TOMLINSON
Pendant la conversation dont je t'ai fait le récit, jo m'étais placé au fond de la chambre oii j'étais, Ti^-à-vis de la porte qui était ouvertOf et doTant celle du cabinet qui é:aii fermée. J*avais parlé si bas, que dans cet éloignemeni il avait été impossible à ma chirmanto de m'entendre, et ma situation me laissait observer si sa porte s'ouvrait*
J*ait dit aux deux femmes que le voyogo de milady Lawrunce aTee sa nièce, et la Tisite qu'elles devaient faire à mon épouse, qui ne les avait jamais vues, élaient des vérités si reeles, que j'attendais à chaque mo* ment des nouvelles de leur arrivée. Je leur ai parlé al»rs des deux autres lettres que j'avais laissées à ma femme. Tune de milady Lawrance, et l'autre do ma cousine Montaigu : je t*en épargne la lecture. Llmperti* nence de mes chers parens ne cesse pas do so répandre en reproches ; ils sont charmés d'en trouver roccasioa«Leur motif est toujours une vivo
CUUS8B DAALOTB, Mi
•Section ( leur off ction , Belford ! ), et la connaissance qulls ont do mon excellent caracière ( autre sujet d*admlration I )• Mais il no manque riea à leur contentement « aux témoignages de leur joie« à 1 empressement qu'ils ont de Yoir et d*embrasser leur charmante nièce , leur adorable cousine. Après avoir fait lire h mes deui femmes une copie de ces lettres, dont je m*éiais muni fort heureusement, j ai cru qu'il m'était per* mis de menacer et de faire un peu ie brave. — Je ne me seni pas porté, leur ai-jo dit, à faciliter cette visit'ï que miludy Lawrunce et miss Mon» taiga veulent faire à ma femme. —Aptes tout, jj su s las de ses caprices : elle dVst plus ce quVile peut se vanicr d'avoir éîé; et, comme j'ai cm pouvoir le déclarer devant vous , mesdames , j'ubandosinerui celle en* nu/euso lie, quoique je lui doive ma naissance et que j'y laisse un bien considérable, pour aller résider soit en 1 alij , soii en France , et ne me souvenir jamais que j'ai porté la malheureuse qualité de mnri.
<— Oh t monsieur 9 s'est écriée l'une. — Quel dommage I m'a dit l'autre.
— Que voulez-vous madame? en me tournant vers madame M'jore. Que puis-je vous dire? en m'adressant h mi^s Raivlings. — Je suis an désespoir ; je ne puis soutenir plus long-temps CJlto dureté. J'ai ou le bonheur d ê:re favorisé q le'quefois par les dames ( en prenant un air moJeste, Belford ; eitubuis que je nsmens point.) A l'égaid de ma femme» il ne me reste qu'une espérance ; car je dois tant de mépris à ses parens, que je ne pais souhaiter notre réconciliation que pour l'amour d'elle : c'est que s'il plaidait au ciel de nous accorder des enfans, elle pourrait reprendre sa douceur ordinaire, qui nous rendrait parfaitement heureux. Biais la téconciliation même , qu'elle avait si fort à coeur, devient plus difficile que jamais par h téméraire démarche qu'elle vient de faire et par les transports où vous la voyez. Vous vous imaginez bien que son frère et sa sœur n'apprendront pas cette dernière aventure sans en prendre droit de renouveler leurs persécutions , surtout après avoir affecté jusqu'à présent de ne pas croire notre mariage réel , et ma femme ellemême n'ayant que trop de disposition à seconder ce mauvais bruit, parce que nous ne sommes encore liés que par la célébration.
Ici , j'ai repris l'air modeste pour faire ma cour h miss Rawlings. Je me suis tournjà demi. Ensuite, recommençant à les regarder toutes deux : — Vous-mêmes , mesdames , vous ne saviez ce que vous en deviez croire. Il a fallu vous raconter toute notre histoire ; et je vous assure que je ne me donnerai pas la même peine pour convaincre une famille que je hais, une famille dont je n'attends et ne désire aucune faveur, et qui résiste d'ailleurs à la conviction. Dites-moi , je vous le demanda, qu*arrivera-t-il lorsque l'ami du plus respectable des deux oncles va paraître, quoiqu'il ait toute l'apparence d'un homme d*honneurT N'est- il pas naturel qu'il no dise : — a A quoi bon , monsieur Lovelace , entreprendre de réconcilier madame Lovelace avec ses prochis , par la médiation d3 son oncle, lorsque tous deux vous n'êtes pas mieax ensemble 7 » La conséquence est juste , madame Moore. Je n'aurai rien k répondre, miss Rawlings. Le plus grand mal, c'est ce maudit serment qui nous lie, dans ses idées, jusqu'au moment do la réconcilia lion.
Les deux femmes ont paru touchées de mon raisonnement. Jo portais avec beoucoap de feu , quoique d'un ton fort bas : et puis ce sexe aima à se voir traiter avec un air d'imporunce. Leurs tôles prudentes se sont
£70 CLARISSE HARLOVB.
baissées Fane vers rautre, et j^ai reconnu 3es marques d'attendrissemen» •^o^ tettritegè/Wertèbdte'cœur^en estiesseoU. '-'D^es^mesdanes/Àé me Irturez-Tous pas'fott èi:^)aiiidréTSi éUe^oe-in^yàil pas préTéfé^'à to^s les^faoïntMes du'inontte... ieme^nisarrdiéid : -«'fit c'est -sans^touÉ», 'Ai^feTeptiS9^en.dieRifaant fnim*tiio'Qchotr,^t)e xfià a jetéfJf.TemfinsuD^dflRks l^mfoarras,' lorsqifil-a -su saHFoite , iui t[uî , ^la éerttiëre fnsqu'S nooara TtiB) tfflmirait^ctenx 'casitrs ' les phis, pasûontiés* . • -Ooti ,'les fins passion* nél^l aHe -répété d'un ton douhmreox. U'ai liiéttorsmeninoadioiry^t l&'portant à-racsycox, je^me suis levé pouriïl*avancer*v«rBla fenêtre. — Ge^somreinr , -^^je dit A^e roixatlërée , me rend^flus faible qnftae ^fénnne. Si je ne Vamiais pas -plus tiû'ua mari ^n^itoa jamais la-âanne... fWi pour cela , Beiford , Je n'en doute pas-Dmi-méme. ) ie me -svis encore arrêté ,• et reprenant : — Toute charmante -que tous to rofyexyje souhaiterais de ne l'avoir jamais connue. Pardonnez, jnesdames fea revenant sur n?es pas, après avoir assez frotté mes feux pour les léâre parihre uu peu rouges ), et tirant mon portefeÂlle : — Je veux vous flaire voir une letlre... la voici. Prenez la peine de lire , miss Rairimgs. 1SH6~vous confirmera combien toute ma iamille est disposée à l'admirer. J'^ sois traité un peu librement , comme daus les deux autres; méis nptèsies ouvertures que je viens de tous iaire, je ne dois plus aprofir de ^secret pour-iwus.
'Elle t^ prise avec une curiosité avide. Après avoir .«regardé les armes d!un «ir d'atdmiralion , elle a lu t^adressse : dJT. Lsvelace, elc. '9e .t*ai interrompue : — Qai , mademoisette , oin , (Test mon nom \ féignatit d'avoir .oublié que je m'étais déjà nommé plusieurs fois ). Je i^'àipas sujet d*en rougir , comme vous voyez. Le nom de ma femme esi'JËU'love ; Clarisse Harlove , vous me Tâvez entendu nommer ma dière tHainsse.
— le m^êtals Hguré^ m'a dit miss'Kawlings , que ctétait quelque mvn imaginaire, un nom d^amour.
— Nan„ mademoiselle , c'est réellement son nom.
le Tai priée de lire la. lettre entière à madame.Moore. Si Torthographe n'est pas exactQ, ai^je ajouté, vous aurez la bonté d'excuser; c^esi Tecriluie d'jin iSeiffAeur. Peut-être ne ferai^je pas voir cette leitre à ma lenmie; car si celles ^ue je lui al laissées jse prdduiï^ent aucun effet, ,ie n'en espère pas plus de celle-ci, et je ne suis pas bien aise d'eijLposer mîlord II... À ses dédains. En vérité ,Je commence à devenu: fort inâSlTterent pour les suites.
Miss RâwJiiigs,HaLiée de.cette.jnaripieie canAancÇyin'a iqgardé4>iQ xsil de pilié, et ,b'cst. mise k.lice.
Tu peuft Jiae ici, £i Ui vaux, la même letlre,, .que j!ai la boolé^e &'fiav<^jar.
A 'M. UOVELME.
Au icbAteau de X... , merctedl. 7iMit ,
« Mon ' n^itn ^fja^lacc. ,
*• H me 'sentUe q«e yoBs«um2f)u trouver le'Ienp» de*iioas m^pnnête
la célébmlien <âe -vètre nariage. C'est tinepofi«e98»^e-i^ais MKk Ml*
<feewîie^e*v»iis.4iu»peut^tee«-lHil^é^âébaé daiBle temps ii^êfl».q«ie
ifOttrfne pifposMB db wrrir depère à' veHre^enne. 'Se^fle^flenâ- pasle
CLARISSE HARLOVJS. 27| .
bowieJionieur si îene me tiompe pas dans cette conjecturc.^i^ut dil peu, | li*B.^<w beaucoup â rétracter. |
AÛQpenâant.je tous avertis que roîlally Betty Lawrence ne vous par- f tonnera jias aussi facilement que moi ; îes/emmet tant plus rancunièrei ^ fpuUi hommes. Vous qui connaissez si l>ien ce sexo (au reste ce n*est ]pas TOtce éloge iiue je fais) , tous ^deviez savoir cette vérité. Mais comme vous n'avez jamais eu de Temme aussi aimalfle que la vOure, i!es^re.que vousne ferez qu'une âme entre vous. Souvenez- vous de <c mie; je vous ai déclaré : je sois résolu de vous déshériter et de mettt» toiit ce que je pourrai sur sa tête, si vous n^êtes pas un bon tnari.
» Poisse votre mariage être couronné d'un grand nombre do ijeatn: gaisons.^je ne souhaite pas de fîîles], pour rétablir tlanstout son lustre une maisou si ancienne! Le -premier gargon prendra mon nom par acte de^arlement,... C'est ce (yii est déjli réglé dans mon testament.
»1Milady Betty et miss Charlotte ^ront àXondres, pour leurs affaires» ar^t que vous sachiez vous-même où vous êtes. Ziies ont une extrême impatience de faire leurs complimens à leur belle parente. Je ne suppose pas que vous puissiez être encore à Médian lorsqu'elles arriveront à la viUBy.pacce que Greme ne m'informe pas que vous lui ayez donné des ordres 4)our les.préparatiCs.
uTritchard lient toutes les^ pièces prêtes à signer. Je ne prétends point jtirdr avantages de vos dédains. J'y suis irop. accoutumé : xb qui soit ttît àUliooneur de ma bonté, plus qu'à celui de votre, complaisance. *
» Une des raisons ,qui conduisent à Londres milady Lawcance, cTest pour nous achètera tous les pcésens qu'il nous convient de faire dans cette Aocasion. Nous .aurions mis tout le pays en fête, si vous nous aviez informé assez tôt, et je suis persuadé que c'eût été faire plaisir à tout le iiu)nde^X'ocea#i(m.ne reoient pas tous le jours.
» Ues complimens les plus tendres et mes félicitations à ma nouvelle mèœ ; €!est tout ce que je puis ajouter pour le présent, dans les douleurs de ma goutte, qui vous rendraient fou» av^ tout votre courage héroïque.
ia 61IÎS 4(0t0B .affoetioiuiô oude»
Cette lettce, Belford,.a consommé mon ouvrage. H était aisé de voir » A.dii jaissAawlings, que j'avais été un élrapge jeune liomme ; et, pour elle, c'est le jugement qu'elle avait porté de moi au premier coup d'oeil. JSUesoni;OOffimenGé toutes deur à me solliciter en faveur de ma femme, iant onn rôle avait eu de succès; à me prier de ne pas quitter le pays Jaae^fas me rompre une réconciliation si désirée d'une pari, et des vues isÎAvanlageusesducôié de ma propre famille.
Qw sait, ai-je pensé en moi- même* si je n'ai pas plus de fruit à tirer de cette aventure que je n'ai osé m'en promettre ? Quel serait monbonheiir« ai.Je.pouvais engager ces deux femmes à se joindrOipour hâter la •Misommation de mon mariage 1
— nllesdames, votre borné me parait extrême ^our ma femme et pour j&oi. Je cepEendiai oounige si ma trçip scrupulaiise moitiéTOulait consentir h me dispenser d'un serment qui' blesse tous mes droits. Vous connaissez ma situation : croyez-vous que je ne puisse pas insister abolumeàt sûr cette dispense? Voudriez-vous entreprendre de lui persuader qu'un seul appartement suffît pour un mari et sa femme» dans les heures de retraite ?
M CUEIS8B nARLOTB.
Pas mal, Belford, rien de plus modeste. Observe id qno sur mi sojel de celle naiare, très peu d*auires liberiins seraient capables d*empIojer un langage assez déceni, pour engager des femmes modestes h les écouter d*un air iranquitle. Elles ont souri (odiei deux» en se jeiant un regard muiud. Obs^rvo encore que ce sujet Lit toujours sourir3 les femmes. Il ne leur faut que des superilcies d'eiprrssions. Un homme qui s*échappe grose-ièrcroent devant elles mérite d'ôire assommé h coups de massue. Elles ressemblent aux instrumens de musique : touchez ie moindre petit fil d'archal, ces chèies âmes deviennent sensibles dans toutes les parties de leur être.
— Assurément, a répondu miss Rawlings d'un air profond, en faisant jouer son cventiiil, un ca^uisie décideiait que le yœu du mariage doit remporter sur toute autre obligation.
ftiadamo Moore a déclaré que si la jeune dame me reconnaissait pour son niuii, elle devait remplir les obligations d'une honnête femme.
Juge, Djiford, quelles espérances j ai conçues sur cette réponse; mais j*avaid besoin de quelques autres mesures, peur me mettre en éiat de prendre tous mes avantages.
— Les arrhes que vous avez reçues, ai-je dit froidement h madame Moore, me donnent droit à cet appartement. Il suffira pour moi. Cependant j'espère que vous ménagenz au second tout l'c'sp.ice que vous [outrez pour mes gens ; et le plus sûr serait de m'accord'T tout, car puis-je savoir ce que le frère de ma femme est capable d'enireprindre? )e tous paierai tout ce que vous jugerez à propos de demander, pour un mois, ou deux même, en y comprenant la table. Prenez ce billet |.our gage, on pour une partie du paiement. Je lui ai offert un billet de banque do trente Lvres sterling.
Elle a rofuïé de le prendre, sous prétexte de rouloir consulter aupara- Tant la jeune dame ; mais ne doutant pas de mon honneur, m*a-t-elie dit, elle me promettait de ne recevoir personne qu'elle ne connût bien, tandis qu elle aurait chez elle la jeune dame et mol.
La jtune dame, la jeune damel entendrai-je toujours de la bouche do ces deux créatures un terme qui marque des restes de doute au fond de leur cœur? Pourquoi ne pas dire votre femme, ou madame ? C'est la plainte que j'ai faite en moi-même. Si convaincues à ce moment, ai-je pensé, ei tout d*un coup incertaines! Jamais je n'ai vu des femmes de cette e?|>èce.
— Je ne connaissais pas, leur ai-je dit, d'autres raisons h ma femme pour refuïcr de me souifrir sous le même toit, que ceilt^s qu elle avait eues pour quitter la maison de madame Sinclair; mais quand el!e ferait raloir cette objection, j*élais résolu de ne pas m'y rendre, parce qu'il était à craindro. pour moi que le tnCmo dtsordre d'esprit qui l'avait amenée à Haïusiead ne me fit perdre absolum*'nt ses traces.
Celte réponse a paru les embarrasser. Elks se sont regorJées m silence; mais j*ai lu dans leurs yiux qu'elles approuvaient ma crainte. Jo leur ai dit que je voulais être et l'hôte et le convive de madame Moore* L'heun; du dtucr approchait. On no m'a pas refusé la seconde de deux favours»
in.ABW8B HÀBLOVB.
LETTRE GCXXXI.
■• LOfBUGB» A m. BBLFOBD.
n étaîi temps do tourner mon attention vers ma charmante, qui avait eu le loUir, du rrsie, de réfléchir sur les lettres que je lui avais laissées. l'ai prié madame Moore de passer dans le cabinet, et de lui demander sHl lui plaisait de recevoir ma visite, à l'occasion des lettres, ou s'il lui plairait davantage de m'accorder Thonneur de la voir dans la salle à manger. Madame Moore a prié miss Rawliiigs de l'accompagner. Elles sont entrées ensemble, et l'on n'» pas fait difficulté de les recevoir.
Un moment de reflexion, je le prie, quoiqu'elle ne soit pas en ma faveur, sur cette sécurité que donne l'innocence, et qui tient néanmoins dtt serpent autant que de la colombe. Ici, sans penser à se défendre contre tout ce que je pouvais dire dans son absence, et contente du seul témoignage de son cœur, elle me laisse la liberté de raconter ma propre histoire à des gens aus^i étrangers pour elle que pour moi, que cette qualité même devait lui liire croire disposés à prendre parti pour le plus injurié; c'est-à-dire, en me supposant un peu d'adresse, pour moi, et par conséquent contre elle. Chère petite innocente ! de se reposer sur la bonté de son cœur, tandis que le cœur ne peut se faire connaître que par les actions, et que les apparences ne présentent dans elle qu'une ca* pricieuse, uno fugitive, qui s'est dérobée aux emprcssemens du plus tendre et du plus indulgent de tous les maris I Quelle folie, en effet, de se rendre l'eaclave de l'opinion particulière, lorsque le monde entier est gouverné par des apparences 1
Mais, au fond, que peut-on attendre d'un ange de dix-huit ans? C'est mi tr<^or de connaissances, mais de pure spéculation, sans que l'expérience y ait la moindre part. Cette es|>èce de lumière est toujours vague, ûoertaine, un feu follet, qui n'éclaire l'esprit que pour l'égarer.
Un moralisto dirait qu'entre les choses du monde, il y en a mille qui causeraient un plaisir iuuxprimable aux flmes capab'eâ de réflexion, si le mélange qui s'y trouve ne leur faisait perdre la moiiié de leur prix. Sans aller plus loin, j'ai vu des parens, entre lesquels je te permets de mettre les miens, qui, dans la jeunesse de leurs enfans^ faisaient leurs délices des mômes qualités qui devaient causer un jour le malheur de leur vie. Pour ramener cette morale à mes vues, ma charmante a sans doute assez iê prudence pour s'élever au dessus de toutes les personnes de soa sexe; mais je ne voudrais pas qu'elle en eût plus que moi.
Au fond, j'ai beau l'adorer, c'est ma vengeance, cette vengeance que j'ai jurée, qui tient le premier rang dans mon cœur. Miss Howe prétend que mon amour ressemble à celui d'Hérode. Sur ma foi, cette ûlle a deviné. J'ai preique regret de t'avoaer que je prends plairslr à faire le tyran sur ce que j'aime. Dis-m.oi, si tu veux, que ce plaisir n'est pas d'uu homme géiiéreux ; des oœars plus tendres que le mien le connaissent. On a vu des femmes s'y livrer à l'égard d'une femme, lorsqu'elles en ont le pouvoir. Pourquoi serais-tu surpris qu'adorant ce sexe, et mettant tous soins à l'ôiudiefi Tmiéction ait gagné jusqu'à moi?
^tU CLAKISSB SMtLOVB.
LETTRE CCXXXn.
H. L01CLACB, à 4i. 'VBI^OM.
Ta dois attendre impntiemment ce qui d'est passé entre les deox lémmes et ma charmante. Ne t'étonnepas qu*une femme perverse rende im mari caricux. L'événement néanmoins a justifié l'ancienne observalioD/ que ceux qui préletU l'oreille aux discours (VatUrul enêendetU raremeni leur propre éloge. Cette curiosité venant presque toujours du reproche Ae leur conscience et de la crainte des censures, ilssetrouv eut rarement frott* pés. n y a quelquefois du sens, après tout, dans ces proverbes , dans ees bouts de phrases, que mon cher oncle appelle la ^gesse des nations.
Madame Moore était chargée de la commission , maise'est miss RafVfiiigs qui a commencé le dialogue. 11 faut que je te le représente en scène de comédie , tel que je l'ai entendu , c*est-à-dire sous le nom de celle q«i parle ; sans quoi je serais embarrassé à te chercher des liusons.
Miss Râwlings. — Votre mari , madame... (Remarque l'adresse de celte créature, uniquement pour tirer une dëclaraiion formelle.)
Clarisse. — Mon mari, mademoiselle!
Miss Râwlings.— M. Lovclace assure, madame, que vous êtes son épouse, et demande eu grâce de vous voir ici ou dans la salle h manger, pour vous entretenir des letlres qu*il vous a laissées.
Clarisse.— C'est un homme fort méprisable. La grâce , nitdenidsélte, que j'ai moi-même à vous demander, e'est de m'accorder rhonnevr de TOtre compagnie aussi souvent que vous le pourrez, tandis qu'il sera aux environs d'ici, et que je demeurerai dans cette maison. * Miss Râwlings. — Je me ferai un plaisir, madame , d'élm «eavani «vec vous ; mais il me semble que vous poordes le voir, peur entendre eeqiDil aurait à vous dire touchant les lettres.
Clarisse.— Ma situation est triste ; ph» triste que je ne pnis l^ptiquar. Je me crois perdue sans ressource. Je ne sais à qo^e résolution m'arrêter. Je n'ai pas un ami au monde, qui passe ou qeà veuille me Cependant personne n'avait plus d'amis que moi, aYiot que j V cet homme-là.
Miss Râwlings. — Il ne pandt pas, madame, qu'il ait l'air ni le langage d'un méchant homme; du moins sur le pied où les lM»mesaont «u^ jourd'hui. •
Où les hommes sont aufourd^hfsi! Vwne ti|is8 Râwlings I ai-je penA Bh ! sais-tu sur quel pied sont aujourd'lmika hommes?
Clarisse. — Âh I mademoiselle, vous ne le connaissez pas. Il sait ptendre les apparences d'un ange de lumière; mais il a loeœur des pkBtonva.
Pauvre diable que je suis !
Miss Râwlings.— Je ne l'aurais pas ora. Mais k» bommeB de oe tflH|B sont si trompeurs I
' De ce temps, petite follet Tes Kvras ne iha^lB'tm lyprit fne %m iiommes ont toujours été les mêmes?
Madame Moore, avec un souptr. — •Oïd, oui, fta ai fait l'espéiienaeli mes dépens I . . i
Qui sait si la pauvre Moore n'a pas rencontié dans son temps quelque Lovelace, quelque Belford, ou quelque vil personnage de la môme trempe? Ma charmante ne sait pas combien d'étranges histoires chaque famme se-
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CLABI8SB BABIOTB^ 81^
xait «D éiat de lui raconter, si tout ce beau sexe ayattie cœur aussi ouverl qu'elle. Mais voici le mal : quoique je lui aie donné quelque sujet dVfen^e, je n*ai pas été assez loin pour l'obligera la discrétion.
Clarisse. —  l'égard des lettres qu'il m'a laissées, je ne sais œ qui j'en dois dire ; mais je suis bien résolue de n'avoir jamais rien à démêler afec lui.
Bliss RAwliQgsu — Si vous me permettez , madame , de vous avouer ce que je pense , il me semble que vous poussez le ressentiment fort loin.
Clarisse. — A-t-il employé son adresse à vous persuader que sa cause est juste? Il en est capable avec tous ceux qui ne le connaissent pas. Je l'ai entiendu parier assez long-temps , quoique je n'aie pas distingué ce qu'A vous A dit, et que rien ne me soit plus indiiSérenL Mais quelle idé0 vous a-lril fait prendre de lui-môme?
Je n'ai pas été lâché de cette question. S'arrêter, suspendre le mouvenept de sa colère» ai-je dit eu moi-même, p'est un charmant présage.
iJors, la cudeusemiss Rawlings lui a £ait plusieurs demandes dans la ¥Qe apparemment de tirer d'elle une confirmation, ou son désaveu. Mir l€Hrd M... était-il mon oncle? Ma première recherche avait-elle àié apfimïïée de loute- la Camille , h l'exception de son frère ? Avais-je eu une itBCOOtie sanglante avec ce frère? Avait-elle été persécutée en faveur d'un homme fort désagréable, qui se nommait Solmes , jusqu'à se trouva l^ifée jl'aooept«ir ma|>ro(ec(i^oii?
JBUe n'^ désavoué aucun de ces articles. Ce n*était pas la peine, a-t-elle ôiif de leur donner leur véritable explication, pour le peu de séjour qu'elle Ihirait Jaireii Hamstead , et le détail serait trop long. Mais cette réponse jp'^tait pas capable de satisfaire mi^ Rawlings.
Miss Rawlings. — Il prétend, madame , qu'il n'a pu vous faire consenstir à votre mariage qu'après s'être engagé par un serment solennel h ne jlis-uaer de ses droits, jusqu'à votre réconciliation avec vos proches.
Qansse.*- Le misérable 1 quel nouveau dessein roule-t-ii daos sa têt^ loiyqu'il s'efforce d'inspirer ces idées à des étrangers?
Bopl ai-je aussitôt peosé. Le désaveu n'est pas absolu. Tout ira merveilleusemeot.
Miss Rn^lings.— Il avoue qu'un iqcendie , arrivé par hasard , vous a iCaméJieaucoup d'effroi, mercredi dernier; que..< que... que le feu vous a fort effrayée... fort effrayée. .. mercredi dernier. En un mot , il avoue 4|u,'il apris quelques libertés innocentes, qui pouvaient le conduire à violer Ml arment, et que c'est la cause de votre colère.
Que .n'aurais-je pas donné pour voir quelle était alors la contenanc^ i^ma oharmante ? fille a dû se trouver un peu embarrassée à justifier dcp lessentimens si vifs pour une ai légère offense. Aussi, a-tr-elle hésité. BIlp ji^^ipiAtépandu sur4e-chan^ ; et loiisqu'elle a recommencé à|)ailer,^ll6 A ioidiaité que mias Rawliqgs ne reocontrât jain4i&4'bQmme qui prit arep Mh^ literié6.ile cette jupocence.
Jlias Rawlings. •*- Votre aventure, JoadamQ, f^t'assuréiuent des plu» IW4Pilièi?es..Mais si le^Murti que vous avjGi?.pns de le fuMter éloigne vqb 4ilpé(mcQs de xécoDciliatiou avec votre propre tRmille, vqus nptepermeti|ffeijde.dire qu'il est fâcheux ( je.^uppose que la vi/^rge Rawlings n'a pas 4iche«é sans^naudei;, aaps jouer derévea|aiUt.san»,rQjfgir),.extrêmejRKHit M^heux q^'iUieiwisse (iradi^^n^AoLSOu sesoient ; 3Ufiout.ayouant qu'il n'a pas toujours été l'homme du monde le plus sage...
tn CUBI8SB RABLOTB*
Je serais enf ré volontiers pour embrasser celte excellente ûlle.
Clarisse. — Il vous a raconté son histoire. Je vous repèle que la mienne •erait irop longue et trop triste. Le désordre où sa vue m'a jetée et le peu de temps que j*ai H passer ici ne me permettent aucun détail. S*il a qaeL{ues vu?s auxquelles sa justiflcation puisse être utile, sans m'exposer personnellement à de nouveaux malheurs, je consens de bon cœur qu'il prenne k vos yeux toutes les couleurs de Tinnocence.
Le souvenir de mon amour, et son excellent caractère ont plaidé pour moi dans ce moment. Elle a repris néanmoins :
—Le spécieux séducteur 1 Dites-moi seulement, mademoiselle, s'il n'y a point quelque porte dérobée par laquelle je puisse le fuir pour jamais!
Quelle émoi ion de cœur j*ai sentie ! Je lui ai entendu lever la fenêtre.
— Où mène ce sentier? Seruit-ii impossible d'avoir un carrosse? Il faal qu'il ait quelque démon familier, pour m'avoir trouvée dans cette maison* Ne pùis-je me glisser dans quelque maison voisine , où je demeurerais cachée jusqu*â son dépari? Vous êics des personnes d*honneur. Je n'ai pas toujours été assrz heureuse pour tomber si bien. Ah 1 mesdames (d'uno voix impalienie)^ accordez-moi votre secours , ou je suis une fUb perdue!
Ensuite s'arrêfant : —N'est-ce pas là le chemin de Hendon? Ce lieu me paraît détourné. Je crois avoir entendu dire que le coche deHamstead doit y passer.
Madame Moore. — Je connais une fort honnête femme h Mille-HiIL Si vous vous croyez dans quelque danger, midamoi vous pourriez être fort sûrement chez elle.
Clarisse. — Âh 1 tout lieu du monde me convienti si je puis me dé» rober seulement à cette cruelle persécution. Quel est le viibge que j*aperçois sur la droite?
Âladame Moore. — Cest H'gligate» madame.
Miss Rawlings. — A peu de distance est un hameau qu'on appelle Northend. J*y ai quelques parens , mais ils sont logés fort à réiroii. Je ne suis pas sûre qu'ils puissent accommoder une dame telle que vous.
J*ai donné ces deux femmes au diable. Ne m'étais- je pas flatté de les avoir fait entrer un peu mieux dans mes intérêts? Mais le sexe aime Fintrigue , Belford , riutriguo et les inirigans.
Clari>se. — Une grange , un grenier, seront un palais pour moi , si 4'y trouve un asile contre mon pcrdécuieur.
Ma foi , ai- je dit eu moi-même , elle est bien plus vive que moi dans ,ies ressentimens. Que diable lui ai-je donc fait, qui doit la rendre imptolable? je ne t'ai rien caché, Belford. Mes crimes paraissent-ils si noirs? D'ailleurs, abandonner de si belles espérances de réconciliation ! Il faut lue cette chiirmante personne ait le cœur infiniment sensible.
Ses yeux sont alors tombés sur mon nouveau laquais o qui se prome» lait sous la fenêtre. Elle a demandé si cet homme n*était pas à moi. On hi a répondu que c'étaii un de mes gens.— Je vois, a-t-elie dit, qu*il o*^ a point d'es(.éraijce d'échapper, à moins , mademoiselle, en parlant sans doute h miss Rawlings , que vous ne m'accordiez un peu de protectîofli pour sortir. Je ne saurais douter que ce valet n'ait ordre d'observer mes pas; mais son misérable maître n'a pas droit de m'arrêter, il ne m*empêchen point d'aller où je veux. S'il a l'audaoe de s'y opposer , js
flool^erai tom le Tilisge oontre M* Mes Ateesduws, quoil vous
cuBiMi Bâiunrs. 917.
nTavei pas une porte de derrière par laquelle je pnîsae sortir , pendant que Toas rentretieodres quelques momens t
Miss Rawlings. — Je prends la liberté de tous demander, madame»* s^ D*y a donc aucan espoir d'aooommodemenu Ne feriez-vous pas miens de consentir à le roirî II est certain qu*il vous aime. Cest un honune charmant. Vous pouvez l'irriter et rendre votre situation plus fâcbeoae.
Clarisse. »Âh! mademoiselle «ahl midame Moore, vous ne conaaissez pas son caractère... Je ne veux ni le voir, ni lui parler de ma vie.
Madame Moore. —Cependant , mademoiselle Rawlings, je ne vois pas qu^l ait blessé la vérité sur aucun article. Vous-même, madame, vous voyez combien il est respectueux de ne pas se présenter devant voua sans votre permission. Il vous adore assurément. De grftce, madamOf permetiez«>lui, comme il désire, de vous parier un montent des lettres.
Fort bien, madame Moore. fithMlame Moore, ai- je pensé , est une fort bonne femme. J*ai rétracté alors mes malédictions. Miss Rawliogs a dit quelque chose, mais si bas , que n'ayant pu l'entendre , je n'en ai jugé que par la réponse.
Clarisse. — Mon embarras est extrême. Je ne sabà quoi me résoudre. Hais, madame Moore, ayez b bonté de lui rendre ses lettres. Les voici. Prenez la peine de lui dire que je lui souhaite une heureuse entrevue avec sa tante et sa cousine. Les excuses ne lui manqueront pas plus pour ce qui s'est passé , que les prétextes pour ceux qu'il veut tromper. Bites>lui qu'il m'a ruinée dans l'estime de mes amis, et que cette raison' me rend plus indifférente pour celle des siens.
Madame Moore est venue à moi ; mais craignant que^ dans son absence, mes intérêts ne fussent pas assez ménagés entre les deux autres » J*ai pris les lettres et je n'ai pas fait dif Acuité d'entrer dans la chambre. Las deux dames s'étaient retirées dans le cabinet, et je n'ai eu besoin que d'un coup d'œil pour remarquer que ma charmante était attachée k quelque discours que miss Rawlings écoulait avec la dernière attention. Elle avait le dos tourné vers moi. Miss Rawlings l'a tirée doucement par la manche , pour lui faire apercevoir que j'étais déjà piès d'elle. — Quoil monsieur , m'a-t-elie dii , en se tournant avoc indignation , je ne serai nnUe part libre et tranquille? Qui vous appelle ici T Qu'avez«vous à dé» mêler avec moi î On tous a rendu vos lettres , n'est-ce pasT
Lovelace. — Je les ai , ma dière. Souffrez que je vous supplie de réflé» chîrsur vos propres résolutions. J'attends à chaque moment le capitaine» l'en prends le ciel à témoin. Il m'a promis de cacher cite malheureuse aventure à votre oncle ; mm que pourra-t-il penser s'il vous trouva^ obstinée dans Tos ressentimensY
Clarisse. —I*aurai la patience, monsieur, de vous souffrir ici quelques momens, pour vous faire un petit nombre de questions devant ces deux dames que vous avez prévenues en votre faveur par vos spécieux récila» Aurez-vous le front de dire que nous sommes mariés t Mettez la main sur votre cœur, et répondez-moi. Suis-je votre femme T
Lovelace, me suis-je dit à moi-même» tu es trop avancé pour recuIeTf quelque ferme que soit ici l'attaque.
Lovelace. — Mon très cher amour ! eomment' une telle question peol* elle vous venir à l'espritT Serait-il de votre honneur ou du mien qu'ella paiât douteuseT Je le vois, ma chère, je le vois , vous n'aves pas fait al^ lemion è la lettre du capitaine. , >
^ Bli« fr témoigna plus d^tnéfèls, dmsto<XHil8 de detlt aokoe^ gaWllr sentait ses esprits abattus, et que la doutew aftiibttiiBil aes tssrti»^mai$ je'fe jure, Bëlford; qu'elle ne deviiit pas être trop faiUe pour me pouMr alttsi> Ti^meut qu'elle a faiCi Teu ai en plusisuiB feia de ViiiqiiîéMIl^ ^felle.
• €Ms9e« -^ Vous et moi, 6 le pk» Til de tous les haamie» t..»
Iiovëlace. -^ M 00 nom est Lo^elaœy madunoé ' darisse. -^ Bt par conséquent oetui du plus vîk de tous les^honMoas* (Gdl emportement es&*il' pardonnable, BelfoâdY) Youe-et md'noascia* iHlssons lu vérité. Noos la connaissons teot entièie. Je n'ai pas besila dl^ptirg&r ma réputation de?anl ces deux dames: elle est déjà pefdu» dans Tesprit de ceux dont j'ai le plua de raison de regretter l'esliiiMi^r mais je toux atoir cette nouyélle preuve de vos uoîpoeurs : d», miaéN Mlle, dis, Lovelace, si tu l'aimes mieux, ea«-to vilement mon UMOi? terle, lépoads sans hésiM.
Bile tmnblait d'impatience et d'indignation; mns die avait! dansks yeux quelque chose d'égaré, dont j'ai cru pouvoir tirer avantage pous pflmr à cette maudite attaque, qui ne me causait pas peu d'emban»i«.Si je^luvavaiB soutenu que nous éiions mariés, jamais ette ne m'aurait dntf sur le moindre point. Si j'avais fait l'avvu qu'elle désirait, j'aurais détmil^ Idoles mes espérances, du côté des deux iemmes conune du sien^ et fà^ bM serais été tout prétexte pour suivre ses traces ou pour arrêter sa fuitSk Tte^tfimagineras bicD que œ n'est pas la honte quiaa'aurait retenuy siil^ politique me l'avait permis.
Levelace. -^ Moni cher amour ! quel étrange désordre dans votce litgiget Quelle réponse me demandez-vous? QueUe nécesailé de la faivet Ns dois^je pas vous rappeler ici à vôtre propre cœur, à la lettre et aor tMté da capitaine Tumlinson ? Vous saVea vous-même de quoi neuf Sbmmes convenus, et le capitaine*.*
. Clari8se.—K> misérable imposteur ! esKe là réfondge h a» quosliaat, Mrie, sommes-nous mariés ou nooT
- Lovelece.*^Ge qui fait lemariage, nous le ssfronstouSb Si o*est Tunis» 4s deux cœurs (voilà un tour, Belfooé), je dois <&re avec une exiitaf» douleur, que nous ne sammespas maniés,, pdisqu'il est trop dair qm vous me haïssez. Si c'est 1» consommation) je dois a^^ooer encore, «vee uàë confusion égale à mon rsgtet, que nous ne sommes pas mariés. IWsv ma chère, ayez la bottlé de considérer quelle réponse une deoÉK iaoaaine de personnes, daat la maison dont* vous ne faites que sorlir^ founaieit foire à votre question , et dans le petit désordre où vous étasii ne traitez pas de douteux devant ces dames un point que vous avez mk asmm devant d'autres témdns qui nous connaissent mieux* i Jif voulais m'approcher pour lui représenter plus bas le traité aivee oncle et la lettre do capitaine; mais se retirant en arrière, et me asf^ de la main t-* Demeure à la distance qui te convient, m'a ditcattâ chère insolente. Puisque to as la bassesse de te sauter par de si pitoya»» mm dvosioaB, j'en» appelle à'ton pnofre^ oœur, et je ne reoonnaîB aucun, mariage avec toi. Soyez-en témoins, meadameSé' Gesse donc de* me too»^ BUmer* Gesse de me suivre* Toute coupable qtie je suis» je- n'ai pas.niéglMreMte cruette peraécotioft... Mais je reprends mon premier langages V0i9a%^ràsd0oon<tooitd^ mepoumoivre; vouesaves que rien ne voog en donne sur moi : ainsi retiiez-vous» et liissii moi le sein de ma ti
dflMMeu O non pèsel père eber et craell s'oMle écriée dans un. icaoqiert de dpolenry en lombaDt h geMHix et lera&t ses deux mains jeioles vers le ciel, toiiimpiéoBtkMi est accomplie sur ta malheureuse fille I Je nùs punie, cruellement punie, par U misérobU en qui foi piÊtcé^mBuefimimeUm emkfiêimut
Par ma foi^ B«Uard, la petite eDchantevesse, avec ses expressions, et ptae encore a?ec le ton dont elle les a prononcées, m'a touché jusqu'au fond du CQMr^Ne sois donc pss surpris que son action, sa douleur, ssn lannesi aient arraché aux deux femmes des marques de compassion ùaL wes.*Compiend»-tu qudle maudite corvée pour moif Ces deux ccéap tures se sont retirées au fond de la chambre, pour raisonner sur le spec*iMi^'K Voilà une étrongo aventure I U n'y a point là do fréuésie, ai-^e entendu dire à l'une. » La charmante fille a jeté son. mouchoir sur sa tétoet'sur son œu, sans cesser d'être à genoux, le dos tourné vers moi, et le visage oppoyé sur. un fautouilr en poussant des sanglots aveo un têfseat de pleurs.
J^aâ- pas le parti de rejoindre les femmes pour soutenir leur fermeté,
««-'Vous^jrez, mesdames, leur ai<*je dit d/uno voix basse, si je ne sui» pM le plus malheureux de tous les hommes. Vous voyez de quelles idées cette ^ère épouse est remplie. Tout a source dans la dureté de ses im^ plasables parsos, et dans l'imprécation de son père. Qu'ils soient tous> maïadils du eiéll lis ont fait tourner la lèle à la plus charmante de toutesles femmes*
•*^ JUhf BOBsieiir, isDnaiettV, m'a répondu la Ranrllngs, quelque lopashe qpTû y ait à teire à sa fanille, tout n'est pas tel qu'il, devrait, être entre elle et vous. Il paraît clairement qu'elle ne se croit pas meriésw Sirvoos avet un peu de eonsidération'ponr elle, et si v<ius ne voulez pas lui jmferser tout à fait l'esprit, vous feriez mieux de vous retirer, et de au temps, on à des réflexions {dus tranquilles,, la disposition des.
• <f-*BUs m'y foioesa, miss llawlmgt, elle m'y forcera ; c'est tout ce que j'appréhende ; et vous pouiRez enHiealMS que nous sommes perdus (ous diùx>.flar je ne saurais vivi» sans elle; elle le sait trop bien : et de son cêté, elle n'a pas un amiquisoit disposé è la recevoir ; elle le sait bien SMsi* Notre BMriage ssra pmuvé iaoonteslablement, à l'arrivée de l'ami de sononcle;Mais je suie confus de lu avoir donné lieu de croire qu'iln'y e» « pomtde séel enteenons* Voilà, voilà sur quoi son humeur s*exerce.
—Dans toutes les supposilioas, le «as est fort étrange, a répliqué misi^ Bti^IngB. Bile allait centinuer, ionque m» déesse irritée, s*approchant dkla*poMe, a dit à madame Moore qu'elle souhaitait de Tentretenir uUr moment. Elles sont passées toutes deux dans une autre chambre. J'avais aBB«rqué,«un9 minute auparavant, qu'elle mettait un petit paquet dans ssi poche. La crainte qu'elle ne s'échoppât furtivement m'a fait aller ju»-* qi^'à Ifescalies, d'où i'ai appelé Will à haute voix, quoique je Teusse emptafé d?an antre côté* Bile est venue alors vera moi d'uaair assez ferme :
«-Appele»>vous votie fstet, monsieur, pour m'êter ensemble la liberté d'aller où je veux?
-« Ali 1 ma chère fle,Klttka^e répondu, n'interprétez pas si mal toutes meaaotions* Pouve»-vot&^me croire assez lâche, assez indigpe pour em* pisgilD va valet à vous contraindra? Je l'appelle, dans la seule v^ie de l'envoyer à toutes les hôtelleries du villag^t pour s'informer du capitaine
2B0 CIAU88I BAILOTB.
TomlinsoT), qui est peut-être descendu quelque part, et qui perd ien]m<>n(, à s*ajus(er, des momens dont il ignore le prix, le suis impt-* tient de le voir arriver, dût-ii venir nu, Dtou me pardonne! car votie cruauté m*a percé le cœur.
On m'a répondu, d'en bas, qu'aucun de mes gens n'était dans la maison. — Où sont dune ces chiens-là? ai-je repris d'un ton furieux.
— Ahl monsieur,- m'a-t-elle dit d'un air méprisant, ils ne sont pas loin, j'en réponds. Vous en aviei, è ce moment, un sous ma fenêtre, avec ordre sans doute de veiller sur mes pas; mais apprenez que je n'ai ici que mes volontés à consulter, et qu'à vos propres yeux j'irai où je le Juge à propos.
—Me préserve le ciel, at-je répondu, de Tousfiire la moindre violenoa aur tout ce que vous pouvez déiirer avec sûreté 1
Je suis persuadé à présent que son dessein était de s'évader, en cou* séquence du court entrelien qu'elle avait eu avec miss Rawlings, et de prendre peut-être la maison de cette flUe pour retraite. Elle est retournée Tors madame Moore, k laquelle je l'ai vue donner quelque chose, en lui disant d'une voix libre, coaim3 dans la vue de me braver, qu'elle laissait ce gage entre ses mains, pour ce qu'elle lui devait ; parce que ayant pen d'argent sur elle, il pouvait arriver qu'elle en eût besoin avant qu'elle pût s*en procurer davantage. J'ai su que c'était son diamant. MadaoM Moore voulait s'excuser de le prendre, mais elle Ta désiré absolumenU Alors, s'éiant essuyé les yeux, elle a mis ses gants.
— Personne n'a droit de m'arrêter, a-t-elle dit. Je veux partir. Qui craindrais- je ici? Charmante fille I tandis que sa question même témoignait de ses craintes.
-^ Pardon, madame, a-t-elle continué en faisant une révérence à nmdame Moore; fiardon, mademoiselle (à miss Rawlings), de tout rembarres que je vous ai causé. Vous aurez de mes nouvelles dans un temps plus heureux, s'il en arrive jamais pour moi. Je vous souhaite toutes sortes de prospérités. Elle s^efforçait de retenir ses larmes ; mais, flnia* aant par un sanglot, elle est decendue vers la porte.
Il ne m*a pas été difflcile d'y arriver plus tût qu'elle. Je l'ai fermée, el» le dos appuyé contre la serrure, j'ai pris ses mains malgré elle.
*- Ma très chère viel mon angel lui ai-je dit, pourquoi me tourmeatai ai cruellement? Est-ce la le pardon que vous m'avez promis?
— Quittez mes mains, monsieur! Je ne vous connais plus, vous n'avez aucun droit sur ma liberté. Monsieur, quittez mes mains!
— Mais où, où, mon très cher amour, où prétendez-vous aller? Né 8ongrz-?ous pas quo je suivrai vos traces jusqu'au bout du Hxmde? Où voudriez-vous aller?
—11 est vrai que vous pouvez me faire cette question, vous qui ne m'avez pas laissé au monde un seul ami. Mais Dieu, qui connaît mon innocence, ne m'abandonnera point entièrement lordque je serai hors de TOtre pouvoir. Aussi long-temps que j*aurai le malheur d'être avec vous, je ne puis espérer que le moindre rayon de la faveur du ciel arrive jusqu'à mot.
— Quelle dureté I quelle rigueur I Ijoin de vous, ma cruelle Qansse, je renonce à tout espoir dans cette vie et dans l'autre. Vous êtes mon guide I vous êtes l'astre qui doit éclairer mes pas ! Si je dois être ~ reux, c'est par vous et dans vous.
Elle a imii de ma Cdre quitter la place où fêtais. 3*ai résisté d*oii air tespectoeux.
—Quoi I TOQS osez m*arrêter ! ( arec one impatience qoi écktait dav aes yeux.) Je chercherai on passage par la fpndtre, si tous me le refoseï par la |v>rte. Encore une fois, tous n'aTcz aucun droit de me retenir.
— Vous me Toyez prêt, ma très chère Tie« k confesser que tous Tot fessentiroens sont justes. Je me reconnattrai coupable. Ccst à genoux que je tous demande grâce. (Et j*ai plié en effet un genou.) PouTez-Tons oublier ce que tous doTei k votre promesseT Jetez les yeux sur Thenreuso perspecliTO qui s'ouTre derant nous. Ne Toyez- tous pas milordM... et roîlady Sodler, qui brûlent de tous embrasser, en tous comblant do ténédictionsT Etes-Tous insensible à i*amilié de milady Lawrance et de ma oousine Uontatgu, qui se mettent en chemin pour tous ToirT N'aTez«e TOUS pas de conflance à leur protection, si tous n'en aTCz plus à la mienne? Vous ne souhaitez donc pas de Toir Tami de Totre oncle T AU tendez du moins FarriTée du capitaine Tomlinson. RecoTez de sa propre bouche, Tagréable nouTolle du consentement que Totre oncle donne à tout ce que nous aTons désiré Tun et l'autre
Elle m'a paru tout d'un coup fort affaiblie, et prêle même à s'éranouir. nie s'est ap(;uyée contre le mur. Je me suis mis à deux genoux dotant elle. Un ruisseau de larmes est sorti è la fin de ses yeux moins indignés.
— Dieu tout-puissant I a-t-elle dit en leTant son aimable Tîsage et joignant ses mains aTOC une action triste et passionnée, déliTre-moi dix plus dangereux de tous les hommes, et donne-moi ta lumière pour guide. Je ne sais ni ce que je fais, ni ce que puis ou ce que je dois faire 1
Dans toute cette scène, les femmes n'sTaient rien entendu qui fût oiH Tertement contraire au récit que je leur avais fait. Elles ont cru démêler, dans l'affaiblissement de son transport et dans cette espèce d'incertitude, le retour d'une tendresse que Tindignation aTait jusque alors étouffée, et, joignant leurs instances, pour lui persuader d'attendre l'arrivée du ca|rftaine et d'écouter ses propiisitions, elles lui ont représenté les dangers auxquels son départ pouvait exposer une personne de sa figure, sans garde et sans protection. D'un autre cAié, elles ont fait valoir mon r^ penlir et mes promesses ; jusqu'à s'offrir pour caution de ma fidélité, tant elles avaient été touchées do mon discours et de mon humiliationl Les femmes, Belford, reconnaissent tacitement Tinfériorité de leur sexe, par le plaisir orgueilleux qu'elles prennent à Toir un amant à leiin pieds.
La charmante fille s'est aTancée Tors une chaise qui se trouTaitdansIa passage, et s'est assise d*un air languissant. Je me suis leTé. Je me suis approché d'elle avec la contenance la plus humble.
«- Ma très chère Clarisse... J'allais continuer, mais retrouvant dana •on cœur la force de ranimer sa langue et ses yeia, elle m'a ioterfompu:
—Ingrat, insensible LoTolacet tous ne connaisset pas, m'a-l-elle dit, la prix du cœur que tous aTez outragé. Vous ne comprenez pas nos plus combien mon âme est au dessus de TOtre bassesse ; mais la bassesse doit être nécessairement le partage de celui qui est capable d'une action kaase.
Les deux femmes, commençant à croire que nous étions dans de meit laoïs termes, ont touIu se retirer. La chice perTorse a*y est opposée;
œais^ ell» se sont ap^cgues que je désirais leur lèseocd^ ^. j^î ^ iori satisfait de leur promptitude à sortir. Je me suis jeté encore une ibis aux (4adsd& mon opiniÂtrô beauté. J*ai reconnu mes oUenses, j^ea ai imploré le pardon,, et pour cette fois seulement^ avec promesse d'observer p)us de circonspection k l'avenir.
—Il lui était impossible, mVtrelle dit, de me pardonner, au^ longtemps qu'elle se s^viendrait de mes outrages. Qu'avais-je vu dans.sa conduite qui eût été capable d'exciter mon audace f Quelle injurieuse idéo'devais-je avoir d'elle,, pour m'être flatté du pardon, après xù'ètfe rendu si coupable?
Je l'ai supplice de relire la lettre du capitaine Tomlînson, parce qu'il me paraissait impossible qu'elle y eût donné l'attention qu'elle méritait.
«-ie l'ai lue, a^t-eile répliqué ; j'ai lu aussi les autres lettres avec une attention suffisante; ainsi je ne dis rien qu'avec délibération. £tqu'ai-j^ii onindre de mon frère et de ma sœur ? Ils ne peuvent qu'achev«r la mine de ma fortune, du cdté de mon père et de mes om^. Qu'ils me dépouillent, j'y consens volontiers. Ne vous ai-je pas aussi, monsieur, l'o*bligation d'avoir diminué, la fortune qui m'était destinée ? Mais, grâce an ciel, mon âme ne se ressent pas de cette ruine. Bile s'élève, au contraire, )«u4e6sus de la fortune et de vous. Qu'on me dise un mot, je suis poMe à renoncer en faveur de mon frère et de ma sœur à la terre qpi«extfte lai^c envie, et même à tontes les espérances qui leur causent de Pin- ^pdétude.
Tai levé les mains et les yeux au ciel avec un silence d'admiration- !
— Mon frèce« a-t-elle continué, peut me regarder comme une flilè 4j/erdvte. Grâce à votre caractère, qui vous a fait parvenir à m'arraolier de Bia famille^ il petit croire qu'il est impossible d'être avec vous et<to 'censerver de Tinnocence. Vous n'avez que trop justifié leurs plus amèms 'censures, dans chaque partie de votre conduite ; mais à présent que j*ai sa vous échapper e% me mettre hors des atteintes de vos mystérieux atcatagèmes, je m'envelopperai dans mon innocence, et je me seposeirai sur le temps et sur ma conduite, du rétablissement de mon caractère Usse&moi donc, monsieur, ne vous obstines pas à me poursuivre.^^^
*-> Jttstice da dell ai*ie inteicompu. Et pourquoi tant de chaleur ji! d!6mpertement I Si je n'avais pas cédé à vos instances... ï^ardon^ ^^ dame l mais vous n'auriez pu pousser le ressentiment plus loin*
*• Misérable ! n'esi^<:e pas un assez grand crime, de m'àvoir réduite \ ces instances? Voudrais-tu te faire un mérite de n'avoir pas ruiné toutk Jhit.€eUeà qui tu devais de la protection? Va— fuis ma présence (avec on nouveau transport qpi lui a rendu l'éclat naturel de son teint]* Ne noie vois jamais. Je ne puis le souffrir devant mes yeux*
r* Très ehèra, très chère Qarisse...
«*-Si,i« te pardonne jamais... Bile s'est arrêtée à ce terrible exocd^ S'efforcer, a-t-elle repris, s'efforcer de jeter l'effroi dans l'esprit d'tUi^ fliie de moç.^g^ par ùi^ niées prémédilées, par de lâches inventions, car des alarmes d'mcendiei d'nae- ÛUe fui^s'élait déterminée k subi^ u^ malheuren&sott avec toil \
-*«€hè0frCUfiK»i an nem^dsl^iett^. m'écriai-^ en tâchant de %mii sa main , tandis que pour s'éloigner de moi elle s'avançait vers une sallf ^foimne*.
-*-Sor Oies nommer 0iett<t tu cnes Kinvoqi^r I Ot le plus noir oiM
plM lériU^w totoq^lt KooMieèif' Eûsfàà.^ «Maat^amyé-les yenx i et tournant k demi IftlB!» -ineift^Hial » -»«' Bmm qiMt ksvnMe cmh«cni> m'as-tu jetée I Ma» skt^mùOÊim €!iariee»'Heriii?Of lvdierdMra»l«i piél«i*i boÉheor ai» toQtB«ui»»^eU*i (Twalinft éftleiaitt^aa^tf Corflfo'de ta diae que îTai l^ânw Mpéaiew» èifiâT
«^ IMmH I etrnoMNtB Umc, et pasodnpMîen paMoi» latomma que tous pou?6z sauver da plus affreux désespoir, .^gionaaa <M»flellt demUn» olilnii0. Qb» je-aaipaitaraiiiié: si iaUai pévuai Cq^davlAîe nfti pas la présomption de m'excuser. Je m'abandonne ètv^Ue piti^ ieiflÉq» rnsn vapmtivè lÉie italair;. nai» veyes Ift ita^tame^ToariaiMn^ 1è}wnw tante et nw dénias : qnfiteplaidBOt peu nUn^qfk'ÛA m vm^ dent garansde mon honneur.
^8i M. ItmliMOdv fn^#«e«eHe dildMsvpaiatlialtandis.qiieff eeMi^ jc^peiiRVf le^ voir; mais pmir voua; noiëian-
^■^KHièfre Clarisse ( en ntitérrcmipemti) , je t oM^ftomande en gcteerdè^ ne pas grossir mes fautes aux yeux du capitaine ; de ne pas...
•^Qmri? ît pfefldrsiS' parti contre meinnêhieT l'exeueeiiais... ^ -^Non , madame. Mkts ne me thttrget point d'une odieuse prémécRta*^ lion I Ne donnez pas à ma faute une couleur qui puisse affaiblir les favo^nttites dtspositioiis de votte oncle, fbrtifier la haine et les espérances de foiVo ftère...
' Klie s'est ëlol^ée de moi jusqn*& rettrémittf db larsaHe f je Pkuvaia défiée d'aller plus loin )'. Au même moment , madame Moore est renùé'- Tavertir qu'on avait' servi', et qu%Re avait engagé miss R^wbng$ à hii tbf^ dompaguîe à dther.
^le voua demaude un peu dlndiilgence ,,a-t-elle répondu. Je de^ mande la même g^âce à miss Rawling?. Je ne pais rien prendre , je t^ ^i$ point en état de manger, toixt vous, monsieur (en se tournant vere* mdîf , je suppose que vous prendrez le parti de vous retirer , du moios ifisq/i*k l'arrivée de la personne que vous attendez. • Je suis sorti respectueusement de la salla, mais pour laisser à madame Moûiie^ le temps de lui appreodae que j,'avais droit à sa table comme au lo»^ fuuenu Je m'étais appcuché d'eUe pour Tea prier» Misa Rawliogs s'é«* tant trouvée dans le passage : .
— Xnôe^shère- mise ,i Lui ai-jpi dÂt » seQicex de^ me» amies.. Joignes-voi» à madame Moore pour ramener l'esprit de ma femme» ai le» transports i»q^Bmeneent en appwoaiU 91e |a> ici mo» appartement et la table« Je hr^9^ trop géQéreuflia),potti: vonlolc em|iâdie< qu'une honnôte Dammoi na^laura vue partie de sa» maison déni elle n'a pas d'usage à faire, /vile, auppea»- que na4aflie.Mofrii, %iiétait awiée-seuto «veo- ma cba»r aii»t»y lui a^ ceRMMMÛiyié; #e4|e seaveOe avmi qpe aias- RaivUagpi spit centflée » ear j'étaia^ anoew m^ «at»oiad» dftHaasàaad» laiBqpn jfat aye^duidega houohe 1
c i^-^ftam, mxaémMk Skm tMÉpoi^il eafclmpMaibl^^'iiiNr enie^k pflttvdTy aonentiiw
'. Mtaiiar eua ftit Imite» deax.4toiapRKhet^a«taiil qa»|fën ai jofé fm ^MAfEm^meta échappées Ue»paflftitolft m lMai,.q«B je^'oi pa raeueiiÉl inr-pluiBe emièvayà t'eBseptio» ésmat «nMttavdonlIbeélète hUr peu» ÉÊÊÊÊài miiaa dB»madlaBg aa^ voiou âitm^iB'ÊUk eoopia- Isa éinconas àm antsan «08 ptv aaarTépemttt^
t m oâtanBAUMn»
I «» Nèn , cbère nadame Moore ; non, misa RaiHings^ no me preaaoi fm davantage. Vous ne roe Terret point k table ayee lui. Elles Itti ont dit appoTe»iiment quelque chose en ma CiTeur :
— 0 le malhinireus séducteur I Que faire pour ma défense contre im homme qui, dans quelque aaîle que je poîaae choisir, a l'art de fnre' tourner tous les suflragee en aa f iTOuri et ceux même des personnes ve^ tcttttses de mon sexe I
Âpre» quelques mots encore » que je n*ai pu entendre distinctement , eBe a repondu :
<— Ruse exécrable I Si vous connafesief sa noirceur, tous jugeriesqull D*est pas sans errance de tous engager toutes deux à seconder le plua lâche de ses complots.
— Comment se peut-il, ai-je pensé à Tinstant, qu'elle arrive i ce degré de pénétration t Ce n'est pas assurément mon démon qui me trahit. Si je l'en croyais capable, je me marierais à l'instant pour le trahir è son tour.
le suppose que les deux femmes lui ont représenté alors ce que j*avais dit à roiss RawUngs en la quittant; qu*eUe ne voudrait pas s*oppo6er à Tavantage de madame Moore.
— Vous serez maltresse du prix, n'en doutez pas, a-t-etle répondu. Ce n'esl pas de sa libéralité que je vous exhorte à vous défler. Biais noua ne pouvons habiter sous le môme toit. Si je le pouvais, pourquoi i'aunisje quitté pour chercher une retraite parmi des étrangers Y
Ensuite, pour répondre à quelque représentation en ma faveur :
— C'est une erreur, mesdames, je ne suis pas réconciliée avec lui. Je ne crois pas un mot de tout ce qu'il me dit. Ne vous a-t-il pas fait connaître de quoi il est capabU par le déguisement où vous l'avez vu 7 Si mon histoire était moins longue, ou si je devais être ici plus toog-temps, |e vous convaincrais que tous mes ressentimens qe sont que trop lusles.
Elles l'ont apparemment pressée de souffrir du moins que je dînasse a?ec elles; car elle leur a dit :
—Je n'ai pas d'objection sur ce point. Vous êtes chez vous , madame Moore. C'est votre table. Le choix de vos convives dépend de vous; mai» laissez-moi la liberté de choisir les miens.
Et puis, à l'offre qu'elles faisaient, sans doute, de lui envoyer qnéiqnei plats dans sa chambre.
— Un morceau de pain , s'il vous platt , et un verre d*eau ; c'est tout ce que je puis prendre à présent. Je suis réellement assez mal. ITavei» tous pas remarqué combien j'étais fiiible? L'indignation Mule m'a sou» tenue. Je ne vous condamne point de le faire dtner avec vous, a-t^eilo Ifouté , sur quelque autre objec!ioo de la mémo nature; mais , si je n^ suis forcée, je ne passerai point une seule nuit sous le mémo tnic.
Je suppose que miss Rawlings lui a dit que, n'ayant pas l'honneur de dîner avec elle, il n'y avait point de raison oui l'obUgeftt elle-même da dîner chez madame Moore; car elle lut a répondu : —Que je ne prit» pas madame Moore de votre compagnie. Il ne vous déplaira point à table ; son entretien est amusant. Enfin elles doivent lui avoir repréMilé que je pourrais abuser de son absence pour donner une bonne couleur à ma conduite, puisqu'^le leur a répliqué : — Rien no m'importe moine I que ce qu'il dit ou ce qu'il pense. Le repentir est le seul «ud que je lui
•ouhaite, de qadqoa manière que le ciel dispose de moi. Le son de sa vois in*a fait juger qu'eile plonniU en prononçant ces derniers mots.
Les femmes sont sorties toutes deux en s'essuyant les yeui« et leur iMe 8*est tourné à me persuader de rendre l'appartement que j*ai loué» al de me retirer jusqu'à rarri?ée du capitaine, filais je connais- trop bieo mes ioérôis. Malgré toute la bonne intelligence que miss Bowe me suppose avec le diable, je ne juge point 11 propos de me fier k lui pour re- Iroof er ma belle , si j'avais ie malheur de la perdre encore une fois. Ha plus grande crainte est qu'elle ne se jette dans sa (amille; et je suis per» suadé que ses parens ne résisteraient pa> au charme de son éloquence* Mais, comme tu le verras, la lettre de Tomliosoti est propre à me rassurer de ce côié-là, surtout lorsqu*il me dit que son oncle ne se croit pas libre Inl'mème d'entretenir une correspondance directe avec elle.
Tous mes sermons de vengeance ne m'empêcheront pas de t'avouer qne le souhaiterais de pouvoir lui faire un mcrile dans mon coBur, do lelour volontaire de son affoction , et d'avoir le moins d'obligation qu'A aen possible , à la médiation du capitaine, filon orgueil est intérasA. Cest une des raisons qui ne m'a pas permis de Tamener d'abord avec moi. J*ai fait réflexion aussi que , si j'éiais obligé d'avoir recours è son aasisiance, il était à propos que j'eusse vu la belle sans lui, pour me trouver en état de le diriger dans ^a conduite et dans ses discours, su>fant l'humeur et la disposition où j'aurais laissé celte implacable déesse.
Au fond, je n'ai pas été fâché u'en'endre de madame fiioore que le dinar était servi; et cet iniermèdi) e^t venu fort à piopos : nous éiiona tous hors d'faaleine. Le parti que ma cliarmantea pris de remonter à sa diambre lai a donné le temps de se calmer, et à moi celui de me forti- ÙBt et d'attendre le capiiaine. Je suis entro, avec les femmes, dans la aalle è manger. filadameMoorca commencé par envoyer un plat d'entrée à sa belle cliente; mais elle s'est obstinée h ne prendre qu'un morceau de pain et un verre d'eau. Je m'y étais attendu. N'esi-ce pas une Harlove? Il semble qu'elh veuille s'endurcir è la faiigue, quoiqu'elle n'en sait jamais fort menacée. Q«iand elle refuserait absolumont de m'avoir obligation, ou, pour m'exprimer dans des termes pitis convenables k mes aeotimens, quaiid elle refuserait de m'obiiger, n'est-elle pas sûre de Vêr mitié ei du secours de tous ceux qui auront le bonheur de la voir?
Mais j'ai une question h te faire, Belford. N'as-tu pas quelque inquiétude pour moi, sur la lettre que cette beauté chagrine a dép^écbée par un homme à cheval, el sur la réponse de son amie? Na crains-tu pas aussi que miss Howe, apprenant la fuite de sa chère Clarisse, ne soit alarmée pour le sort de sa dernière lettre, qui, n'éunt sortie des mains de Wilson qu'après cet événement, doit être tombée apparemment dans las miennes? Si tes réflexions vont si loin, je n'ai pas mauvaise opinion de ta téie. Apprends donc qu'on a pourvu à toutes ces drcmistancea, avec aniaot d'habMeté que la prudence humaine en est capable. Je t'ai déjè <yi que Will est aux aguets pour le message. C'est un ivrogne du village» ^ sa nomme le vieux Grimes. Que Will parvienne seulement à le joindre, je le réponds du reste. Ne saîa*tu paa qu'il y a plus de sept ans fue oe ooquia est h BK» aervioeT
USXZRE CCKOOI.
Afeo'iito1ta^iigs,4ums avions k âlnw «ne ffanp dptttf8,«iiite i» imdaiiie Ifoere , f^ai ^est «toniie ^passnr «n «imiit 'dm <aâ «tnte. (ÉUMtt nomme Bem: «ne petite femme me , ilaufilie^ eti<m&, ^e^'aesM^ fteine ^tknirafien peur moi ; qni pevitt éooiiter««ec ÂenBtnenttiogt ee qui sort de van licmdie,'et prête à nfeppwnmer vivant «lae^jlaÉofiaflit* *lloae •ii*éUoii8 pas sortis ùe table« q«'«vec le eeooiira de ob quIqHè «Mit p« reeueillir aTsnt le dtner, elle était aussi bien iaettuile île aotreihiBtoire que les deuxanttes.
Gomme il élaH important foiirnieî de les ëiaposeriOii iiia'fa«reiir4MiBflfë 4oat ee qvft pouvait ▼enir de miss'llowo, fai soigneuaemeiil coaunenté ^oelqoes mots, ^a» j*aT0îedé)à lâahéssar le oaiaotèee de cetie fMliQie««e 4il)e. Se l'ai lepcéiOBtéo eomme une ciéalaceiarFOgante, vindioaiMrOy'aM^ •âôieiisey entreprenante, qoi, si le 4iel Itavait lait naltte homme, ^aMaèt juré, maudit, eommis des viols, et fait lediaUe,(je d*6d doute paB,M^ for^ ; mais qui, giéee néaiimoins à rédooKiondeisoD séné, k beàuoo^p d'oFgoeil, et méose à beeueoap d'iB8oleDoe> jaBâliili^ ki léputalioa €lle vertoeoee*
lladame Bevîs est eoiursaue que réduoalîoo ^.ooatfibnait et qw la 'fierté anême'n^jr nttisaitpaa; tandis qua fiûss AaaQiiigs *éesi doriée d'un air prade i -«- A Dieu ne pliiae que kiarertn » aoit qatm 'effet -de réducation.'SaBS'pfeDdffo parti ««ir -la ^question, i'ai.aaotéfqoa miss Howe était Teeprit le {due féeecd et le t^lue mâM an «éckanoeo^ que^feuese jamaie comia ; qu^dle avait «toaiours fêté aBaoeiiMmiie j: qae figoevais ees notife; aaeis qu'éMe méprisait «l^hoaMnequeiœ «nère voBii» lâit'ltti doaner pour mari, un nommé HkkaMmt du mettleor 'Osnilè» da menée, que je ne pouvais m'imaginar qu^atte meicrût préféreHe :à (af; •maie qae Uen des^eas néanmokisiiadanmfient pas d'aalie cansb il Panimesité qd^ds M conoaissaieiit oontieaDNMy«l<piaignaÛDt.uaB q{ paiianne aussi aîmaldeiiM lae^nHa^dene ppB>mîeia Usê dansla] de cette amie pidteadua. Gfl|peadant,iair^ ^joalé, pemoatie «e 4Mait connaître mieaz qu'elle daforoed^une luriBe'qttiaaa saeiaardMis Tawria» Je «vous id dit, flMdane Moore, et à^oas, «misB Aawlings, q«eUD*liiste ei4)étienoe elle en a ïalta dans sa «OBor idabatte.
Ml reçttici quantité de^aompMBuma'Sur ma igssa'ataar nmn eapril, qm ont donnéà aia«iedeitie.«ne eacasian ^iaguiilio^de aeidépligrarvan désavouant lout lemiéiite'qd'eB ^mH lailnatéda tn3at4iiiMBc» — tiaa, •en^értfé, laeadvnes.*. tl'yaQraii»irop«de«vaailélMDei'iHii«inar^^ vatveaerviteiir,.. Ibis lauatee^ffoitsqoe j^'faiis^ii'aBl aarvi'qoflà.^nHr 4niaèa«ie'iM».4a«a caMatfero roadaiia at géfliwm^pMît» ane nonnaia» {Beffard, et^qu^anfaîaini'aft «inpHh^pai Éiasiua toutea JasiMataa >qaa ravoie l^injaacâae de «O'déEolMrg.
€t, fonr <te paflar4e tomia foî,iAUaaaD*mit4Maqua penoaié àina»ftiêaïaqae aaii&llDwe>0Bt ai6aIaaaBPt.:aBainraaai da angL ^ti été fia» d*une fois tenté de m'en flatter. Qui salkaliiailéB(aiatqiaa'4pm^|Ha«riieait Je suis convenu avec le capitaine qu'il ne manquera pas de Tinsinuer dans l'occasion. Mais qu'en penses-tu toi-même, Belford? Il est certain qu'elle hait Hickman; et les filleequi n'ont pas le cœur engagé ne
XSLAB1S8B BARLOW* ^99f
«ml gdère, qtiQiqifdleB pdissent ne pos aimer. S*n^ TnSqaVAeen Hineràit mieux un autre, pourquoi ne serait-ee po moi? le sûshonmie de bonne mine ; je suis un lUrartin : n'est-ce pas ce qu'il fint à tos dames du bel airT Où serait la merreille qu*un homme capable d^ngager les affections de Clarisse Harlowe eût obtenu celles d'une flUe qui se croirail honorée, avec elle, deienir le second rang?
fie m'accuse pas ici d'un excès de vanité. Giacun doit avoir la sienne, A^ degré qui lui convient. Je me souviens d'avoir été modeste, et de ne wen être pas mieux trouvé. Mais, pour revenir à ma narration , après avoir si bien préparé mon auditoire contre les lettres de miss Howe ei pour le retour du messager de ma charmante. J'ai jugé à propos de foire entendre que ma femme ne pouvait souffrir la moindre rèfiexion sur le caractère de miss Howe, et je n*ai pas manqué d'ajouter, avec un profond soupir: —Combien de fois me suis-je vu malheureux par la mauvaise volonté de bien des femmes que je n'avais jamais offensées? Madame Bevjs a répondu qu'elle n'avait pas de peine à se le persuader.
'Ces ouvertures, jointes à celles qui viendront de la part de Will, dans l'intérieur de la maison (car je prétends qu'il devienne amoureux de la servante de madame Moore, et qu'Use vante d'avoir épargné cent guinéeB h mon service) avanceront beaucoup mes desseins, suivant la disposilHMi des circonstances.
■. tOVELACB^ A Mm MIMliDé
A peine étions-nous sortis de table que mon cocher, ^i avait Pceil attentif ii L'arrivée du capitaine Tomlinson, comme Will à celle du vieux Gnmes, a conduit ici ce digne oHlcier, suivi d'un laquais; Tun et Tautre ji chenal; il a mis pied à terre. Je me suis empressé d'aller au devaift de lui jusqu'à la porte. Tu connais la gravité de sa contenance, et ce visage qui ne rougit de rien ; cependant tu aurais peine à Jt'imaginer gilQl air de dignité le maraud a pris dans ce moment, et combien j'ai jaou re^ctueux devant lui.
Jie. l'ai conduit dans la salle yoisine, et je l'ai prtSsenté aux dames. H iD!!ii.paru d'une importance extréma de dissiper entièrement quelque défiante qui pouvait leur rester encore de notre mariage, et je ne pouvais 7 parvenir plus sûrement qu^en nouant devant elles un petit dialogue Wifi lui.
T- Cher capitaine, je vous accusais de lenteur. Xû en .ce mathi un tesioble débat avec ma femme.
r«*ie«uis extrêmement fâché que ma diligence if ait pof tépmidieà mon intention. Un compte^ue j'avais à faire avec mon Jiangmer (qifen .di»;ttt, Belford?) m.'a retenu plus long-temps oue je d'ai pn leprévohr (la tdte à demi tournée en môme temps, pour ajuster de la .main un côté de.aa jt^u^ne^. Une bi^g^teUe^ cinquante jnetoles seulement, qui avaient éiè oubliées dans le premier calcul (le pauvre diable n*a pas eu, depuj» «dîft^aoSf cinçpiaate pistoles è lui).
. Jfous Jsi)min0s tombés tout d'un isonp sur le caractère des Rarïove, à l'occasion de quelque plainte qui m'est échappée, et qui a fait prendre past»A« C2\pitaite pour son «hv anû Jlwles, avec im ifoncfinaïf, doufie^ 'nMiil, jeune hotnme; et d'autres termes aus^ libres. \t a trouvé la cause
de leur animosicé daiw nm bravades. — Jamais, o-t-fl dU« une bomit "
Camille, qui se Toii une iille charmanle, ne reoerra volontiers des bra- , vades, au lieu des civiliiés qu'elle te croit en droit d*aitendre. Il roe priai! de ne pas m'uiïenser de ce reproche ; mais la nature lut avait donné uo eœur ouvert qui ne lui permettait pas de déguiser ses sentimcns. D'ailleurs, il demandait aux dames si la raison ne parlait pas pour lui. (C*é» tait les mettre tout d*un coup dans ses intérêts.) ta leçon que mon épéa avait faite au frère, luia-t-U plu d'ajouter, avait aggravé IVffense.
Quelle idée de ma vaillance celle réflexion a fait piendro aux femmeal ce sexe nous aime à la folie, nous autres braves.
— Le capitaine était libre dans son estime, ai-je répondu. Moi, detoula cette famille, je n'aimerais jamais que ma femme; et, n*ayani aucun besoin d'eux, je n'aurais pas Âût, saus elle, tant d'avances pour une réconciliation.
— C'est le propre d'un bon carnctère, a dit madame Uoore.
— Et tiè» bon même, a dit miss Rawling».
— Boni très bon : dites d'un très généteux caractère» a dit madame Bevis.
Le capitaine. — Oui, je suis obligé d'en convenir; car je n'ignore paa que M. Lovelaco a été fort mal traité; je dis plus mal, qu'avec sa naissance et son courage on ne l'aurait cru capable de le supporter. Mais 0 me semble, monsieur (se tournant vers moi), qu'une femme telle que la vôtre est une précieuse récompense, ei qu'en faveur de la fille il doit vous ôtre aisé de pardonner au père.
Madame Moore. — C'est ma pensée- Miss Rawlings. — Ce sera la pensée de tous ceux qui auront eu llioii-» neur de voir madame Lovelace.
Madame Bevis. — Je n'ai rien vu de ai beau assurément; mais eHé pt d'un caractère violent et même un peu capricieux, autant que je Tai pu comprendre. On ne coonalt ce que vaut un bon mari qu'apiès l'avoir perdu.
Elle a fini cette réflexion par un soupir.
Lovelace. — De grâce, mesdames, rien qui puisse rejaillir sur mon ange. Ma femme en est un. Peutrêtre ses vertus soet-elles mêlées de quelques petites taches, telles qu'un peu d'emportement et trop de it^pngnance à pardonner. C'est en quoi elle tient des Harlove; poussée d'ailleurs par cette miss Howe. Mais ses innombrables vertus sont unique* ment d'elle.
Le capitaine. — Oh t pour la chaleur d'esprit, vous avec raison de nommer miss Howe. C'est elle que vous pouvez accuser d'en avoir trop. Cependant (avec un regard malicieux ) elle mérite aussi quelque pitié.
Je l'ai fort bien conduit, comme tu vois, à conflrmer ce que j'avais dit de C3tte fille mflle ; et nous étions convenus de lui imputer un amour s^ cret pour moi, comme le plus sûr moyen d'affaiblir tout ce qu'elle éCÉtt capable d'écrire.
Le capitaine.— Monsieur Lovelace, si je ne connaissais votre modestie» .vous pourriez donner une fort bonne raison...
Lovelace. — (Ici j'ai baissé les yeux d*un air tout k fait modeste.) Ceat ce que j'ai peine à me persuader, capitaine. Mais paasuns Urdessus, s'il vous pktît. i
Le capitaine. — J*7 codscds. Yenoos h b situatioa û» vm aflUres.*»' '
CLAM8SB HABLOTB. 5289
Seolement il y aurait peai-être de rindiaciétion... (en jetant les yeux sur moi et SUT les trois femmes.)
Lovelace. — Ah 1 de ce cdte--Ià, capitaine, tous n^arez rien h. redouter dans cette compagnie. Mais, tous, André (me tournant vers mon noa- > reau laquais» qui me serrait à table), sortez ; cette bonne ûlle (en re- ^rdant la servante de la maison), sutura pour les besoins qui nous restent.
André est sorti , il avait ses instructions; et la serrante a paru fort sensible à la préférence que je faisais d'elle.
Le capitaine. — La situation de vos affaires, monsieur, est d^unena- ^ ture qui me paraît capable d'arrêter le succès de tous mes soins, si M. Jules en était malheureusement informé. Il douterait de la vérité de votre mariage, comme tout le reste de la famille. (Les femmes ont prêté ici l'oreille avec une singulière attention.) Je vous en ai déjà demandé les drconslances, et je ne vous ai pas vu d'empressement à me répondre. Cependant il serait h propos que je fusse un peu mieux instruit. Je vous avoue qu'il n'entre point aisément dans mon esprit, si l'on ne suppose une haine ouverte, qu'une femme se ressente assez vivement de ce qui peut arriver entre elle et son mari pour se croire autorisée à
Lovelace. -—Capitaine... monsieur... Je vous assure que je m'otfenaelai... que vous m'affligerez extrêmement, si vous employez des termes... - Le capitaine. — Votre délicatesse et votre amour, monsieur, peuvent vous rendre (rop prompt à vous offenser ; mais c'est ma méthode de don* ner leur nom aux choses : s'en offense qui voudra. (Tune te figurerais pas, Belford, avec quel air d'assurance et de liberté le maraud m'a fait cette réponse.) Lorsque vous nous aurez éclaircis, monsieur, nous trouverons quelque nom qui vous plaira davantage pour cette téméraire démarche d'une jeune personne si digne d'admiration à tout autre titre. .Comprenez que, représentant ici mon cher ami M. Jules Harlove, je dois .parler aussi librement qu'il parlerait lui-même; mais vous rougissez, monsieur; pardon, monsieur Lovelace. Je sens qu'il ne convient point à un honune modesie de vouloir pénétrer des secrets qu'un homme modeste ne peut révéler.
Je n'avais pas rougi le moins du monde ; mais, loin de rejeter ce compliment, j'ai baissé aussitôt les yeux. Les femmes ont paru charmées de ma modestie, à l'exception de madame Bevis, que j'ai cru voir plus diftposéQ h rirç qu'à m'admirer.
. Le QBfjl^ne. — De quelque source que soit venue cette démarche, je ne la nommerai plus une évasion, puisque ce terme blesse votre amour; mais vot^s me permettrez du moins d'exprimer ma surprise, lorsque je une cappelle les témoignages mutuels d'affection dont j'ai été témoin, la dernière ois que je vous ai vu. Un excès d^amour^ monsieur, je me souviens que vous m*avez dit quelque chose d'approchant. Hais, en vérité (avec un sourire), un excès d'amour est une étrange cause de qnereUe... Peu de femmes...
Lovelace.— ChercapitainelJ'aitAchéiciderougir.L^sieoames onttâdié de rougir auasit et, conmie tu penses, avec plus de succès, parœ^'eUes . y flont plus accoutumées... Madame Bevis a le teint haut en couleur; elle iDugit continuellement.
BliaB Rawlings. — Ces explications ne mènent k rien : la jeune dame v«& te
SOO CLARISSE BARLOVE.
paratt désavouer son mariage. Et se tooroant vers moi : «-* Voas sa^z nicmsieur, q; Telle le désavoue.
Le capitaine. ^ Elle désavoue son mariage! Jusie cieit comiiett ea tf-ie donc imposé à mon Cher ami M. Jules Harlovef
Lovelace.— Chère et incomparable femme! Bfais que personnet jOfOlis prie, ne doute de sa sincérité. Pour un empire, elle ne voudrait paâ ae tendre coupable d'un meâsonge volontaire. (J'ai reçu ici des louanges de tout le monde.) Cette chère personne croit avoir de justes raisons pour ÉK» Atoveu. Vous savez, madame Bloore, voas serves, miss Rawfings, ce que je vous ai raconté de mon serment.
^ f n Mifêé la rue, et j'ai tourné mon diamant autour de mott deigt. Madame Hooie a porté les yeux sur miss RawKngs, comme son Assome tu mystère ; miss Rawlings a baissé les yeux eomme moi, les panf)[)ièM» à demi fermées. La veuve Bevis a levé la tête, an contraire, avee leoie Fatidifér d'une femme pour entendre un secrer. Le caijpitaine a para éëiitenl de lui-même, comme s'il en eût déjà pénétré la moitié* Enfin, hmtMneMoorearompuee modeste silence. -« Il me parali, a-t^eHédit, qfte iliBift'expliqae mieux la situation de 11. Lovelaceque les mauvais étita Ile eette miss Howe, et que les riguevvs de la fawiUe, qui ouf peuWêfte ttvpea affecté, dans certains momens» la t^ie de sa i^armanle époMA; et je le trouve extrêmement généreux d'avoir cédé au mal, dam^ceVclletaionsy ptetdtque de Taveir irrité. -* Assurément, a Ai madame Bévis, afeel de quoi Toa ne Inmve pas ^exemple eatre inUe âjaris*
l^al demndé en grâce que ma femme ne sût jamais ries de cette eon- -vetsatio*, et j*ai affecté encore plus de modestie, le devais conveoirraHe ajouté, que son pies grand défaut était un excès de délicatesse.
Le capitaine, après avoir promené ses yeux aatotr de lui, s'eet 4ttlé ^e, sur ce q«e j'avais laissé éckapper à Londres , el s«r ce qu'il vMit #efitendieyil croyait pouveiicoBdim que ttotroBMriage fi'était pasceiwmméé
Ah I Belfoid, quel air Biais fu aurais vu prendre il tm> mA^ m tu fannÉi vu tâdMf de pvendfli 1 Qte de niaaadarlas, sorle visage de mAiimm Moora \ Que dTaffectation sur celui de mi» Rairlings ! tandis qtte naiMÛte Bevis eimult de grands yeui effrontés , et que ses lèvres ae fusant que sourire , ses yeux riaient de toute leur ferce, et semMaMt îvriter Isa yeux de teus tea aaiistans à rite ausaL
Le capiuioa s'est bâté d'observer que, sf il avait devteé juaie , f Mis «ft pbéihs entre les hommes, et qu'il commen^tait à se flatter qu«f, ditts un jour ou deux, tous les différends prendrairat une heureues On, Mis a-tF*ià ajovté, il aurait le plaisir d'assaser M* Jules qu'il avait cooimeas^ Mé à noue véritable aairiage.
Xeatea lea femmes se sont jointes )i lui dans celte espérance.
-•^Aàl capitaine 1 ail f mesdames I fK je sanis kesMoadsi fAMIr aiMBii naa femme àpenaascoaMBS m<^l
^ Qd sentit un dénauenaent tite agréaMe » a dil^ madame IMsf #1 jo jitfvmafitnfDi aeuaempêriw 4e passer gatasant eette aiitti» Lé eapfMÉe a majestueusement souri.— Il voyait m'a-t-il dit, que MMsavIeif IM^ks éÉbaa. Uft kiamw de aooD eiracièse devait «f«ir «DvéalinMr pMMNgfcuse patfB«a#f8maf^l0rsqa'iiétaitcapabtadeaepBlt»àées€apgieaadi0<ie tatwa> *e l'ai pr» ds ne pas poaaier plaa iDinai» lituttani d^taaillB dameS) en confessant, d'un air embarrassé, que 4M MMtoaim» tè»
eUMStS URliOfÈ. tèi
' M «aMt'di0r. Bkittti, te trais fénfUM aifdM|wr»il Mra dtepMé«rt<|Uo f M Mnsfeoeé k iit'applftiiâir (Ta^oir dMiigé la maison <• madame Sifi-
* ¥lflir pour eeHe de maxlaiiie Bloore* Meus semmes tew «Paeeeid st» le feint principal; san» en eieepfer ma charmante. La différence entcemiis n'M qœ snr le» moyen» de ^Êxtetàr à la fin pfeposée.