LETTRE CCXLV
■• LOVBUCI, A ■• ULFOU).
rd en llionDenr de passer deux heures entières dans la dëlicienae eompagnie de ma charmante. Elle a souffert que je lui aie rendu ma Tîslte à six heures, dans le jardin de madame Moore. La promenade sur la eollino m'a été refusée. Sa contenance tranquille et la complaisance qu'elle a eue de me souffrir ont releré mes espérances. Je lui ai remis derant les yeux, ayec beaucoup de force, toutes les raisons que le capitaine fit hier yaloîr en ma faveur; et j'ai ajouté qu'il était parti dans Tespoir d'engager M. Jules Harlove à venir en personne, pour me faire de sa main le plus céleste présent qu'uh mortel puisse recevoir. Cependant Je n*ai pu obtenir qu'une nouvelle promesse, d'attendre la réponse de miss Howe pour prendre ses résolutions.
Je ne te répéterai pas les argumens que j'ai employés. Mais il faut, pour ton instruction, que je te communique une partie de ses réponses. Elle avait tout considéré* m*a-t-elle dit. Toute ma conduite était pn^ sente à ses yeux. La maison où je l'ayais logée ne pouvait é(ie une maison d'honneur. Les gens qui l'habitaient s'étaient foit assez tôt connaître, en s'efforçant de lui faire partager son lit avec miss Partington $ et de concert avec moi, comme elle n'en doutait pas. (Sûrement, aHe pensé, elle n'a pas reçu le double du charitable avis de sa miss Howe. ) Ils avaient entendu ses cris. Elle ne pouvait douter que mon insulte n*eût été préméditée. Elle en trouvait la preuve dans le souvenir de tout ce qui Pavait précédée. J'avais eu les plus lâches intentions; ce point d'était pas douteux pour elle, et l'outrage que je lui avais fait, portait sa certitude k l'évidence.
Cette divine fille est toute âme, Belford ! Elle parait avoir senti des libertés, auxquelles l'excès de ma passion m'a rendu moi-même insensible. Elle m'a conseillé de renoncer pour jamais à elle. — > Quelquefois» m'a-t-eile dit, elle croyait avoir été cruellement traitée par ses plus proches et ses plus chers parens. Dans ces instans, elle avait peine à se défendre d'une sorte de ressentiment ; et la réconciliation, qui tùstli dans d'autre temps l'objet de tous ses vœux, était moins le désir favori de son cœur, qu'un système dont elle s'était autrefois entretenue : c'était de prendre sa bonne Norton pour guide de sa conduite, et de vivre dans sa terre, suivant l'intention de son grand-père. Elle ne doutait pas que son cousin Morden, qui était un de ses curateurs pour cette succession, ne la mit en état de s'y établir sans le secours des lois.— -S'il le peut et s'il le fait, a-t-elle ajouté, je vous demande, monsieur, ce que j'ai va dans votre conduite, qui doive me faire préférer à ce parti une union d'intérêts avec vous, lorsqu'il y a si peu de rapport entre nos esprits T
Ainsi tu vois, Belford, qu'il entre do la raison comme du ressentiment dans la préférence qu'elle fait de sa terre à moi. Tu vois qu'elle se donne la liberté de penser qu'elle peut être heureuse sans moi, et qu'elle est ■lenacée de ne pas l'être avec moi ! Je l'avais priée, en finissant mes re» pféienlations» de ne pas attendra la répeose de miss Howe pour lui
éoriA ; et si la résolatioii était de e'eo fappertu ii*ille, de ta^mWib éà
état de juger par une pleine explication des circonstanceâ piéjWteB*
— Je le serais, monsieur (c*est sa réponse), si j'avais quelque doute f sur le choix auquel je suis* portée, entre le nàiriage et le système que ^ TOUS venez d'entendre, Yousdeveg opn^eQ^ce q^if c'est pour le dernier que je me déclare... Au reste, monsieur, je souhaite que notre séparation se fasse sans emportement. Ne me mettez pas dans la nécessité de pépéter..*
'^ Notre iéparatitm, madame 1 ai-rje ioteirompH. Je ^ {mis swi/mm de 6i crueUes expressions! Cependant, je ne vous supplia pas xtnoum 4'é^nce h miss Howe, avant l^arrivéo de $a réponse. J'espère que si mim (ttowe n'eât pas moQ etmemie»..
-^ Miss Bowe est déjà informée du sujet de mes délibérations. La fé^ ;pM9e ^e j'attends ne vous reganle pas, uionâeur ; elle n'a rappoot qu'A «ni. Lo conir de n)iss Howe est trop ardent sur les intérêts de i'avitiéb piMT mb laisser en suspens, on sioment de {dus qu'il n'est nécessairau Sa ^^nse ne dépend point ajKsolument d'eLLe-môme; il faut qu'elle ^io quelqu'un qui sera peut-être obli^ de voir plusieurs autres personne^ . C'est cette maudite contrebandière, BeUord, la Townsend de miss Hove, j^n'en doute pas un moment. Complot, ruse, intrigue» stratagème! J'ai k ^n» défendre d'une multitude de toupet qui marchent sous terre autour de mff^ Hais que je soie abUné dao» leurs souterrains, et taupe nMÛ-mÔiiMir si ieurs projets lenvenent les miens, et si ma belle m'échappe h présentii Vile m'a confessé ingénument qu'elle avait pensé à s'emiarqoer pcN» qMquesiraesde nos colonies d'Amérique; mais qu'ayant été forcée da iae voir, oe qu'elle aurait souhaité de pouvoir éviter au péril de sa vi% elle commençait à croire qu'il serait pUis heureux pour eUe de reprandrQ aaa eBCien système favori , du moins si miss Uowe pouvait lui Inttvna qa»iqim asile honorable, jusqu'à Taitivée de son oousin Morden. Mais s'il tardait trop, ou s'il était impossible à miss Hove de lui tnauver une re« traite assurée, elle reviendrait peut-être au dessein de quitter l'Angle*. iBore : car, après avoir mis son imaginaiton à toutes les épreuves, eUe ce sesentail paaoapaUede retourner au château d'Harlov^, où la fureur de «on frère, ks reprodies de sa sœur, k colèin de son père» l'affliction e»pkis touchante de sa mère, ei les teiimens de son propre cmur^ lui la vie insupportable.
. Ofielford! je suis preaqu'au désespoir. Je languis, je meurs pour €(elU Éépease de miss Howe. Je serais capaUe d'attaquer, de haUre, de décobeiV de tout commettre, à l'excepiion du meurtre, poor l'intercepter. Haiadépi lanninée oonHne je te représente ma cruelle déesse^ il ne m'en a paa pann f anans évident qu'elle conserve encore quelque teiidresee peur moi. Il Ivî l eat eooveDt échappé des larmes en me parlant. EUbe a poussé pi«aiettift p: seupira. Elle m'a regardé deux fois d'na caîl de tendresse, et teaia foie ^ d^ «ail de compassion. Mais ces rayons de bonté se sont autant de foîa lepliés, « tu me passes œtle expression, et eon visage s'est détounn^ comaie aielle s'était déûée de ses yeux, on qu'elle n'eût pu eentemr Vê>, éaor des miens, qui cherchaient dans eea rogards nn cœur perdu, et iqui ^•Ibrçnent de pénétrer par cette voie jusqu'à son âma. J'ai prin plua d'une fais sa main. Elle ne s'est pas beaoooup défendue contre cette* \ip* bsrté. Je rai pressée «le fob de mes àèirrea^ sa eolèrefi'a pas 4ié laM fke,«l l'aimnaevaé snr wp'^y 9^ dsioslfaas «se d^indigvalàstf
CLAMttB JUttMW* . SH"
4Mm( 4Ma^ qu^ j» lui ar^oja^ .t«Ai ^e (pi« •DaQiiçé^,.-.^ Elle é|aU dim
aepVMJSQa itMo^iiiRe» m'a-V^e r4jpoiid^« elk m^avail vu nt^viéiiitf^
idii^. jttfiMtt «m^idl^^im pour Jç» dam^ 4o «9a finniUe» «qr la jFépiî^ lioa de leur mérite et de leur venu. Je fifi^ mv^W^^êV^^^àwànS^sïi^f
^Êmmm ^né^ a» f^fiimef^ tm^ Mm- .J*Ai saisi sa mai«i« i^ i'<a oQijlM^ Aveç mi tiwispart qui w*a lait abandonner ua soQmwf, lu owdyiltt 4|imlaj9ig»Qt .dç me rendf?, pdjr son pardon el ^ar ion la^einple» pbit dign^ do4eu^ jchhrç» tanies qu'elle çsUmait, plus 4i^o de ^ fdo^t tapA^, Siif mga ime, ai«je ajouté i^m U w4w# ivraaip 4^ ^eifttii9i«M|U * qM^l^aié, ma^Une. cet e^cto de)H>At4 que je op jnwitf poîat» meperoa? ilUKIH'ai) (and 4u cçeur» Je ne puis la &ouienir^
• J^iMO^» pourquoi, ai^ie pensé alprs, n'ar^MU^iW JUg«9érqstfé4a PWWctee^t ÂBstant pour «[te pardonner? Pourquoi v^h^-^^ r«f meOr» àim:h mo^m\é 4*appeler à oioa «ecouisi ma i^m^ e\ mfk çommi Ui* U»lmem m ue «e rend point auj( ^ottwatiow d*ttfi CM»qu4naAi poo^ i ell^i^fipérer unexuipilulation ansal avaAitagenae Vf# .6*tt Q'fvaM pfts^ii k> pwW'^'ameaer ^ groaae artillerie iç(tf§ ire elle?
Mais la divine ûlle, qui avait été frappée ^ f a&f 4» UNI râaiO.el du') ton de mon discours, a retiré sa main, en me regardant avec une sorte d'admiration. — Etrange CQiqpo^é 1 a-^f(lfi 4M^i ot, poussant nn soupir : « Que de bons et vertueux sentimens ne dois-tu pas avoir étouffés 1 Quelle terrible dureté dB cour doîl Atre la tienne,, four être capable des émotions .que tu lai:>s^ voir quelquefois, des sentimens qui sortent quelquefois de tes lèvres, et pour Tétre aussi de les vaincre, jusqu'à te livrer attt «loès les plus opposés. »
^Etl» Vest arrêtée. Je M ai répondu, pour révelHer tout ce que j'avais iéttmis exeité de favernbledans son eœur, que j'espérais de cette gênévetise ' iioquiétude, qu'elle avait témoignée pour moi lorsque je m'étais tîeuvé si mol... (l'aventure de Tipécaouanha, Belford.) Mais eUo m'a intetrompus — J'en suis Men récompensée, m'a-t-elle dit; finissons cet eÀIretien. H est temps de rentrer ; je veux aHer à Téglise. — - Diable ! aije ditiout bas.— Les impertinentes femmes, qui Pont vue faire quelques pas vers la maison, se seàt avancées pour l'avenir que le déjeûnet l'attendait. Je n'ai eu que le temps de la supplier^ en levant les mains, de me donner l'espérance d'une nouvelle eonversaiion après le déjeûner. — Non, elle était résolue d!aUfir .4 r^ijse. l*^ çjruQlle personne m'a quitté, pour remonter droit à sa chambré, et ne m'a pas môme accordé la pernmmi» RQMdi^te thé nvee oUe*
M^àêm îloope a paru a^étemer 4® M paa nens voir en meiUau^ ifh tflHigwnce, .apiete un ai long euMtienjfUiftQut dajaa l'opinion où jej'avajii , hm Mifiéif we nwi Jéœine «ooaenlaj^M repouvirtleiiifm^ i^lB^^cmémr . nm Mm i*ai levé L'enO^naa 4ea ,deM^ iFOUvea* ^^ Jour diaanA .qu'eljto^ Ttnltii ao tenir dMia «e^tn féaerve, w¥m% «^ ^^¥1^ ^ 4u oa^tiôiip Tomlinson si son onde assistewi pMapnneUeaiMt M la <célébriMion, emt . s'ai»<p^ntentQWt da nommier ce digne ajoai pour lo v<f céa^nter. i^ lour ai npottmaudé ^oo^e le s»mt> aur m poÂpt i,eÛeaiQ# ilMfi jinwDi^ pow . aMwimgi «t fQMi.miaai 9anriÂoga» A^^^Mukinimk âu» fêfUà)^ i»r
9BB caukamn fiAitovi.
crélioik, pour ne faire conbattre que c'est la dépodiaire générale de loae les secrels des femmes de Hamsiead. Ciel ! Belford, qae de méchaneelés œlte miss Rawlingsdoit savoir I Quelle boîte de Pandore que aon seini Si je o'ayais rieo qui méritAt mieux mon attentionf je m'engagenïs à FoufTir bientôt: et quel usage ne ferais-je pas de mes déconreftest à présent, mon ami, tu comprends que toute ma ressource est dans la mé> diatiOD de ma tante et de ma cousine Montaigu, et dans VespiÊêmod dittteroepter la réponse de miss Howe.
La belle inexorable est allée à l'église avec madame Moore et madame Beris. Mais Will observe de près tous ses mouyemens, et j'ai réglé les moyens de recevoir sur-le-champ tous ses avis. Elle m'a déclaré qn'die ne souhaitait pas que j'y parusse avec elle. Qu*eUe ne MtmhaitaU poM, expression favorite des femmes ; comme si nous étions oMigés de suivre toujours leurs volontés. Je ne l'ai pas fort pressée, dans la crainte qu'die ne mesoupçonnAt de quelque doute sur son retour volonlaire. D m'est veno à l'esprit d'arrêter madame Bevis, et de lui offrir une autre occupation. Je crois qu'elle aurait passé aussi volontiers le temps avec moi qu'à l'église. Elle a paru incertaine, lorsque je lui ai représenté que, pour l'édification publique, deux personnes suffisaient d'une maison. Mais étant habillée, et sa tante Moore l'attendant, elle a cru devoir partir... de peur que cela ne parût affecté, m'a^t-elle dit en passant, k moi qui en anrait assurément mieux jugé.
LETTRE GCXLVL
■• LOVBUCB, A ■• IBLFOaD.
Dimanche, après midi.
0 Belford I de quel danger je suis échappé ! ton ami tremble encore d'un mélange de crainte et de joie ! A quelle étrange fille ai-je donc à faire, qui ose lutter contre son destin, quoiqu'elle ait tant de foiséprouvé que sa propre étoile combat pour moi T Je suis le plus heureux des hommes. Mais la respiration me manque, lorsque je réfléchis à quel petit fil mon sort a comme été suspendu. Pour ne te pas tenir en su^^ns, je suis en possession, depuis une demi-heure, de cette réponse si long-tempt attendue ; et par le plus bizarre accident 1 Mais je juins ce billet à ne lettre précédente, parce que ton messager attend mes dépêches*
I£TTRE CGXLVn.