‹ Clarisse HarlowChapitre 37 sur 62 · LETTRE CCLXIX · texte numérisé non relu

LETTRE CCLXIX

iU IMBUGB, Â, M. BELFQin»

An châteaa 4e M..., mdtdf, 87 Juin, a minuit.

Ta lettre arrive k l'instant.

Quel homme d'honneur je te vois tout d'un coup 1 Ainsi denc, pfands le caractère imagioaired'ungaraat, pour me menaeer ? 5i je n'étais pas heureusement déterminé en faveur de cette chère personne, je n'aurais pas pensé è t'employer- Mais je te dirai en passant que, si j'avais changé de résolution après t'avoîr engagé dans celte entreprise , je me serais contenté de t'assurer qw» tells «vaii été mm iflkeolion lorsque tu t'étais engagé pour moi, et de t'expliquer les raisons de mon changement ; après quoi, fe t'aurais laissé anx inspirations de ton propre cœur. Le mien n'a jamais eonnu la crainte d'un homme, ni celle d'une femme, jusqu'au temps où j'ai commencé à voir Qarisse Harlove; ou plutôt, ce qu^est beaucoup plus surprenaot , jusqu'à ce qu'elle soit tombée sous mon pouvoir»

Tu es doucrésolu de ne voir cette charmante qu'à cectaioes oeaditionst Bb bien ! ne la vois pas , et n'en parlons plus, filais j'avais feit laal de fend sur l'estime que tu m'avais manquée pour elle, que j'ai ccu te iaire autant de plaisir qpe tu me rendras de service. De quoi est-ii fuestion? De lui pmuader qu'elle doH consentir à la réparation de son laonneur. Car à qui ai-je fait tort qu'à moi*même, en me dér<^nt mes propres iaiest Et s'il y a quelque favoreble disposUiim dans son cceur, que nous manque-t-il à présent, que la cérémonie ? Je l'offre encore. Mais si la

fUMe leCiiesar nain, si e*^t inutilement que je tonds la ttienne» que puisjè de plus?

* Je lui éeris encore une fois. Si son obstination et son silence con-

' iiiuent après cette lettre» ses reproches ne doivent tomber que sur elle-

' môme, filhûs» après tout, mon cœur est entièrement à elle. Je l'aime au

delk de toute expression, et je ne puis m'en défendre. Ainsi j'espère

qu^dle recevra ces dernières instances aussi favorablement que je le

désire. Tespète qu'après avoir reconnu le pouvoir qu'elle a sur moi, elle

ne prendra pas plaisir , comme une femme ordinaire, à me chagriner, à

me tourmenter par des affectations et des caprices. Yeut-eÙe me faire

"grâce, pendent que j'écoute mes remords? Je n'épargnerai rien pour la

rendre heureuse. Car plus je me rappelle tout ce qui s'est passé entre eHe

' el mot, depuis le premier moment de notre liaison , plus je suis forcé de

'feconnaitre qu'elle est la vertu même, et qu'il n'y en eut jamais d'égale

~ h la sienne.

' lorsque tu me proposes de lui hisser le choix d'un autre jour, consi- "dèr^*tu qu'il est impossible que mes inventions et mes ruses demeurent ''oacfaées plus long-temps? C'est ce qui me rend si pressant pour jeudi; d'autant plus que je m'en suis fait comme une nécessité parles suppositions qui regardent don oncle. Si je reçois quatre mots de sa main, il n'y a point d'obstacles ni de fatigues qui puissent m'empêcher d'arriver jeadi ; et quand il serait trop tard pour Theura canonique à l'église, son appar. tement ou tout autre conviendra également à la scène. Il n'eu coûtera que de l'argent » et je ne Pai jamais épargné pour elle. -

Poux te aire connaitre que je^ ne te veux aucun mal, je t'envoie la copie de deux lettres, l'une pour elle, c'est la quatrième, ce sera nécessaire- ' ment la d^mièie; l'autre pour le capitaine Tomlinson, tournée comme tu ' tertaSy de manière qu'il puiase-ia lui montrer.

A présent, Belford, soit que tu prennes part ou non k h conclusion de vaireliistoire, tu connais mes intentions.

LETTRE CGLTOL

H, LOfEUGiy â 1II8B- CUEISBB HASlOfB.

Au chliean de M..., mercredi, à une beoie dn nallD.

V9& une ligne, ma très chère vie, pas un mot de réponse h mes trois lettres! Il reste si peu de temps, que celle-ci est absolument la dernière Mfue TOUS puissiez receyoir avant l'heure importante qui doit nous unir par des nœuds légitîmeSé

M. Belford appr^ende que ses propres affaires ne hri laissent pas la liteité 4b vous voir assez tôt. Je regrette d'autant moins ce contre-temps 'qbe je me suis assuré d'une autre personne dont j'espère que la visite TOUS sera plus agréable : c'est le capitaine Tomlinson, à qui j'avais écrit dans cette vue avant que d'avoir reçu la réponse de M. Belford. Je souhailenisparlieBlièrement de l'engager à vous voir aujourd'hui, comme un irrélude naturel de l'office qu'il doit exercer demain. Cette espérance l'o- Wgeant dese rendre ce soir à Londres, je l'ai informé des termes oh j*ai 16 malhBur d'être avec vous, et je l'ai supplié de me faire connaître dans cette occasion que j'ai autant de part que votre onde à son amitié, puis- ^ ^406 Ibtia^ doit être rompu, s'il ne peut rienr obtenir de vous en ma fa-

380 GUaiSSR BARLOTB.

vear. Il me renrerra aussitôt le messager, aa derant duquel j*irai Jusqu'à Sloug, pour continuer ma route vers Londres avec des transports de joie, ou pour retourner au château de M..* dans une mortelle tristesse.

Je ne devrais pas, s*il m*était possible, anticiper sur le plaisir qoe M. Tomlinson s'est râservé de vous apprendre que, suivant toutes les apparences, votre mère entreprend de seconder les vues de votre oncle. H lui a communiqué ses louables intentions. Elle l'en a remercié avec un torrent de larmes, et ses résolutions comme celles de M. Jules dépendent du succès de demain. Ne trompez pas, je vous en conjure, pour l'intérêt de cent personnes comme pour le mien, l'attente de ce cher oncle, de cette chère mère, dont je vous ai tant de fois entendue .regretter Taffeclion.

Il peut vous paraître difficile que j'arrive à Londres pour l'heure canonique. Mais si toute la vitesse de ma course ne répondait pas à mes dé* sirs, la cérémonie pourrait être célébrée avant la nuit dans votre propre appartement, et M. Tomlinson n'assurerait pas votre oncle avec moins de vérité que toutes ses intentions ont été remplies. Dites seulement au capitaine que vous ne me défendez pas de me jeter à vos pieds, c'est as* sez pour y conduire à l'instant, sur les ailes de l'amour, votre

LOVBIsàlGM.

LETTRE CCLXXI.

■• lOTBLACK^ ▲ H. PATRICB aAG-DONiOJ).

Aa ebâieta de >..., nereredl, à deux hearet àû nMÊÊ»

Cher Mac-Donald, le porteur de ces dépêches est chargé d'une leltve pour ma belle, que je me suis donné la peine de transcrire pour vous. Cette copie vous instruira plus sûrement qu'un extrait. Elle vous fera juger aussi des raisons qui m'ont fait avancer la date de celle que je vous adresse sous le nom de Tomlinson, et que vous ne manquerez pas de lui montrer comme en confidence.

Je ne cesse pas, cher Donald, de faire fond sur votre adresse et sur votre zèle, à présent surtout qu'il faut renoncer è l'espérance d'un commerce libre. Ce système est impossible, j'en ai reconnu l'illusion, et je suis déterminé par conséquent au mariage, si ma belle ne laisse point échapper le jour. S'il passe, ce jour fatalf je vous informerai le lendemain de mes résolutions.

Votre esprit s'exercera sur l'ouverture qui regarde sa mère. C'est on fonds riche qui peut fournir de quoi la toucher. Prenez, s'il est nécessairOf un ton d'autorité. Il serait bien étrange qu'une ÛUe de dix-sept ans l'emportât sur un homme de votre âge et de votre expérience. Feignez de sortir brusquement, si vous lui voyez quelque doute de votre honneur. Un esprit doux peut s'échauffer, mais on le ramène aisément à son étal naturel par les apparences d'une colère plus violente que la sienne.

Si celte entreprise a le succès que j'espère, je vous mettrai en état de n'avoir plus besoin, pour vivre, de votre maudite contrebande, qui vous conduira tôt ou tard à quelque fatale catastrophe. Nous sommes tous assez loin do la perfection, monsieur Mac-Donald. Cette charmante pei^ sonne me rend quelquefois sérieux, en dépit de moi-même.

Je vous envoie dix guinées par le courrier. Ces petits présens ne sont

CLAEISSB BAALOVE. 381

que les arrhes d'un bienfait plus important. Je sais très content de ?ou8 jusque aujourd'hui.

A l'égard des habits dont tous aurez besoin pour la fête , la rue de Monoiouth ?ous en fournira. Un habit tout à fait neuf ferait nattre quelque soupçon. Mais tous pouvez attendre à vous occuper de ce soin, quo TOUS vous soyez assuré du consentement de ma belle. Votre habit de campagne suffira pour la première visite. Ayez soin que vos bottes ne soient pas trop nettes; que votre linge soit un peu chiffonné. L'excuse est simple. Vous ne faites qu'arriver. Souvenez-vous, comme je l'ai dit la première fois, de porter quelquefois la main au cou, d'étendre négligemment les jambes , de badiner avec vos gants ou vos manchettes , comme si vous étiez assez important pour vous croire au dessus de l'exacte politesse. Votre flge vous en dispense. 11 n'est pas question de plaire. N'êtes- vous pas père de plusieurs ûlles aussi âgées qu'elle? trop de respect et de complaisance vous rendraient suspect. En un mot, faites l'homme de conséquence, si vous voulez être écouté sur ce pied.

Il me semble que je n'ai rien de plus à vous recommander. Mon dessein est effectivement de me rendre à Sloug. Adieu, honnête Donald.

LETTRE caxxn.

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