LETTRE CCXXXV
U éCad ttmfis de faire savoir s ma femme qae le capifoîne Ton^inBen dirtiunivé; d'autan tplus ^'ellearaic déjà demandé à hnerrantesi ce o'êlattipas loi qu'elle avait enlendaàdieral, et quiétaiten^ danslamaimi.
MadMM- Bleors est meotée à sa chambre pour la supplier en mo» nom i» non» accoider audience. Hais elle est revenue nous dit» aussitôt fm ondan» Lovélaoe priait le capitaine de rexenaer pour le piésent ; fiMle^ se tuouvailfort mal; qaet dans rabattement où elle était,, elle endgoait de ne pouvoir soutenir une longue conversation ^ et qtfclie ëMt iMié^dtfse VÊÊÊttn aa lit.
Cette repense mfa causé dTabord assez de chagrin ; et je n'étaie pas mimesattt alarmea peur la santé d*ane femme si chètn. Jf avoue quTelle ii««K esBOfép bsanoenp de fatigue^ ec qufaprès avoir porté le ressentiment si loin , il n'était pas snrpreamn qu'elle se trouvât très abaitoe, lornpie sesespritB eomroençaieni à se calmer, lis devaèeut être fort bas, je doisile dire, si l'abaiMMaent; est piropertiomié à Télévation; car elle s'était ^tée dans pNisieufB nnoMas ai» dessus du earactèce d'une mortelles
Cependant le capitaine lai a fiiii dire que, s'il lut était peiniis seulement de lui faire la révérence, il regarderait cette permission cemmemie grande firvenr, et qu'il rateonierait à la* ville pour achever quelqaeo affaires, après lesquelles il serait libre délai donner demain toute la mathiée. Mais elle s*est déftmdue de* fe recevez sur-le-ehamp , soas préteite d'UHvieleDt mal de tête; et madame fifoorenous aoonflrmé qu'elle n'était pas bienp.
î| l'auniie souhaité de pottvûh: eof^get le capitaine h loger cette nuit dtns la maison*. — ^n tempe m Vt-î! dit, lai était trop précieux, ses albi-^ Ms même ne s'acconHnedaienf pas trop de la nécessité de revenir le lendemain. Mhis il était résolu d'apporter tons ses 8(»ne à rétablir la paix entre nons, autant par considération pour ma femme et pour mol, que poor eoD cher ami^ AI* Jttls»Haflove, qui devait ignorer qœ notre méslMëligence edc été ai loiik Ga quTil pouvait m'oltrir uniquement^, éditait d» prendre le thé avee ia^eompagniev On s'est conformé à sen intentfietos. J^ eu avne lui quelque» moment d'entvetien particiilier r «près lesquels il's^esthdté de i^nionter à dheval. 9on htquais , dana rintesvallo'r «Plût Mtpreadni une haute idàrde lui aux gène de la maison ;■ otmadbuNiBesis, fBlv n^étant peint une femme ièret vil ttès iamilitement avw^ Isa donesttqoeadO'sa lanis^ est venue dire aux deux antre» femnaesy. que <Mbit n» iwnime de naissance, et d'un mérite extaerdinrtm, auqnel il élpit dtangn qu'en- fil négliger tontes senaffaites, et qu'on donnftt lapdne de ^levenlr;*'*^ Je pairionis mwris^ a-t«-oUe a^onté anaar hani peur mvie iJÉioa entendrai qnTil. estontréaidamt ^hnmenr que de mal da têtt.>i dus lerefim*qiMi #ftÉlde voirun honaaosfcuapeilaMe.ltoaiou^t qpvde
502 €I.AU88B HABLOTB.
gens qui sd plaignent d'autrni . dont le bonheur dépend d*eai-m(meB ^ Gomme elle n'avait parlé que pour ôlxe entendue^ j'ai poussé gravement un profond soupir, et j'aifeit quelques réflexions morales sur le cœor humain, qui veut être heureux ^ et qui se trompe presque toujours dans le choix des moyens qui lui conviennent. Les deux veuves ont admiri mon esprit ; et miss Rawlings, les regardant avec un sourire obligeant m'a fait connaître que, dans le fond de son cceur, elle me nommait un charmant homme.
A peine avait^elle fini mes observations, que Thonnête Will a paru et m'a foit appeler d'un air empressé. J'ai jugé par les libertés qu'il a prises avec moi, qu'il m'apportait d'heureuses nouvelles; après m'avoir causé une mortelle impatience par ses transports de joie et ses ennuyeux récits , il m'a déclaré enfin qu'il tenait le vieux Grimes dans un cabaret, où il l'avait déjà presque enivré ; et tirant une letbre de sa poche:
-^ La voilà , monsieur la voilà ; mais ne perdez pas un moment. Grimes ne sait pas que je l'ai. Il faut que je retourne avant qu'il s'en aper* çoive. J'ai feint de le quitter pour une ou deux minutes. 11 sera obligé d'attendre que j'aille payer Fécot.
J'ai pris cetlei importante pièce avec toute l'ardeur que tu peux t'imaginer ; et j'ai pensé donner vingt soufflets au coquin, pour avoir finipar où il devait commencer. Ce n'était qu*un billet assez court. Je l'ai présenté au jour de tous les sens, pour m'eflorcer de le lire sans rompre le cachet; tandis que mon impertinent valet, ne cessant point de rire , de plier les jambes, de lever les mains et de faire cent grimaces de la bouche et des yeux, s'écriait de temps en temps : — Dieu, Dieu I quelle joie I Ce miaérable trouve plus de plaisir à faire du mal, que je n'en espère du succès de tous mes désirs. Qu'on me dise que ces coquins-là ne sont pas plus, heureux que leurs maîtres.
Il m'est venu à l'esprit de chiffonner assez la lettre pour en mettre le cachet en poudre. On aurait pu supposer qu'il se serait broyé par hasard dans les poches du messager. Cependant je n'ai pas voulu m*exposer au soupçon d'y avoir eu part ; surtout lorsque je suis parvenu, sans ce secours, à satisfaire mes yeux avides, excepté sur quelques mots qui m'étaient dérobés par le pli des lignes, mais auxquels il m'était facile desuppléer. Voici à peu près ce que j'ai lu. Tu te souviens, que ma charmante avait déjà' changé son nom pour celui de mUê LmtUia BeaiunumU £Ue s'en donne un autre. Est-ce de moi qu'elle tient l'art de ces petites friponneries? Ce billet lui était adressé sous le nom de madame HenrietU Lucas.
« C'est de. tout mon cœur et de toute mon âme que je vous félicite, ma chère, d'ôtre enfin délivrée de votre infâme scélérat. Je brûle d'en apprendre tes drconstanoes. Ma mère n'est pas au logis ; mais, attendant son tetour à chaque minute, je me hâte de dépécher votre messager. Le ph» piessant de mes soins sera de faire chercher madame Townsend ; et si je la vois dans un jour ou deux, je vous écrirai aussitdt avec plus d'étendue. Vous exprimerai-je toute l'inquiétude où je suis, pour une lettre que je vous envoyai hier par CoUins, et qu'il doit avw laissée chez Wilson, depuis votre départ. Slle est assez importante pour me faire craindre extrêmement qu'elle ne soit tombée entre les mains de l'infâme. Ne taides pomt à Fenvoyer prendre, si vous te pouvez, sans faire découvrir votre letraite» et s'il l'avait déjà» prenez quelque oooasion pour me le liire aafuîr» A vous» à voiu pour toivouis. «AraaUov^»
O Bôlferd 1 qoe rinteroeptkm de cette leUre m*a mis le ooear à Taise I Je l'ai lendae à mon Talet, en lui défendant de boire davantage. Il m*a confessé quM avait déjà beaucoup bu.— Gomment, coquin, lui ai-je dit, ne dois-tu pas faire Tamour ce soir à une des servantes de madame Moore? n Tavait oublié, mVt-il répondu , mais il me promettait d'être sobre. Je Tai chargé de faire sa leçon à Grimes : recommande-lui sur sa vie de ne pas dire qu'il se soit an^té, ni qu'il ait parlé à personne, et qu'il vienne à cheval jusqu'à la porte.— La difflculté, m'a-t-il dit, était de le remette aur sa selle* Il est parti, et j*ai rejoint tranquillement les femmes.
Un quart d*heore après, j'ai vu paraître l'ivrogne à cheval, chancelant sur sa selle, tantôt d'un côié, tantôt de l'autre, et sa tête joignant quelquefois celle de sa monture. Les femmes ont paru fort satis&ites de ne me voir aucun empressement pour lui parler; quoique j'eusse quelque regret, leur ai-je dit, de ne pouvoir approfondir le mystère de sa commission. Au contraire, je les ai priées de faire avertir aussitôt ma femme du retour de son messager. Son mal de tête n*a point empêché qu'elle ne stdt descendue sur-le-charnp. Elle s'est avancée jusqu'à la porte, pour recevoir la lettre des propres mains de Grimes ; elle s*est retirée à l'écart pour la lire ; et revenant bientôt au messager, qui avait beaucoup de peine à se soutenir sur son cheval : « Voilà votre argent, mon ami. Je me plains un peu de votre lenteur. Hais comment ferais-je pour trouver quelqu'un qui puisse partir sur-le-champ pour Londres? Je vois que ^est ce qu'il ne faut pas attendre de vous. » Grimes a pris son argent, a laissé tomber son chapeau, qu'il a fallu ramasser pour lui, et s'est retiré en pouvant à peine articuler quelques mois. Will n'aurait pas dû le pousser jusqu'à ce point. Mais le coquin était dans ses états, avec un ivrogne tel que lui-même.
Ma charmante s'est adressée à madame Moore. Pouvait-on lui procurer un homme à cheval? Elle ne s'arrêtait point au prix. U n'était question que d'aQer prendre dans PaUmall, chez M. Wilson, une lettre qu'on j avait laissée pour elle. Il n'a pas été difficile de lui trouver un nouveau messager, qui est venu prendre ses ordres.
C'est inutilement que j'ai fait mes efforts pour l'arrêter en bas> Je suppose que le mal de tête est revenu. Clarisse, comme le reste de son sexe, peut se porter bien ou mal à son gré. Je pénètre ses vues, ai^e pensé. C'est de recevoir de miss Howe toutes les lumières dont elle a besoin, avant que de prendre une résolution.
Elle est remontée, avec les marques d'une inquiétude excessive pour la lettre qu'elle envoyait prendre à Londres. Elle a prié madame Moore de l'avertir si je faisais partir quelqu'un de mes gens pour la ville : dans la crainte, sans doute, que je ne misse les mains sur cette précieuse lettre. Elle aurait été plus tranquille, ou peut-être aussi Taurait-elle été moins, si quelqu'un avait pu lui apprendre que le capitaine Tomlinsoa, qui ne peut manquer d'être à Londres avant son messager, y laissera une lettre si importante, dont j'espère beaucoup d'utilité pour notre réconciliation.
Belford I Belford I peux-tu croire que j'aurai pris tant de peine et reçu tant de fois le nom d'infâme, pour n'en tirer aucun fruit? Je m'imagine que tu trembles à présent pour moi. Quoi I Lovelace, laisseras-tu tomber entre ses mains une lettre qui va te perdre, ei perdre ta Sinclair avec
toute ses ttgmifliesf Ta penses donc à te rétener? Su r^MBenasM dûiiie au mantge ?
FAtîenpe, t^mse espnt. Ke saurns^tu te ier «fi jm àicm istf tof (
iJElUKE CCXXXVI.
Ib LOTOACB^ A «. BSLVOBII.
le n*ai pas fait difficulté âe monter dans rappartomeut <9iir kgud f a* vais de justes droits, et f ai employé ie temps à t'écrive. Mes qtiaftien commençaient à me paraître bien é^iis. Mais la cruelle fiUe appneiMiit 42ue je comptais de log«r si près d'elle, s'est déclarée contre ce deasw ^rrec tant de yiolence, ifue je me suis ?a forcé à la «oumiasion. J'ai a6« cepté un autre logement que madame Moore m'a procusé à dix ou doua» poortes de la aenne. L'unique faireur que j'ai obtenue sans la participaUiMl, de ma femnie, c'est que, dans la crainte de quelque nouvelle «TcaluiB»: Will couchera dans la maison. A la vérité, madame Moore semUail craindre également de nous désobliger tous deux. Mais la prudente Rawlings a jugé qu'on ne devrait rien m'accorder de plus, ie suis ettiémement tenté de l'en foire repentir. Viens, Belford; charge-toi de mu vengeance. L'entreprise est un badinage pour nous* Je suis content doila veuve Bevîs. Elle a pris vivement mes intérêts. Un homme innooent, a-t-elle dit, un mari offensé, trouvera partout des amis. i*ai répaadu «vec un soupir, que les caractères aussi doux que le mien étaient toujours exposés à la tjrrannie ; et j'ai renouvelé en même temps, au fond de mon cœur, mes sermons de vengeance contre cette altière et pervarso beauté.
Le second messager est revenu vers neuf heures, avec la lettre do Howe. il a rapporté que Coliios, en la laissant chez Wilson, avait comnoandé qu'elle fût remise en mains propres à miss Uetiiia Beaumont, avec autant de diligence que de sûreté; mais que Wilsoo ayant su que nous n'étions point à Londres, elle et moi ( comment aurait-il pu deviner notre querelle?), avait pris le parti de la garder, jusqu'à l'occasioa do la remettre lui-même dans les mains de l'une ou de l'autre. C'est ce que Wiison «a fait dire à ma femme en livrant la lettre au messager. Qette fidéklité n'aura pas manqué de l'avancer beaucoup dans ses })unnes
Elle a pris la lettre avec un extrôme empressement. Elle l'a ouverte de même, devant madame Moore et madame Bevis ; car miss RawUngs s'était retirée. Je suis bien aise qu'elle n'ait pas fait plus d'attention au cachet : quoique je me flatte qu'il n'7 manquât rien. Avant que de se mettre à la Ure^ elle a dit que pour tout au monde elle n'aurait pas voulu que cette lettre fût tombée entre mes mains, et que sa chère amie lui en avait témo^né beaucoup d'inquiétude.
— Sa chère amie, a répété madame Bevis, lorsqu'elle m'a fait ce récit. Ces mauvais caractères sont toujours regardés comme de chers amis, jusqu'à ce qu^on ait appris à les connaître.
Je suis extrêmement content de cette veuve, Belford. Elle prétend que je suis le plus aimable homme qu'elle ait jamais vu. Je lui donne ffMquefois un baiser, qu'elle reçoit de fort bonne grâce. En vérité, je serait' bien méchant, si je faisais tout le mal qui dépend de moi. Haïs moA usage a toujours été d'abandonner une proie trop aîséd «ux titeififts 4m
bas Qcdi». UMgté 4«Mites lies peifeoUons de ma Clarij^9| r f i rr fyStupgn tapi ici gue la ditûcoUé. Abus U 6sl qaçsUon, àprésoat^ de w^mst» ott4# pAric.
J» Tiens de <ifflttter ma ^sooB^Wsaiite ^eiurfi. JBUb m'a |ak }'boDne«r d0 iq^ ?îaiter 4anB looo npuireAU iti^einent ; je lui ai dit que, autant que je pouTais le prévoir, je lui aurais d'autres obligations dans le couo de cette ftcheuse aveatom; f tt'«lle me permettrait de lui faire un présett djgpe d'eUe, kMrs^iie mes embarras senâeQt heureusement tenaioés ; mais que je ;la suppliais de sie communiquer à personne ce qui ee passecait enixe alla et moi, pas raénie à sa tanie, qui me paraissait trop dépendante de miss Rawlînp, foct howiêle fille, à la vérité, maie qui n*éuit pas m fait des matières conjugules, comme ma chère veuve.
-^ J'ajrais raison, n'a-inette dit. Ûà miss BawHngs aucait^eUe pris «as Inmiiresf De l'orgueil... fondé sur hen ; c'est ioirt ee qu'elle im connaissait.  l'égard du présent, elle n'en désirait pas. C'était assea pour elle d^fwvotr contribuer à la réconciliation d'un mari avec sa femme, ^t ùm avorter de méobans desseins : elle ae doutait pas qu'un esprit auan ennieuxque miasHove ne tdomphâi de l'évasion de madame Lovelaoe. La jalousie et l'anwor ataient capahlas de bien des noiroenn. ^^ms» Baitod, si je n'ai pas quelque chose à me pcomeltre de cette nouvelle CQWwissance. Lorsque nous serons un peu pUis familierB, qui aaift, si, tott^ bamii qœ je suis de la makon pendant les wHla, je,ne Irourciai pas, avec son secouca, le snoyen de rendre iwe visite ooctume h laa cnueÙoi QMi)pte qu'il n'y a pas de reiraiio sike pour une lemmd^ui «si ime kis aux prises avec un amant ferme et entreprenant.
Mais tu brûles de me voir revenir à la lettre de miss Howe. Je savais que tu en serais alarmé pour moi. Cependant ae t'ai-je pas dit que j'avais pourvu à tout. J'ai toujours soin de garder les cachets entiers et de conserver les enveloppes. Êtait-il donc si difûcîle de copier une lettre, en peanant 8eio4e4'alUNiger im peu? Compte sur Thabileté de ton aaai. Tout était en si bon ordre, que, ne pouvant être soupçonné d'avaîr eu Je paquet entre les mains, j'aurais àéié tout le monde d'y reconnaître mes iraces. Si c'était l'écriture de ma charmante qu'il m'eût fallu cont^iie^ j'en aurais désespéré pour une à longue lettre. La délicatesse et réigalité de son âme se font remarquer jusque dans la forme de ses caractères. Miss Howe ji'a pas la main mauvaise ; mais elle est fort éloignée d'être si régulière. L'impatience naturelle de ce petit démon précipita l'action de ses doigts, comme tous ses autres mouvemens, et cooiununique à son écriture je ne sais quel air convulsif , qu'il n'est pas pins difficile à la plume d'imiter qu'au pinceau de représenter certains gros traits musculaires du visaj^»
JBsHtu cmeux de lire ce que j'ai permis à miss HofVQ di'ôcriae ii sa charmante amie ? Tu peux te satislaice ici. J'ai pcis soin de souligner mes cbaiM^msns at mes additions (4 ). Si lu es loapable de sentir tout «e^ae j>4amis4'art^ tu admireras, fn^sqpm autant que moi-mâme, ma profonde sagesse et ia fécondité de mon invention. J'j fais entrer oûss LçNTdner, madame Sinclair, Tomlinsop, madaipe FratohviU, Mao^ell^ swiont mes Uberléê. Et pourquoi, jeté piie, caMe aaxiatHmdaP<3^<i(l soin? ^
Kli) OasnppriiDe cette teuie o0BlraiNtej<4 l'»n »»pyiwewit r^^rtiaii ^lAna, aidia Itails si rétoltanf ne iervaienti prouver que l'ooYrage n'est pas une Sction.
Stt CLABISSB BARLOTK.
poaiqaoi? CesC qu'il peot arriver , h revenir , qa*il m'ëcliappe quelque lettre du démon Howe, dans laquelle ma charmante soit renvoyée k quelqu'un de ces noms ; et s'il ne se trouvait pas dans celle-ci , je serais en déroute , infanierie el cavalerie , comme dirait ici llilord M.... pour avoir négligé des circonstances qui paraitraient légères néanmoins \ tout autre que moi.
Que de peines , que d'embarras , dont je puis dire que je n'ai l'oblî* galion qu'à moi*mêmel et pour obtenir... Quoi I me demandes-tu? Ahl Belford, pour un triomphe que je mets au dessus de la couronne impériale. Ne me demande, pas ce que j'en penserai un mois après. La couronne môme impériale» qu'est-elle pour celui qui s'est fait une habitude de la porter ?
L'inquiétude de miss Howe n'était pas mal fondée pour sa lettre. Ge que j'y ai laissé suffira pour rendre sa chère amie très contente de la pensée qu'elle n'est pas tombée entre mes mains.
Mais c'est à présent qu'il faut mettre toutes mes inventions en œuvre, pour intercepter celle qu'on attend de miss Howe, et qui contiendra sans doute le nom et les circonstances d'une retraite que je dois ignorer. Ma» dame Townsend se propose apparemment de m*enlever ma belle en oon* irebande. J'espère que l'infâme , comme je suis nommé si souvent dans les lettn» des deux amies, saura tirer parti de ce grand événement* Mais n'est-il pas à craindre qu'avec le secours de miss Rawlings, ma charmante ne quitte Hamstead pendant la nuit? J'y ai pensé , Belford» Will ne couche-t-il pas -dans la maison ; et la veuve Bevis n'est-elle pa» une amie sûre?
LETTRE GCXXXVn»
■• LOVEUCBi A M. BELFOBD,
Samedi, 10 Jniii, à tii beum du laalift.
Ma charmante donna hier au soir à la servante dont Will entreprend * de se faire aimer, une lettre pour miss Howe, sous l'adresse de M. Hick* man, pour la porter h la poste. J'ose affirmer qu'on ne s'apercevra point que ni l'enveloppe ni la lettre aient été ouvertes. Je n'y ai trouvé que huit ou neuf lignes , par lesquelles « on rassure miss Howe sur le sort de sa lettre, en lui promettant une plus longue réponse lorsqu'on aura le cœur plus tranquille et les doigts moins tremblans. On parle en général d*un nouvel incident (du bonheur apparemment que j'ai eu de découvrir ses traces) dont on ressent beaucoup de chagrin , et qui cause de non* velles incertitudes ; mais dont on attendra le succès ( voilà quelque motif d'espérance, Belfoid,) avant que d'exposer une si chère amie à de nouveaux embarras. On sera dans une mortelle impatience jusqu'à l'arrivée de la première lettre qu'on attend, etc. »
Là-dessus, Belford , j'ai cru qu'il était d'un homme généreux d'épargner à miss Howe l'inquiétude qu'elle peut concevoir de ces ouvertures ^ imparfaites, qui sont capables d'alarmer prodigieusement un esprit si vif. Ainsi , avec tant de facilité pour imiter ce que j'ai devant les yeux» j'ai écrit un autre billet, que j'ai mis sous la mkne enveloppe, à la place de celui que j'y avais trouvé , sans y faire d'autre changement que cdui qui convenait à mes idées* Le voici, puisque tu es bien aise de tout lire:
Bamsteâd, Tenditdl av ioir.
« Mon étemeUe amie,
» Quelques lignes seulement ( jusqu^k ce que mes esprits soient plus calmes, et mes doigts plus tran^ill^, et jusqu'à ce que je sois un peu remise du troiJ)le où m*ont jetée vos informations), pour vous apprendre que votre lettre est venue heureusement jusqu'à moi. Au retour de mon messager, j*ai envoyé sur-le-champ chez Wilson. Grâces au ciel, elle y était encore. Puisse le del vous récompenser de toutes les peines que je TOUS ai causées, et de vos tendres intentions pour une amie qui sera toujours entièrement à vous. »
n m*en a coûté assez de peine pour rendre mon imitation si eiactA que je me' flatte de ne pouvoir être soupçonné. D'ailleurs, j'espère que miss Howe accordera quelque chose au trouble des esprits et au tremblement des doigts. J'ai lait réflexion aussi que ce billet ne pouvait arriver trop tdt, et je l'ai dépêché par un des gens de Mowbray. Le moindre délai, comme tu penses, aurait causé de l'inquiétude à miss Howe, qui l'aurait communiquée à son amie; et peut-être, elle à moi, d'une manière qui ne m'aurait pas plu.
Tant de peine, répéteras-tu, pour une simple fille ! Oui, DeUord ; mais cette fille, n'est-ce pas Qariaseî Et qui sait si, pour me récompenser de ma persévérance, la fortune ne m'amènera pas son amie? Oa a vu des événemens moins vraisemblables. Ne doute pas du moins que si je l'entreprends, je la fasse tomber dans mes filets.
LETTRE GCXXXVm.
K» U>VBU€JB, A M. BOJOBD.
SunedfyàhaitbearM donatlB.
Je reviens de chez madame Moore, ou j'étais allé pour recevoir les ordres de ma charmante; mais sa porte ne s'est pas ouverte pour moi. Elle a passé une fort mauvaise nuit. Il ne faut pas douter qu'elle ne rçgrette d'avoir poussé trop loin ses ressentimens, comme je dois regretter de n'avoir pas fait un meilleur usage de la nuit du mercredi.
Faisons, Belford, une petite revue de ma situation , et des nouveaux soins de ma prudence. J'ai vu ce matin les femmes, et je les trouve moitié incertaines, moitié résolues. Le frère de miss Rawlings lui reproche de n'avoir plus d'autre maison que celle de madame Moore. Madame Moore ne peut faire un pas sans miss Rawlings.
Quoiqu'il ne me soit pas permis de loger dans cette chère maison, j'en ai loué tous les appartemens jusqu'aux greniers, pour un mois certain, au prix qu'on a voulu, table et logement, pour ma femme et pour tout ce qui m'appartient. Mais j'ai mis pour condition, qu'elle n'en serait pas informée dans ces circonstances. Ainsi, je crois avoir lié madame Moore par l'intérêt. C'est proportionner, comme Lucifer, les tentations aux penchans. Miss Rawlings balance alternativement, lorsqu'elle entend notre histoire delà bouche de ma femme ou de la mienne. Cette miss Rawlings n'a pas l'air crédule. Je ne me suis pas encore attadié à connaître son faible. La première fois que je la verrai, je veux étudier ses inclinations et ses défauts. Les conséquences et les applications suivront bientôt. La veuve Devis, comme je te l'ai déjà dit,estentièrementàmoi.Mon valet WiO
couchai dapstai maispn* JUOD a^tre coquin ne mequilte pas, et par conséquent ne saurait êire tout h fait stupide. Will est déjh pa3sioQpémeDt amonreQx d'une dc;3 servantes de madame ittoore. Il a senti le pouvoir dP ses diarmes, au peemier moment qu'il a jeté les yeux sur elle. (Test im» ffrosso paysanne d'assez bonne façon. Hteis depuis la duchesse Jusqu'à la ilie de oaisine, il n'y a point de femme qui oe soit contente d'elle-mtoe lorsqu'elle fait la conquête (Ton homme à la première vue. La p/lus laids n^ l'est jamais à ses propres yeux. Elle trouve vingt raisons pour justifier Fopîriion d^un amant, soit avec le secours, soit en dépit de son miroir* Uè coqum s'attribue cent cinquante livres ^rling de ses épargnes. C'est cinquante déplus que je ne lui avais ordonné. Il pourrait les avoir siins doute, quoique je ne lui croie pas quatre sous a lui. Le meilleur des mçUtres, c^est moi. Un peu d'emportement peut^re, mais qui s'apaiss ans^tôt. Cette fille le traite déjà fort humainement. La seconde servante esft aussi fort civilo pour lui. Il a dans la léte un mari qui iui convient* «-Monsieur André, dit-elle (c'est le nom de mon antre laquais; et Je? idées vagues ne plaisent pas à Jenny), est un j«iinc homme qui lui paratt fort aimable. Hais ne crois pas que mes précautions se réduisent là. Quel besoin, Belford, avec mes taiens pour l'invention, quel besoin avais-je ds to Sinclair? Ma femme peut avoir de nouvelles occasions d'employer tes messagers dont elle s^est servie pour miss Howe et pour Wilson.Will est est déjà lié parfaitement avec l'un. Il ie sera bientèt avec f autre, s*! ne fest déjà. Itoire ensemble, c'est jurer amitié entre les gens de cette espèce. Le laquais du capitaine a ses instrtietions et ses emplois* fl sert un maître très humain et très respectable I J'aime l'ordre et la subordination.
La poste sera observée de près.
J'ai donné diverses descriptions : cdlle du Cdlins de miss Howe, celle desÉméiB,«ttii éei Harion», soit des miss Howe et Hickman, etc. James Harlovo et Singleton n'ont pas été oubliés. Je dois être averti de toutes tes informations qu'on pourrait prendre sur la mardie de ma femme, soit sous ^on nom de mariage ou spus son nom de fille. Le prétexte est d'éviter toutes sortes de désastres. J'ai donné ordre à Mowbray, à TourviUe, et même à Belton, si sa sanlé le permet, de prendre leurs quartiers pour huit jours à Hamstead avec les plus fidèles de leurs gen$* Tes aftàires particulières me portent à t'épargoer actuellemeut. Mais ne laisse pas de le tenir prêt à remplir ton devoir dans Toccasion JL l'égard de ma femme, n^a-t-elle pas lieu d*être très coutente de moi, qui lui ai permis de recevoir la lettre de miss Howe des mains de Wilson? Elle voit clairement ue je suis pas dangereux, et qUe je ne pense qu'à faire ma paix avec
le, pour une légère offense qui n'est que Teffet du hasard* Miss Howe prétend, dans une de ses lettres, quoiqu'avec un hélas t que sa charmante amie a le cœur touché en ma faveur. Il f^ut par conséquent qu'elle devienne plus traitable après cette réconciliation. Si fêtais traité avecmoiiis de rigueur et plus de politesse, si je reçois d'elle quelque ténoojgnage de compassion, si je lui voyais un peu de penchant à m*épargner et à juger favorablement de mes vues, je ne dis pas que f eusse lecodur impitoyable* Mais se voir insulté, bravé par une rebollê, dont on est le matUre, qui serait capable de le supporter?
Je vais retourner à la scène de Faction. nfautQiie je tienne les ièmmes en Jtmleine. Je n'ai pas eu d'aujourd'biû Ji'occasion çPentcetexiir en^ti-
colier madame Bcijs. Que dire de ce misérable Tomlinson » qui n'est pas encore arriyét
JJBIXRE CCUUUX^
M. LOVELACB , À Jl. BELFORD.
Vi98 Aawliogs esi chez fon frèreu Slodame Moore 3*occupede son m^ nage* Madame Bevis est à 8*babiller« Il ne me reate que ma plume pour léssource. Majudit Xomliosonf qui ne parali point encore. Que {aire sans lui? Je me figure qu'il va se plaindre, avec assez de hauteur, du traitement jqu'il jeçut hier, a Que lui importent aos affaires? Peut-il avoir d!ai^tres yues que celle 4e nous servir? » En effqt, qudle cruauté de reQ- TÇjyef asoB audience un honmie de cette considération, qui a tant d'affairas sur tes bras? Le capitaine Tomlinson ne remue pas le pied sans qixelqu^ motif d'importance. N'est-ce pas une chose insupportable, qu^ leic%pnice4'une femme lui fasse perdre tant de momens précieux?
Après tout, Belford, j'ai besoin d'avoir l'esprit et le cœur agités par cette yaûéié de scènes, pouir goûter mieux, quelque jour, la douceur du repos, et réfléchir avec plus de satisfaction sur les dangers passés et sur les peines gueije ma souviendrai d'avoir essuyées. J'ai Fesprit tourné à Uféflexioa, tu U saia : mais supposer que le passé m'occupera seul, tflpdis que je sesai capable de réfléchir, n'est-ce pas une véritable contcadictioD ? Daflus •quelle forêt d'épines et de rpuces un malheureux ne se jette-t-ii pas, au risque j^vitable de se déchirer le visage et les habitSt iQiiosqiie^ eDlrc()reiuu[it 4e ^'ouvrir des routes jioUveUes en amour, il 4»Jidopne un vieux sentier, battu de tout temps par ceux qui Tont précédé!
£h^gement4e scène. J'ai reçu, dans mon propre appartement, une vjsite de la veuve Bovis. Elle m'apprend que Jia nuit dernière', lorsque j'iaus quitté la maison, 4na femme fut tentée de l'abandonner aussi. Bu ^^té, je. regretterais volontiers qu'elle ne l'ait poist entrepris.
11 paraît que miss BawUngs, dont elle a pris .conseil, l'en a détournéip. HfadÂme Uoore, sans lui faire connaître que Will couche dans sa maisoi^ lui a veprôsenté qu'entre les sujets de ses peines il y en a plusieurs qiÉ'éUo doit jsouhaiter 4'éclaircir ; et que d'ailleurs, jusqu'à ce qu'elle ait fixé le lieu de sa retrsûte, elle ne peut être plus sûrement que chez elle. Ma belle s'est rappelée aussi qu'elle attend une lettre de miss Howe, qui doit servir de direction à toutes ses démarches futures. Je ne doute pas qu'avec tous ces motifs, elle u^ait la curiosité de savoir ce que l'ami de son oncle est chargé de lui dire, quelque mépris qu'elle ait, hier, marqué pour un homme de cette importance : et je ne puis croire qu'elle soit absolumM(^4él6rniBéeè^ mettre hors d'état de recevoir la visite de deux des principales dames de ma famille, et à rompre tout à fait avec ûvôL BTaiHeurs, que âeTiendrait-ollet i^joute que t'hetirense atiMe 4e la lettre de miss Howe doit lui avoir donné vn peu plus ^toattanee pour moi et pour tout ceqnil*eovirofme, qut^iqtfcAe ait peSne àTefoaer é fli Ityt» La chanté est une vertu si rarel Les meilleures toes ne revéencMnl ^ poSnt aisément, lorsqn'dles 'soot une fote préveoœs «ii Aésavanlage ^ <fftutmi.
Samedi, à ope heofe.
. Enflo, 06 TomlinsoD est arriyël Je ne manquerai point d'attribuer sot retard à ses grandes et importantes afiaires ; mais il m'apprend que» pour cacher sa marche à deux ou trois misérables tels que lui, dont il n'a pu se défaire autrement, il s'est tu obligé do faire un détour de cinq ou six milles. Il me sert avec zèle. Je crois que s'il continue de me plaire dans cette occasion, je le mettrai en état de Tivre à son aise.
rai fait annoncer aussitôt son arritée. On a répondu qu'on ne pouvait recevoir sa visite avant quatre heures après midi. Hauteur insupportable! Ce sexe est sans aucun égard lorsque l'humeur s'en mêle; mais le jour» ou plutôt l'heure de la vengeance arrivera.
Le capitaine s'emporte. Qui peut le blAmer? Les trois femmes conviennent elles-mêmes que c'est traiter durement un homme de cette considé» ration, qui abandonne généreusement ses afiaires pour les nôtres. Plût au ciel qu'elle eût tenté de s'évader cette nuit? Toutes ces créatures n'^ tant pas mes ennemies , qui sait si , dans une si belle occasion d'exercer mon autorité de mari , je n'aurais pas trouvé assez de faveur pour la reconduire à son premier logement, ou pour me mettre en possession de tous les droits du mariage , en dépit des exclamations, des évanouissemens, des injures et de tous les emportemens de son sexe.
De tout le jour, elle ne s'est encore montrée qu'à madame Hoore. « Elle est extrêmement abattue; peu capable, dit-elle, de l'intéressante explication qu'elle a remise à l'après-midi. Son impatience est extrême de recevoir des nouvelles de sa chère miss Uowe, quoiqu'elle n'en puisse espérer que dans un jour ou deux. Elle a mauvaise opinion de tout le genre humain... Je ne m'en étonne point. L'excellente fille! avec un père, des oncles, un frère tels qu'elle a le malheur d'en avoir. Mais comment parait-elle? Mieux qu'on ne pouvait s'y attendre, après ses fatigues d'hier et le peu de repos qu'elle a pris cette noit. Ces tendres colombes ne connaissent toutes leurs forces que dans l'occasion de les employer, surtout dans les occasions d'amour, dont le propre est de les occuper entièrement. Elles aiment les scènes intriguées. La vie uniforme est leur aversion. Une femme créera plutôt un orage que de voir toujours le temps serein. Pourvu qu'elles président à l'ouragan et qu'elles aient le pouvoir de le diriger, il ne manque rien à leur satisfaction. Mais le malheur de ma charmante, c'est qu'elle est condamnée à vivre dans le trouble, sans l'avoir excité et sans être capable d'y rien changer.