‹ Clarisse HarlowChapitre 33 sur 62 · LETTRE CCL · texte numérisé non relu

LETTRE CCL

H. LOVEUCB, à, H. MJK)|IA.

4. présent que racti(m s'échauffe, je serai bientôt déCvré de Ten^gi^ ment où je me suis mis de te rendre compte de toutes mes démarches. J'ai la permission ecclésiasaquep MadameTownseod, avec tous ses matelots. doit être à Hamstead mercredi ou jeudi prochain. Il peut arriver une autre lettre ou peutrêtre un nouveau messager de miss Howe pour s'informer de la santé de son amie sur le rapport du paysan, et pour lui rnAvqoer son étonnement de n'avoir rien reçu d'elle. Tu vois qu'il n'y a plus d'instans à perdre. Il faut que la belle saute ou moi. Aussi je me dispose à partir pour Hamstead avec milady Lav^rance et ma cousine Montaiga ^n« uns berline à quatre ou six chevaux, car milady ne ferait pas un voyage de deux ou trois milles autrement. C'est une partie assez connue

die son caractère.

▲ ré^rd des armes sur la berline, ne sais4u pas que pendant que ma tante est à la ville elle profite de l'occaFion pour faire redorer la siennç, et qu'elle en prend une de remise? On ne fait rien à son gré dans les piDvinoas. La livrée approdie beaucoup de lu sienne* Tu as vu plusieurs fois ffulMéy Unrrance, n'estrce pas, BeUord? — Jamais, me réponds-tu. -«p Ttt Tas vue» te dis-ie, et tu as même eu pari à ses faveurs, ou la renommée 4e isii plus d'honnear que tu ne mérites. Ne connais-tu pas son aatienom ? -^ Sou autre nom? t'entends*je répondre; en a-t-elle deux? -r^Oaii Belfoixl. Tu ne te souviens pas de milady Barbe WalJis? •*- Du diable 1 t'écries-iu. -^ Tu sais qu^ Barbe Wallis, élevée dans une abondanit» dont il ne lui reste que l'orgueil^ ne p^iraû et ne se produit guère qutdAiis les occasions extracyDdinaires; c'est4L-dire lorsqu'il est question, suitrept le pr j( de passer pour une ie^me de 4}ttalité* Ôa à toiyau» ad*

cMJU98e ifiKtov^. . 339

micé fl^ air de jsrandetttyfui ne s'est imms démcioti dans tons I^ xOles ^'on lui a fait jouer«

£t qui croisHtu que soit ma cousine Montaigu? Comhient lo deviner, ii!^i-çc pas? £h bieii I je t'apprends que c'est ma petile Jeannette Gelâings^ une petite créature fort vive» qui ne laisse pas d'avoir le regard mpdeste. Jeannette Goldings est ma cousine Montaigu. Voilà, grAce au ciel* .une tante et une cousine; toutes deux avec de Tesprit, accoutumé àiaire les personnes de qualité, maîtresses d'elles-mêmes, et fort bien élevéeSf revenues néanmoins de la tendresse de cœur et de la pitié; de vraies dames de Sparte qui ne craiguent que d'être connues pour ce qu'elles sont, et par conséquent si attentives à se déguiser qu'elles se croient réellement ce qu'elles imitent. E( sous quels habits crois-tu que jelespiés^teîJe vus te rapprendre^ Miladj Barbe est en drap dV» Avec des joyaux d'un grand prix ; ma cousine Montaigu en petit jaune à fleurs d'argent, qui sont l'ouvrage de ses propres mains. Elle n'est pas sî bien ^en diamaus que ma tante, mais les pendans d'oreilles et le nœud sont très riches et luisent à merveille. JeanneUe, comme lu sais, a le tejial^ada&irable, la gorge belle et les oreilles d'une beauté singulière. Chadotte a les mêmes avantages et la taille à peu près la même. Je n'ai liien .^pagrgné pour les dentelles. Tu ne t'imaginerais pas ce que me coûtontibB^diamanSt quoiqu'ils ne soient loués que pour trois jours. Cette dhàre persoAoejgie ruina» mais ne vois-tu pas que son règne est court et qu'il doit Têtre. Madame Sinclair a déjà tout préparé pour la recevoir une JWenAefaisu

LETTRE GCIi.

«• i.(HrBUCB, A ■• BlKJWr«

Lvodi, aprèf-nldi, «hes «tdame Blaetalrt

JsM eal disposé «u gré de mon cœur. En dépit de toutes les objec- Iteu» fin d0^ d'une résistance qui est presque ailée jusqu'à l'évanouis» sèment, en dépit dee présantiona^ de la vigiiaoce« des soupçons, la matlittlft de mon âme est irenirée dans son premier logement. C'est è préaafti qve tentes les artères me battent. C'est à présent que mon cœur est dnsiune agitation contimieUe; mais le temps ne permet pas de t'expliqner nos opérations ; ma bien-aimée est occupée actuellement à faire ses naUes pour ne remeUxe jamais le pied daus cette maison. J'ose bien le dm 4<ie jamais eUe ne l'y seme^tra lorsqu'une loiis elle en sera sortie* QBpwdantypasttanx>t, pas une condition d',amnistiel L'impitoyable Barimp ne vcent pas mériter ma pitié ! £Ue est toujours résolue d'attendre

••leUnade miss Hoff^e» et si^ trouve Alors quelque difficulté dans ses noiivjeaui^ systèmes (;:'est me donner sujet de la remercier de rien).*» ileie» islors qu^^rrivera^V-il? Alors même elle prendra .du temps jx>ur conr

iiénàt M îe dois obtenir gcâoe ou me vok rejeter fonr jamais^ Odieuse MiCKvfttce «uû en fMxeyivxe daw pupn cfl^ur cent de^tie nature I Ç^ pendant milady Lawrence et miss Montaigu déclarent que je dciis éiV9 aatiMaii^.de^cciie^ltae swvqpsipa. Ne aeraiH>n j>as tenté de gcoire qu'eUes oa veithM qu'irriteir ma vengeance ?

BUie lui eemt ext^dmeiiMenit attachjàes. Tout ce iqu'^le dit est prfcien«* «enrait fecHeiUi 4e sa hpuebe- Elles «e epnt cendues cauiiaut pour ce aik,)dMui. lelMttàttvMM^ tfli^4wff0 j r^^tourner aviK^ ^]ifi. W^

310 CURISSB BARLOVE.

lady Lawrance a donné ses ordres pour un souper chez madame Voore, Tous les appartemena de la maison doivent être remplis par les deux dames et par leur suite (avec ma permission, comme tu te l'imagines, car ils m'appartiennent pour uu mois]. Elles se proposent d*j demeurer huit jours au moins , ou jusqu'à ce qu'elles aient obtenu de la charmante rebelle le pardon qu'elles lui demandent pour moi, et d'accompagner milady Lawrance dans Oxfordshire. La chère personne s'est lai^ amener à ces termes. Elle a promis d'écrire à missHowe, pour l'informer de toutes les circonstances de sa situation. S'il sort quelque lettre de ses belles mains, tu ne doutes pas que mon génie ne m'apprenne ce qu'elle aura écrit; mais je suis trompé, s'il ne lui prépare pas d'autres occopaticns.

Milady Lawrance répète à chaque moment qu'elle est sûre de ma grAce, quoiqu'elle ose dire que je n'en suis pas digne. « Milady est trop délicate pour souhaiter des détails sur la nature de mon offense ; mais une action qui excite de si Tifs ressentimens doit être une offense contre elle-même, contre miss Monlaigu, contre toutes les personnes rertueuses de leur sexe. Cependant elle ne cessera point de demander grAce pour moi. Elle ne se relâchera point jusqu'à l'heureux jour où, pour mon bonheur et pour celui de ma famille, elle nous verra recevoir secrètement la bénédiction du mariage. Jusqu'à ce temps, elle approuve l'expédient de M. Jules Harlove, et, devant les étrangers, elle traitera son incomparable nièce comme ma femme.

» Sudmanj son solliciteur, peut venir prendre ses ordres à Hamsteid pour l'affaire qu'elle plaide à la Chancellerie. BUe ne se privera point une heure de la compagnie eî de l'aimable entretien d'une si chère nièce. Elle lui proposera même de monter en carrosse, pour aller voir à Londres notre cousine milady Luêon^ qui est dans une mortelle impatience de la connaître ; mais quels seront les ravissemens de milord M...., lorsqu'il aura la satisfaction de l'embrasser et de la nommer sa nièce ! Que milady Sadler va se croire heureuse! La perte de sa ûlle, qu'elle pleure si ainè» renc.ent, lui paraîtra bien avantageusement réparée. »

Miss Montaigu s'arrête sur chaque mot qui tombe de ses lèvres. « BUe adore parfaitement sa nouvelle cousine ; car il faut qu'elle soit sa coq» sine, et rien ne l'empêchera de lui donner ce nom. Elle répond d'une admiration égale dans miss Patty, sa sœur. »

Oui, dis-je la larme à l'œil (assez haut pour être entendu), que cette jMiuvre Patty va se trouver attendrie à la première entrevue I Quel charme pour elle de voir paraître une cousine si long-temps promise, avec un air si gracieux ! si noble 1 si naturel}! -» « Heureuse, heureuse famîHel nous écrions-nous ensemble, i» — En un mot, la joie et les transporte Ir^nent ici comme à Hamstead. Tout le monde est dans l'ivresse, à l'ex* ception de ma Inen-^imée, sur le visage de laquelle on voit, au milieu de ses charmes, un air d'inquiétude et quelques traces de là répugnance extrême qu'elle a marquée pour venir prendre eUe-même son linge et aea habits dans cette maison.

n me semble, Belford, que la pitié cherche à me surprendre; mais Ma, loin mouvement hors de saison, qui m'avez déjà penin plus d'une §om* Adieu réflexions, adieu remords, égards, compassion ; je voua congédie tous, au moins pour huit jours. Souviens-loi, Lovelace, de là parole qu'elle a violée I de sa fuite, dans un temps où ta ioUe lendreiM t'indiiiait à k

çLàamm BàMuyfE. 8H

ailiéi soaflâiMMol de la manière dont elle Ta tnîté dans sa dennèn le^tei et de tous les outrages qu'elle t*a iait essuyer à Hamstead I

N'oublie pas la préférence qu'elle donne au célibat sur ton amour ; qu'elle te méprise ; qu'elle va jusqu'à refuser d'ôtre ta femme 1 Ton cœur eiytteilleux, refusé par une femme 1 refusé, avec plus d'orgueil encofe» par une fille des Harlove 1 tandis que deux dames de ta maison (c'est du moins l'opinion qu'elle en a), la supplient en Tain d'accorder le retour de son affection à leur parent méprisé, et prennent la loi de son humeur hau* taille I Rappelle-toi d'autre part les imprécations de son audacieuse amie» qui ne Tiennent que de ses représentations, et dont la peine doit retom- ^r par conséquent sur elle-même. Rappelle-toi plus particulièremcfnt le eomplot de la Townsend, qui a pris naissance entre ces deux filles, qui doit éclater dans un jour ou deux; et n'oublie pas les humiliante$ m§* iMCfi de la petite furie. L'heure de l'épreuTe n'est-elle pas arrivée 7 Ne suisse pas au moment que je me suis efforcé d'aTancer par tant de peines, de dépenses et d'inTontions? Est-il besoin de jeter les offenses de sa maudite famille dans la balance? J*abhorre la force. Je me souviens de Tafoir dit. Il n'y point de triomphe sur la volonté dans la force; mais ne l'aurais-je pas évité si je l'avais pu ? N*ai-je pas essayé toutes les autres méthodes? Mereste-t-il d'autres ressources? Son ressentiment peut-il aller plus loin pour le dernier outrage, qu'elle ne le pousse pour une entreprise puérile ? A quelque excès que je le suppose, n'ai-je pas une réparation présente dans l'offre du mariage? Elle ne la refusera pas: j'en suis sûr, Belford. La fière beauté ne refusera rien lorsqu'elle verra son orgueil abattu ; lorsqu'elle sentira que ses récits, ses plaintes et toutes ses •tbetationsde résistance seront suspectes à son propre sexe, et lorsque sa modestie, en remplissant son cœur de ressentiment, n'en aura pas moin le pouvoir de lui fermer la bouche. Mais qui sait si toutes ces difficuitéi ne sont pas autant de chimères que je me plais moi-môme à former t Ciansse n'est-elle pas une femme ? Quel remède pour un mal commis? Ne faut-il pas qu'elle vive ? Sa vertu est une sûreté pour sa vie. Le temps ne fera-t-4i pas le reste? En un mot, quel parti aura-t-elleà prendre? Elle ne peut me fuir. EUe sera forcée de me pardonner : et comme je l'ai souvent répété, ôtre pardonné une foi c'est Tétre pour toujours. Pourquoi donc mon faible cœur se laisserait-il amollir par la pilié? Non, non. J'aunâ toutes ces idées présentes. Je n'aurai qu'elle dans l'esprit, pour soutenir une résolution, que les femmes dont je suis entouré veulent parier encore que je n'exécuterai pas. Je l'apprendrai, ma chère et charmante personne, à me le disputer en inventions. Je t'apprendrai à former des oompluts contre ton conquérant. Je te forcerai de reconnaître que les systèmes de contrebande ne sont pas ton partage, et que c'est d'un Lo-; velace que toi, ta miss Howe et ta Townsend, doivent prendre des le-^

çons»

Qu'allons-nous faire à présent? Nous sommes plongés dans un abtme de douleur et de crainte. Que les femmes souffrent impatiemment qu'on leur manque I On s'attendait à partir pour Hamstead , et à quitter pour jamais une maison où l'on n'était entré qu'avec une mortelle répugnance. JLes habits étaient rangés, les malles fermées, elle-même disp(»ée au départ, et moi prêt à l'accompagner. Elle commence k craindre que ce ne soit pas pour ce soir. Dans sa douleur et son désespoir, elle s'est jetée dans son ancien appartement; elle s'y est enfermé, et Dorcas l'a vue

gmoM pBt h trou dé \é serrure, priaut MB dbtfle ptkit M^ >êiA%tt»i déli?raiiee. Et pourquoi? D*où tient cette fftehett^ agoniet Qae i^ttHOl €M« mUady Lawrance ayant qoek^ues ordres à doKomer avant que ûë pitrtii* f»w Hanistead, a repris le chemin de sa maison dans son carrods», m tâHm IftNftaîgir, qui deraif Tattendre ici, est montée av«c elle so<is prétem #Slller prendn» ses habits éer wât et d'autres commode sans lesqvtolM Ml iM' passe point la milt hdrs de chez soi. Ay n» suis pas moins éieiMié que ma diarmaiite de ne pas les toir revenii*. J'ai envoyé savoir eé qM sfgttifie ce retard. Dans le (rouble de ses esprifsv n^iss Clarisse sett^ Mtersit que j'y fuss» afté moi-même. J'ai beancoop de peine k la c^ tier : cef te fllle est insnppertable ; je ne sais d'où tiennent ses craiiiMl Je maudis le délai de mes deux parentes et la lenteur do mon laquais, qof se (kit attendre aussi. (]tae le diable les emporte f ai-je déjà dit vingt M^ Olb'elles envoient leur carrosse et nous partirons sans elles. J'ai miflM (Moimié au messager de le dire h milady Lawrance, et f ai eu Soi«rqcid ma charmante pût Tentendre. Je dis à présent que peut-être s*arrdté44I pour nous amener la voiture, s*it esii survenu quelque chose qui ne pst^ nette point aux dames d'accompagner aujourd'liui ma charmenfe*.

Dl ne cesse point de les donner au diable. Elles avaient promis de né pas s^arrtler, parce qu'il n'y a pas deux jours qu'un carrosse fut dhâivtisé atl pied de la coHine de Ramstead, ce qui a fort alarmé ma chère Clarisas lorsqaf dff lui ar fait ce réât. Mais je vois revenir m(m laquaie avee- nH lil9t éat ma tante^

▲ ■. &0VSIJUS.

LnidiMwIri

m FMtes agréer nos exeuses, je vous en suppUe^ mon cher neveu», èfln tÉBchèie et très aimable nièce. Une nuit ne etiangera rien à nosarlaii» fUÊÊtm^ Depuis notre arrivée, miss Hontatgn s'est évanouie tsei» Joli ^ceessivemeBi. L^exeès de sa joie, je m'imagine, d'avoir troové votm âière daeoe si supérieure h notre attente et son enipressemen^ trop Vit peur la rejoindre ont causé ce fâcheux contfe-temps. Pauvre Cbarlôtiert MMgfé son air de santé, vous savei qu'elle esi très foible. SI lu force M leviem, nous irons certainement vous reprendre demain, apfès notre dé* jÊêùfft. liaiSf sait qu'elle soit mieux on non, je ne perdrav pas le plalBif de cénAMTe votre chère dame à Hamscead, et je serai demain cheir veui^ danseatfe vue, avant neuf heures du matin. Mille complimens, teleffM je^feedelBy aud^gne objet de vos affections. Je suis votre affeeieilnéei

« EUSABETIf Lawrauck. »

' fte bonne foi, Belford, je ne sais plus où f en sois flioi-mëme ; car Irdi moment, ayant fait porter ce billet en haut par Ûbrcas, ma chère Claire est sortie desa chambre, le billet à fa maiu, dans un véritable accès db fi^nésie. Elle s'était plainte aujourd'hui d'un grand mal de (dce. Dorcas est venue me dire, hors d'haleine, que sa maîtresse descendait daitt q[aelque diraoge dessein ; mais elle o*a pas eu le temps d'achever. J^aif su dtopuis qu'âpre avoir lu le billet, elle s'étafr écriée d*un ton lamenta- Ke r Cest é ffré$ent quê suU perdue ï 0 iMikeureuee Ctarisge! Dans te mftne tnnsport, elfe a déchiré sa coiffure et ses manchettes, filte a de* mandé où j'étais; et se précipitant sur l*escalier, elle est entrée dans le parloir, ses beaux cheveux flottant sur ses épaules , ses mancBetfes em pièces sur ses mains , les bras étendus» et les yeux si égarés , qu*i!b pet^ xalssaiem prfitir à sdrar de leur erbfte. tue sTest Jetée h mes pieds; et

GLAIISSB HA&tOtBJ 84S

in*eifltossant les genout : — CVier Lovelace, mVUéne dit , (fane Tdz tremblante t si jamais... si jamais... si jamais... Là, sans pouvoir ajouter VD seul mot , et lâchant mes genoux, elle est tombée sans monvement mt Te ptancter. Je suis demeuré dans Fétonnement que (or peux te représenter. Tous mes projets ont été suspendus quelques instans. Je ne laTais ce que j'arais à dire ou À foire. Mais, après im peu de réflexion : «^tris-je prêt, ai-je pensé, iBt me trahir encore une fois? et me laisseraiîe ici jouer ou vaincre? Si je recule, c'est fkit de nioi pour jamais. Je l*ai soulevée ; mais elle est retombée aussitôt, les jambes lui manquant, CH^mnie s'il s'était foit une dissolution dans ses jointures. Gependaat elle ne paraissait pas évanouie. Je n'ai jamais vu ni entendu rien d'approchant. Presque sans vie, ou du moins sans usage de la voit pendant quelques momens. Quelle doit avoir été sa terreur I Cependant à l'occaaiofi de quoi? Cette chère ftoûe se fait de furieuses idées des choses I Ignorance pure, al-ja pensé.

Cependant je suis parvenu è la lever, le Vn\ placée sut une cbai^, et jetui ai reproché de se livrer èi de vaines alarmes. Je lui en ai' marqué de l'étonnement. Je l'ai conjurée de se rassurer; de se reposer sur m» foi ei mon honneur. Je lui ai renouvelé tous mes anciens eermens, et. j'en ai prodigué de nouveaux. A la fin, ouvrant la bouche, avec un sasi<^ glot capable défendre le cœur, elle m'a dit en termes interrompus? -—^ Je vois... je vois, monsieur Lovelace... je vois que je suis perdue... si.... si votre pitié... abt j'implore votre pitié. Et sa tête, comme un lis^sur* chargé de rosée, et dont la tige est à demi rompue , s'est ab«s8ée sur son sein , avec un soupir qui m'a réellement pénétré rflme- Je lui ai ieprésento tout ce qui m'est venu à l'esprit pour relever son courage. Lorsqu'elle s'est trouvé un peu phis de force , elle m'a demandé^ pourquoi je n'avais pas envoyé chercher le carrosse , comme je l'avais* proposé? J'ai répondu qu'on y était allé sur-le-champ; mais que mitady atatt envoyé chercher un médecin pour miss Montaigu , dans la crainte qu'il ne se ftt trop attendre. — Monsieur Lovelace !... m'a-t^Ue dit , d'un air de défiance, et la douleur dans les yeux. — Milady Lawrance, ai-je repris, pourrait trouver étrange qu'elle se ftt une peine de demeurer une •uSt pour l'attendre, dans une maison oh elle en avait passé un si grand nombre. Elle m'a donné là-dessus, des noms injurieux. J'ai pris patience.

Elle a parlé de se rendre chez milady Lawrance. Oui, elle y voulait aHer sur-le-champ... du moins (en se reprenant avec un soupir) si la personne à laquelle je donnais ce nom était milady Lawrance en effet.

—Si/ ma chère I juste ciel ! Quelle horrible idée ce doute m'apprendque tous tous foltes de moi! Pourquoi l'y forçais-je? m'a-t-elle dit. Mais, si ses soupçons étaient mal fondés^ qu'il lui fût permis du moins d'aller chez fknlady Lbssou. Alors, prenant un ton plus résolu : — J'irai, a-t^llete- |bis. Je demanderai mon chemin. J'irai seule... Et, dans ce mouvement, elle a voulu forcer le passage. Je l'ai retenue, en passant mes deux bras Autour d'rile. Je lui ai représenté l'état de miss Montaigu, et eomWen son impatience aflait augmenter l'incommodité de cette pauvre cousîie. fille a protesté qu'elle ne me croyait plus, qu'elle ne me croirait jeincis, à je ne forsdiâ venir su^^ten^temp un carrosse du coin de la rue, puis« qu'il oe lui était permis dHaHer ni chez milady Lawrance ni chez rafMy Lesaon, €t si je ne lui laissais la liberté de retourner à Hamstead, quelque îâure quil pût être. Elle partirait seule, tant mieux si je la laissais pur^

344 CLABtSSB HABI.OTI.

tir seule. Tout lui paraissait si révoltant, si insupportable, dans une maison dont niilady Lawrance, qui s*en était informée, avait eDe-môme une fort mauvaise opinion, qu'elle était résolue de n'y pas demeurer la nuit. Remarque,'Belford, que, pour éloigner ses défiances, mes nouvelles parentes ne lui avaient pas parlé trop avantageusement de madame Sin« clair et de sa maison.

La violence de ses agitations m'a fait appréhender sérieusement quelque désordre pour son esprit ; et, prévoyant qu'avant la On delà nuit elle aurait d'autres assauts à soutenir, j*ai pris le parti de la flatter, en ordonnant à mon laquais d'amener sur-le-champ, à quelque prix que ce fût, un carrosse pour la conduire à Hamstead. J'ai tenté de l'effrayer par la crainte des voleurs. Elle a méprisé le danger. Il m*a semblé que je faisais le sujet de ses craintes, et que la maison causait toute sa terreur ; car j'ai vu que lliîs* toire de mUady Lawrance et de miss Montaigu ne lui paraissait plus qu'une imposture. Mais la confiance et la crédulité commencent à lui manquer un peu trop tard.

Que te dirai-je, Belford? l'amour et la vengeance ont pris possession de tous mes sens ! Ils me déchirent tour à tour 1 Les pas que j'ai déjà faits! lesinsligations des femmes I le pouvoir que j'ai de pousser l'épreuve son dernier point, et de me marier ensuite si je ne puis obtenir d'autre composition! Que je périsse si je laisse échapper Toccasion I

Mon laquais ne paraît point encore. Il est près de onze heures.

Enfin mon laquais est arrivé. On ne trouve plus de carrosses, à prix d'or ni d'argent. La nuit est trop avancée. Elle me presse encore une fois, elle me conjure de la laisser aller chez milady Lesson.

— Gier Lovelace! bon Lovelaco I faites-moi conduire chez milady Lesson. L'incommodité de miss Montaigu est-elle comparable à ma terreur? Au nom du Tout-Puissant! monsieur Lovelace I... les mains jointes et les serrant l'une contre Tautre.

^0 mon ange! dans quel désordre je vous vois! Savez-vous, mon cher amour, quel air vos chimériques terreurs ont répandu sur votre charmant visage? Savez-vous qu'il est onze heures passées?

— Ah! qu'importe l'heure! minuit, deux heures, quatre heures du matin. Si vos intentions sont honorables, laissez-moi sortir de cette odieuse maison.

Observe, Bolford, que ce détail, quoique écrit après la scène, est recueilli aussi fidèlement que si je m'étais retiré à chaque circonstance ou à chaque phrase pour l'écrire. J'aime celte manière vive de peindre les choses, et je sais que tu l'aimes aussi.

A peine ma charmante avait-elle prononcé ces derniers mots que madame Sinclair est entrée avec beaucoup de chaleur. — Quoi donc? madame. Eh I que vous a fait cette maison? Monsieur Lovelace, vous me connaissez depuis quelque temps. Si je n'ai pas l'honneur de plaire è une dame si délicate, je ne crois pas mériter non plus qu'elle me traite si mal. Et se tournant encore vers ma charmantOi ses deux gros bras appuyés à revers sur ses côtés : — Madame, je suis bien aise de vous le dire, vos discours m'étonnent. Vous pourriez ménager un peu plus mon caractère. Et vous, monsieur (en me regardant fixement et secouant la tète), si vous êtes un galant homme, un homme d'honneur...

Quelque dégoût que ma charmante eût pour cette femme, elle ne lu avait jamais trouvé que des manières honnêtes et soumises. Son air mal

CLàMUam HAftLOVI. SIS

•I K8 regards farouches Vont fort effmyée.*-* Justice dadelt aTest-élle écriée ; de quoi suis-je menacée I Et toamant de côté et d'autre des yeux comme égarés : — Qui sera mon protecteart Hélas I que vais^je devenir?

— C'est moi qui le serai, votre protecteur» mon cher amour, moi. Mais, au fond, tous traitez trop durement, trop peu charitablement, cette pauvre madame Sinclair. Elle est née demoiselle, elle est veuve d*un homme d'honneur et de considération ; et, quoique les circonstances de sa fortune l'obligent de louer des appartemens, elle n'est pas capable d*une bassesse volontaire.

— Je Fespère : cela peut être, je puis me tromper; nais... je ne crota pas... je ne crois pas commettra aucun crime en disant que je n'aime pas sa maison.

Le vieux dragon s'est avancé d'une enjambée vers elle, les bras eoceie arqués sur ses deux hanches, les sourcils hérissés, les yeux étincelans comme les piqoans d'un porc-épic, ses yeox de furet, à demi fennés, la mine refrognée et le nez raccourci, la bouche torse par la fureur, la Mvro d'en bas assez remontée sur l'autre pour mugir et souffler dans ses narines ouvertes, le menton allongé et bouffi par la violence de son emportement; et de deux: Ohl madame! pronoDcéaavec le môme, air de furie, elle a causé tant d'épouvante à la timide Clariise, que cette chère personne m'a suivi, tout effrayée. J'ai commencé à craindre qu'elle ne tombât dans un mortel évanouissement. Un regard d'indignation, que j'ai jeté sur la Sinclair, a fini cette scène. Je lui ai dit, pour soutenir les apparences, que je ne comprenais pas quelles pouvaient dire ses intentions, soit en prêtant l'oreille à ce qui se passait entre ma Inrime et moi, soit en paraissant devant nous sans être appelée, et bien moins d'où lui venait l'audace de prendra des ai» si violens. En effet, Belflord, je suis peut-ôtre blftmable d'avoir souffert que cette malheureuse ail poussé si loin l'effronterie. Mais tu juges bien qu'elle est survenue sans mon ordre.

La vieille mëgère s'est répandue en pleurs et en exclamations; elle s'est jetée sur une chaise, où les effort:» que j'ai faits pour l'apaiser et pour tâcher de réconcilier ma femme avec die nous ont menés jusqu'à une heura après minuit.

Cest ainsi que, moitié terreur et faiblesse, moitié embarras de voir la nuit si avancée, elle a perdu l'idée d'aller chez milody Lesson et dans tout autra lieu»

LETTRE CCUI.

s. UyVEUGB, A ■• ULPOin.

■ttdiaMti^iajoia.

A présent, Belford, je ne pois aller plus loin : Tœuvra est consommée Clarisse ost vivante, et je suis votre très humble serviteur,

LOVBLACI.

tETTRfi CCLm.

«r MWttUf A a. LaVBLACS*

A wstiora', iiwf6MQi| 14 JnSa

O mofisird! Area»? aawngel qmâ»^ nuKière ki t'es préparée dam me

seule heure criminelle pour le repeniir d'une vie entière! Je reasens on

f^IngrîM îaexptiniMiHa dir seHrd» eet^ inoem^aUe fille. Dans toute la

'ttorhvmaâiiejl. nfy «nraift^Be toîéent elle pût redouter la cruauté. J'avaps

oonamencé une longue lettre dans laquelle je tentais encore d'amollir tu

•a»l»roor to»iCfi9Mr de bMiw»;. ear jern'ai «lae trop prévu quetuiéissi-

vfHfe'k la fûreTiMlrer éSM* cette maudite maieon. Hais» quand je l'as-

rlai^iiiie, je fois qu'elle B^ttt Arrivée trop taod. Cependant je se puis

' m'iMipédi^ de t'écrise pour te presser du laoies de réparer promptemMt

loa crime par la eeiil» voie qui le reste, ûm ùmBl unusege eotaveuaide

ée k permiedioii qo» tu as ebteuue.

Iterfe, paatv» fille l je regMte de ravoir jahaie vue. Avec sod aie-

Miori peavla vwto, ae voir sctvifiée aux (^s viles créatures de aen

aexet Et totf servir d'iirstrnmenlaus puissances de Tenfer pourreséctt-

tieti d'un si barlMbre^ d'un si lâche et si infâme desseiu t 0 le plus efn^,

• fa [jus ingrat de tous les hommes I tire raiiité, je te le conseille, deestte

«elltm détestable. Fats gloire du triomphe que tu as remporté sur une

t'feoiie persoiMie qui se Toit aiftindonnée pour toi de tout ce qu'elle aetit

dfinris m monde, et d'un triomphe que tu ne dois pas à sa faibleaee e^ h

Si'CrMilitév RMis dont tu n'as d'obligation qu'au plus noir ariiflee^ aprts

' tffioir essayé en vain les ruses ko plus étudiées* le ne te dissimnli ftas

•qam est heureux po«r loi oufMpur moi que jeu»8«ispas<soo frère : iàje

l'étais, ton attentat serait suivi de ta mort ou de la mienne.

' Pardon, Lo^élace ; et que la malhetireuse Ckrisse ne souffke point du Vif intérêt tpm je ptends à sâi disgrâce. Au restOf jo n*ai qu'un motif po«r tel frire des excusée : c'est que je ne dois qu'mix confidences de la pMbe la connaissance de cette barbare lâcheté. Tu aurais pu, s'il t'avait pH,

'ta&lh repféâenler comme une séduction ordinaire. •€larfsàe est ti vante, disMfu. Cest ition étoneemene qu'elle vive ; et Mn expression marque assez que toi-même, quoique rien n'ait été capable de t'arrôter, tu t'attendais peu qu'elle surrécût au dernier outrage. Quelle doit avoir été sa désolation aprë^ tant de soins employés pour la garde de son honneur, lorsqu'une, affreuse certitude a pris h place d'une cruelle crainte I Mais n'esl-iî pas aisé d'en juger par la peinture que tu fais de ses tl'tMeporfS', UMMt qu'elle a commencé à se croire jouée, abandonaftOiitvahlepar tes pi^ndnes parentes? Que tu jûes pu, dans cette occasion, voir sa fréné^, la voir prosternée à tes pieds, sans force et sans yotx».eit persister dans ton horrible dessein, c*ést ce qui doit paraître in* croyable à ceux même qui te connaissent et qui ont vu cette femme.

Fille infortunée! avec tant de sublimes qualités, qui auraient orné le nœu4 du mariage le plus illustre, tomber dans les mains du seul homme au monde qui fût capable de la traiter comme tu l'as traitée. Et déchaîner encore ce vieux dragon, comme tu Tas nommée si bien, sur cette innocente beauté déjk éperdue de terreurs. Quelle barbarie à toi I quelle méprisable ressource I dans b vue de surprendre par la frayeur ce que tu

JUiDspiftWd'MMeatf €&fstûmfy qaoiqne ^oDtfdS des' éfrattgème» les yiM inshUéHf.

iSl r Lorrekioe, Ldvièfeeé; 4^aMd jVn âdrMsjM^id douté, é'est à présent ^ Je SM*«l9 «onyaittca <iu'H existe nty autre monde, où la jtistice sera tfHodtte anar mérita injurié, et oft de si hirbares perfidies trouveront leur fUBltiOB. Seraî^i! possiMe affriremant que le di«>iD Soerate et la dirioe Qartiee eussede sonfien? Mais îe veot écarter on moment, si je le puis, et» idées qui ferpnt long^temps la guerre à mon repos. Tai des afiàires ^ me retiendront encore quéf^oes joars^ après lesqtreis je quitte à j»slai» cette maison, t'emmi m'y ar fidèfemeirt accompagna. Je n'anfais jttmtSié dëcoaverf la moitié du respect que je me suis senti réellement pour flioa vieil oncle, si je n'av^s été aussi attaché au chevet de son lit quil fa désiré, et sans cesse témoin, par conséquent, de tout ce qu'il a souffert. &lte oeeasion'méianeolîque peut avoir servi à m^spfrerde l'humanité; HMÉs if est certain que je n'aurais jamais été aotsi insensible que toi à tous les remords, pour ufre mattresse aussi eïcellente de la moitié que In 4MDMU Je ^ ptie, ohev Lovelace, sfr tu n'e» pbs moiDS liomfiie<que dé- .moDi de te lavev sisr-^le'ClMmp du* crime d'iagratifaNle, en t'aceordantà •teNnéme le plus grand henflesr auquel tu poisses aspirer, qui est celui dtaiatre tar lamiiie légitime. 8i €« ne gagnes pas sur toi de lui rendie eetce jttslieer si tu la saerillaiâ h tes maudites femmes, je crois que je ne ImIs pas scrupule de tonipre mmê hmeê aveeM; ou du moinsy tu defs fWeiidre à unetuptitre éternelle.

ta veut savoir ce ^ me rsvieii par la mort de moD onde^ je n'eu Me pae encore certain; car je n'tâ pas eu Tavidité de quelques auties 'persMbee de la famine, qui deiiiien« avoir observé un peu plus de dé- •efliee, comme je leur en ni fait un veproebe, et laisser du nMitts au corps 'Uf temps de se refroidir, «vaut que de commencer' leurs faméliques reébeMlies. Mais, autant qpt fAi pu le recoeilKr de q«keb|iMâ discours du dé- 4mti qui a toucbé ce point plue souvent que je ne Taurais souhaité, je «4Mipte sur quarante mille écus d*argent eu caisse ou dans les fonds pu- MU», outre le bien réel, qui est de cinq cents livres sterling par an. ^BoÉftbieo ne eo^baiterais-je psis qfue fa passiuu fût pour TargeniT La sue* «CMSkHi mrOBtÂt^eUe au double^ je t'abamdenoerais jusqu'au dernier sb^ Mgy è cette seule eoiiditio», que tu me permisses de serrir de père bk ^pMnê orfiiefine, le jom ûef kr célébration.

- i P0àiM b ce que je féerie, mon cher Lovelece* dois Itonnêfe* Accordemoi la satisfaction do te- j^éssnter le plue ptédem trésor fae jamida Ajwui» ail possédé» Alor» je soib b teii corps elânae, jusqu'au damier MHÎieBldema'Vie»

BvMKDv

LETTRE CCZjy. •

Jtadir» f $jem«

. laMMiidy grand vwriaii que «nee^]ais»«molt te dî^aveotM -einiadeSb l^ai-je pes .▼•des petite garçons fuèse^oeuviilienttimidemest 4»ééCe et le visage du bn% tdudie foUio flus|;iuiid bBS .maltraitMlb coups de poing, pour s'être enfuis avec sa pomme ou son orange? Je^te

346 flfr^'^^lf^ BàMWfE»

dois ce le^oéhet loTBqae lu traites si sévèrement ton panvre «mi» 41^ tout injuste que tu es» t'a founii, comme tu l'avoues, les armes que ta emploies si terriblement contre lui. Et pourquoi tout ce hruit, je te le demande, lorsque le mal est fait ; lorsque, par conséquent, il estimposaiMp qu*il ne le soit pas, et lorsqu'une Clarisse n'a pas eu le pouvoir de me toucher? Cependant j'avoue qu'il y a quelque chose de très singulier dans l'aventure de cette belle personne; et, dans certains momenst îe suis tenté de regretter mon entreprise, puisque le corps et l'âme ont éîé d'une insensibilité tout à fait égale ; et puisque» suivant l'expression d'un philosophe dans une occasion plus grave, il n'y a point de différence remarquable entre le crâne du roi Philippe et celui d'un autre homm^. Mais apprends, Belford, que les extravagantes notions des gens ne chafigent rien à la réalité des faits- Il demeure vrai, après tout, que miss Clarisse Harlove n'a subi que le sort commun de mille autres personnes de son sexe ; excepté qu'elles n'ont pas attaché des idées si romanesques à ce qu'elles nomment leur honneur. Voilà tout.

Je ne laisserai pas de convenir que si quelqu'un attache un grand pris à la moindre bagatelle, le vol qu'on lui en fait n'en est pas une pour elle. Je conviendrai que j*ai fait un tort extrême à cette admirable fille. ilaiB n'ai-je pas connu vingt personnes du même sexe, qui, malgré leurs hautes noUons de vertu, ont rabattu de leur sévérité dans Toccasion ; et comment serions-nous convaincus de la foice de leurs principes avant 1'^ preuve? J'ai répété mille fois que jamais je n'ai vu de femme comparaHa à miss Harlove. Sans cette raison, si glorieuse pour elle, peutr-étre n'enrais^e pas entrepris de la vaincre. Jusque aujourd'hui, c'est un ange.: n'est-ce pas ce que j'ai voulu vérifier dans l'origine? D'ailleurs, ma vue favorite était un commerce libre, et ne suis-je pas enfin dans la route qui peut m'y conduire? 11 est vrai que je n'ai à me vanter d'aucun triomplia sur sa volonté. Malheureusement c'est le contraire... Mais nous allons ssr voir s'il est possible de l'amener à quelque douce composition sur un UMd irréparable. Si le premier parti qu'elle prend est celui des exclamatjQna» je reconnaîtrai qu'elles sont justes; je nrasseoirai avec patience, pour lee entendre, jusqu'à ce qu'elle scit fatiguée de l'exeroioe. Peut^tre alors passerart-elle aux reproches. J'en concevrai de l'espérance. Les reproches m'apprendront qu'elle ne me hait point; et, si son cceur est sans hiinc^ il est sûr qu'il me pardonnera. Sij'obtiens le pardon, tout prend une noi^ ▼elle face, Elle est à moi. Je deviens mettre des conditions, et toute l'étude de ma vie est alors de la rendre heureuse.

Ainsi, Eelford, tu vois que je n'ai pas mardié au hasard, quoiqate travers d'une infinité de peines et de remords. Dès le commencement de ma course, je me suis proposé un point de vue fixe. Lorsque tu me presses de lui rendre une généreuse justice par le mariage, je te fais la réponse qu'un de nos amis faisait à son ministre.: — Observe la loi, luidiùit la saint homme. — Sans doute, sans doute ; mais ce ne sera pcnnt aujourd'hui. Tu vois, Belford, que je ne fais pas de léMution contraire à la justice que tu me demandes pour elle ; quand je réussirais même dans ce que j'ai nommé ma vue favorite. Voici de quoi tu peux être sûr : si je prends jamais le parti du mariage, ce ne sera qu'avec Qariase BailAve. Son honneur n'a pas reçn d'altératîoo à mes yeux. Je lui trouve, au 00»traire, un nouvel éclat. Seulement, s'il anive à la fin qu'elle me pv>-

CLARISSE BABLOYB* 349

donne, elle doit apporter tous ses soins à me persuader que Loyelace est le seul dans l'univers à qui elle pût faire la môme grâce.

Mais, hélas 1 Belford, lu ne sais pas tous mes embarras. Que ferai-je actuellement de cette admirable fille T Je suis fflché de le dire, mais actuellement elle est comme tout à fait tlupéfiée. J'aimerais bien mieux qu'elle eût conseryé toutes ses facultés actives, au risque d'avoir été mal* traité par ses dents et ses ongles, que de la voir plongée, comme elle est depuis mardi matin, dans une espèce d'insensibiUté absolue. Cependant, comme elle paraît commencer un peu à revivre, et que, par intervalles, on entend sortir de sa bouche dfô exclamations et des noms injurieux, je tremble presque de me livrer à ses premiers transports. Ne m'aideras-ta pas à deviner ce qui peut avoir stupéfié une jeune personne si charmante, dans la fleur de Tâge et du tempérament? Un excès de douleur, un excès de crainte, a fait quelquefois dresser les cheveux sur la tête ; et nous •Tons lu même, que ces grandes révolutions en ont changé la couleur. Hais qu'on puisse être absolument stupéfié jusqu'à l'insensibilité, c'est ce qui doit causer beaucoup d'étonnement. J'abandonne un sujet qui pourrait me rendre trop grave.

J'allai hier à Hamstead, ou je m'acquittai libéralement de toutes mes obligations. Je n'y ai pas reçu peu d'applaudissemens. Il a fallu publier que ma chère épouse était à présent aussi heureuse que moi-même, et ce n'était pas beaucoup m'éloigner de la vérité, car je ne sais pas trop ce que c'est que mon bonheur, lorsque je m'accorde la liberté d'y faire un peu de réflexion. Madame Townsend, avec son cortège marin, n'avait point encore paru. J'ai dit ce qu'il fallait lui répondre lorsqu'elle se présentera. Port bien, mais après tout (combien d*aprè» tou$ me sont échappés l'un sur l'autre ! ) je pourrais être fort grave si je me livrais à cette disposition. Le diable emporte le fou I de quoi s'agit-il avec moi-même t Je m'admire. 11 faut que j'aille respirer pendant quelques jours un air un peu {lus frais. Cependant, que lerai-je de cette chère fiUe^dans l'intervaliet fue je sois damné si je le fais I Bf éloigner d'un pas, c'est l'abandoner^auz dangereuses créatures de cette maisou, qui triomphent plus que moi de l'événement, et qui se glorifient déjà d'être sur la même ligne* Je D9pea«> serai point à la quitter de deux jours.

LETIBE CCLV.

J'ai eu dans l'instant un petit essai de oe que je dois «Itendie du leasentiment de cette personne lorsqu'elle sera tout à fait rétablie, il tafea reste encore de l'émotion. Etant entré dans sa chambre après Dorcas, je l'ai trouvée dans l'assoupissement que je t'ai décrit, quoiqu'il ait commencé à diminuer par interyalles, et je me suis efforcé, par les plus tendres discours^ d'adoucir et de calmer son esprit. A peine croyais^je être entendu. Cependant, au milieu de mes flatteries, elle a levé au ciel, sans prononcer une parole, la permission épiseopate que j'avais eu soin de lui laisser, comme les malheureux Catalans lofèrent leur traité anglaia dans les plus pressantes extrémités du siége^ pour deaiander apparemment tengeance au ciel, ou pour arrêter de nouvelles hardiesses dont elle me soupsonnait. Heureusement le dieu du êomwmlt pu pitié pour le trem» Uant Loîelace, a secoué ses pavots sur les yeux à demi noyée de la belle

850 ÇLARIS8B PABLOVE.

qai root rcploogée 4ans uo profond sommeil, aTaQt q^a*e11e 9it pu açbe*» Ter la prière ou l'imprécation qu'elle méditait.

Celle circonstance, jointe h celles que je l'ai dé]^ marquées^ te fera Juf eif qu'on a fait usage d'un peu d'art. Mais c'était dans une vue généteus^f^ si le terme ne le choque pas à cette occasion, et pour diminue^ le scnliment d'une douleur irbp vive. Cest une ioTention que je n'avsjs jam^ employée^ et qui n0 me serait pas venue % fesprit, si madameSàflnclairno me l'avait proposée. Je iv& en ai laissé lé n^énagement, et je d'ai fait quj^ b maudire depuis, dans la crainte qu'une excessive quantité n*ait abruti pour jamais un esprit dont j'adore les agtémens et les lumières. VoilK moti inquiétude : car je conviens que cette malheuretise fille ne devait pas être traitée si cruellement. MaÛieureuse^ n'ai-jo pas dit? Je crois que

1e me laisse gagner par too pHoyalUe stjle. Uais ne suis-je pas ap ond le plus à plaindre, puisque son insensibilité m'a dérobé Jusqu'à pté^ seot' toutes mes joies t '

Mon dessein n^étalt pas de t*avouer cepe(î( tour innoeentj ou du moio^ pii Vêtait dans mes intentions ; mais je suis ami de Tingénuité, surtout avec toi ; et comme je ne puis ni^empéclicr de If écrire d'un ton plus 36^ deux que je n'y suis accoutumé, peut-être si je l'apprenais la véilté; fimaginerais-tu que je suis fâché de l'action même, et' t'aviserais-tu de prendre beaucoup de peine à me faire de plates exhortations ^n faveur du mariage, qui m'ennuieraient aussi par leur pesanteur et leur insipiditf. D'ailleurs, si je ne t*ava(}s pas fait cet aveu, il pouvait arriver, un jour <Mi l^antre, qu'on eût fait quel(;[tie' récit aggrave de raventnr^; et je te connais une si bautp opinion de la vertu de ma charmante, que tu aurais été lOttt h fait déconcerté, si tu avais eu raison de penser qu'elle se fût Ma* fH vBincre de son consentement^ ou qu'elle eût eu la moindre faiblesse (b v^fonté. Aihsi tu vois qu'^fle m'a quelque obligation, lorsqu'aux à6^ pèns de mon bonheur, je t'ai donné îles armes pour la défense du sien: ya>foi, tu sois à présent 4ous mes secrets.

' ITa'^ras -que Je stfis un horrible personnage, eemnie les deux amies se ^Msent à éire que jeeuis un Snfftme vilain ^ un Belsébuth déchaîné. MelB <tofe^ que tous ne disiez pas moins, les utas aux autres, avant oetl^ demièfe uvcntoro ; et je (eprie de ne rien dire de plus, si tu ne veut pas me rendre tout à fait sérieux avec toi, et me faire croire qu'en purlant de romj^e une laneej tu pousses l'idée plus loin que je ne veux me le persuader. La faute n'est^cÀle pas lsile?Sepeut-il qu'elle ne le soit pas? et ne dois-je pas en twer,>»#u^lv f^i^^n'il m^ sera possible? Je te demande d'autant plus d'attention pour ma prière, et un secret d'autofll piii8liip«4dkA>le, -que je eommenee è oraittllie qoe la pisllien ne VéoBtpesie eor le famé; ne fàP<eqoepar «ee prefues télexions.

OTTRE CaVÏ*

M* IJOVELACB,* A «. BtilMED.

Tan «mttttetne chifriM, maie feepàie'qu*élle «e le fetiendUe pis Ifii^tenipe au4it. le me sul^faM raeenler par 4eo laquais cembien JIsPen eetfuu fallu ifoiè ta «ete •seis^aseé le^t^ou; Puisée ta chute ne présager nen de pie I M floe^emble «qnetu n'es plus d'une humeur aussi etitrepre*' aMM, ^ue ttteO'ftfisiBds gloire Mitfefoîi. Cependant, gaiou'in^lanooliftte»

ti|ifiri3 qm Je cou d'un liberlin çst toujours en daoj^; 9I ce n'est f^s du côfôde Injustice, c*est de la {liprt de son propre cl^vàl. Cette bête me parait vicieuse et je to conseille de ne jamais remontq)r dessccs. C'est tvcqp' qv.eie ca?aUer et le cheval soient vicieux tout à la fois.

Tu me fais exhorter par ton laquais à coutinuer de l'écrire dans ta solitudp forcée et de dissiper ton ennui par mes lettres. Mais comment sera{s-je amusant pour les autres, lorsque le sujet Testt si peu pour moi? César n'avait jamais connu le poids de Templre jusqu'à ce qtnl (ftt par- TÇnu au point où Pompée avait été ; c'est-à-dire au dernier terme de ràmfoilion, et (on ami Lovela^e n*a jamais su ce que Cest qu^humeor so03bre avant que d*avolr rempli ses désirs sur la plus charmante d^ tou^ ' tes les femmes, comme César sur la plus puissante république du monde. ' Q|ie dis-je, rempli I lonqu'il y manquo le consentement, la roUonté, eC' que j*aspire encore à ce bien.

Cependant, je suis prêt è me joindre h tôt, dans le regret qnè ta as, me fais-tu dire (quoique l'idée ne soit pas des plus obligeantes), que tu diS(gr&Ge «e me soit pas arrivée h moi-même avant la nuit de lunru dernier f car la pauvre Clarisse est tombée dans un excès tout opposé à oelui dont Je t'ai fait le récit dans ma lettre précédente. Elle est trop vire à présent, comme elle était auparavant trop stupide» S'il ne lui restait pas quelques intervalles lucides, on la croirait absolument folle« et je serais obligé de la faire renfermer. Ce nouvel accident me jette dans un tit)uble affreux, ie crains réelloment que sa raison ne soit attaquée sans ressource. Qui (fiable aurait appréhendé de si étranges effets d'une cause^ aussi légère ? Mois ces filles h grands sentimens, ces âmes (li^tlqgaéès qui se sont données comme en exemple k tout leur sexe Qe reconnais qu'jl s'en trouve à présent}, sont «i difuciles à réduire au niveau com-' mun, qu'un homme sage qui préfère son repps à1à|(lpiré de le3 vaittcre ' ne doit rien avoir à démêler avec elles.

tocsque je me bis la violejice de paraître devant dlé, je n*épargtii0i lièto' pour caîmer ses esprits» Je lui demande pardon, le lui ià\s des sermens' détonne foi et d'honneur* Que n'ai-je pu lui persuader; dan'sma'pre-' m&iQ visite, que nous étions actuellement mariés, et confirmer par des témoins, que la cérémonie avait été céiébiée la nuit dti lundi't Quoiqu'elle «lit la permission entre ses mains, je m'imagine que, dans s6n désordre, elle m'aurais cru, et les conséquences en auraientétécharhiantes ; maipllest trop tard. J^ahandoonç cette esfMrance, e^ je lui proteste k' piéâen^ que ma résplulion est de T^ouser au moment ,<{ue j^àpprehdr^' si son oncle veut nous accorder sa présence )l la célébration.

Mais elle demeure sdus réponse. Elle ne prC^le l'oreille % Hçn ; et'Mt d^s ^es momens de (rouble .ou de raison , fop$eft^e ((iféMé ne suppérfë^' rien j»]us impaUemmeni que ma vue. h sub pétiêtré de nitié' jusqu^û ' fond du «œur. Je me maudis mui-même, léréque je ta vois dans ses accès, et que j*8\ppré][iende kt perte absolue dés armantes facultés de spn' Ame^ mm je tonme enivre ptîis Jtné? ImprécattoQs sdr le^'ferameâ ^^ vj^ni idspiré ce fatal expédient. Dieu I P!eu I quels tijstes elfét^ il a produîts,*et quelavaniage en ai-Je tiré? La nUlt passée^ podT la jl^mière'tdb' depuis lundit elle û demande ùnp plume et du napier"^ mais elle ne œase ' pas\d*Àsrire avec unepréci^pllatién, qui ntn^ue le désohli^ de son espcii» Cependant j'esi^e jg^ue cet exercice pourra servir à le calmer.

JDprcas me dit h Tioatant que tout «^ q/eU^ ^rii' elle le $H<9iirei el'

3S2 CLÀRIdU HAILOVB.

qu'elle jelte les fragmens sous sa table; soit qu'elle ne sadie ce qn*6ll« fait» ou qu'elle ne soit pas contente de ses premières idé^. Ensuite eQa se lève, elle se tord les mains, elle pleure , elle cherche autour de sa ■ chambre une place pour s'asseoir ; et retournant à sa table, elle se remet ^ dans son fauteuil, où elle reprend sa plume.

Dorcas m'a remis de sa part une lettre assez bizarre ; quel autre nom puis- je lui donner? Portex ceUe leUrej lui a-t-elle dit, ^au plu$ làehê d§ toui Ui hommes. L'impertinente Oorcas s'est hâiée de me rapporter, sans autre adresse. J'ai commencé à la transcrire, dans le dessein de l'envoyer la copie. Mais elle est en vérité si remplie d'extravagances , que je ne puis aller jusqu'à la fin ; et l'original est trop singulier pour sortir de mes mains. Je te transcrirai néanmoins quelques uns des papiers qu'elle a mis en pièces ou jetés par terre, pour la nouveauté du spectacle, et pour te Caire voir combien son esprit travaille, depuis qu'elle est dans ce triste état. C'est te fournir de nouvelles armes contre moi. Mais épargnetoi les commentaires. Mes propres réflexions les rendent inutiles. Dorcas, craignant que sa maîtresse ne demande ses fragmens, souhaite de les remettre dans le lieu où elle les a pris.

Will, que j'avais chargé d'une commission pour Hamstead, et tu juges aisément dans quelle vue , revient m'apprendre que madame Townsend alla hier chez madame Moore, accompagnée de trois ou quatre honmies de fort mauvaise mine. Elle parut entendre avec beaucoup d'étonnement, que je suis parfaitement réconcilié avec ma femme , et que deux belles dames de mes parentes, qui étaient venues la voir, l'ont engagée à retourner à Londres, où elle est extrêmement heureuse avec moi. Elle soutint que nous n'étions pas mariés, à moins que la cérémonie n'eût été célébrée à Hamstead; et les femmes étaient bien sûres qu'il n'y avait pas eu de célébration dans leur bourg; mais ne l'étant pas moins que madame Lovelaoe est heureuse et tranquille, elles n'ont pas trop ménagé les auteurs du désordre, lorsqu'elles ont su que madame Townsend est liée avec miss Howe. Comme je suis sûr que ma belle ne peut écrire ni recevoir aucune lettre, j'ai peu d'inquiétude à présent de ce côté-là. Je m'imagine que miss Howe sera fort embarrassée de ce qu'elle doit penser, et qu'elle ne se hasardera pas à chercher des éclaircissemens par les anciennes voies. Peul^tre àupposera-t-elle que son amie a changé de disposition en ma faveur, et qu'elle a honte de Favouer. Quelle autre idée pourrait-elle prendre, lorsqu'elle ne reçoit rien de sa part, et qu'elle est bien persuadée que sa dernière lettre lui a été remise en mains propres T

Bb attendant ce que l'avenir nous prépare, il m'est tombé dans la tête un petit projet d'une espèce nouvelle, sahs autre vue, je t'assure, que celle de me procurer un peu d'amusement. La variété a des charmes auxquels je ne i^ste point. Je ne puis vivre sans intrigue. Ma charmante n'a point à présent de passions, c'est-à-dire, aucune de celles que je Inisoidiaiterais. Elle exerce uniquement mon respect. Je suis actuellement plus porté à regretter mes offenses qu'à les renouveler; et Je conserverai celte disposition jusqu'à son rétablissement, parce que je ne puis savoir plus tAt comment elle les aura prises.

T'apprendnd-je mon projet? Il n'est pas d'une profondeur extrfone. C'est de faire venir ici madame Moore, miss Rawlings et ma veuve Bevis» 9ii souhaitent beaucoup de rendre une visite à madame Lovelaoe, à préaient que nous menons une vie si heureuse, et si Je puis arranger les dr*

GLAIII88E HAMU>TB«

eowfances à mon gré, Bellon, Mowbray, Toamll et moi, nous enseignerons à CCS Irois femmes un peu plus des allures de celle méchante fille qu'elles ne paraissent en savoir. Pourquoi m'auraient -elles connu sans enitevenir et meilleures et plus sages? Je voudrais bien qu'on s'ayisât de disputer aux libertins les lumières de l'expérience I Deux de ces femmes m'ont causé assex d'embarras, et je suis sûr que la troisième me pardonnera de lui avoir fait passer agréablement une soirée. Tiens, je me sens dans le besoin absolu de quelque partie folle, et celle-ci me promet de l'amusement. Ces femmes me connaissent déjà pour un homme fort libre et ne m'en aiment pas moins, ou je suis trompé. J*aurai soin qu'elles soient traitées assez librement, aux yeux l'une de l'autre, pour être obligées, en bonne politique, pour tenir conseil ensemble. N'est-ce pas leur rendre un 1res bon office, puisque c'est former un nouveau nœud d'union et d'amitié entre trois voisines qui n'ont eu jusqu'à présent l'une à l'autre que dos obligations communes? Tu n'as pas besoin qu'on t'apprenne que les secrets d'amour et ceux de cette nature sont généralement le plus sûr lien du commerce entre les femmes. Cependant, si la raison revenait heureusement à ma charmante, j'aurais assez de nouvelles affaires pour employer toutes mes facultés, sans qu'il soit besoin de leur chercher d'autres occasions. Combien de fois t'ai-je fait observer qu'elle a servi, saus le savoir, à sauver do mes mains une prodigieuse quantité d'autres filles.

Samedi aa loir.

Suivant le récit de Dorcas, la chère personne semble un peu revenue. Je me hfllerai d'en donner avis au digne capitaine Tomlinson, afin qu'il en informe aussitôt son oncle Jules. C'est de ce cdtc-là que je veux tirer mon principal secours pour calmer sa furie, ou du moins pour en rabattre la première violence.

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