'àbandoiiflaii «R exclamations. Elle se nonrmaii malheurense,' perdue, déifaoB^réel BMese tordait les maios. Elle demandait du secours^ paur éoitappar ailes maux terribles dont elle était menaeée. Les deux femmes i^ihinliÉBi à ^tapaiienee et lui conseillaient de prendre un'pattde'ii>apas*£lleB)Vani 'fteBBée de se mettre au lit; mais elle s'«st obstinée è lerefiuaar.^Qipmintait atle-a consenti à s'asseoir dans imiàttlemil : eUo était «(raflHame, qu'elle ne pouvait se tenir debout.

^ rai crue capable alors de aoalenir ma pfésanca. Il f anaatt*! du Hangar h'Ini laisser le temps de mèlar dans aes pianMes jqttelfKauffiialion qui aâl augmenté mon embanas. Jeauia TGKlréaian8>la.^itMaatb /

— ^IM'le iFMlk, s'eaiHsUo écriée , an «e .eoiivaaBt la wa^s iawn

CLABISSE HARLOVE. 259

mO^MUuuir; je ne puis le voir : js né puis jeter les yeux sur lui. Portez, sortez ; ne me touchez pas, a^t^le repris vivement, lorsque j*ai voulo fKendjré sa main, en la sQppiiant d'être plus tranquiile, en raasumnt ^ue je voulais faire ma paix avec ^ie, et qu*el)e serait maîtresse des confilions.

«-" Méprisable personnage! m*a dît cette vidente fille, je n'ai pa9d'aii<^ tros conditions à désirer que celle de ne vous voir jamais. Ponrqueii faut-il que je sois exposée à vos persécutions? Ne m'avez-vous pas dé^i xeodiie trop misérable ? Sans protection, sans amis, je bénirai le dd île jaa iQfêère, pourvu que je sois délivrée du malhetir do vous voir.

ifiss Rawlings m'a regardé d'un œil ferme. C'est une créature assez .hwNbe que cette miss Rawlings. Madame Mooro a tourné .aussi les jeux •^MuriiBei.-*.Je m'y étais Lien attendu, leur ai-je dit à toutes deux, m .'iwissant Ja tôt« vers elles ,d*uniûr consterné. Ensuite m'adressant à la jcharsMMrte::

««^ JHo» oher awNir,'VOiis («laissez hers de vous-même t songez que

eelto' violence ^eut nMâreà ¥oti^ saotél Un .peu de palience, ma chère

•râl lïouB traiterons fnUis icwquiUament cette affaire. Vous m'expose^,

vous vous exposez vous-même- Ces dames crdront que vous clés tombée

,dMi8 «ne iroupe de vokiirset gue j'en suis le chef.

— Oui, c'est le fnaiiquetsrous'inéitttez. Oui, oui, frappant du picd^ssuis 'oeseer ûUnrtàr It^mêgdtcmkymL Ell&se.i;appâlait sans doute Tav^nUue de mercredi : ses soupirs paraissaient prêts à l'étouifer. Elle a ponté Ja main à sa tête : Je crains, a-4reUe4it, en réfléchissant sur ellc-mâme, héte ! dte' pesdcB 'l^iit!

— ^Mon ciieranM>ar,.ait>jd ttffeaté d'intWK»npre» ne craignez neo, jeœ TOUS' découvrirai pas le* visage. V<€us ue me verrez. pas, puisque ma .vue vons^est odieuse'; mais votikiine violence dent je oe vous aurais jaovws crue capable.

J'ai fepris samain oadgrA «IAe, ^t j'ai voulu la presser de mes lèvres : ^Ue l'a' letivée arec iadignatidn. Elle m'a répété l'ordre de ne pas la t<MMdiar,el deifabandomer à^son sort.

— Quel droit, a-t-elle ajouté, quel litre avez -vous pour me persécuter si cruellement?

•—Quel <iroft, quel €Kf«, joa (Mrel.^. mais ce n'est pas le raom^ii de répondreà cette qvevtion : f ai reçu nne lettre du capitaine TomJioflMi. Là 'voki : daignez la pittiére^el k lire.

— le ne reçois rien ée velpe main : ne me paitez ,pis du^cuplMe 'TtmiHnson i ne me pariez de personne. Vous n'avez aucun droit de-né persécuter avec celte cruauté. finco«e une fois, retirez-vous. N'aveitffas pas dfjà poussé mes malheurs au comble?

Sens-^u, BelfoTd,ii!ie j'avais teuohé exprès nne corde si dé!ir^te,.peHr lui causer, devant les «deux^femans, quelque tsansport de passion, ipii (rftt conflrmerice que je leurmvais fait entendre de raliénalion de mu «sp^it*? raîTepris» arec la'fBême doieeur :

— Quel mtflliepreux diangement f-Br trancfdille^ si contente, il y^o ftn de joursMfatteiManttioe'ie -moment de votre réconciliation aveevoire famille ! Cet agréable événement si avancé I Vae oceasion légère, «ne îwgat^lle TenTersera-»t-eHe tout fédfflcede notre ionhenr?

mie ^'estiei^e atec Q]i4nouvement ëi vif d'in^atience et de D^Rre,

260 CLARISSE ilABLOTI.

qu'elle m'en a paru trembler. Son mouchoir, qui est tomb4 de dessos son visage, a laissé voir toute Tindignation qui s*y éiail répandue.

— A prô.-ent, m'a-t-elle dit, puisque tu as Taudace de donner le nom de bagatelle à roccasion dont tu parles, et puisque je suis heureusement hors de les mains infâmes, hors d'une maison que je ne dois pas croire plus honnôie que toi, je hosdrderai de lever les yeux. Itfais plût au ciel que ce ne fût que pour te voir mort, aprèi avoir vu dans ton lâche cœur quelque seniiuienl de honte et de repentir?

Ce langage de inigpdie, joint à la manière violente dont elle l'avait prononcé, a produit i'effi.'t que je m'étais promis. J ai tourné successivement sur dio et sur les deux femmes un œil de compassion. Ces deux prudentes créatures ont branlé la léte et m'ont pressé de me retirer* Ensuite, elles l'ont priée tendrement dose mettre au lit, pour y prendre un peu de reposa. Mais cet ouragan, comme tous les autres, b*cst bientôt dissipé en pluie : c*est-è-dire que, versant un ruisseau de larmes, elle est reiomléi sur ^on fauteuil. Elle a demandé pardon aux deux femmes de son emportement ; mais elle ne Va pas demandé à moi. Cependant j'ai commencé à me flatter que le temps des complimons étant venu, il pouvait arriver que j'y eusse bienidi part aussi.

— En venté, mesdames, ai- je dit aux deux créatures (tu conviendraS| Belford, que ce n'est pas d*assurance que j'ai manque), je ne reconnais pas mon cher amour h celte violence. Rien ne lui est si peu naturcL Un malentendu...

On n'a pa<% manqué de me couper la voix.

— Un molenicndu, misérable que tu es I Crois»tu que j'attende de toi des excuses? (Le mépris éclalait dans chaque trait de son aimable visage.) Puis détournant la tèie, pour éviter mes yeux : Indigne fourbe! je n'ai pas la patience de te regarder. Sors, sors d'ici I comment oses- tu soutenir ma présence?

J'ai cru al(irs que la qualité de mari m'obligeait de paraître un pen fâcbé.

»- Madame, madame, vous pourrez vous repentir quelque jour de ce traitement : je ne l'ai pas mérité. Rendez-moi justice : vous savez que je ne l'ai pas mérité.

<— Je le sais, misérable ! Je le sais !

— Oui, madame ; jamais homme de ma naissance et de mon rang , il m'a paru à propos de me faire un peu valoir , ne s'est vu traiter avec cet air de mépris. (Eile a levé les mains vers le ciel, Tindignaiion lui a coupé la voix.) Mais tout vient de la mémo source que le reprocho de vous avoir privée de toutes sortes de secours et de proiection, de vous avoir jetée dans l'humiliation et la misère , et d'autres discours aussi étranges. Ce que j*ai à répondre devant ces deux dames, c'est qu'après ce que je viens d'entendre, et puisqu'une aversion si forie a pris la place de votre ancienne estime, je vous laisserai bientôt aussi libre que vous le désirez. Je vais partir : je vous abandonnerai à ce que vous nommes votre son; et puisse-t-il eue heureux I Seulement, pour D*êire regardé do personne cumme un usurpateur, comme un voleur assurément, je demande où je di>is envoyer vos habits et tout 00 qui vous appartient. Vous no tarderez point à les recevoir.

— Envoyez-les ici, m'a-t-on répondu; et garantissez-moi que tous cessenzdu me tourmenter, que vous n'approcherez jamais de moi: c'est tout ce que je désire de vous.

^ CLUMOL BAELOTI. S6i

^ mmm Je V0Q8 obéÎTaf, madame, ai-je repris d*un air afQigé. Haïs deTais-je croire que fous fussiez jamais capable de pousser si loin l'indifférence et le mépris T Cependant, perraetlez que j'insiste du moins sur la lecture de oette lettre. Consentez à voir le capitaine Tomtinson, à recevoir de sa botiche ce qu'il doit vous dire de la pari de votre oncle. Il ue sera pas loog-iemps à se rendre ici.

•— Vous ne me tromperez plus, mVt-elle dit d'un ton imp<^rieux. Coni* mencez par exécuter vos offres : je ne ncevrai aucune lettro de vos mains. Si je vois le capitaine Tomlinson, ce sera sans aucun rapport à vous. Envoyez mes habits, comme vous l'offrez : donnez-moi ceiio ( reuve de sincérité, si vous voulez que je vous croie sur tout le reste. Laissezmoi sur le-champ et commencez par m'envoyer mes habits.

Les femmes se regardaient avec ctonnemeni. Leur embarras no faisait qu'augmenter. J'ai feint de partir, dans le mouvement de mon dépit. Mais, après m'être avancé jusqu'à la porte, je suis retourné sur mes pas, et comme si j'étais revenu il moi- môme :

— Un mot, un mol encore, mon très cher amour... Hclas I charmante jusque dans sn colère ! 0 fatale tendresse ! ai-je ajouté, en me tournant k demi et liranl mon mouchoir. Je crois, Belford, qu'il s'e^^t avancé quelque chose d'humide sur le bord de mes yeux. En honneur, je n'en doute pas. Les femmes ont paru touchées de compassion. Honnêtes créatures! Elles ont voulu montrer qu'elles avaient aussi chacune leur mouchoir* C'est ainsi, ne l'as-lu pas quelquefois observé? que, dans une compagnie de douze ou quinze personnes, chacun tire obligeamment sa montre» lorsqu'il entend demander quelle heure il est.

^- Un mot, madame, ai-je répété aussitôt que j'ai pu retrouver la TOix. J*ai représenté au capitaine Tomlinson, dans le jour le plus favolable, la cause do notre mésintelligence présente. Vous savez sur quoi votre oncle insiste : vous savez h quoi vous avez consenti. La lettre que je vous offre va vous apprendre ce que vous avez à craindre de la malignité active de votre fi^re.

Elle allait me répondre avec chaleur, en repoussant la lettre du capitaine. Je l'ai prévenue :

— - De grâce, madame, écoulez-moi. Vous savez que Tomlinson s*e8t ouvert de notre mariage à deux personnes. La nouvelle est déjà parvenue aux oreilles de voire frère. Elle est allée aus&i jusqu'à ma famille. J'ai reçu ce matin de la ville des lettres de milady Lawrence et de miss Montaigu. Les voici, madame, je les ai tirées de ma poche pour les lui offrirt avec celle du capitaine ; mais elle les a repoussées de la main. Faites réflexion, je vous en conjure, aux suites funestes d'un ressentlmeul si vif.

— Depuis que je vous coimais, m'a-t-elle dit, je suis dans un abtme d'incertitudes et d*erreurs. Je bénis le ciel de m*avoir délivrée de vos mains. Le soin de mes affaires ne regarde que moi. Je vous dispense d'y prendre le moindre intérêt. Ne suiH«) V^ indépendante de vous et mattresse de moi-même? Ne suis- je pas...

Les femmes ouvraient de grands yeux.

Il était temps de l'interrompre. J'ai élevé la voix pour étouffer la sienne.

«~ Vous avez naturellement le cœur si tendre et si délicat, ma très ' chère amie! Jamais il n'eut une plus belle occasion do s'exercer. Si vout^

963 CLARISSE RABIiOVB.

ne voulez pas jel«r tes yeux yo«Sf-ii«êiBe.sttr les lettres,, souffres qpa Je veus en lise un article ou deux,

-^ Loin, loin, &'esU«lleécnée;ct (luejfmaia ianeftoie^.niitoimtas lettres. Do quel droit oses-lu ai crueilemeDtiDetouriueiMer?

— Étranges questions , mon très cher amour 1 Qiiestioas auxquelles veus répondriez ibst bieD>you»-môme.

•--*SaBBdiDuteyâri«-eUe repris arec le mêotie eaiporlement ; et voici donc m» réponse...

, Je* me suis hâté d*^lever encore plus la voix. Elle s'est arrêtée^ . —Tendre Ûllel air-je dit en moi-même, malgré la petite colëre oCt j'étais contre elle ; il serait bien singulier qu'un caractère tel que le tiâi Iftt capable ici de me résister. Cependant, j!ai baissé le ton aussitôt que .sa bouche s'est fermée.. Tout est devenu doux, soumis dans mon accent. J*ai penché la tôle, une main levée, et l'autre appuyée sur ma poitrine*: Au nom du ciel! ma très chère Clarisse, lui ai-j.e dit en poussant utf ^o*- 'Pir^ délerminez^vous à voir le capitaine avec un peu de modéraiiotf. H leukit venir avec moi ; mais j'ai cru devoir essayer d'abord d'adôucîr votie espfit sur ce fatal malentendu, et cela, pour entrer dans vos propres.ii»lemioBs; car, sans ce cher motif, que m'importe à moi que vos parens finsent ou ne pensent pas à se réconcilier avec nous? Ai^e qpelqae laveur à leur demander 7 C'est donc pour vous-même que le vous coi»jliie de ne pas rendre inutiles les services et la négociation du capitaina. Ce vertueux officier sera ici avant la fin du jour. Milady doit arrivera Londres, avec ma cousine, dans une jour ou deux. Leur premier soin seta de>vous voir. Ne poussez pas si loin cette petite querelle, que mirord Mk.., milady Lawrauce et milady Saddler en puissent être informés. Si iiitsavais, Belford,.de quel œii les femmes ont commencé à me regarder! r Ma tante Lanvrance ne vous laissera point en repos, que vous n'ayez con- -senti h Itacoompagner dans ses terres : et votre cause sera sûrement eptte ses mains.

Ji'ai repris' haleine un moment pour juger de ses dispositions par sa réponse. Mais sa contenance et le ton de sa voix ne m*OTit pas plu.

-—Et crois-tu, nûsérable.- a«l-eUerecommencé... Il fallait absolument Fônlerf ompre.

— Misérable I me suis^je écrié plus haut qu'elle. Ah i madame, vous SBVeZ' que je n'ai pas mérité df^ noms sir violons. Une âme si délicate

,«bMlle capable de cet injurieux langage! Mais ce traitement vieirt de vutts^ madame I de vous que j^adore ;, de vous qui m'êtes plus chère que

jnM»-mêrae. Les femmes ont recommencé à se regarder. Mon ardeur a paru leur plaire. Il n'y a point de femmes, Belfôrd, mariées, fille$ ou ncMveS) qjtti n'aiment les ardeurs. Miss Howe méjne , dans une dé ses IiMlres^^prend parti pour Us ardeurs. Cependant,, madame, je dois dire

•ifiedâiie cette occasion vous avez été trop loin. Je vois que vous me

Jieïssezt..

Elle allait répondre :

— Si nous devons nous séparer sans retour, ai-je continué d'urne voix 'PkHi)£ermeet pkisgrave, je ne serai pas long-temps incommodé à cette

Ile. Eu attendant vos dernières résolutions, daignez seulement lire ces

lettres, et eonsicbérer oe qu^'il faut dire ài'amide votre oncle,.ou'ce qalM

:poit dire luiTmême è son ami. Reneyocez. à moi. si voua voulez; jp ne

m'en prêterai pas moins à tout ce qui peut faciliter la paix et h rëconcl-

GMWMi RAjMAVi. 2^

jetpmîi^U liberté 4e tous lepréMotor que vcm daTez. ma imiter avas. uBtpmjiiMiias dacbaleurv nt» CiU-ce qiw^pouf doimer une cxwleuc bjolihle à ce qui a'^^l paaaéy et du;poida aux propositioQa qu'il ¥QU3 plaira, dftilimà veire teùlle.

•Jtet nia ahws toutes mes lettres sur une chaise qui louchait k la. SMM; ti'je me 8«»i8 relire, daus rapgaa;teiQefa¥oi&iDt.avec âme profonde révérence.

XesjdeiNL liHUBeft>m*oni auivi^au même instant ;. madame Uooie^.poûr WiaSf à ma per/irersAla liherté de lire sea leltres ; misa Rawliog^, par .le raftM metU, et parce qu'on la demandait chez eUe. La bonne Moore i*a Piîé0>4» rer^tair pfû^i(Uement. Je lui ai fait la même prière ; et je ne lui ai^i^aa^ii.do ré^ugnauca à^promeUre de noua obliger.

1% tourné mes premiers soin» à me faire pardonner par madame, Itooielo.désuisamentsous lequel je ra'éiais présenté, et les fables qui m'Amenl servi è lâi tromper- Je lui ai dit que je ne changeais rien au. nmpdié' que j'avaia fait avec elle pour son appartement, et que je la paiemia pour ua mois. Elle m'a témoigné quelques scrupules, qui se sont réduits à vouloir consulior miss Rawlings. J'y ai consenti; mais a^ièi Uavoir ùÀi souvenir qu elle avait regu mes arrhes , et qu'elle n'avait rien à me contester.

Um RavHings est rentrée alors d'un air de curioské plus vive;, et madame Aloore lui ayant raconté ce qui venait de se passer entre nous, elle 8 pria le ton officieux* Je l'ai secondée sans affectation, fort persuadé que* ai.j^^^ la faisais entrer dans mes inléréis, j'étais sûr de Fautre. . BUa ai souhaité , si le temps le permettait , et si sa proposition ne me pawifinit paa indiscrète, que je lui apprisse en peu de mots le fond d'un, ^râienent , qui sa présentait, m'a-i-eile dit,, sous une face mystérieuse eitrtoutà faitsurprenante. Dans quelques momens elle nous avait crus mariés, dans d'autres ce point lui avait paru douteux. Cepeodanl la jeune dame ne le désavouait point absolument ; mais il paraissait du moins^ quWle se CKi^yait morteliement offensée.

)o kù ai répondu que notre aventure était d'une singularité sans eoNHUple; q^e dans plusieurs circouslances elle pourrait leur paraître incroyable; mais que, leur croyant beaucoup de discrétion, je ne forais pas difiisuUé de leur eu faire un. récit abrégé , qui éclaircirait à leur satislBBljoB.|. non- seulement ce qui s'était passé , mais encore tout ce qui pouvait arriver. Elles ont pris chacune leur chaise autour de moi , et diaqna tcait de leur visage s'est composé à Taitention. J'étais résolu' dr'ailpiacher de la vérité autant qu'il m'était possible , dans la crainto qu'il n'échappât quelque chose h ma charmante qui pût démentir mon témoignage; et pour m'accorder d'ailleurs avec moi-môtaae sur toutala acAnedalhôteilexie^

Ouoique lu saches toute mon histoire , Bclford ; et que je Taie comnuumiMé une bonne partie de mes vues, il est nécessaire q,ue je t^ap«* itienne en gros le tour que ji'ai donné à mon récit.

laleui! ai fait, eu'abrégé , rhistoire de nos familles , de nos fortunes, 48^ nos alliances, de nos antipathies, surtout de cèlfe qui met un obstacle éternel à Tamitié entre James Haï love et moi ; j'ai' constaté la vérité de MLia mariage sacrei;^la lettre du capitaine, que jeioindraiiàcelI&-ci, t'en %ftCQanaiii» lea raisons. D'ailleurs i les deux femmes auraient pu me

Sn GUB188B BAKLOfl.

proposer un ministre, par Toie d*acconimodrmenL Je leor ai dît les dition<} qtte ma femme m'avait fait jurer , et dunt elle 8*éiait d'aolanl moins re!Ach^ qu*elle les arait crues propres è m*tDSpircr plus d*ardeur pour sa réconctiiaiioD avec sa fomiile. J*ai confessé, de bonne ftii , que celte contrainte m*avait quelquefois fait penser à chercher des conaolations au dehors , et la bonié de madame lluore lui a fait dëciartfr qu'elle n*en était pas fort élonnée. C'est une excellente femme que celte madame lloore.

Comme la rusée miss Howe a découvert actuellement ce que c'est qœ notre Sinclair, et qu'elle pourrait trouver quelque moyen d*en instruira Bon amie, j*ai jugé quMl était fort important de prévenir les deux fem» mes en faveur de madame Sinclair et de ses nièces. Jo leur ai d tquVUe» étaient nées demoiselles ; mais qu'à la vérité ma femme ai'ait conçu do Taversion pour elles, depuis qu*elles s'étaient unies pour la blâmer d'un excès de délicatesse. La plupart des gens, ai-je ajouté, et même des plus bonnéies gens , à qui leur conscience reproche une faute dont ils n'ont aucune envie de se corriger, sont quelquefois les plus impatiens lorsqu'on les en avertit , parce qu'ils supporieut moins volontiers que d'autrea» qu'on n'ait pas d'eux l'opinion qu'ils croient mériter.

Elles m*ont répondu toutes deux : — C'est ce qui n'arrive que trop souvent.

^ « &fadame Sinclair , ai-je continué, occupait une fort bHle maison, propre mc^me à loger des personnes de la première qualité. Tu sais, Bel* ford, que rien n'est si vrai. C'était une femme très bien dans ses aflaires, une veuve au dessus du commun, telle que vous, madame (en m'adre»sanl h madame Moore), qui donne h louer comme vous; qui avait autre» fois d'autres espérance?, comme vous pouvez en avoir eu, madame Moore. La veuve d'un colonel. Il n'e&t pas impossible, madame Moore, que vont n'ayez connu le colonel Sinclair. Il occupait anciennement quelques chambres de louage à Ham-tead. »

Elle m*a dit qu'elle croyait se souvenir de ce nom-lè.

— Oh I c'était une des meilleures maisons d'Ecosse : et vous convien» drez , mudame Moore , que si sa veuve loue des apparti^mens garnis, oe n'est pas une raison pour la mépriser. N'esl-il pas vrai , miss Raw« lingsT

— Assurément, assurément. Elles ne pouvaient même approuver, ont* elles njouté, qu'une dame telle que mon épouse fAt d'un caractère méprisant.

^ Bon, ai-je aussitôt pensé. Ce fond promet quelque chose. Ne désespérons pas de l'assistance de ces deux femmes pour ramener ma fu|^tive, et pour arrêter les informations de miss Howe.

Je leur ai fait le portrait de cette virago.

— Dans tout son sexe, leur ai-je dit , on ne trouverait point une tête plus féconde en malice, ni un cœur plus déterminé dans l'exécolion.

— Celait apparemment è cette miss Howe , m'a dit madame Moore » que nion épouse avait eu tant d'empres«ement de dépêcher, dès la pointe du jour, un homme h cheval , avec une lettre qu'elle avait écrite avant que de se mettre au lit, et dont elle n'attendait que la réponse pour quitter Hamstead. (

— Elle-même , ai-je répondu. Je savais qu'elle s'adresserait à cette dangereuse amie; et j'aurais été trop beureuz si j'avais pu couper le

Kgeli sa leltf», oo do moins la tiire tombtr entre lei mains de ma- Howe, ail liea de celles de sa fille. D.is femmes qui ont un pea TécD dans le monde ne soni pas capables d'enicelenir œs fâcheux caprî» ces dans une jeune mariée*

Je m^aiTÔie pour te faire remarquer « tandis que l'idée m'en vient k IVspnlt que j*ai donné ordre èi WiU de trourer la demeure du messager de ma belle fugitive, et de le voir à son retour» s'il est possible, avant qu'il ait rendu compte de £a commission.

« J'ai continué de dire à mes deux juges que je désespérais d*êire jamais plus tranquille, pendant que miss Huwe, avec cet étrange ascendant sur ma femme, serait elle-même à marier, et jusqu'à l'eaiièro ré* conciliation da ma femme avec sa famille , ou jus^u^à quelque événement encore plus heureux.... comme je devais le penser, moi qui suis le dernier mate de ma maison , et que sa rigueur , autant qu*un serment mal amça , avait empêché jusqu'à présent... »

Ici , je me suis arrêté , et j'ai fait le modeste , tournant mon diamant autour de mon doigt, comme si la pudeur ne m'avait pas permis d'ach^ Ter, tandis que la dame Moore , me faisaut lire clairement dans ses re* gards , m'a dit que lo cas était assurément fort singulier ; et que la vierge Rawling) a fait quelquos minauderies en ouvrant son éventail » pour faire entendre que ce que j*avais dit ne demandait pas d'autre ex» plication.

Je leur ai raconté le sujet de noire dernier différend. J*ai bien étab!i la réalité du feu; mais j'ai confessé qu'ayant pour moi les droits du m*» riage, je n'aurais pas fait difûculté de violer un serment ridicule, lorsque la frayeur d'un accident si peu prévu avait jeté ma femme entre mes liras ; et je me suis fait un reproche fort amer d'en avoir manqué l'occasion, puisqu'elle jugeait à propos de pou^er le ressentiment si loin, et qu'elle avait l'injustice de regarder le feu comme une invention pr^ méditée.

— Assurément, pour cet article, a remarqué la bonne madame Moore, comme vous êtes mariés, et que madame parait un peu singuiière, il y aurait peu d*hommes... Elle n*a pas poussé plus loin sa réflexion.

— Comprenez- vousf ai-je repris, me supposer capable d'avoir recours à de si misérables inventions, lorsque je voyais celte chère personne k toutes les heures du jour. Le trait, Belford, te paratt«il assez effronté?

Iliss Rjwlings a répété plusieurs fois, que lo cas était en vérilé bri extraordinaire; baissatit les yeux, jouant de l'éventail, tournant la tête pour ne pas m'entundre tout à fait, dans la crainte apparemment qu^il us m'échappflt quelque chose d*offensant pour sa modestie; et, revenaol néanmoins à la question par des maii et des «t, qui marquaient eucoft plus de curiosité.

La jalousie de ma charmante, qui sert d'explication dans la tête d'une femme, à cent choses inexplicables, et ce petit désordre d'esprit doni j'avais déj;i parlé, que j'attribuais à Todieuse imprécation de son père el aux anciennes persécutions de sa famille, ont é.é les derniers poinis sur lesquels je me suis étendu, par précaution pour tout ce qui peut arriver. Bn un mot, je me suis reconnu coupable de la plupart des o.fenses dont je ne doutais pas qu'elle ne leur fti ses plaintes; et, comme il n'y a rien qui n'ait un cêié noir et un côté blanc, j'ai donné aux plus fâcheuses parties de noire atenture le meilleur tour qu'elles pussent recevoir.

à^M mnSm Mit m»'naewrtieii»> iaileurr «ir ëlài {(fDBkpMi «rlM0it^4ishb eOM du MfitoiDeloBilfoaoïi, que* jteraift bôMée tntM s» iiwîimt 9ivj^ lennvi riBiniiii«iév«af<cdg foitag ips>aatts%. tfélw e&/g9ida «oolratlii^ recherches de James Harloye et du capitaine Siogtatw«.<iii.da'tou4iQa4pét wtB' IVûr dr gnÉB denmeb.

'. *Ba£y«i<TQir, pmlK lettie roteevconiliieii'oalle furëMutUm était ■écMi^ sHtei-ie te eoBsiiUede kolin^îcit et, sltafaisiiu pett4>'afttaiii««,2itWui^ €e qu'elle contieat, tu la trouven» ehaantante. par nppoci à>aMBiiM9«

lATKLACI»

«'Monsieur,

«rQncâ(pi0 je 9oia obligé de me rendre demain à Londnes, ou le jpoc suivant, je ne dois pas négliger roocasiou que i*ai de vous écrire, par. un dfl:nB9igensi, que d-autres> raisons roe portent à faire partir avant moi, peur 1^118 avertir que prubaUement il vous, reviendra quelque btuit do ¥«Éra mariage,, paar la bauche ou les lettres de quelqu'un de vos prochesu Ubedesr personnes à q|ù j'ai jugé à propos de faire entendre que je vQua «mis mariés ($on nom est. M. Lilburne), se trouvant ami da M. Sfurrier, ûiAen^nt de iBila4y Lawvance, et, n'ayant point été prié de se taire^ a communiqué cette nouvelle à M. Spurrier, qui Ta rapportée Lmila^K iaiwaoce oonime on fait certain ;;d!aù il est arrÎYÀ que^sans avoir Tbond'êtoe connu personnellement de cette dame^ j'ai reçu la visite, d9 intendant) qui est v«nu m'en demander la confirmation de sa part. It étni accompagné de M. Lilburne. Ain&i, je n'ai pu évitet. do tenir le même iangagev e4.j« crois compcendreque milady se plaint de n'avoir pa&regB dfe voua-mdiaie'une nouvelle si désirée. Il me paraît que sesaftaixôa Vàppottcat à la viUe : peut-être jugerezr-voua à propos de lui découvrir la vérité. Si vous prenez ce parti, ce sera sans doute en confidence, afin ^'il ne- transjMce ciaa du. côté de votr& famille, qui puisse contredire ce que j!ai' publié. J'ai toi\jours eu pour maxime qu'en toute occasion il faut s'attacher fidèlement à là vérité; et, quoique dans la meilleure vue 4iii monde^ j'ai qpelq^ regret de m'être un peu. écarté de mon ancien j)riaciper Mais la cher M. Jules Harlove m'en a fait une loi. Cependant j*aâ remarqué toute ma vie qu'un écart de cette nature ne va jamais seuK .^our y. remédier,, monsieur, permettez que je supplie encore une fbia rincom()arable personne de confirmer promptement ce que i^ai dit. Lofsq^e ?oua le reconnaîtrez tous deux, il y aurait de l'impertinence k jvou&demander trop curieusement la semaine ou le jour; et si la célé*> 4iraiion>est aussi secrète que vous le désirez, les dames de la maison oiï vous êtes logés ayant d'aussi bonnes instructions qne vous me Tàvnz awqré, et. vous- croyani mariés de|>uis long-temps, qui sera jamais en étatdacontrcdioe &on témoignage?

». Cependant,. il est très probable qu*on leraquelques petites recUer» 4shes;.et.c'esice q^i rend la précaution absolument nécessaire, ffl. James Harioye ne se persuadera pas que vous soyez mariés. Il est sûr, dtt-il, /^a vous viviez ensemble lorsque M. Hîckman s'est adressé et M. JuUfi ,kai*k)ve:et si. vous avez vécu quelcpie temps dans cette liaison, sansétns ,aiarlés,âl conclut de. votre earactère^jnonsieurLoveIaoe,.qn'iI n'y a point d'a^arence qua vous pensiez janiais. au mariagp. finfin^ dans la suppo-

|itger8 ses'dmrt onctes s^ n'y ar |ns'^neil'dë'cnilfe*qiic ^dwaawuw»metioé^I)«r déshonorer- sa scsur^ et sHi M res(^ gttr âoAséqvêim qmlfBiit dMtdë prétèniirer à là farreor et at!'pafdèR'âë.'sa<fanrnillè^ J9 croii^ nme moi7 qc^ est h pmpos ûk h cacher'cette^'fxiHie'éèf tMpllMye'*

rff. James est ré^a d'approféncNr la'térfté, et d^'seyrecurarTiifllWB^ INtmfès'sortesr de prii, le moyen deiniiièr if sft'sttim Je^sais Uien fo^ roiTOé qu'A part denrahr d^nsr'oitte fue, 9v^ mn^ snitè^nontteaMHBi^ bien armée, et M. Solmes doit ôire de la partie. Ce qui donne' tant d'iv^ Mura fif: James, c^est' là dëdiiratfen qoefif. Jiife^ sea onet^, a'fatte à ftmtÊT ttr famille, qn'iT pense à refermer lest dfepesiifens de soii.testiF^ ment. H. Antonin est dans la même résolution ; car il pantt qocmadène' lUiwe'aj^nf refusé depttis peuFofft^ de sa maitr, il a renonc^'absoHitneaf au dessein de changer d'état. Ces deui ftèresr agissent toojbnnrdfep çoneett. M. James commencoà craindre f et je puis vous dire, sur w que f ai entendu de tf. Jales, qae ses craintes ne sont pas* sans* féndè^ mentT* qu'il nererienneà sa sceur, d^ ce changement^ pflu»d*av«n(ag& qu'il ne désire. 11 a déjà sondé son oncle : il a voulu savoir sMl Varait' (as reçu quelques nouvelles propositions deia part de sa sœur. Bfl Jufes iÇà pas répondu directement, et s'est borné à dear souhaits pour une r^ ébncilîation générale, accompagnés de la supposition que sa nièce étaif mariée. Ce furieux jeune homme a paru ^èn offenser *: il a fait souvenir ion oncle de l'engagement dans lequel ils sont tous-entrés, au départ dr ^ scenr, de ne prêter roreiflë à rien sans un cmisentement général.

» Le cher M. Jules me fait souvent des^ plaintes de l'humeur impérieuse de son neveu. A présent, dit-il, qu'il n'a personne dont le génie* supérieur lui serve de frein, il n'observe pliis aucune règle do bienséance avec ses proches. C'est ce qui donne plus d*arcfeur qne jamais à fif. Jules;, pour la réconciliation de sa nièce. 11 n'y a pas^ dent heures que j'ai* pris' fa liberté de lui proposer une correspondance avec sa pUè niice ; (f est la nom qu'il lui donne quelquefois encore, dans le mouvement dè'^' vive affection. Je lui ai oflért une enveloppe à mon adresse. Cette chère nièce, lui ai-je dit, est d^une si parfaite prudence, qne personne n*iest' plus capable de tout conduire è la plus heureuse fin. îlm'a répondu que; dans les circonstances présentes, il ne se croit pas tout è fait libre de hasarder cette démarche, et qu'il lui paratt plus prudent de se réserrer le pouvoir d*assurer dans Foccasion qu'il n*avait avec elle aucune cn^ xeapondance.

» Ce détail vous fera juger, monsieur, combienr il est nécessaire que l^otre traité demeure alÂsoIument secret. Si votre chère dame a d^à'iiiilf qpelqpe ouverture à miss Howe, sa digne amie, je me flatte qpe (fes^eor confidence.

» Je passe en peu. de mots, monsieur, à votre lètfto de ItintH dernier. 9. Jules Harlove a paru fort satisfait de v^tte empressement à* recevoir ses propositions. A Tégard du désir cgae vous marquez tous deux' de 14^ Toir à la cérémonie, il m*a dit que ses démaréhes étaient observéesxfe si près par son neveu, qu'il ne voyait aucune apparence de pouvoir tûos obliger sur ce points quand^ son inclination Ty porterait ; mais qu*il con^ sent.de bon cœur que je sois Tami qpi assistera de sa part à cet lietu'eur événement.

» Cependant, si votre chè'redamecontinuédb Souhaiter "(ttrt aiArop-

ment la préscneo de aon onde , je crois avoir trouvé on expédient ^1 conciliera lout , h moins qu*il ne soit (lus déterminé dans sa résolution que jo ne l'ai jugé par sa réponse. Je remets à vous expliquer met Tues , ]or8qu3 j'aurai lo plaisir de tous voir à Londres ; et peot-élit serai-jo eu éiat de tous apprendre alors ce qu'il en aura pensé lui-môme* Mais TOUS n'aTez pas do temps h perdre. Il est impatient d'apprendre que vous ne fassiez plus qu'un , et j'espèro qu'en tous quittant, h mon zetour, je serai en état de l'assurer que j'ai vu la célébration de mes propres yeux.

» S*il naissait quelque obstacle de la part de votre chère dnme, ce qui est impossible de la vôtre, je serais tenté de lui reprocher e£feciivemenl des excès de délicatesse*

9 M. Jules Harluve compte entre ses espérances, monsieur, que voos apporterez plus de soin à fuir qu*à rencontrer ce Tiolent neveu. Il a pris une meilleure opinion de tous , permeitez-moi cette remarque, depuis que je lui ai tenu compte de voire modération et de TOire politesse : deux qualités dont son neveu est mal partagé. Mais où trouver des hommes sans défaut T

» Vous no vous imagineriez jamais quelle tendresse mon cher ami eonsenre encore pour son excellente nièce. Je veux tous en donner un exemple , dont je ne tous di^simu erai pas que j'ai été fort touché. « Si je suis jamais assez heureux, me disaii-il dans un de nos derniers entre* tiens, pour Toir celte aimablo enfant faire les honneurs de ma table, comme mulir^sse de ma maison , toute lu famille présente , en quaUlé seulement de ses hôies ; car c'était ma passion peodant le mois qu'elle m'accordait à mon tour; et j'y avais fjït conseniir sa mère...» Lace lespectab.e ami s'arrêta. Il (ourna la Tîsago : deux ruisseaux de larmes coulaient sur ses joues. U Toukii mo les cacher ; mais il n'en eut pas la force, a Cependant, repiit-il, comment... comment... chaque parole était accompagnée d'un sanglot, comment serais-ja capable de soutenir la première ent revue ? »

» Je ne suis pas un homme dur, monsieur Lovelaco, et j'en bénis le del : mes yeux témoignèrent à mon noble ami qu'il n*avait pas eu raison de rougir devant moi do son humanité.

» 11 est temps de Unir une &i longue lettre. Ayez la bonté de faire agréer mon très humble respect à la plus excellente personne de sou sexe, et compiez absolument, monsieur, sur le zèlo et la iidéliiè de, etc.

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