LETTRE CCXCIV
B. ttUQED^ A, IL LOVBLACE.
Bioindia an toiv, ISJvfllêl.
Be quélfo détestaVlh arentore as-tu résolu de me rendre témoin T Ta feuK le prendre* sérieusement eu t*en'faire un sujet de raillerie situ i«0s; maie je t'apprends- que Texoelktote femme dont tu ne te lasses pas #ftitrag8« la vertu ne sera plus long»-temips ton jouet ni celui de la £Dr- IMiMk Ouel Lovelaœl Jëvai» te peindra une scène qui n'a pas iMSoia d'art pour tirer des larme» dé tes yeux mêmes » et du sang do ton cœur uwluick'
Uu». toiiaettl, qui devrais portier du secours à miss Harlove dans sa
CLARISSE HARLOVB. 4fl
prison » puisqae lu es le seul auteur de ses infortunes. Cette comnrfssîon est au ddssus de mes forces ; au dessus des forces de tout autre que toi. Kë me dis point que tu n'as rien à te reprocher ici du cOté de l*in(endon. (Test une suite naturelle de tes ordres généraui; et ceurqui eon-> naissent Ces autres indignités ont cru te plaire par cet infâme service, lussi peux-lli compter qu'il a consommé ton barbare ouvrage; et je te conseille à présent de publier que tu penses sérieusement h Tépouser» quelles que soient là-dessus tes intentions, tu le peui avec sflrelé. Elle ne vivra pas assez long-temps pour mettre ta parole h l'épreuve.
Votre messager, tendre Lovelace, m'a trouvé dans ma maison d*B!gdL waTe,et j'ai volé à la ville , où mon empressement m'a conduit d'abord chescta misérable Sinclair. Je n'étais pas sûr que miss Hariove ne fûC/pas exposée aux insultes de* ces horribles créatures, et peut-iMœ par tes pvth jpt^s ruses, pour la faire entrer dans tes rues à force de chagvins et d*hauiliations. De là je me suis rendu chez Tarcher. Sally, qui en était revenue, m'avait dit que Tinforlnnée Clarisse avait refusé de la voir, et, que dans Texoèsde son abattement, qui faisait craindre pour sa vie, elleaviit déclaré qu'elle ne verrait personne de tout le reste chi jour.
Il ne me restait qu'à recueillir des informations. J'ai soigneusement Interrogé ses garde» sur les circonstances de cette horrible avenmro, sur sa conduite et sur Tétat de sa santé. Ensuite étant retourné chez la Sia** dair, je me suis fait raconter tout ce qui s'était passé de la part des trois 'femmes de cette maison.
Lorsque , pour récompense du service qu'elle a cru te rendre , j'ai assuré la Sinclair de ton exécration et de h mienne, elle en a paru fort étonnée. Ello croyait te connaître mieux, m'a-t^lle dit, et loin de s'diro attendue à des malédictîone, elle prétend mériter tes remerciemens. fiBOdant que j'étais avec elle et ses deux nymphes, j*ai va arriver leur messager, jurant et faisant d'horribles plaintes du traitement qu'il a reçu de toi, pour une nouvelle qu'il supposait capable de te causer des tran»-
torts de jois et dont il avait espéré sa fortune. Au fond , quel étrange orome tu es, de maltraiter les gens pour lessuttes de tes propres faute»! Mais quel rôle, encore une fois, vais-je fiiiro demain dans l'entrôlien que je me flatte d'obtenir do la* trt^ Clarisse, moi qu'elle connaît pour tim intime ami, moi qui ne peux me présenter qu'en ton nom I
n est fort tard. Je m'arréfte ici pqur prendre un peu de repos. Regarde ce ^e xe viens d'écrire comme une préparation à ce que le jour de de* main puurra m'ofîrir. Ton courrier me dit qu'il ne doit pas partir sans OUI réponse, et qu'il a ordre de marcher tDote la nuit; mais je juge à
Sipos de le retenir. Si je trouve demain quelt^ue di^ûculié à'vmr iniis rlove, je le dépécherai aussitôt arrec cette lettre. Qu'il so g;arde de t«s toiportemens, c'est sou affaire, si les nouvelles qu'il te portera ne répeident pas à ton attente. Mais si je suis admis, tu recevras leut à la ibis eecte lettre et le sésultat de ma visite.