‹ Clarisse HarlowChapitre 29 sur 62 · LETTRE CCXL · texte numérisé non relu

LETTRE CCXL

H. LOVKLACB, A M. BELPORa

Samedi «BMk; 10 JiiB.

Je me donne au diable si je devine quelle sera la conclusion de tous mes complots et de toutes mes ruses.

A quatre heures» qui était le temps assigné, j'ai fait demander, pour le capitaine et pour moi, le permission de monter. On a répondu qu'on était prête à recevoir la capitaine ( sans parler de moi le moins du mondej , mais dans une salle d'en bas, s'il y en avait quelqu'une de libre. L'antichambre d'en haut étant à moi , peut-être n'a*t-on pas eu d'autre

OUIMB BAHOfl. JU

frfâoa ponr nommer une salle d*en tas. Noomllê MkalMn» A ma con«

jectare est yraîe. Cet air de rigueur, «He pensé anssiUU « n*est pas d'un ezoellent présage. Madame Mooret miseRawlings et madame Betis, qui éta^t dans la salle avec le capitaine et moi, ont proposé de se retirer lorsque madame serait descendue. — Non , mesdames y leor ai^e dit » à moins que ma femme ne le désire elleHflBÔme. Une cause aussi juste que la mienne ne demande pas h être traitée en secret. D^aiUeurs» nous n*aTons point d'affaires à présent dont Tousne soyes parfaitement informées.

Le capitaine m'a prié d'observer qu'il se proposait d^aroir aTSC ma femme quelques explications pour lesquelles eUe ne souhaiterait peutêtre la présence de personne , sans excepter la mienne y parce qœ je n'étais pas aussi bien arec la famille qui! serait à désirer pour l'avantage commun.

— Eh bien! eh bien! capitaine» Je me soumets à tout. Vous nous ferez signe de sortir, et nous sortirons. J'ai pensé qu'effectivement l'exdusion des femmes serait plus naturelle de sa part que de la mienne.

Il m'a promis de nous avertir par une inclination de tôte et par on signe de main lorsqu'il souhaiterait de demeurer seul avec madame. « Son oncle, nous a-t-il dit, avait pour elle une tendresse incroyable, n espérait que je n'abuserais pas de l'ardeur avec laquelle son dier ami se portait à la réconciliation, peur la rendre plus lente ou plus <l^die; mais il craignait, comme il me Pavait dit plusieurs fois, qu'en lui expliquant la cause de notre mésintelligence, je ne Pousse beaucoup plus adoude que je ne l'aurais dû. »

— Je me flatte , capitaine , que vous ne tous défiez pas de ma bonne foi.

— Non , monsieur , a-t-U répliqué d*un air inquiet ; mais cent choses, qui nous paraissent fégères à nous autres hommes , prennent une autre couleur aux yeux d'une femme délicate. D'ailleurs , si vous êtes lié par un serment, ne devez vous pas... Il s'est arrêté.

Miss Rawlings a marqué, par un sourire d'approbation, qu'elle applaudissait à la délicatesse du capitaine. Madame Moore, sans donner si clairement son suffrage , n'a pas laissé de confirmer celui de l'autre par un mouvement de tête. — Pour moi, je sais ce que je sais, a dit la jolie vente en ouvrant de fort grands yeux ; mais on est homme et femme , ou on ne l'est pas. J'ai peine à concevoir les délicatesses de cette nature.

'— Elle vient I elle descend ! s'est écriée Pune des trois femmes , an bruit de la porte d'en haut qui s'ouvrait. — Oui, c'est dle-même I a dit une autre , entendant la porte qui se fermait après elle. En effet, la d^ vine fille est entrée aussitôt dans la salle. Nous Pavons reçue tous avec une profonde révérence, et de l'air majestueux dont elle s'est présentée, ce mouvement n'était pas libre. Cependant le Ga(dtaine a pris une contenance fort grave.

Id, Delford,la nécessité m'oblige de revenir à la méthode du dlalogne.

Clarisse. —Que je ne dérange personne. Ne sortez pas, mesdames, je TOUS le demande en grftce^ ( Elles paraissaient disposées à sortir; mais s'il avait fallu se retirer, miss Rawlings serait morte de regret. ) Vous atez eu le temps d'être informées de mon hbloire , et je ne doute pas que vous ne le soyez parfaitement, on du moins de eello de M. Lofdaœ. 'Demeures, je vous prie*

«-«MonlMir ToMiioBOft («iiF^lidrQssMii à Uli «fee «n ait ioimUaUe de j éignîtéi) ^yi s«ô wlM«tofaatew¥ou»iie vovfrMsevpaa offensé diiiatis qt» je fts Uer d» f«ii9 ii«ir« i**éfeiis i6eilMM«t kovs d'état de Vous- paiter «nc^Qn paa d!alleaUoii4'

I^eapilaiBe.'-^Jë sois charmé^ madame^ de ireas voir màj/Mmdnaà kaaumii nieux. Cest le^jageineBè 4116 j» pefte de ▼otve santé*

OÊàagu.^^mï'iit flo>siii»parttfep biei». Je ne me aerais'^as eieusée de Toas recevoir il y a quelques heures, si je n'avais pas eu Tespénuloe de^nerlroiivaE'inîÉMi*' Paedoii^ mossiew^ die la |eine qi» ie veue^ ai cau- 4Én f#w wm» dTauMI fto disposé à. me la pa0doaaer,i qu'elle finifa, i'emèrey avjowrd^lMik

MMSb léeolwl é éôUnninée I aip^i^dil en inoiralônie. GependMii uoe nuit enlière, qui s'est passée sur ses resseniîmèns ! mais eemne ces f lUn mol» poisiraiettl leceveiD une eiflioatiai favovaUe, je n'ai pas t^ahs ]e»|ieiiiÉtedaiM' la Mn?aîs ssm»

. LiRMlace; -Wja«apitaine s'est lepenti^ meekàie^âen^veît pas demandé làm à VOMI» voirait premier momeui é» aoà aimée, iletaint ye tous a» yagrez^pne en mauvaise part.

GlMiflse.> — Pieatrôise derois-^ m'attendra que Pami de mon onde eût sw^Aîté de me ^eia en ai xminti. ( l'aiteadajs-iu , Belibrd « à cette léleaseY) liais vous aves eu »i monsieur (en s'adretfsani à moQ|, vos riiaoas peua le leteni*.

DiaUel ai-ja pensé* Il y avait donc du ressentiment avec le mat de tite, comme ma bonne Bsvis l'observa foat bien dans le refus ^'dn fit kier de voie cet honnête ami de BL Jules*

Le capitaine. -— C'est votre bute, monsieur Lovelace. Je voulais lep* dse mes- dévoies à madame,.att moment où je suis arrivé**.

Clansse* — C'est afiaez, monsieur : en Pinteirompant pour abréger les séfenstts^ Je neveux- pas* qiM vous me croyez choquée d'une bagateSe* S*ii ne vous a pas été tnip inoommode de re? enir, je sms fort satis-

ie eapitMne» tt»pe» déconcertée — Je ne voua dirai pas^ madame» ^ne mes af&ires*.» qui son4 enfoDt grand nombie... n'aiisnt pas un peu seuffert... Mais le désir que j.'ai de vous servifi vous et M* Lovelace» et eau d'eUigei M* Itarlove^ votre cher onde et mon cher ami, me font juger les'ptus grandee incommodités dignes d'un meilleus nom.

GUmsftr-^iîeB^desîahygBant , moasienc» Vous voyez les eirconslano^stei ebasgéen» défais Uderniàre fois que jTai eu rhonneuc de vous vet».

Le eapitaîiie. «-> Eitifimemenft changées^ aMâame*^J'en iu& txéssurgfie^îeadiattseif^kifsqneiL Lefeleeemnoonduiait àvoice logement, eà^aenS'eBiéiioMed» vens tronver*

Clarisse. * Avez- vous quelque chose à me dire, qui demande un

Les lvei»ienMieS'Ont fsii^aleMu» mouvement pour se reiiresi^^ïfe' seules faa^mesdaans^ Si ll<LevelaoediMmurer auHuëmeni ùm nevens obHge de^seatii;»

l'm ridé leirent* Je me^su» raefdala Hme^jlm repcdé les* femmes, . e^jfaiseomiiUitéii»»

' Le capitaine* — Je ne suis chargé de rien fui nesegarde e» paMe

■flm^lads^etpa» itoiéyKDC» def rie» ^a'it ni pain» jf/AmèÊù, k Sw^ OÉ|ftkni d'un mot «a éetiir ^lèpefifâDlfèlMieMis à to fin.

CluiBW.'-^ Je Too» pne» Hcsdama», m peasftK .{K)lnÉ à toHkr Tottfcil •huigii^ liMNisieiir , di^aa 1« deroièio foi» qiw j^vons ai vo. Dani lovl •i^ »0 concenié è piéaMt ^ a n*^ •pliîs'riea àquaâ M» Lo?di»» pnM prendra povl.

Le capilaioe. — Vous me sarprenez, madame. Je su» afllifé deeefnt femends: «fflige ^ur l'intéfètr dir taire onde, aCiig4 pour le véiie et goas eehii de H- Lorelace. tt taul qu'il voua ait donné d'autteasujntsdt flain>e que ceux dont il m'a fait rcnrea ) aans qnoi.»«

Lovelace. — En Ténité, ca4Miaiae« en vériiéy mesdamea y je voo» ai wt^ conlé une gcande partie demenkistoiee ; et ce que je voas ai dit de Mfenea n'a pas reç» ie sandre dé§uieement dan» ma boucke. Si j'ai suppMnéqjoelqne cheee^ e'oal nniquement^ en i^»» vous ne pouviez enlendi» aans aecuaer eette chère peraonne^'un excès de riguenr.

CSMîsae. -^ Fort bie», fort kien« monsieur. Vous ponvez me noircir et TOUS juatiûer à ¥Otieaiee« Je qvsoie plus en votre pouvoir. Cotte pensée nMConac^delout.

ie capitaine* * Le ciel me préserve dep rendre la défense d'un crime» ^une personne de vertu et d'hennemr ne peut pardonner 1 Mais sûrement, madame^ c'est aMer tiop kûn.

Clarisse* Me me bUmeas pas, mensieuv TomHason. J'ai bonne opinion de veusyseBMned'un amrd# mon oncle} mais si voue êtes œlni de M.Lave* lace^mes idée» changent;, cas ses intécéis et les miens ne doivent plus lien avoia de ocmimun.

Le capitaine. — -Ddfiâce, madame ; quej'aie Thonneur de vous dire mi met en pat ti€ulisf«

Oaaiase^-^ie» ne veuaempdche^ monaienr» de vous eipliquer Ubieroei^ devant ces ditaien. M* Lovelaee peut avoir des secrets : je n'en ai aucnn* Il semble que vous me jogiei coupable ^>a serais charmée «pte tout le monde connût la fend de mon omur^ Que meseonemis paraiisent^qiîrils m'interrogent; je sufspBéle à leur révéler mes plus secrètes pensées»

Le capitaine* •*• Ame aeUel OiMUi''Mitnm an monde pourrait tenir ce ling^Kot

Chacune des tioiftfimmeian levé les mains et les jeux» comme peu» dire: ^ Ce »'estpasmoi»

tivfjtk rien id qui seule le désordre ^a dit miss Rawling f mais». eh jngnantrpar son propre cmur, elle y n dd trouver peu de vraiisemblance.

*- langage admirable I a dit madame Eavis r en serrant les épaules» IMamO' Moere a senj^ré- Moi, j'ai dit en moi«-mô«e : L'ami Belford con»* natt mon cœur. A cet égard».att moins» je suis plus ingénu qu'aucune de IMλ evéttnresf et^seul comparaUe ici è cette divine ÛUe^

Chirto)e> <** Je ne m'inlormepas cemmeni AL Lovelaee apu découvrir ttaesn» Maie tnnt de mépriaaUee invenUene» tant deruses et de vtte dégofistment pour s^intiedwiie 4ans cette maison, tant demensonyas hardie et choqnans^M.

te eapitaJnoM— Un sM seoleBMnt en particulier*»*

ChoiM* «-* Peim aonlMibr dee droit» qo» n'ont encan fondenaent)^ Ahl aensioir y ahi eaiilsineTemlinaon»qued» misons i^aîiepae dedirt que cet homme est capable de toutes sortes de bassesseel

Leaiemmeg ont îHé iepjan» Vuw^ sus f antr^k^ d^lh «vr moi» fowr iQÎr

IN liMinWHI HAtMVB*

appaiemment conmisnt je soutiendrais Tattaque. Je t'aTooeni, Beiibit qae j'ai senti k ce moment, dans ma télé» on bonlefersement qui m'a lui enindre de derenir fou* Mon cenrean me semblait tout en feu ^ quen*an» nds-je pas donné, pour me trouver aur-lechamp seul avec elle! J*ai tni* versé la chambra, en tenant le poing serré sur mon front. Oh I que n'ai« je à présent quelqu'un, ai-je pensé en moi-mâme, que je puisse décUier et mettre en pièces.

Le capitaine. — Chère madame I Ne voyes-vous pas combien le paii« ne M. Lovelaoe... Bon Dieu! que j'ai trompé votre oncle, à ce comptel Qudle peinture ne lui ai-je pas fait de votre bonheur T Combien de fois lui ai-je répété que vous seriez heureux l'un et l'autre!

Clarisse. — Ah ! monsieur, tous ce savez pas combien d'offenses pré» méditées j'avais eues à pardonner la dernière fois que je vous ai vu, pour être capable de paraître, devant vous, telle que je souhaitais alors de pouvoir être à Tavenir. Mais à présent, vous pouvez dire à mon onde que je ne puis plus espérer sa médiation. Dites-lui que la feute dont je me suis rendue coupable, en donnant à M. Lovelace l'occasion de m'at^ lacher à mes vrais amis, à mes amis éprouvés, mes amis naturels, avee quelle rigueur qu'ils m'aient traitée, se présente sans cesse è moi avec d*autant plus de force pour m'effrayer, que mon sort semble toucher è sa crise, suivant la malédiction d'un père oflensé. Ici elle a versé un misseau de larmes, qui ont produit leur effet jusque sur mon honnête suppôt, et qui en ont fait pendant quelques momens un Belford. Les trois fenunes, accoutumées è pleurer sans douleur, comme à rire sans raison, pw la seule force de l'exemple, n'ont pu manquer de tirer leur mouchoir : ce qui devait au fond me surprendre d'autant moins, que, partagé moimême entre la surprise, la confusion et. l'attendrissement, je n'ai pasev peu de peine à résister. Qu'un cœur tendre est un mauvais présent du del! Quel moyen d'être heureux avec un cœur sensible? Cependant ta oses soutenir qu'un cœur dur est un cœur de tigre.

Le capitaine. — Quoi, madame? Je n'obtiendrai pas un moment d'entretien particulier? Je vous le demande par rapport à moi seuW

Les femmes ont voulu se retirer. Elle s'est obstinée è ne pas permettre qu'elles sortissent sans moi. Le capitaine m'a prié d'y consentir. Il me semble, ai-je pensé, que je puis me fier qudques momens k un coquin que j'ai si bien instruit. Elle ne le soupçonne de rien. Je ne lui laisserai que le temps dont elle a besoin pour jeter son premier feu. Cette réflexion m'a fait prendre le parti de sortir avec les femmes. En me retirant, d'un air soumis, j'ai dit à ma déesse une révérence qui m*a gagné tousies cœurs; à Texception de celui qu'il m'importait de toucher, car cette flHe hautaine n'a pas plié le genou pour me répondre.

La disposition de la porte m'a permis de me placer asm livontblement pour ne pas perdre un mot de sa conversation atec le capitune; mais j'ai pris soin qu'aucun antre que moi ne pût les entendre. Ils ont parlé tous deux assez haut : elle, par Is mouvement de sa oolère; lui, dans le dessein de m'obliger. Et pour diminuer l'admiration que poinrail te causer ma mémoire, je t'apprends que j'avais à la main mes tableHes et mon crayon. Si la belle furieuse s'en était défiée, peut-être m'auraitelle épargné quelques notes ; et peul-être aussi n'auiaii^elle fait qu'es grossir le nombre.

La capitaine s'est d'abocd exouaé par diveiss raieoiiSy d'avoir donné

cLàMmmuàaMÂmu >

defVBt les iMiraws une sorte de eonflnnalion an rapport de notre mariage. Bile n*ignofait pas, lai a-l41 dit, que, pour entrer dans les mes de son onde, il en aVut déjà séné le bmit ; et que cette noiiyeUe ayant été jusqu'à mitoid M ... et roilady Lawranee, il arait été obligé de la soutenir par un nouveau témoignage., Son frèie, étant résolu de la voir à toutes sortes de prix, pouvait découvrir sa retraite , et s'adreeser aux femmes de la maison, pour se faire expliquer la vérité de mes engagemens. Elle Toyait parfiûtement qu'il n'avait pu se dispenser de tenir ici le même langage. Son embarras n'avait pas été médiocre, parce qu'il n'aurait pas Toulu, pour tout For du monde, qu'on le crût capable de duplicité ou de mauvaise foi : et c'était le motif qui lui avait fait souhaiter si vivement une conversatioo partiadière aveo elle.

— Il était vrai, a-t-eUe répandu, qu'elle avait consenti à cet expédient, dans l'opinion qu'il Tenait de son oncle, et s'imaginant peu qu'il dût rengager dans un si grand nombre d'eneors. Cependant, elle aurait dû ne pas ignorer qu'une erreur en amène toujours d'autres à sa suite. M. Lovelace lui avait fait vérifier cette maxime, dans plus d'une occasion; et c'était une remarque du capitaine mémo, dans une des lettres qu'on lui avait fait lire hier.

— Il se flattait, a-t-il répliqué, qu'elle n'avait aucune défiance de lui, aucun doute de son honneur. Si je vous suis suspect, madame, si vous me croyex capable... quelle idée, Dieu tout-puissant, queUo idée vous auriez de moi!

— Non, monsieur. Dans une HNxasion de cette nature, il n'y a pas d'homme au monde que je puisse soupçonner. Vous ne m'êtes pas suspect. S*il était possible qu'il y eût un tel homme au monde, ce ne serait pas If. Tomlinson, le père de plusieurs enfsns , un homme d*âge, de sens et d'expérience.

Le coquin m'a confessé qu'en recevant cet injuste éloge il s'était senti comme percé jusqu'au fond du cœur, par un trait des yeux de ma déesse, et qu'il n'avait pu se défendre de trembler. Le remords d'une conscience faible, Belford, et rien de plus. J'ai fût plus d'une fois la môme expérience, dans quelques uns de mes entreliens avec cette pénétrante fille.

^^ Son oncle, a4-elle continué, n'était pas accoutumé à ces malheureux expédions; mais elle avait attribué sa conduite à la singularité de Toocasion, et à ses égards forcés pour l'honneur d'une nièce.

Cette explication a mis le capitaine à l'aise, et lui a rendu le courage. Elle lui a demandé, s'il croyait que roilady Lawrance et miss Montaigu panassent à lui rendre une visite. Il a prolesté qu'il n'en doutait pas. Bt M. Lovelaoe peut-il s'imaginer, a-i-elle repris, que je me laisse engager k confirmer devant ces dames, le bruit que vous avez répandu? Mon espérance, Belford, avait été de Vj engager en effet, sans quoi je ne lui aurais pas fait voir leurs lettres; cependant j'avais dit au capitaine que je croyais devoir abandonner ce point.

Il a répondu qu'il me croyait fort éloigné de cette pensée, et que mon dessein, comme il le serait de moi-même, était de leur déclarer en confidenOB le fond de la vérité. Ensuite, revenant sans affectation à monsienr Jules, il lui a dit que ce digne onde et ce cher ami avût di^à fait quelques'démarches pour une réeonotliation générale.

— Aussitôt, madame, qu'il sera informé de votre mariage réel, il se hôtera d^entrer en conférence avec votre père; car il n'a pas attendu jus-

T.IL te

«-*- El qu'a dit mi «èret gafa dit bw oMm liwit ■4"6l> tataiff<m|mr aT«G «ne Tire éoBolion; le ftogs levié^ i^iëlli aMBrte,.cBnaaefÉ«t abféger le chemin qne la répoase avaità fM» jwfv'à «lie.

«- Yetre mère, madame, s'est iiofé»dnr m lanaes; et reite eoetoy péHitré de sa iBpdresae» D'à fm oootinwr la diaoeon qu'il avait «aoK meooé; mabil se propoie de lerepseadredaMi lea iormea^ liiaqv,*il sam sûr de la célébfetion. Le son de sa )miK m'a Miiagar qo^eilepleamiié Celte chère penomie, ai* je dit en monmôme, «Msomenee è se<cafeQlir; mab i'at postèenvis à L'étoqwDce du marané. Je ne pouvais anppaaleB l'idée qu'aucun homme eût le pouyoic que je n'ama paa en* de penn^ der caOe âme hautaine, quoiqu'^o.ma ùnmwf et» €b que tu aana peine à emi», jf en ai resasBti ph» de peina» qne-aaa calanliawmcat ne am> ea»sait déplaisir» Tout m qu'elle dit^lout ca quUe Aut a des charmes^ Il y a delà beaulé dans sa colère, de la beauté- dans 8espieunk.Sileeaf^ talne était un jeune honmie, et s'il était un peu pbn aeteté par saaranf ou sa fortune, il n'aosaitpasété eu eûrelé oantranm jalonsie, et. je n'ai»rais pas jugé trop avantageusement d'elle-même.

— Ah ! monsieur, lui a-t-elAe dit, tous ne saies pas tout ee que )'ai soufiert des étranges procédés de M. Lof elace* C'est par une file tnèi^ son qu'il m'a fbtt tombes d'abord, entre ses mains : et. depuis» qu'il m'atenue dans son pouvoir... Elle s'est arrêtée un moment : et reprenant aumitôt r*— Àhl raenaieur, vous nu- aaaea pas quells conduite il a tenue ayeo moi, (pwiieest sa^duteté, asa împolilaMe f h la hcmle dei sa naii^ sanes, de son édncatianet deassiiumiènai

Ia première fenuie qui est jaBBaisiaiturilepUiAte de meî. C'est ma^ consolaLiou, ai-je pensé. Hais ce langage, tenu dans mon absence à l'ami de son oncte, comble une mesum diiàtiapiflMe^flMtaèaGliàraâme. Eccivona^ écrivons.

GlarisBeu •«« Merciedi denùer... ( EUea'èai eneosu arrêtéoi et j^ suppose qu'eUe a déloonié le visage. U me parait bien surpieBBDi qjs'eUêait. voulu toucher à ce qui loi paraît si tea-ei sîlMDtettx.f surtout Vivant un. hoosme, et tête-è-tèie avec lui. )

Le capitaine, —le me garderai bien, madame, de feus:demapderdea^ explications sur on snjet si délicat» Il sncennalt lajasieede votre eolèsai maia il proteste soteanellementqae l'offenae. n'était paa préauBditée.

Clans(Be.-»Bien n'est capable de le justifier, BMasieur Xomlinson* Jjsa gêna de la maison doivent être aussi sséposaMes fue lui* Je suîaoon^ vaincue qu'il y avait entre eus une lig^délfistiiie.» Mais éifligieus cattsr odieuse idée.

Le eapitatner ^^ Je n'ajoute qu'un mot» madaoM» Il m'assure qu'il vous «marqué remplie qufM a ans luiHttêoiieip paruan ami mission sans exeiLple, et que vous avez promis de lui fHre^giâea^

darisie.-*- Il nft m'aurait pas arBachàoflMepaoaMaae». s'il n'avait su q|rïâ ne la mentait pas,, et je ne l'ai iaite«qua psur ma gaaanlir du decnisr outrage*

La fRpitaine«^ — 'Tout ineoBCUsaUtt qu'itest^jasauhaitnniiit amdaoM,. ^ puisqu'il peut alléguer dn.moinseu sa haeur In eunflaoee quU a^aua dans votre piemase, que ponc sausar kn apQarsnea». aux jeux du mendo^ oi peur éviter, lea mathaucaqui panveui aarvrer sà vouaêisaab-

d0 iuu|iitt> s?8D loi f fou ¥0M teiflt 4d MWinni dNMB MT tt MMHMiMBOti «I ei4sit«it foCio §Wrtsilé Btlweilt à W p0Rla«MV«lll»«ildniMiiéi«BskMn. f

10 Hipintoc* ^ Voue pèie «I voira nère, nadame, 4épkiMil la iMste d'une fille que vore généirosité {MCI leur nndre* Ne la» «f^otes pesen dMde inrihevr funiB eut k ratomer, eafan ée pecdre, avec leur fitta^ m fllÉ^ eetayahiu détour canasB œ Mttfeeu eajeid'aiflieck» pac sa pMpra iMeneew Btte a para airfdiler. Elle m plaMé« BUe es4 ceafenae qu'elle sentait la force de cet argument.

te eapKaine*-*- fmntiKHDoi , nMNlaiM« de won fafa» reiiiarqiHr qaflliie^tteen«iU9esditteUe,8i?onire4gteàbaoteiBeBt^ d^eogager tttie oneie h m wwira aacrUaineulàLondrai pewrvooe domief jL Lof»* laee de » propre main. Je suppose cependant qne Cfe flklMWf^ilénfllé a^ poM été jô^à lui.

CMaae. •«- Mail qu'alf» tant è ledaolw de noB ftAra? JemeplaiBB de se» t^juMi; poiit 41 ae ptoindre des niemiesl la^lorenâ-ie la pnn teetiett d» K» ifl><tlaoe cotae moo IràraT Bk^ me praiëgata contre KLLovetaœet Leernelt riagM 1 d'iaenller um malheiirettae flUe qu'tt a privée luî-nidme de tonsaes piolecieuiaet de tonaees ainis I Non» non il ae «Test plus poesible de le imt du aiêaae OU. U n'aura plus rien à ddaêler avec moi. Qu'il me quiUa. Qnamon liera me découvre. Je n'ai pas le oœa» assea faUtfe pour craindra la vue d'un irère qui n'a pw ceaié de m'injorier.

irisaq^ioe» — Si votn Mre ne paraîaaaii que pour conférer avec vans I pour voua liire dra raprodicst peur éoiaiscir des difficultés, fen jugerais fotl diliévemmeai. Mais quel auocàs devec-vous attendra d^me eaiaevue ( M. Soknes présent ) dans laquelle votra irèra apprendra que vuaa rfétes pas matiée^ ai que vous éîas zésolue de ne jamais prendra M. Lovelace Y Encore &ut-il supposer que M* Lovelaoeno troublera pas valiia«oniireoQo, caqve vous ne saunes vous pramettre.

Ciariwab— > Car que ja puis dira ^ monsieur » ce que je vois de plus dauRf c'asl que ie suis tiès aaaikeurause. Je dois me soumettre aux dis* pesÉlianB de la ProvideDcay eiaupporter patiemment des maux que je ne paia-éviter ; mais j'ai pris mes mesures. M. Lovelace ne peut jamais faira mon bonheur, ni espérer de moi ie sien» Je n'attends ici qu'une lettre daayss Howa, qui achèvera de me déterminer*

Lacapitama. *- De vous déterminer k regard de M. Lovelace f

Clarisse* — Je suis déterminée par rapport à lui.

ka^ifilaiBe*— ^ce n'est pas en sa faveur, madame, j*ai fini mon ville. Bnvain cheroheraisie des taisons plus passantes que ceHes dont je de vaias entralenir. Il j aurait de l'indiscrétion à les répéter. S ne vaua sentes pas disposée à pardonner, il faut que Toffeasè ait été phra grave que M» Lovelace ne le reconnaît. Biais, dans cette suppositioa, madasao , ayfs la bonté de me dicter la réponse que je dois faira à valM emde. Vous aveseu celle de me dira que ce jour finirait ce que vm Mmmea vos peines. Je l«fs aurais crues dignes d'un meilleur nom, ai j'avais pu servir à réconcilier des personnes que j'iionore* Icif, mon cher BaMMy je aiia entré d'un air grave.

Lovelace. ^ Capitaine, je viens d'entendre une partie de vos éxplica* tlDOt avec celte adorable personne, dont l'unique défaut est d'avoir un ImplasibiB. JO'Suia pénétré de son obailnation. Non, je n'aurais pas

cru posslbld qu*af«c des vues aussi droites » aussi clairenèot aTonéesr^ ette m'eût acoordé si peu de port à son estime. Cependant je me dois quelque justice par rapport 2i l*oifense dont j'ai eu le malheur de me rendre coupable, lorsque je tous vois tant de penchant à la croire beaucoup plus grave que je ne vous l'ai déclaré.

Clarisse. — Monsieur , je n'écoute pas vos récapitulations* Je suis et je dois être seule juge des insultes qui me regardent peraonneUement* Je ne veux aucune discussion avec vousi et je ne vous écoute pas sur un sujet si choquant.

BUe s'est mise en mouvement pour sortir. Je me suis placé entre elle et la porte. ^ Vous pouvez m'entendre, madame; ma foute n'est pas d*une nature qui s'y oppose. Je m'accuserai moi-môme avec justice, mais sans blesser vos oreilles.

J'ai protesté alors que le feu de mercredi avait été réel. (H l'était en effet.) J'ai désavoué (avec un peu moins de bonne foi) que l'aventure fût préméditée. J'ai reconnu que je m'étais laissé emporter par la violence de ma passion, et par un transport soudain, que peu de jeunes gens dans la même situation eussent été capables de r^rimer : mais j'étais sorti, sur ses ordres, sur ses instances, sur la promesse du pardon, sans m'ôtre échappé à d'autres libertés, à d'autres indécences, que celles dont les personnes les plus déhcates, surprises dans une attitude si charmante» auraient fait moins un sujet d'offense que de badinage et de raillerie ; sur» tout lorsque ses alarmes pour le feu m'excitaient à la rassurer par toutes les expressions de la tendresse, et qu'étant ai proche de l'heureux jour, je pouvais me regarder comme un amant reconnu. Cette excuse, ai-je ajouté, jusiiflait aussi les femmes de la maison, qui, nous croyant actuellement mariés, pouvaient supposer leur intervention moins nécessaire dans une si tendre occasion. Sens-tu, Belford, la hardiesse de cette insînualion en faveur des femmes ?

Ses yeux se sont remplis de la plus haute indignation. Elle en a lancé,' contre moi, traits sur traits. Son âme s'est montrée tout entière dans chaque ligne de son visage. Cependant elle n'a pas dit un seul mot. Peutêtre a-t-elle cru trouver, dans cette apologie pour les femmes, l'explica*tion du parti auquel je m'étais attaché malgté elle, de nous faire passer pour mariés, en arrivant dans cette maison.

Le capitaine. — En vérité, monsieur, je ne puis approuver que vous * ayez augmenté l'effroi de madame, lorsque la crainte du feu l'avait déjJi trop alarmée.

Elle a voulu forcer ici le passage pour sortir. Je me suis mis le des contre la porte, et je Tai conjurée de m'aocorder un moment.

Lôvelace. — Ce n'est pas mon intérêt seul, très chère Clarisse, qui me' fait souhaiter que le capitaine Tomlinson ne me croie pas plus coupable.^ Je n'ajouterai pas un mot sur ce malheureux sujet, lorsque j'en aurai appelé è voire propre cœur, lorsque je vous aurai demandé si cette explication n'était pas nécessaire devant le capitaine. Il aurait emporté de moi une trop mauvaise opinion, s'il n'avait jugé de ma faute que par la vio- lence de votre ressentiment.

Le capitaine. — Oui, j*en conviens, et je suis très satislaii, monsieur Lôvelace, que vous en puissiez dire tant pour votre défense.

Clarisse.— Admirable jugement, que celui d'une cause où l'ollèoseur est assis entre les juges! Je ne soumets pas la mienne à la déci8ioD<deB *

CIUBI88B BABLOVS. 3(Nf

bommes» pas mdmeà la yOtre, monsieur Tomiinson.Vous me permettres de le dire, quoique je reuille conserrer la bonne opinion que j'ai de tous t si M. Loyekice ne s'était pas cru sûr de vous avoir fait entrer dans ses intérêts, il ne vous aurait point engagé à faire le Toyage de Hamstead.

Le capitaine. — Si je me suis laissé engager à quelque chose, madame; je le dis hardiment devant M- Lovelace, c'est pour l'intérêt de votre onde et pour le vôtre, beaucoup plus que pour le sien. Je Tai blâmé dans lé premier moment, et je le blâme encore d'avoir ajouté chagrin sur chagrin, terreur sur terreur... dans le temps, monsieur (me regardant d'un obU fier) , que madame était prête à s'évanouir devant vous.

Lovelace.— Je ne disconviens pas, capitaine, qu'il n'y ait beaucoup de fautes, beaucoup de légèretés à me reprocher ; et que si cette chère personne m'a jamais honoré de quelque affection, je ne sois même un ingrat; mais je n*ai que trop de raison d'en douter. N'ai- je pas une preuve actuelle que jamais elle n*a eu pour moi Testime dont ma fierté me rendait jaloux, dans la facilité avec laquelle je la vois renoncer à moi pour une offense légère, renoncer è Fespérance d'une réconciliation dont son onde se ùiit le médiateur, et risquer les plus funestes suites ? Dans quelles circonstances encore I à la vue du terme ; lorsque les articles sont dressés et prêts à signer ; lorsque je sollicite une médiation, que nulle autre considération que la sienne n*a pu me faire désirer. Par ma foi, capitaine^ cette chère personne ne doit avoir eu que de la haine pour moi, pendant le temps même qu'elle a voulu m'honorcr de sa main : et je m'imagine qu'à présent, qu'elle est résolue de m'abandonner, c'est avec une préférence décidée dans son cœur pour le plus odieux de tous les hommes, pour ce Solmes, qui doit, dites-vous, accompagner son frère I et dans quelles espérances, dans quelles vues l'accompagner? Gel! comment suis-je capable de soutenir cette idée ?

Clarisse. ^ Vous jugeriez mieux do l'estime que j'ai eue pour vous, si TOUS vouliez vous souvenir que vous ne l'avez jamais méritée... Elle a fait id quelques pas vers la fenêtre, et retournant vers nous : Monsieur Tomlinson, a-t-elle dit au capitaine, je veux bien vous avouerqu'en donnant ma main, je n'étais pas capable de me borner à ce don. Ne l'ai-je pas assez prouvé aux meilleurs de tous les parons ? et n'est-ce pas ce qui m'a jetée dans un abtme, dont l'homme que vous voyez n'a fait qu'augmenter la profondeur, lorsque l'honneur et la reconnaissance l'obligeaient également de me soutenir dans ma chute. Je n'ai pas même été sansindination pour lui ; ma peine n'est pas à l'avouer. J'ai supporté longtemps les variétés inexplicables de sa conduite. J'attribuais ses erreurSf soit à la légèreté de son âge„ soit au défaut de cette pure et généreuse délicatesse, qui intéresse le cœur aux disgrâces d'autrui. Aujourd'hui, ce ne peut être qu'une véritable méchanceté, qui lui fait soutenir que sa dernière et cruelle insulte n'a pas été préméditée. Mais quel besoin d'en parler davantage, puisqu'elle est d'une nature qui a tout à fait changé OBtIe inclination que j'avais en sa faveur, et qu'elle m'a fait renoneer à toutes mes espérances pour me délivrer absolument de son pouvoir?

Lovelace. — 0 ma iiks chère Glwisse ! que nous serions heureux Pim et l'autre, si j'avais pu découvrir cette inclination, comme vous dafgnëi l'appeler, au travers d'une froideur dont jamais amant n'a fait une si eruelie expérience.

Clarisse. -— Comptez, capitaine, qu'il âTsit su la déeourrir, n a su me

^0 dLAUflSB barlovb;

Witaim pbi9 4'im Sois h lui en faite l'ayeu ; «ssez inutilen^nf ^ ffi jpoU k dÎEfi>p»ice que jsa vanité lui apprenait seule è u'en pas douter» e( fvw < que inon seul motif, dans k lenteur que j'apporiais à m'explîquer, 4(ijl| i jyi jÙAtei^rainte de ne pas lui trourer un retour de générosité. En un mot, jcfpy^^'Pft Tomiinson, je n'aurais eu que du mépris pour moi-même» ai jfi ig'étttîsirQorie capable de tyrannie ou d'attectation pour Thomme doni }f»Jl«» proposa de bire mon mari. J*ai toujours blâmé la plus chère ao^ |p9 y 9k Mi monde» pour iine faute de cette nature. En un mot»*.

Lovelaoe. — Quoil mon ange aurait eu pour moi ce favorable pei^ ffmAt Td^ chère Clarisse» faites grâce à mes remords! Bend^-od 3çixQ estime. Uon crime n'est pas au delà de toute rémission. Je voii9 lî irracb^ dites- vous» la promesse du pardon : mais cette promesse» jo m'en aurais pas fait le condition de mon obéissancOt ai je n'avais eu l'eefiiffaad d'être pardonné. Laissai reparaître è mes yeux, je vous en con-^ jlDoe» cette agréable perspective qui eommençait si heureusement i s^oi^ iUCÎr devant nous* J'irai à la ville. J'en apporterai les permissions. Tow tea obstacles sont surmontés. M.Tomlinsonnous servira de témoin, Haont gféamii k )a çiérémoniey au nom de votre onde. Quedis-je? il m'a fait esh ^pirer que votre oncle même...

JU» capitaÏDe. «— Je le répète, moBsieur ; et je ne vous dissimulerai pas )b9 iondemènt de cette espérance. J'ai pi'opofié h mon cher ami (votr^ jfm^ BMidame) de publier qu'il pensait à iaire «n petit voyage^ avflo jWNi» dao» la terre qui me reste pr& de Northampton. Ce cher M. Jidea! tt )[ a loog-lemps qu'il ne s'est pas écarté de chez lui. Sa santé déclina ^IWbloUKnt. On pourrait répandre qne le changement d'air esi utile à api aanié. Hm je m'aperçois, madame, que je touche un sujet trop teadre. La chère Clarisse a pleuré. Elle a cru comprendre, suivant l'intention Ai ^çapilaine, àqueUe occasion la santé de son onde allait en décadence» , Ul capitaine.-^ Noua pourrions fort bien, lui ai-je dit, feindre de parttf .|iour Nerihampton, mais prendre tout d'un coup vers Londres. U ponfrjffi^ ym de ses propres yeux la célébration, être tout à )a fois le |MNe 4|U*0D désire et l'oncle qu'on aime, lia charmante s*est tournée pour a^e»» iWyer te yeu<.

. 1^ capitaine. ^ Au fond» comme H. Julea n*a paa rejeté ce projet» je ^ VXÛ3 k présent que deux objections : l'une est vx>tre fâcheuse mé^ leUigeoeei dont je seiw a^ désespoir qu'il f&t instruit, jparce qu*eila nwjrrait le faire entrer dans les injustes soupçons de M. James Barlavn t fantrn» que œ serait encore une occasion de délai pour la céisémonie» du'il me semble qu'on pourrait terminer dans un jour ou deuxt sî«*^ U.M UiX ici une profonde révérence à ma déesse. Charmant personnifplî iHais combien de lois n'ai-]e pas mandit mon étpiie^ q/û me fait avoir twt 4'<rt)Iigati0Q à son adresse*

. BUe allait parler. Son air ne m'apas pin, quoique aa djguenr ni joa Indignation parussent un peu diminuées^ Je rai préTenue^ maiailjw!^ a oaûlé cher ; -*- Voici Tes^pédient qui me vieni, ai-je diW

•Cbriase.^ Gantez vos cypédiens» mouaiaur» Ji'abbom YQ» (dipWpena

4ti vœ iuTentions. Je ne les connais que tiw^

^ ^v#ipei.«--Vaye«» capitaine^ vqyezmonsieorTomlinsanl II nniianpe

rien à la confiance avec laquelle nous nous ouvrons devant vousu 1Eqi|S

. HHf fenaifz fuèr^, j'ose le d^qiMnouaaiMaions vécu jtfaqueai^jnuntfhni «

f avec si neu d'intelligence ; mais votre amitié saura couvrir tout d'un |

oJaaasE bavlove. Ml

fôile. Nous poirrom encore être heureux. Âhî si j'arais pu mallafter

S ce dier <»bjei do mes transporfs eût pour moi la centième partie 'de lour que )*ai pour elle T "Nos défiances ont été mutuenes. Cette iMvine personne pousse la déUcat^seèTexeès. Peut-être en ai-je manqcré. M là toutes nos peines; mais» cher capîtdne, Je trouve dans mon cœov Fespécance d'obtenir son amour, parce que j'y troure bi fésiflution de le mériter.

Qansse. — la mienne est de suivre mes mesures.

te capitaine. — Quoi! madame, rien ne peut dhangerT...

Cladsse. -~ Non, monsieur.

Le capitaine.— Que vais-jedire hM. Jules Harlovel Malheureux ondB t Quelle surprise pour lui I Bt se tournant vers moi : Vous rojez^ m<m-^ sieur Lovelace; mais c'est à vous-même que vous en avez l'obligation. 11» raison, sur ma foi, ai-je pensé. Tai traversé la chambre, en mordant snccesiivement de dépit mes deux lèvres, qui avaient perdu le pouvoir depersuader. Le capitaine a fait une révérence à la belle; et s'ovançant vem la fenêtre, où étaient son fouet et son chapeau, il les a pris. 11 a ouvert la porte.

— Mon enfant, a-t-S dit h qudqu*nn qui ^est présenté, ordonnez, je TOUS prie, à mon laquais d'amener mon cheval à la porte.

lovelace.— Vous ne partirez pas, monsieur, respère de rotre bonté que vous ne partirez pas. Je suis le plus malheureux de tous les hommes!- Demeurez, degrâee*.. Cependant, héIasl...Mais demeurez, monsieur. On .peut espérer encore que mîtady Lawranoe fera plus d'impression.

Le capitaine. — Cher monsieur Lovelace! eh! ne devais-je pas espérer que mon digne amf, un oncle affectionné, en ferait un peu plus sur «a nièœf Mais faidon. Une lettre me trouvera toujours disix)sé à servir madame, autant par considération pour dl^même que pour mon cher

Elle s'était jetée dans un fauteuil, oii, les yeux baissés, et comme immobile, elle paraissait méditer profondément. Le capitaine lui a fait une seconde révérence. Elle n'y a pas répondu. — Monsieur, nfa-t-il dit avee aa air d*égvilité et d'indépendance, je suis votre serviteur ; la chère ineao^ fUeabiê a continué de demeurer sans mouvement. Je n*ai jamais tu d'image d'une ai profonde rêverie, sur le visage néanmoins d'une pèraoDBe éveillée. Il a passé devani elle, avec une nouvelle révérence. Elle ne s'est pas remuée. — Je neveux pas troubler madame dans ses méditations» m'a-t-il dit d'une voix plus haute. Adieu, monsieur. Vous ne me fooduirez pas plus loin, je vous en supplie. Elle a paru se révetKer, en soupirant : — Partez-vous, monsieur t

Lo capitaine. — Oui, madame. Taurans fait mon bonheur dé pouvoir vons être utile; mais je vois que cette entreprise surpasse mes forées. Elle s'est levée, avec un air inimitable de dignité et de douceur.— Jetnûs fâdiée de vous voir partir, monsieur, mais je ne puis vous arrêter. Tous me voyez sans un seul ami de qui je puisse prendre conseil. M. Lovelace a l'art, ou le bonheur, 08 s^m faire «r grand nombre. Si vous partez, monsieur, je ne vou»iiK<te peint.

Le capitaine* — Je pars à la vérité, madame; mais si je pouv^s vous pieire", enr suspendant mtta départ... Eh bien^ nosÉeiUv eo se temmant vers mm', quel étaiUJHme volr»earpéiientt ^iit-étre,>m«dane,«^il fvelfueclnm.. flira gouahPfti saM^faJwawimwsréiipaQ. 'IHs^p—o» aè-je

312 GUmSSE BABLOVB.

dit en moi-même^ garde tes .droits dans mon cœur! si l'amour te chasse encore une fois, tu n'y rentreras jamais.

Lovelace. — Voici ce que j*ai pensé, ce que j'aurais voulu proposer (et j'ai poussé moi-môme un soupir ) ; que si cette chère personne me refitoe le pardon qu'elle m'a promis, elle edt du moins la bonté de suspendre ses ressenlimens jusqu'à l'arrivée de milady Lawrance; que celte dame se rendît notre médiatrice ; que la chère personne se mît sous sa protection et se retirât avec elle dans son château d'Oxfordshire. Une des vues qui amènent ma tante, est de proposer à madame de faire ce petit voyage' avec elle. On peut laisser tout le monde, excepté milady Lawrance, vous, capitaine, et votre ami Jules, comme il le désire, dans l'opinion que nous flommes mariés. Lorsque ma chère Clarisse se trouvera dans le sein de ma famille, il n'en pourra rester le moindre doute à son frère ; et notre mariage étant bientôt célébré secrètement, votre rapport, capitaine, deviendra une heureuse vérité.

Le capitaine. — Sur mon honneur, madame ( en portant la main sur sa poitrine ) , l'expédient me charme. Il répond h toutes les difficultés. Bile est retombée dans ses méditations. Son embarras m'a paru extrême. Enfin, levant les yeux au ciel, comme pour implorer ses lumières : — Je ne sais ce que je dois faire, a-t-elle dit... une jeune flUe san? amis... De qui puis- je attendre des conseils? Je souhaiterais d» me retirer an moment, si j'en ai la liberté. Elle est sortie d'un pas tremblant , et nous l'avons entendue monter à sa chambre.

— Au nom de Dieu I m'a dit aussitôt le coquin de Tomlinson, les mains levées dans un transport d'admiration et de pitié, prenez compassion de cette admirable fille. Je ne puis p lus soutenir plus iong-ten:ps mon rôle. Elle mérite les adorations de toute la terre.

— Parle bas, ai-je répondu. Le diable t'emporte! N'entends-tu pas les femmes qui reviennent ?

En effet, elles sont rentrées toutes trois, la curieuse Rawlings k leur tôte. Je leur ai dit que ma femme avait demandé quelques momens pour ses réflexions; que nous étions remplis d'espérance ; et jeteur ai représenté une partie delà scène, avec des couleurs qui leur ont fait trouver dans le caractère de cette jeune dame un excès de dureté et de délicatesse. Lia veuve Devis a témoigné particulièrement, par ses gestes et par quelques mots lâchés au hasard, qu*elle lui croyait un grand fond de bizarrerie et d'affeptalion : et j'ai observé, dans ses regards, que ses idées de censure se changeaient quelquefois en compassion pour moi. L'indulgence, a-t-elle dit, était louable. L'amour l'était aussi ; mais trop était trop. Miss Rawlings, après avoir reproché, d'un air prude à madame Bevis de parler toujours un peu trop librement, a dit qu'après tout il y avait dans notre histoire des obscurités qu'elle ne pouvait pénétrer ; et là-dessus elle est allée s'asseoir dans un coin de la chambre, comme fâchée d'avoir la vue si courte.

LETTRE CCXLI*

Ma charmante se faisant attendre un peu long-tempst je me suis figuré qu'elle souhaitait d'ôtre invitée à revenir ; et j'ai prié la veuve Bevis, au nom dn capitaine, qiie sas afiiûiea lappeUaient à Londres, de lui aller

OLAlim HAILOVB. . MS

demander cette faveor de la part de M. Temlioson et de la mienne, le n'ai'pas Tonla diarger de cette commission miss Rawlings ni madame Moore, de peur qu'elle ne se trouvât dans une disposition trop commu- BîcatiTe» surtout ayec une fille aussi curieuse que miss Rawlings. Ma« dame Berîs est rerenue nous dire aussitôt, en me faisant un signe par- > licutier de Fœil, que madame allait descendre. Miss RawUngs n'a pu se dispenser d'offrir, comme les autres • de se retirer; mais on lisait dans ses yeux qu'elle serait demeurée beaucoup plus Tolontiers ; et voyant qu'on faisait peu d'atteotion à ses désirs, elle s'est retirée d'un pas plus lent que les deux autres. A peine était-elle sortie, que ma charmante est entrée par l'autre porte, avec une dignité mélancolique dans sa marche et dans son air.

Elle s'est assise, en priant M. Tomliosonde s'asseoir aussi.

Il s'est placé yis-à^Tis d'elle. Je me suis tenu debout, derrière le fàu^ teuil de la belle, pour être en état de faire au capitaine les signes dont nous étions convenus. Un clignement de Tœil gauche devait signifier : Penâie eepoini, capitaine. L'œil droit , avec une inclination de tôte, defait marquer mon approbation. Le doigt ]e?é , en mordant ma lèvre, était pour dire : Éhijfne cette question. La tôte baissée directement, en ridant le front : Jure ici, coptlat ne . Mamain toute ouverte : Prends garde d^en dire trop sur ce point. Et tous ces monvemens, je les pouvais faire, môme ceux de la main, quand les femmes auraient été dans la chambre, sans lever les bras et sans remuer le poignet. Les paupières ser* lées, avec un mouvement d'affirmation, étaient pour lui ordonner de se nsettre en colère.

Ma bdle a toussé. J'allais parler, pour lui épargner un peu de confusion. Mais la présence d'esprit ne lui manque jamais torsqu'elle en a besoin pour l'intérêt de son honneur, ou pour le soutien de cette dignité qui ladistingue.de toutes les femmes que j'ai connues dans ma vie.

Clarisse.— J'ai considéré, avec toute l'attention dont je suis ciqmble, ce qui s'est passé aujourd'hui dans ce lieu, et les malheureuses circonstances de ma situation. Je ne suis pas portée à la défiance^ monsieur Tomlinson ; je ne juge mal de personne : au contraire , j'ai toujours pris plaisir à tirer des conclusions plus favorales que désavantageuses, quoique trompée souvent par de mauvais cœurs. La malignité n'est pas un de mes défauts ; mais dans l'état oii je suis, traitée comme j'ai le malheur de l'être, indignement traitée par un honune rempli d'inventions, et qui en lait c^ire...

Lovelace. — Ha très chère vie... Mais je ne veux pas vous interlompre.

Clarisse. » Dans cet état , il me convient de douter. Mon honneur m'obhge de douter, de craindre, de ne fermer les yeux sur aucun sujet d^arme. Votre intervention, monsieur, est si favorable, arrive si à propos pour M. Lovelace; l'expédient de mon oncle, qui est sans doute le premier de cette nature qu*un homme si droit et si simple ait jamais employé, votre, rapport, ses suites, l'alarme que mon frère en a conçue; le téoiéraire dessein qu'elle luia fait former ; Tinquiétude de milady Lawranoe et de toute sa famille ; les lettres que M. Lovelace a reçues à cette occasion, et qu'il a pris soin de me montrer avec la vôtre; l'air de cérémonie entre des personnes qui sont nées , à la vérité , pour en observer

tonstaiice»tne ptitiiasmi raagBMMéte wirtfr'et ynifoi wêêsm fimwH i 'jMeni6Di pour ' l'occssioR. • • 1

Lovehce. — ITous oferTB, «aiwBC, iioslAlettreds ma tante, qof^ TBQt 00 iJGsponser des cérésiofiiesy par i9 flonl MoCtf ùo Is ooisidiMÉîoii qaTéHe a pcar tous. Miss Cfterlelte hU tonitae éàdanlfM. Bon Vica I est-il po^ibfe, q«6 toos mtnpréfies si mal hê maïques du impcd fue nés prodiessimîeDt Tonhi tobs donner; fvoiqee oases poivUttsu, î»IV lone, dans tout antre eas , ilv ont été eharaiés d'avoir roccHioD dotons taire une poBtesse k mes dépens. Chaem» dans «m faoritte, praid fMsir & rire un peu sur mon conque. Hais knr joief ni lof ramier Imâidenatro mariage..*

Clarisse. — Pn£»*}e douter, BMHisKnr, qne r§m n^tjei toujour» qael*

Îae réponse piète, pour justifier tontes vos idées t leparteas capitaine bmlinson, moitfienr, vtms mefenerphlsk daTonvretiiery on, du m^ns, de ne pas* yoqs tenir derrrere ma diaîse*

Comme die regardait le capitaine , en m^atressant ces dorate» mots» je n^ pas douté qn^eHe n^edHeurpr» se» yeux, tantefulfopraaaiflBl le- £on des miens, fî d'à paru déconcerté. IXspvis Ai on, it ue Ivî étaM pas BMnté tantde rongeur au risagn. Flaimorin mes lèrre» dedéplCeiTai fait un tour dans la dtambre^ mais Je n^ai pas laissédn mprendi» mon poste; et Isâant signe des yeux a» capitaine 4*ai60Prer «a peu nnauz fiss siens, j^aî serré ensuite mes paupières, aTse le 'iiMMi>tmmt coufuuu» comme si Je M araisffit tBe-ttKttmiH, dufuaagnUawwf, tapUâêmê»

Le capitaine. <— Je ne m'imagine pas , madame^ que tvua me creyies c^paMe...

Clarisse. •* We tonsofflsnser pas , capitnne, je funa ai dM que f& ne suis pas dTte caiactèiu sot^icouncux. Paideuues ma ^neérité. H li^ a paa Ansle monde, fose le dire, un ceenr phiasiDoèM que le minii. Elle a tiré son mouchoir, et Ta porté à ses yeux. J'étais prêt» à son exenplPy è Tenter numnlteté de Broncceur ;tnai5run mou^ewentdeconacieace m'a %rméles lèpres ; locoqutn de f omlînsen m*a Tegaidé#on tîaage aftondri comme ^îl m^eût demandé te permission depleuier avec elle. Je crois qu'il if aurait pas «al fnt de (Aeurer ; cette marque d^n ceriir senible aurait été dfùn grand secours dans roccaaion. Cependant je flavouirai très sérieusement que Tfngt fois , dans cette fiitigante conrersatien, je me suis dit b moi-même, que si fàrais pn piéteîr qiM dftt tÊt&à eaAter tant de pdne, et qae fe dusse me rendre ai coupable, fknmis pria le parti d&rhonnêtolé dans l'origine. —Mais pourquoi, mosuis-je denianêé awssi» cette clière personne est-elle si dmrmante, et tout à lartois ei ffiMdle à Taincret

l^ capitaine. <■* Si tous* doutez de mon lionueur, luadiime, ayez..» ayez te bonté... l'inflime flatteur f fl dètaftpardltre furieux. fuM aurais ftil absolument le signe de la colère. H dorait ae'Ierer,maicheriinBquement yers la fenêtre, reprendre son fonet et sonélMipeav.

Clarisse. — fifes seules obserratîons sont celtes que mevige, mmdëlliut d'expérience et ma fidwnse situatten me euggèrent. J'afone^que ^sieuR dreuustauoea^ dont rons ne 'pontezaroir été informé que par mon. oncb, doivent tous mettre ft^conrert de tous mes soupçons. Sais flwmme qui est derant Tousteraft soupçonner un ange, qui se clMsger^it de sa dSfimse.

XUXMB HUftOTS. 315

le cspHato a dft ^oéfcpies mots en ma farevtt : doucement néanmoins» I en homme qni n^e^ pas tout \ failjsftr de paraître innocent lui-même. ' 0 a repris, a?ec do nouveaux iowrs , quelques luies des raisons sur lesquelles nous avions déJSl insisté Tun et fautre, et baissant le ton , avec un dff de pitié : — Vous ne le vojez pas » madame , mais je suis touché do Bà doideur. Kilgré toutes ses fautes , on découvre aisément sur son mage l*eflet de vos repioches et le pouvoir que vous avez sur lui,

Clarisse* — Je ne veux chagriner personne • f9» même celui qui m*a causé de si mortels chagrin* Mais soyez sAr» capitaine » que M. Lovelace n'a pas rempli avec moi les devoirs d*un homme généiœux et reconnaissant, n n'a jamais connu» ai-ie dit hier » le prx( du cœur qui) a cruelfemiU insultée

Abî BeIford,BeUord I conmient se ftit-il qu'il y ait des momens où mon propre cœur se déclare contre moi I Ce tratire de TomCnson avait deviné vop juste» en croyant iaîre une fausse peinture de mon attendrissement» le me suis senti porté tout d'un coup à hii demander pardon. Je lui ai promis que Tétude de toute ma vie serait de le mériter. Mes fautes» loi awie dit» de quelque nature qu'elles fussent » n'avaient eu de réalité «pie diaoa ses craintes. Je Tai suppliée de consentir à Teipédient que j'avais proposé. Le capitaine a secondé mes efforts^ et nous les avons renouvelés «osemUei pour l'intérêt des ien lamiUes, pour éviter k l'aven» toutes aortes de désastres»

BUe a plearé ; ellaadiancelé dans ses résolutions ; èUa a détournéia , 4tteu J'ai parlé de la lettre de Milord M*.. ; j(»rai priée d'abandonner tous Mm différends à la médiation de mllady Lurrance, s'il lui était impossi Ve de me pardonner avant que de l'arvoir vue. Elle s'est uwmée vers .moL Elle allait parler ; mais son cosur était plein. Elle a détourné encore wa foiia le visage; ^le laoiBt ^demi veas meivsou mouchoir aux yeux: '-*- Bt «regrez^vous véBtahlemant, n^a-t-elledil» que votre tante ei votre .oanrine daifant venir I Cnoy^Mraiia... Ette s'est encore anétée.

J^airépoflda dans les teimaa les pliia solennels,

BUe a ditaocaé aniièianMiil la râageu BUe a paru aséditer qudques nsmaas. lisit^ BeUbrd (qu'il eal dittcila aux Harleve de pardonner t ) se tournant encore vers moi» et prenant le ien de la colère; —Que nùlady on noB^ m!a4-eMa dit» ja ne puis souhaiter de la voir^ et si son esfcide phuder pour vous^ ja ne puis seubaîter derenteadre. Plus fy/pene^ jMips» ja ma aeaa dispeaée à pasdamer une ivsulte méditée pour ma ruine. (En auppesaot qu'elle 4ût rsiaon» Belferd, l'eapreanen esàaam iwta^> Par «à^ «sa aonduiie aiaîA-eUe mérité des outrages de iaaMia«tae.1U pardeaseiailuBeiiiliIesca* Je suis avilie i^ mes propres 'fun. Gearaieot reoafraia^ «aa visîla qfà m'hiiaûharait encore plus f Le capitaine l'a pressée avec plus de chaleur que jamais. Kous avons -puas^ ks instanasB juaqpi'aiiK cnat pour damandar grâce et miiéri* corde. ( N'aa-tu jaaaîa aatandi* da boanas âaaaa qui parlent d'emporter le aiil A'aaiaiitt ) iea «ataa 4e êf^fiMUm ont été répétés». Ja réfiàrmation Maia <manftnaMBt fseniae» L'hauiaiva «védiant^ irfpréseaté avec upe aaaivdtoleraa*.

Clarisse.— Mes mesures sont prises. Je suis trop avancée pour reculer.

aia»teia> est prépacéa k riafartaie. H là'aLpa ménté ks maua qui

.«taééeiit i ^mi ma aaneeiaOaiH J'ai »ap»ié mes intentions à miss

Howe. Mon cœur est révolté contre vous» monsieur Lovelace. Je ne vous

316 GLAIUSK BOKLOTI.

aurais pas écrit dans les termes de ma demitoe lettre, si je n'arais pas été résolue de renoncer à tous» quelque sort qui puisse m'attendre. J'ai repris ici toutes mes espérances. Malgré la dureté de ses expressions, j*ai vu qu'elle craignait l'impression qui pouvait me rester de sa lettre, fil effet , cette lettre est la violence même. Apprends , Belford , par cet exemple, qu'on ne doit jamais rien écrire de sérieux dans sa colère.

Lovelace. «- La rigueur que tous m'avez marquée, madame, et de ])ouche et par écrit, ne sera jamais rappelée que pour vous en faire honneur. Dans le jour où vous avez pris les choses, elle était juste, et l'effet d'un vertueux ressentiment. J'adore jusqu'aux tourmens que vous m'avez causés. Elle est demeurée sans répondre. Elle était assez occupée de l'exercice que ses yeux donnaient à son mouchoir.

Lovelace.— Vous vous plaignez quelquefois de n'avoir pas une amie de votre sexe }i consulter. J'avoue que miss Rawlings n'est pas une flUe è qui vous puissiez prendre confiance. Je juge bien de ses intentions; mais elle est d'une curiosité extrême, et j'ai remarqué, toute ma vie, qu'il y a peu de fond à faire sur une personne qui cherche si fort à pénétrer dans les secrets d'autrui. (Es-tu content de mon adresse, Belfordt Je n'aurais pas aimé, comme tu crois, ses appels à miss Rawlings. ) Les personnes de ce caractère, ai-je ajouté, sont gouvernées par leur orgneU, qui n'est satisfait qu'après avoir communiqué un secret à roreille, jusqu'à ce qu'il devienne pubûc, pour se faire honneur de leur importance ou de leur pénétration. Mais tous pouvez vous fier aux dames de ma famille. Toute leur ambition est de vous en Toir au nombre. Continuez seulement, pour seconder l'expédient de votre oncle et pour éloigner toutes sortes de désastres, à passer quelque temps pour mariée. Milad^ Lawrance saura la vérité nue. Vous pourrez l'accompagner dans sa terre, comme elle se flatte de vous y trouver disposée; et, s'il le faut, regardez-moi comme un homme qui a besoin â*étre éprouvé, que vous rejetterez ou que vous daignerez receroir, comme vous m'en reconnattrez digne. Le capitaine a porté encore une fois la main à sa poitrine, en déclarant, sur son honneur, que dans le cas de sa propre fille, et supposé qu'elle ne se déterminât pas immédiatement pour le mariagie, ce qui lui paraîtrait encore à préférer, il aurait un véritable chagrin qu'elle lefosAt une proposition de cette nature.

Clarisse.— Si j'étais dans la famille de M. Lovelace, avec le nom de sa femme aux yeux du public, je ne serais plus libre dans mon choix; et quelle chimère que cet état d'épreuve ! Ah ! monsieur Tomlinson, vous êtes trop de ses amis, pour pénétrer toutes ses vues...

Le capitaine.— De ses amis, madame, comme je vous l'ai déjà dit; pour votre propre intérêt, pour celui de votre oncle et pour celui d'une réconciliation générale, qui doit commencer entre vous par une meiltooie intelligence.

Lovelace.— Promettez seulement, mon dier amour, d'attendre Tarrivée et la visite de ma tante. Elle sera notre ariintre.

Le capitaine.— Cette proposition est très innocente. Il ne peut en arrl ver aucun mal. Si l'offense de M. Lovelace est d'une nature qui paraisae indigne de grflce au jugement d'une dame de ce caractère ; alors, pav moi...

Clarisse, l'interrompant, et s'adressent k moi : — Si vous ne m'i gez pas dans ma chambre, monsieur, je suis aussi libre que je ~

CLAM88B HÀBLOYB. 317

mon dessein est de m'arrêter dans cette honnête maison, jusqu'à rarrivée d'une lettre que j'attends de miss Howe. Elle ne saurait tarder plus d'un jour ou deux. Dans cet intervalle, si les dames arrivent, et si leur dessein est de voir la personne que vous avez rendue malheureuse, je saurai si je puis recevoir leur visite. Elle a tourné sur-le-champ vers la porte ; et, sortant sans ajouter un seul mot, elle est remontée à son appartement.

-— Âh! monsieur, m'a dit le capitaine, aussitôt qu'il s'est vu seul avec moi, quel ange que cette femme 1 J'ai été et je suis un fort méchant homme , mais s'il arrivait quelque mal, par ma faute, h cette admirable personne, je me le reprocherais plus que toutes les mauvaises actions de ma vie jointes ensemble.

— Quelque mal, infâme que tu es! Et quel mal peut-il arriver? Sommes-nous obligés de régler nos idées par les* principes romanesques d*une ûile, qui regarde comme le plus grand de tous les maux celui qui nous paraît le plus léger t Ne t*ai-je pas fait le récit de toute notre histoire? N'a-t-elle pas riolé sa promesse? Ne l'ai-je pas généreusement ^^gnée, lorsqu'elle était en mon pouvoir? Jamais amant, dans les mêmes circonstances, n'a marqué plus d'empire sur sa passion ; et tu vois néanmoins quelles sont mes récompenses.

Ici, Belford, ce misérable a voulu jouer ion pauvre rôle, et n'a pas été plus heureux que toi. Ses argumens n'ont servi qu'à me conûrmer dans les résolutions qu'il voulait combattre. S'il m'avait laissé à moi-môme, à la tendresse naturelle de mon caractère, ému comme je Tétais lorsque la belle s*est retirée ; s'il s'était assis, continuant ses odieuses grimaces, et qu'il eût pris le parti de se taire, il est très possible que j'eusse pris, visà-vis de lui, la chaise qu'elle venait de quitter, et que j'eusse passé une demi-heure entière à pleurer devant lui. Mais entreprendre de convaincre un homme qui sait dans son coeur qu'il a tort I II devait juger que c'était me mettre dans la nécessité de chercher ce que je pouvais dire en ma faveur; et lorsque b componction passe du cœur aux lèvres, il faut qu'elle s'évapore en paroles. Je me doute qu*à sa place tu m'aurais fait le môme sermon. Ainsi ce que je lui ai répondu peut sufûre pour toi, et doit t^épargner la peine de m'écrire, ou à moi celle de lire un tas de nouvelles impertinences.

Le capitaine.— Vous m'aviez dit, monsieur que votre unique vue était de mettre sa vertu à l'épreuve, et que vous étiez persuadé que votre mariage n-était pas éloigné.

Lovelace.— Je l'épouserai assurément; il en faudra venir là. Je ne doute nullement que je ne l'épouse. Mais si tu parles d'épouser, n'est-elle pas actuellement au plus haut point de Tépreuve? Son ressentiment n'est-il pas prêt à 86 relâcher, pour une entreprise qu'elle a crue indigne de pardon? Et s'il se relâche^ ne sera-t-elle pas capable de me pardonner aussi la dernière offense? Peut-elle, en un mot, se ressentir plus vivement qu'elle n'a fait dans cette occasion ? Les femmes gardent souvent le secret pour leur honneur ; au lieu qu'elles affectent de troubler les dieux et les hommes par leurs plaintes, après une entreprise qui n'a pas réussi. C'est ma folie, ma faiblesse, d'avoir donné lieu à des violences si peu ménagées.

Le capitaine. — Aht monsieur, vous ne réduirez jamaifl cette vertueuse personne, sans y employer la force.

et W lient

I»eagitàiBO^^*'B!Mdeii» Moarfeog^ mm^mfu^yQUSpmÊfft k jmaoû ptr k iDcce uso-lUa de^cei adnkabld cisaclèce?

Lovela^Bé-^-* A bvécké^ l'idée de le foiee an laii homor* Pourquoi te flgaieft-t»que j'eteptie taai de peioe^ et ^e j'aie eo(agé tant de personnes dans ma cause, si ce n'est pour ériter la nécessité d'employer ce qee tu nomBaee te foroe? Cependant, peiix-ta oroîEe aussi qpie j'attende vm «0ki8eBteMenl.o»feit d'une eiclaTe de la Menséaace et des formaCtétt Afliî Donaldf je t'appieads que ton mattie Belferd a défendu b parti qpie ttt^ enbcesaes^ evee autant de fince (pw tu en pnîiîigf mettre dans ton raisons. Ai-je donc la conscience de tous les sots à tranquilliser a?ec la nteine? Sur mon âne, capitaine^ elle a ici (en ne Irapplant la poitrine) imafltt qui plaide pour elle avec plus de cllaleur et d'éloquence qfi'elle ifen peut attendia de tous les autres hommes. ITest-elIe pas échappée d^eolre mes mains? Et qu'arais-je bit encore pour Tesécutioii de mon piemier dessein, qyi était de aeltare sa yertu à FépreuTe, et isùA b sieme celle des plus vertueuses de sonsetef Toi, bible cenreau, tu toudWe me bire abandonner un projet qui ne peut tourner qu'à b gfoivtf de ce beau sexe, dont nous sommes tous iddftlres l

Le capitaine^ d'an air encore plus triste : — Ainsi, monâeùr, tous ne pensez nullement au mariage?

Levelace.^ — J'y pense, pauvre imbécile;, mais bisse-moi réduire auparavant son orgueil, pour satisbire b mbn. Laisse-moi voir si je sub assez aimé pour obtenir grâce en bveur de moi-même. ITa-t-elb pas regretté jusqu'à présent de n*ôtre pas demeurée chez son père, quoique b conséquence, inbillible pour elb, eût été de se voir b femme de l'odieux SolmesS Si je b bis consentir aujourdliui à devenir b mienne, ne vïhsta pasque j^en serai moins redevable à son amour qu'au désir de se lécencilier avec une bmlUe que je déleste : et sa vertu, et son amour, demandent également la dernière épreuve. ITais si sa résistance et sa donr- ]eur répondent aux apparences; si j'apergois, dans son ressentiment, moins de haine pour moi que pour ma bute, eUe sera ma femme alors, aox conditions q^'il lui plaira dfe m'imposer. Alors, je l'épouse, mrigré toute l'averâon que j*ai pour le marb^^.

Le capitaine. — Eh bien, monsieur, je sub un morceau de dre entre vos mains, prêt à recevoir b forme mie vous jugerez nécessaire à vos étranges vues. Mais, comme j'ai pris la Kboté de vous* le d^e...

Lovebce.*" Laisse ce que tu m'as dit. Je m'en souviens, et jersaîs tout ce que tu peux dire encore. Tu cherdies, comme Flbte, & te bver Ms mains^ Ne te connais-je pas? Mais il est trop tard pour consulter ion* lij^pocrisie. Toutes nos machines ne sont^-éHes pas dbposécs t Sèche te ' ricficules pleurs. Reprends ton air majestueux : tu as nit (tes merveilev. Ne te démens pas, la récompense t'attend. Bt lui drappantsurPépaole: Ya, je te réponds de l'événement, n m'h fait une révihencer muette, qui m'h répondu de son consentement et de son' zèle. Bàsuhe, s'approcbant dii miroir, il a composé son visage, S a redressé sa perruque, comme si agitation de son cœur s'était communiqaée jusqu'à sa tâte : et j'iâ le-^ connu encore une fois fe vieux Satm smnr sa vMtabUr fbrme;

Mais aurais-tu pensé, fielibrd, qu'il y eût tant..* de quoi te'dfvaH^»' dans un homme td qtnr ce Dtondd fttriekTLui anrab-Mc ent dès

MUesS Commeat h nature, après aroir éié si Iong«Cempa morle ei en- Mveiie dans on cœur de celle espèce, rerH-elIe jusqu'à i^ firtnr sentir avec cet ascendant? Mais pourquoi te fois-je cette quesflûD, & toi qui ne nfas pas moins surpris dans la même oocaâon, par tes bizams sensiUlilfcT'A regard de ce Tomimsony il paraît que la pauneté en a fiBdt le médianl bomnie quH est, conoune Fabondance nous a foils ce qœ nooi' sommes. Ce n^est pas le justifier ; car la nérassité, après tout, esc VépnsayB des principes. Mais qu'j a-t-îl donc, dans ce mot assez pla^ on, si (tt Taux, dans cette chose àlaqudle on donne le nom éfkemnétâté, qoi fA que moi-même, lorsqu^assurément elle ne peut senrir h mes rues présentes, je ne pois me défendre d'en tronver les moindres émanalSons aimables, dans un Tomlinson, et de prendre une meilleore opinion de loi» dcfois que je Ten ai reconnu capable.

LETTRE CCXLn.

A peine aTais-je fini aTVc Tomlinson, qae les femmes, condaftes par nûss BawliDgs, se sont présentées à la porte; dans Fespérance, m*oiitelles dit, de ne pas blesser la discrétion, mais fort curieuses, a confessé nussRawIings, de savoir s'ily STsit quelque qiparence d'accommodement

— Ah I je commence à m*en fl^ter, leur ai-je répondu. Vous'safea^ mesdames, que votre sexe aime les formalités. H £iot faire s» cour aux femmes, pour tes faire cansendr à leur propre bonheur. Nous atone imaf^ giné un expédient fort heureux. L'onde a des doutes sur notre mariage. U a peine, et tout le monde en aurait comme lui, k se persuader que l'homme étant si amoureux, la femme si aimable... Biles ont saisi toutes trois ma pensée. Le cas est, en effet, des pfos extnMrdinaires, ont dit.he deux reuves. Je t'ai déjà fait observer, BeHbrd, que les femmes ont âne haute idée de ce qu'elles peuvent fadre pour nous. Ifiss Rawlings, faisant eonnatire d'un regard que je n'avais pas besoin d'achever ma phrase, nTa prié de passer h l'expédient, le leur ai demandé en grâce de ne pas dire k ma femme qu'elles Tcossent appris de moi. Elles me l'ont promis.

— Cest, ai-je repris, que pour obliger etsatfsfaire M. Rarlove, la oé^ rAnonie soit recommencée ; qu'il y soit présent, et que je reçoive sa nièce de ses propres 'mains. Elle sCest retirée pour faim làHfcssus ses réflexions.

Th vois, Belford, que je me sois préparé une' excnse pour mettre ma aincéricé à couvert dans cette maison, si ma charmante se laissait enga'ger au mariage, et souhaitait que miss Rawfidgs fflt présente k la céré* monie. Les femmes ont applaudi à cet eipédient. G^est encore* un IbôHe de oa beau sexe, d'aknet k se marier deux fois ; quoiqu'k h vérité ce nr soit pas avec le même homme. Elles ont béni le cafitaine, qu^ellee ont regaidé comme l'auteur dfune si charmante ouverture; tandis que dTte air de triomphe, il a protesté qu'il se croiraît trop heureux de* peovoir aettfa' dlnstrument à la réconciliation géiréraAe. Mais il était famps, nous a«f-41 dit, qu'il repitt le chemin de Londres, oè il avait une nultitudÉi* d'affaires à disposer pour demain. Une pouvait même nous premectre èa rereirfrà Ramstead avant que dé retourner è: sa terre. Mon éeasein n'était pér ffûTû nous quittât cette nuit, c'esl-k'-dire, dans' un temps otr l'afftsie' touchait à sa crise; cependant J^ iUnt d'tafrer dans ses vnesî et j'ai

820 CLABIS8B BABIjOVB.

prié madame Hoore de monter, pour faire ^ ma femme les oompfimens da capitaine^ et lui offrir ses services auprès de son oncle. En même * temps» j*ai fait entendre aux femmes que si quelque heureux meuve* ment la portait à descendre, il était à propos qu'elles se retirassent, pour lui laisser la liberté de s'expliquer sur la proposition dont elle était occupée. La bonne Moore est Tenue nous assurer que madame allait la suivre. Elles sont sorties toutes trois, et ma charmante est entrée.

Le capitaine, après lui avoir répété ce qu'elle avait entendu de madame Moore, lui a demandé ses ordres sur le rapport qu'il devait faire à M. Jules Harlove. — Je ne sais, monsieur, lui a-t-elle dit, ni ce que je dois vous répondre, ni ce que vous devez rapporter à mon oncle. Si vos affaires pouvaient vous arrêter à Londres, peut-être ne serait-il pas besoin que vous vû'siez mon oncle avant que j*aie reçu des nouvelles de Uowe, avant que milady Lawrance... Je ne sais, en vérité, ce que je dois vous répondre.

Ici, Belford, je l'ai conjurée de m'accorder le retour de cette estime, dont elle avait eu la générosité d'avouer qu'elle s'était sentie prévenue pour moi. Je me flattais, lui ai-je dit, que milady Lawrance, la suppliant au nom de toute sa famille, et lui garantissant ma conduite, obtiendrait grftce en ma laveur; mais quelle obligation n'aurais-je pas à sa générosité, si je pouvais ne tenir ce bonheur que d'elle-même t combien ne serait-il pas plus agréable aussi pour elle, que sa première connaissance avec mes proches ne commençât point par des plaintes et des appels? Ma tante devant arriver incessamment, il n'était pas impossible que leur entrevue ne se ftt de part et d'autre avec un visage serein ; que notre mésintelUgence ne passât pour une bagatelle, pour un mal-entendu heureusement éclairci... »

Elle m'écoutait, mais le visage à demi tourné et portant souvent son mouchoir à ses yeux. J'ai redoublé tout d'un coup l'ardeur de mes expressions ; et pour les seconder par celle de mon transport, je me suis jeté à genoux devant elle , les mains jointes , versant des larmes ; oui » Belfort , des larmes , et si chaudes qu'elles me brûlaient les joues. Le capitaine a pris le moment où l'haleine a semblé me manquer, pour revenir à la charge, avec toutes les armes qu'il a pu tirer de l'attente et des espérances de son oucle. EoÛn, mettant lui-même un genou à terre : --Tr^ chère madame, lui a-t-il dit, permettez que je prenne aussi cette posture devant vous. Quoique je n'aie point d'autre intérêt dans mes ins» tances que le plaisir de pouvoir vous être utile à tous, permettez que je vous demande à genoux l'occasion d'assurer votre oncle que j'ai va l'heureux hen formé devant mes propres yeux. Tous les sujets de plainte» les doutes, les défiances s'évanouiront tout d'un coup.

— Et que peuvent, madame, ai-je interrompu, que peuvent vous faire espérer vos nouvelles mesures , qui répondent plus heureusement, plus honorablement à toutes les difficultés?

— Et miss Howe même, a repris le capitaine , miss Howe, si votre bonheur et votre réputation lui sont châres, ne vous félicitera-l-eUe pas d'une si agréable conclusion?

fille s'est tournée ici vers nous; et voyant, en effet, le capitaine à ses pieds : — 0 monsieur 1 6 capitaine Tomlinson ! s'est-elle écriée , en allongeant le bras jusqu'à son épaule pour le relever , pourquoi cette extrême bonté?..* voiUt ce que je ne puis soutenir. Ensuite, jetant unr^.

GURUSE HAftLOVt. SSI

gaid sor moi : — Levex-Tous , leyez-Tous , monsieur Lorelace. Ne fons humiliez pas deyant uae malheureuse iille que yous arez iosultée... -* Non, non, mon très cher amour, je ne quitte pas celte posture que yons Q*ayes prononoé mon pardon.

Nous nous sommes levés néanmoins , par soumission pour un second aidre. Je n'ai pas douté que ma grâce ne fAt renfermée dans ces der* niera mots, et j'ai excité le capitaine des yeux et des mains. — Qui em« pdche, madame, a-i-ii repris avec une nouvelle chaleur, que milady Lawrance ne soit informée du fond des circonstances au moment de son arrivée , et qu'elle n'assiste à la célébration ? Je demeurerai moi-même » j'abandonnerai toutes mes affaires pour être témoin de ce doux événement; et c'est alors que je partirai content, avec une nouvelle qui rendra la fie à mon cher ami M. Jules.

—Il faut que je reçoive une lettre de miss Howe, a répondu mon ado* cable Clarisse, d'une voix un peu tremblante. Je ne puis rien changer à mes nouvelles mesures sans son avis. Tout le bonheur du monde ne vaul pas pour moi son estime , et je sacrifierais tout k la crainte de passer à ses yeux pour un» inconstante ou pour une étourdie. Ce que je puis dire à présent , c'est qu'après avoir reçu sa réponse, je lui expliquerai l'état des choses dans une autre lettre.

— Je dois donc renoncer à toute espérance, me suis-je écrié I 0 capitaine Tomlinson I. miss Howe me hait. Miss Howe... Le capitaine s'esi efforcé de me rassurer.

— Miss Howe , m'a-t-il dit , prendra d'autres sentimens pour vous. Elle sera informée de votre repentir. Avec de si belles apparences de réconciliation, elle ne conseillera jamais à sa chère amie de tromper l'espoir de tant de personnes respectables dans les deux familles. On aura besoin , comme madame Ta fait entendre elle-même , de quelque temps pour examiner et pour signer les articles. La réponse de miss Howe sera venue dans l'intervalle. L'arrivée de milady Lawrance achèvera de dissiper les doutes de madame , et ne manquera point d'avancer le jour. Mon étude sera de tranquilliser M. Jules. Si le retard me laisse quelque crainte, c'est du côté de M. James Harlove : ce qui montre la nécessité de se conduire avec beaucoup de prudence et de secret... comme votre oncle , madame, l'a toujours recommandé.

BUe gardait le silence. J*en ai ressenti de la joie. La chère personne, pensais-je en moi-même, m'a pardonné actuellement au fond de son cœur. Mais pourquoi ne veut-elle pas s'en faire un mérite, en me le déclarant avec une généreuse franchise? Cependant, comme cette déclaration n'avancerait rien , pendant que la permission ecclésiastique n'est pas entre mes mains, je dois la trouver moins blâmable de prendre un peu plus de temps pour revenir. J'ai proposé do me rendre à Londres demain «tu soir, avec l'espérance d'en apporter la permission lundi matin. Mais je Fm priée de me promettre qu'elle ne quitterait pas la maison de madame MooN jusqu'à mon retour. Elle a répété qu'elle demeurerait chei madame Moore jusqu'à ce qu'elle eût reçu la réponse de miss Howe. Je lui ai dit que je me flattais du moins de son consentement tacite pour ohteoir la permission. Sa contenance m'a fait juger que je n'aurais pas dA loi faire cette question. Loin d'un consentement tacite, elle a déclaré qu'elle ny prenait aucune part. Comme je ne pensais pas , ai-je dit , à lui proposer jamais de retourner dans la nuôsbn qu'elle avait quittée et

T.ti. tS

322 CLARISSE HABLOVB.

' qu'elle avail prise en aversion , voulait-efle donner des ordres poor se

' afre irpfkmtT s^ ti'abîts k H&m^ead , ou sûulftiitaiit-tiner dé faire 'fêttr

* Torcas pdûf la dharger de ies ordres t

<-^ De sa vie, a-t-elle rëportdu, elle ne tonfalt toir pèrsotttie ((tti 9!(lfÊt' ttnt à cette maison. Peut-être prierait-eHe madaffte Mdofe ûa maMhe Itetls d*y allet pour elle avec ses clés.

^ Je ne doutais pas, al- je tepris, que ttiilaly taWrance n'ititivftt Mis jPfeftterVané. J'espérais qu'il me serait permis d'amener , à mon ttfGMt , eette dame et ma cousine Montaigu. Elle n*a faH aucune réponse.

-^ Assurément , moAsî^r Lovelace , m'a dit le capitainef , ttadéltt^ tie féut condamner ce dessein. Son silence a conlinné. Je l'ai pris pouf 'tn tiènséntemenf. •

' é^ Voalait-«1to \Aéti ^ soutenir d'écrite k Miiss Hotrd... '

— Monsieur, monsieur^ a-t-elle interrompu d'un Air impatlMf, MisMx '!è$ questions, te n'ai point de lois h recevoir. Tons exéctiterez rot TOlon-

' téd et moi les miennes. Monsieur Tomlinson , votre senrftnté. KiidM- Mandez-moî , je tous prie , à la bonté de mon onele. Elle iè i^tindu

' J^ai ptis ^ main, mulgré elle , et je lui ai demandé , pour unique gftof M j^rttission de la toir demain matin. — Me toir ; et dans quel inféntion? Vous reste-t'-il qudquo chose à dire ? Je n'ai entendu dlft tdtos que trop de sermons et de protestations , monsieur Lotèlade. l^tHlh|tt>i me ^ù\t1 J'ai itepété mia demande, da^s lés termes les phis Atdexis, et je hA ai nommé sept heures du matin. — Vous ^tez , m'a-t-«llé dit , que dans cette saison je suîg letée de fort bonne heure. (Test le denhf-coAMiteiment que j'ai arraché. fcSe s^t recommandée' encofe ttne fois à la faveur de son oncle ; et, nous quittant , elle est remontée aussitôt.

Ainsi, Belfdrt, elle a rendu soniHarehêplm a^tmtageutf dirait mfldrd M... , et le mien Test devenu beaucoup moins. La première lettre de ttiss Howe est à présent le gond sur lequel le destin de l'un et de l'autra dèit (Minier. Je suis perdu si je ne trouve pas le moyen de rinteréept^.

LETTKE GGXLm.

M. tX>nLà£Et A II* VÉLtOÊSD.

Samedi, A rnlmilt.

IM tepbi pMtt K» métham , dit nft teité sur lequel Je tm soii^ens If att)ir entendu prêcher. H m'es! impossiUe de fermer les yeut, q^ol^ie jlé ti'Afe cherché qu'à me ph)Cnrer une heure de tommeil ûwaà «n &«* ièttil. Âitist , je n'ai qoè ina plume potfr re^souree«

l'ai congédié le cepiiaf ne , àptès iM neuveau débat atea lui m^ 1« etri iè ma èharmante. Comme il a la tête exeeltottte^ et qM aurait fait Me figure didthig!iée dM» leutes Maries d'éiifis, s*il ne détail pudûtto 1i6nne heure p» «Me lâcheté dans laauéBe il fOt sttrpris , il nili «tfart lAlut)int |^a« tremlMùrfts , q^i'H «taH 1« rtilMn é& Ml ddlé< À \n Hk^f il -flt^ emidtft h M ptoMettftt que, si je (Mris obtéMfr de la belle M inÂb

Snitëùt , je me «égimetai te ^ heurrasettient qtifl ta» tnitê imjmUIo mes intetitions, à la tésitrte du toyage de M <ame «t m GharMtto , thA doiit aVôir aon efat; H qn^alefs le ftiisa«t ^êsM peut 1» dipvié de PMcle Jules, je plierai le toa de bodtte g^âee s«M le Jeug Hu marine. CepeolaBt^lMiordyM j^lnltlens^atelê, êmUt^mipèùtaMt^ôÊû

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