‹ Clarisse HarlowChapitre 54 sur 62 · LETTRE CCCXXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CCCXXXVI

M. LOVBLACB, A M. BELFORD.

■ardf, tTant

Maudite étoile I j'ai perdu encore une fois mes peines. Il était environ huit heures, lorsque je suis arrivé chez Smiih. La femme était déjà dans son comptoir.

— Bonjour, vieille connaissance, lui ai-je dit en l'aburdant. Je sais que mon amour est dans sa chambre. Qu'on raverlisse que je suis ici, que j'attends la permission de monter, et que je ne me paierai point d'un refus. Dites- lui que ju n'approcherai d'elle qu'avec le plus profond respect^ et devant les témoins qu'il lui plaira de choisir.

— En vérité. Monsieur, vous vous abusez. Madame n'est point au logis.

— C'est ce qu'il faut voir , ai-je répliqué. Will, lâche de savoir si elle n'est pas dans le voisinage ; mais sans perdro de vue cette maison, de peur qu'elle ne sorte pendant mes recherches. Will a suivi mes ordres. Je suis monté sans autre compliment, en homme connu, et suivi seulement delà femme. J'ai visité chaque chambre, ài'excepiion de celle qui élait hier fermée, et que j'ai trouvée dans le même état. J'ai appelé miss Harlove du ton le plus ti ndre; mais un profond silence m'a convaincu qu'elle n'était pas chez elle. Cependant le fond que je faisais sur mes intelligences ne me permcitait pas de douter qu'elle ne fût dans la maison. Je suis monté au second étage. J'ai fait le tour de la première chambre. Point de miss Harlove.

— Et qui loge ici? ai-je demandé en m'arrêtant à la porte roisine.

— C'est madame Lovick, monsieur, une dame veuve.

— Quoi ! la chère madame Lovick ? me suis-je écrié. Je connais son excellent caracière, par le témoignage de mon cher ami M. Bellord. — Âh! madame Lovick, faites-moi la grâce d'ouvrir.

Sa porto s'est ouverte. — Votre serviteur, madame. Ayez la bonté d'excuser. Vous savez mon histoire. Vous n'avez pu refuser votre admiration au modèle de toutes les femmes. Chère madame Lovick, ne m'ai^ prendrez-vous pas ce qu'elle est devenue ?

— Hélas I monsieur, elle partit hier, dans la seule vue de vous éviter.

— Comment a-t-elle pu savoir que je devais être à Londres?

•» Elle a craint votre arrivée, lorsqu'elle a su que vous commenciez à vous porter mieux. Ahl monsieur, quelle pitié qu'un homme tel que vous paraissez soit capable d'en user si mal avec riunocence et la bonté même?

486 CLARISSE HAaLOVB.

La plaisanterie, Belford, n'aurait point érô do saison avec une femme de ce caractère. Je Ta! suppliée de me dire où je p<^UTëis «espérer devoir' cette chère personne. J*ai pris le ciel à témoin que je ne Touiais ni l'of*' fenser ni lui causer le moindre effroi.

* Monsieur, m'a dit la veaye, votre Tisîle lui causerait la mort, le ne TOUS déguiserai point la -vérité : «lie revint ihier hier au soir, quoique dans un état qui ne lui aurait pas dû permettre de quitter «son lit. — BUeretint pour mourir ici, nous dil^lle , et persuadée qoe s'il lui étaH impossible d'éfiter rotre vue, elle mourrait en votre présence.

—'Cependant, être sortie si matin ! Quelle apparence, ma dièroTenref

— Je puis TOUS assurer, monsieur, que, dans laeraini&'de'TOtffe're^ tour, elle n'a pas pris deux heures de repos. Ses alarmes lui ont donné -de la force ; elle a pris d^ porteurs oe. matin, et nous ignorons oii elle s'est retirée. Je crois que son dessein était de se faire conduire au bord de la rivière pour y prendre un bateau: «er eHe aepeut soutenir le mou* vement du carrosse : elle s'en trouva hier fort mal.

— Avant que d'aller plus loin, ai-je repris, s'il est vrai qu'elle spit sortie si matin, vous ne sauriez trouver mauvais que je visite tous les appartemens de cette maison, parce qu'on m'a garanti -qu'elle 7 est ac tuellement.

— Soyez sûr, monsieur, qu'elle n'y est pas. Vous êtes libre de vous satisfaire : mais nous l'avons conduite à sa chaise, madame Smith et mcIL Elle nous a dit : — Où puis-je «lier, madame Lovickt Où dois-je me réfugier, madameSmith? Cruel, cruel persécuteur! Que>le ciel lui accorde la paix qu'il me refuse I

— €her amour I me suis-je écrié. J'ai baissé les yeux et j'ai tiré mon mouchoir.

^lA veuve a pleuré. — Je souhaiterais, a-t-dle dit en soupirant, de ne ravoir jamais connue. Je faime comme ma propre fille. Madame Smith était eu larmes.

J'ai perdu alors toute espérance de la voir aujourdiiui. J'étais également chagrin d'avoir manqué l'occasion, et d'apprendre qu'elle se portât 1^ mal. — Plût au ciel, ai-je dit, qu'elle me donnât le pouvoir de réparer mes injustices ! Je ne suis qu'un malheureux ingrat. Vous savez, madame Lovick, combien je l'ai outragée, et tout ce qu'elle souffre de ^es cruels parens.'C'est le second de ces deux maux qui la pénètre jusqu'au fond du cœur. Sa famille est la plus implacable qu'il y ait au mondo ; et cette chère personne, en refusant de me voir et de se réconcilier iivec moi, fait un peu trop connaître qu'elle est du même sang. ' — Ohl monsieur, a répondu la veuve, rien ne convient moins que ce reproche àl'infortunée miss Harlove. Jamais je n'ai vu tant de douceui^ dans une femipet une piété si édifiante, un naturel si disposé à l'oubli des offenses. 4^le s'accuse sans cesse. Elle excuse ses parens. Pour von^, monsieur, elle vous pardonne; elle vous souhaite toutes sortes de biensj et* plus de bonheur qu'elle n'en espère. Pourquoi, monsieur, ne voulezvous pas la laisser mourir en paix?G*cst tout ce qu'elle désire. Comment pôuvez-VQUs persécuter une jeune personne, sur laquelle vous n'avez pas d'autres droits que ceux de la violence, et qui est sans protection pour sfen défendre?

Madame ' Lovick s'est Temise à<pleurer. 'Madame Smith' a-pleuré aussi.' JÊà Chaise m^t devenue incommode, et j^ dumgé de place pipsievs

tm^r^ Y-çm^^'^à 4U h vQUYe, quelques pâs9ag90>(^jxû$^ja|ff|pKfi/fi, tâi^9c;tît3^ Cuite 4iuii, ,de soa livre de prières, pour s'çn jbire m pfii^tfy , in^/JiiiA(ioD. £Ue m'a permis d*au tirer une copier et je ptoi^dr^ hii^f b^(0 4e yo\is Jtes lire, $i j'en pouvais espérer quelque eUet. ^

J..é tilre» pi;Qauèriemeat, sentait Fesprlt des Harlave : SurUtf^^iiQh' y Itotû de l'ennemi de mon âme. C'étaient différens versets de .psaumo^ # i Ie.^J)aTjLd demande au .cieLde le délivrer du méchant JiiOiK^;mief -ép l'bpmme violent qui jae médite que du mal dans son cœur, qui tend dia » pié^QS.ii l'innocence; et d'autres oà il se plaint d'être seul, ^omo^ \i , pélican du désert, cqmme un pauvre passereau sur le toit.deja iqaîsoç ; , daji;oangQr des cendres au lieu de pain ; de mêler ses larmes davs.ja^ qu'à bpit, etc. — £n vérité, madame Lavick, ai-je repris après .cette tactiuiQ, jl jne semble que je suis traité avec un peu de rigueur, û ç\esi,k. '

3^ ^ue miss Haxiove en veut dans tous ces passages. Comment p.Qutr- 1 é me nommer l'ennemi de son âme, lorsque j'^dcire également ^sqii , AQ93,et.^n coijps? EUe me Araite d'homme violent, de méchanjL {ionww: Y9XJW^ g^e j'ai mérité ces deu^ noms ; m^is j'apporte h ses pieds mflft . T^ffiiçkiir^9 et je ne lui demande .que le pouvoir de réparer ipes olfea^. Pfi^ les pièges, elle entend sans doute le mariage. Dfais est-ce donc ma cpmi de vouloir l'épouser? Quelle autre femme en aurait «cette idée, ^ flÇ.iPlairaitplus à vivre dans un. désert, comme le pélican, ou sur nn t^^ . comme le passereau, qu'à se voir accompaguée.de quelque oiseau vif «I gM| 4ent le ramage se ferait entendre iour et nuit autour d'eUe ? £lle 4t qi^ÔUe a ipangé des cendres au lieu de pain. Fâcheuse jnéprisiO, assuDé- , miQ^t.f e^ qu'êUe la mêlé ses larmes Avec ce qu!elle a bu. C'est avoijr.le ▼jl^ ffiH t€;ndre, dirais-je te toute autre que de wiss Harlowe.qui^ait J^ « iq^ii;^ ^»veu. Mais ici, madame Lovick, comme cp passer^eau giir i^ toitr d^iili paisop ^*çslt pi^ observé aa^s quelque vue, permettiez que je vqv^ démande si la chère personne ne s^ait pas actuellement cachée |d|iii» > quelque lucarne du grenii^r ,de mad^ojae Smith? J)Mes-4e-moi .oatuiieUa-

Jplles ûut recopcuooQCé toutes dei^x h m*assm:er qi^'eUe était qorlie, ^ , qUreUes ignoraient où elle éiait allée. T,u vois» cher sua^i., .que j9 xaa swf^ eîh^ 4^ f^is\^ ,au qhagria que je ^essisntais 4^s§n)^qs ApfmA^m i femmes, et de cette collection de p^s^es qv'ion^yait ,irapgs^ eo J^fl^f taille contre moi. Mais la veuve n*a pas lâché prise. Elle m'a donné , je t'assure, de l'embarras de ce^te, pax Ip tour sérieux et touchant de ses reproches. Madame Smith l'a secondée par quelques mots ; et les deux plats visages, Jean et Joseph, n'^ta^tpasJUipouir ru^offnr un sujet de diversion, il ne m'a pas été possible de faire tourner celte conversation en badinage. A la fin, elles ont réuni toutes deux leurs efforts pour me faire rwm«0r jà» deesein de vioir miss Haciloy^. Mats j^ n'w fm'ét tf aitable sw^^foint); .au costraiie , \*m ^msé madame Smilà «le . »e hmmwmm > d<mmih(Hnl>itt^ jusqu'à oe qp^i^ette ^atisiaQtioo me fat «eo^cdép; «lue i fût-ce que pour trois jours , pour deux, pour .un iseul, ['«ofiért 4e|)£qntr » rwvé^4^.)c^r,^t 4e ?eodre l'apjwrtemeiut ^psès ;i>nt|iejvue. Jlais hHb s'w>%i^ jexfwsiée, et Aotttee 4eu9( m'on^ «vKwré qpi^^vsqu'it m<o«4^Arl»a npl^^^oiM m F«l4rv^t poiiLt daiia le smt 4<U^$ fi'Abf^nt^r J'^ptM» :

^ langage m'a plu, parce qu'il m'a fait juger qu'elle n'ét^^t^^i^iiMil:]

M8 OAftUSB BAtLOVE.

ga'on avait toqIq me le persuader. En un root, je leur ai dédaré que Je Toulaîs la voir, que je la verrais, mais avec tout le respect, avec tonte la Téoération dool un cœur était capable ; que depuis le lever jusqu'au coudier du soleil , je ferais la visite de toutes les églises de Londres et Westminster ; et que jusqu'à Theureui moment pour lequel je soupirais, dles me verraient autour de leur maison, comme un revenantf qui no leur laisserait pas de repos.

Cest avec cet adieu que je les ai quittées. Je suis rentré dans ma chaifle et je me suis fait porter à Liiicoln's Inu, où j'ai attendu long-temps que la chapelle fdt ouverte. J*ai assisté à touies les prières, dans l'espoir de voir entrer ma chère Garisse; mais espérance inutile. Avec quelle ar* deur ai-je prié mon bon auge, ou le sien, de me Tamener ! Réellement, je brû!e p'u3 que jamais de la voir ; et si je l'avais aperçue dans l'église, je ne doute pas qu'au milieu de l'offlce, à la vue d'un millier de spectateurs, je ne me fusse jeté aux pieds do cette admirable ûlle, en poussant des cris pour implorer sa bonté.

Après l'offlce, je suis retourné chez Smith, dans l'espoir delà surpren» dre. Mais il n'y a plus de bonheur pour ton ami. J'ai passé dans Tarrièie* boutique deux heures entières à ma montre, et j'ai soutenu de nouvdles prédications des deux fi-mnies. Jean m'a paru plus civil, et sensible, apparemment, au ton sérieux dont j*ai déclaré mes honorables vues. Mais on n'a pas cessé de me représenter qu'elle ne reviendrait pas de sa maladie. C'est toi, je m'imagine, qui leur inspire toutes ces idées.

Pendant que j'étais dans celte maison, un exprès a remis une lettre avec beaucoup de recommandations. Les femmes ont apporté tous leurs soins à me la cacher; d'où j'ai conclu qu'elle était pour miss Harlove. Cependant j'ai demandé la perrnission de jeter les yeux sur le cachet et' sur l'adresse, en me promettant de la rendre sans rouvrir. J'ai reconnii ^ la main et les armes. Elle était de sa sœur; et j'espérais, ai-je dit aux doux femmes, qu'elle cjniiendrait d'heureuses nouvelles.

Je les ai quittées ; mais je les reverrai b entôt.

J'allais laisser ma lettre ouverte pour t'informer du succès de ma pre* mière visite; mais ton laquais, qui vient m'offrir ses services, me détermine h la faire partir. Je t on promets incessamment une autre, à condition néanmoins que tu me donneras des nouvelles du pauvre B^toui pour lequel je fjôs tous les vœux do l'amitié.

LETTRE CCCXXXVn.

(• BBLFOBDy k M» U>VELàCB.

Hardi, as aoSk

Je sois, depuis trois jours, dans une agitation si continuelle, à la vue •

d'un homme mourant et des scènes choquantes de l'agonie, que ne trouvant pas capable d'écrire régulièrement, je me suis réduite jeter ordre les événemens sur le papier.

Cette disposition me revient. L'indignation la rallome-à la lecture de tes dernières lettres qui me donnent sujet de te faire un reproche fort se* lieux. Tu as violé ta parole; et si les effets de cette inQdélité sont tête que je les appréhende» il est certain que j'aurai là^dessus d'autres ex|diMhtiens avec loi.

0LAEI8SB BABLOTB. 48t

Si tu veux qu'on te croie sincère dans le désir de toucher mîss Harlove en ta faveur, ta ridicule conduite chez ses hôles est un admirable moyeu de la ramener à loi, lorsqu'elle lui sera représentée. Qu'en penses-tu toimême? Elle la confirmera sans doule dans Topinion que le tombeau esl préférable pour elle à un mari qui n'est pas plus capable de réflexions que de remords, surtout après une maladie aussi sérieuse que la tienne.

Mon inquiétude est extrême pour sa situation. Elle était samedi dernier dans un abattement si excessif, que je ne pus prendre ses ordres «Tant mon départ. Etre chassée de son logement, lorsqu'elle esl à peine en état de quitter son lit, c'est un traitement si cruel qu'il ne peut venir que du même cœur qui s*est rendu coupable de tant d'autres barbaries.

Mais je t'abandonne à ta conscience, ei je veux te faire la peinture d'une scène qui aura peut-être plus de force pour to rappeler à toi- même, que c'est aujourd'hui le tour d'un de te;» meilleurs amis, que j'ai vu pendant quatre jours dans un état dont l'horreur m'est toujours présente; sans compter que, sortant du même danger, il est impossible qu'il n'ait pas excité quelque moment ton attention; car, au fond, malgré les emportemens de ta folle galté, malgré toutes tes extravagances, il faut, U>* yeiace, que cette infaillible vérité demeure gravée dans ta mémoire : que la vie à laquelle nous sommes si fortement attachés , mérite h peine lo nom de vie; que c'est une simple course, où la respiration manque bientôt ; et qu'à la fin de la plus longue, et , si tu veux, de la plus heureuse» ton sort sera de mourir comme Belion.

Tu as su, par Tourville, l'arrangement que nous avons rois dans les affaires temporelles du pauvre malheureux. Nous étions fort éloignés de croire sa fin si proche. Cependant lorsquo j'arrivai à sa maison , samedi an soir, je le trouvai excessivement mal. Il venait de quitter son Ut, pour se mettre dans un fauteuil, soutenu d'un côté par sa garde, et de l'autre par Mowbray, le plus dur et le moins compatissant personnage qui soit jamais entré dans la chambre d'un malade , tandis que les domestiques s'efforçaient de rendre ses matelas plus commodes. La mauvaise humeur se joignait h la maladie, sans autre cause que son lit de plume, qu'il trouvait trop dur.

Il avait désiré de me voir avec tant d'impatience, que tout le monde se réjouissait démon arrivée; j'entendis Mowbray qui lui disait, en m'enlendant monter:-* Console-toi, Bolton, tu verras enfin notre honnête ami Belford.

— Où est-il? où est-il? s'écria le pauvre homme. Dans le transport de sa joie, il aurait voulu se lever pour me recevoir; mais sa faiblesse lo retint sur sa chaise. Après s'être un peu remis, il me nomma son meilleur ami, son ami de cœur ; mais se mettant à versier un ruisseau de larmes : —0 Belford I me dit-il , cher Belford 1 vous voyez l'état où je suis. Quel changement I Réduit si bas et dans un espace si court I Reconnaissez-vous TOtre pauvre Belton ?

— Je ne vous trouve pas si changé, mon cher Belton. Mais je m'aper- {Ob que vous êtes faible, trè? faible, et j'en suis fort affligé.

— Faible I hélas! oui, mon très cher Belford : plus faible encore, s'il est possible, d'esprit que de corps; sans quoi, m'attendrirais-je h ce point sur ma propre situation? Moi qui n'ai jamais connu la faiblesse et la crainte I J'ai honte de moi-même. Mais» cher Belford, je t'en supplie» ne me méprise point.

499 CLARISSE BABLOTB.

''^e l'assurai que j'avais .toujours {ait cas d'un hommç gueles peijpes tfautrui attenorissaient jasqtr'anx larmes; .ei qu'arec cette disposi$on*de eceur, je pensais aussi qu'on ne pouvatt ttrie insen^le k ses pro^r^ maux. En lui tenant ce discours, je ne j)0UYais m'empêcher moi-mêpaé de oiarquer visiblement mon émotjon*

— C'est à présent, Beiîerd, interrompit le brutal Mowl:ira7) que je te trouTO tout à fait insupportable. "Notre pauvre ami est déj^ d'un ppïnC trop bas, et tu ne fais que le ravaler de plus en plus. Cette manière de flatter sa faiblesse et de joindre tes larmes de femme ^nx siennes ne con« rient point à l'occasion. Lovelace te dirait la môme chose, e'il étaîtlcî. '

— Tu es une impénétr^le créature, lui répondis-je du môme ton, et très peu propre à figurer dans une scène dont tu ne seras capable de sentir les terreurs que lorsque tu les éprouveras pour toi-même. Alors,. si tu «9 le teuxps de les sentir, j'engage ma rie contre la tienne que iu mar-^ ^evas autant de faiblesse que ceux à qui tu as la dureté d'en reproché^. ' l<e sauvage animal réiAiqua ^u'il avait autant d'amitié que moi peut Bdton, et qu'il n'en croyait pas moins que flatter la faiblesse d'un ami c'était Taugmenter. — J*ai vu plus d'un malfaiteur, ajouta -t- M ^ur soutenir sa misérable thèse, aller au gibet arec plus de fermeté que rpus n'en marquez tous deux. J'aurais laissé ce grossier raisonoemen^ Sansjéponse, mais le paurre Belton répondit pour lui- môme, que cisO^l dont lilowbray citait l'exemple n'étaient pas affaiblis par d'aussi longup$ infirmités que les siennes, fit se touroant rers moi : — Compte, cher Belford^ que les marques de ta piiié sont un baume que tu rerses dané mes plaies, laissons à Mowbray l'honneur de roir d'un œil indifférd(i(| les souffrances d'un ami et de trourer un sujet de raillerie <idns la tendresse de nos senlimens, ^

'L'endurci Mpwbray prit le parti de se retirer de l'air d'un Loréla(^ plus stupide seulement, bâillant, étendant les bras au liqu de fredonnejr ^omme tu as fait chez Smith. J'assistai le malade à se Temettre dans sp4 Ht. f 1 était réellemesit si faible que n'ayant pu supporter cette fatigue jj évanouit entre mestxas, et je le croyais tout à fait parti. Mais étant revenu à lui-môme-etle n^iédecin lui ordonnant le repos, j'allai joindre av jardin lejsrare Mowbray, ^uiprit plus de plaisir à parler des folie$4ë Ëovelace que de la mort et du repentir de ficlton., ^ fe Toris le malade le soir avant que de mé retirer, ce que je fis 0e fott bonne heure, ponr éviter la compagnie de itfowbray, car sa frpide ioseur sibililé le rendait insupportable. Il est si horrible qu'après avoir vécu âfèc un liomme dans une étroite liaison jusqu'à faire de longs voya^Q? ^ur en jouir et jusqu'à Hirer l'épéepour soutenir sa querelle, onpui^elp rt)ir réduit au plus triste état d'esprit et de corps arec moins de penchant h plaindre sa misière qu'à la tourupr en rariUerie. — Cette fajpp de penser me parait, dts-je-, si réroltante pour la nature c^ (a raison que f eUs 1)esoin -de -toute ma patience pour ne pas traiter Mo:wJ)ra^ beaucotfi plus mal. Je me rappelai à cette occasion ce que miss Hariove me dis^n on jour, en parlant d'aq^itié et desileroir$ que la mienne m'impose pouF rous. — Comptez, monsieur BeUord, me dit cette divine fiUe, qup;tôi on tard vous gérez convaincu que ce que vous appelez amitié n*en e^t qu'aine raine ombre, et que Tien n'est digne de ce jiom-sll n*a la yerlu jpQUC fondement*

*Oimaiiche matîijjefusappel^ à la prière de Belton, et je te'trbjiTftl

CLABISSE HARLOVE. 4^

dans une affreuse agouie. -^^^IB^RbréH'feetfiefrdl me dit-il d'un air égs*^

deux bras : Cher Belford, approchez donc. Ahl sauvez-moi. Ensuite, <«m-i sîBMSi'mûi) bms do «es deux imaHw» «t jevMt b t41a ai#i6iPoi,:dvec 19e é|RM^!«giiatkm dan» les ywK : .Soiiiwarmiiii, $her Aelfeod)! flattic67-«i«i:f .

Je passai mon autre bras autour de lui. — Vous sauver, mon cher BqI-^i toft! T043 r$attverj <t:de quoi.? Il a'y.p rien ^puisse voms'Unii!)»- lÏPe quoi voulez-vous que je vous sauve ? :

&.^wti0niile sa torveon, il 8'9t laissé tetomber «ureon ^irealUeiu -1- €^1 sfliuvez^moi de moiTmêmp, reprit^il : eau^es- moi ute mea prapiea réflenioDS» Cher BeUordI queUe aff couse nécessité que câlle de moucir/ sana^nvoir une seule pensée à «se jrappeler jp^w sa ix)usdalioni «Que ae d4NRperaiBije pas pour mte^nte des as nées que j>i perdue»! .i^Msayai de le consoler; omis». eu lit. de b mort, les Ubeiikis «aentid» majivûs consolateurs les uos .iupur les .a^lrea. Jl onUoleaioiniiit. .— iO mon cher Belford I me dit -il, on m'a raconté que l'eifidlente mias fiao^. lenre «vous avait converti, et j'ai vu:tomber eur >rousjiutiilité de laillecies àjoette ooeasioo. pui^e^t^on m'avoir fait jun viai léoit! Vdus âtas Jia hûomie sensé. C'est aigourd'hui vaMiesips. Vous êtes dans )la pteine< ftfce de Tespritcet du coi^ps. .Haia, hélaâl •YOtre:pauvre.fielton>a. gardé ses^ yices jusqu'à .ce qu'ils Jlaient abandoimé ; et ivpyec^en les imiaéraùcsreifets dans la foiUesse .et,l!abatJ;eniQnt de son .âme. <}uand Mown» bfay serait présent, je^reconnaAtraisque c'est «la cause de mon désespnk» Jifiinployai tous lesargumens quejo'pue.ia'imagineripaur ea iaonsolatiop.; ie.cnis en remarquer J'effet.pendÀrU le^reateduiojUï.iL'api^mMlit saMination |>aEaisâ«ait assez .tranquille^ il me^iemanéa de vos iMuureltoB. ei^iAelle conduite vous teinez a.vecimi^s Uaslova. J[e liiijppjris irolre awla£e,et combien vous aidiez psffu peu.tQudié«MDwbiiaor p«rutse}r^(uiVid0' viilffe.imp(inétcable du«eté<lecfl9ur»«-XéKvelace, nous ditrii,test)ttoeiaine de bonne trempe et d'acier jusqu'au dos. Il te donna idfau^res louanges,: ttilea que tu peux les attendre d'un abandonnéi^et teUes.queilu délices sana doute de les mériter. Mais si le oielit'avoiiiait entendre ce queift f^vre. doutant, devenu-sage tcK^ tard, m!a ditce malin à.oetteopcasiaa, peut-être .auraia^tu jbit .tiève à itas^estravaga^cos épaxrjosm diegie .011. deux.

11 en aurait voulu dire da;ranta9es iinflîa^ la^Cflljlé de sa maladie et de sa douleur, il a penche la tête sur son sein, pour cacher à Mowbray, qui rentrait dans la chamine, «des. larm^i4i:diL'iia pouvait retenir. — Fâcheuse situation, par ma foi ! a dit le consolant Mowbray, du ton que tu lui connais; et s'asseyent comme moi près du lit, il est demeuré en silORce/Ies jambes éteqdues, les yeux fermés, la tèvieid'eo bas rapliée-jàùr Uatttfe,'8aos:qu'on.pût distinguer si c'était assoupiaa^mant dedébatfchaoa iné^ation. Je n'ai pas laissé de hii dire : ^^îl me sembie, •Mottrbtay, ^afià' netananque rien 4i .cette leçon. Nous tdoub- verrons quelque jour, dans fte mfrueiCas.; et qui sait siice tempaeatd>ien élgigaé*? Il s'est ini^ètbâilter en étendant les bras ; et, revenant à lui: «^ iQtielle iieure lest^ilf a^i+iit <V!ÉWdndé* Il a tiiésa inontre. 11 a bâillé encore uneifoia. Ensuite, lefleimliiMUS me.népondre, U a prîBàgraDâatpaaieDisteoheminjdeia poile^eii ije ij'ai .«ntendu, <qui disait à quâqne'dDm«tique<qu'ii a «reqcontfé ant?^ Uosoalier: ^^Aj^ettennoi ttEe3raaadetdn.n|patettrnip:g<oa>paM^ro^>M^»

492 cauuussB BAauifB.

ire et ce maudit Beiford causeraieDt des vapeurs à rhomme le plus tobus(e«

Si le glorieux exemple do miss HarloTe elles terreurs de ce malheureux ami n'avaient pas la force de me toucher, je me croirais aussi abandonné que je crains que tu ne le sois, si tu ne lires aucun fruit de ces deux exemptes.

Mowbray, fatigué de ne Toîr que de la tristesse autour de lui , se détermine à t'aller joindre à Londres.

Il rient de prendre congé du pauvre Belton ; un congé qui sera probablement de longue durée, car Je ne m'attends pas que noire ami puisse vivre jusqu'à demain au soir. Je crois que ce pauvre homme n'aurait pas été fâché de le voir partir à mon arrivée; et dans le fond, c'est un choquant personnage, qui jouit d'une santé trop vigoureuse, pour être capable d'entrer dans les peines d'un malade. Il n'est pas aisé à l'âme, pour employer une de tes expressions, d'aiguiser des organes de cette force et de cette épaisseur.

Je dois te répéter, Lovelace, que je ne puis être que fort alarmé pour le malheureux objet de les cruelles persécutions, et que je ne pense point que tu aies rempli avec moi un engagement d'honneur. J*avais prévu qu'aussitôt que tu serais rétabli, tu entreprendrais de la voir. Je l'en avais avertie, sous prétexte de la préparer à celte visite, et je n'avais rien épargné pour l'engager à le recevoir. Si j'avais pu la fléchir, je suis per> suadé que lu ne te serais pas défendu de la plus vive émotion, à la vue de l'aimable squelette (car, avec sa flgure et ses traits, elle ne cessera jamais d*êlre aimable) que tu as fait, en si peu de temps, du plus charmant ouvrage qui soit jamais sorti des mains de la nature, et ceb dans la pleine fleur de sa jeunesse et de sa beauté. N'attache pas à ton songe aussi peu de poids que tu l'affectes. Je souhaiterais qu'il le demeurât gravé au fond du cœur, et j'y donnerais facilement une interprétation qui te choquerait peut-être. Demandes-la-moi, si tu l'oses.

Une excellente action, à laquelle je t'exhorte, ce serait de venir voir pour la dernière fois ton ami mourant, de venir partager mon inquiétude pour lui, et considérer, dans son exemple, quel sera tôt ou tard ton sort» le niicDi celui de liowbray, de Tourviile et de tous nos associés. «

LETTRE GCCXXXVni.

M. LOVELACB, ▲ «. BBLFOID.

Mercredi, SSI août.

Tout est vivant, cher Beiford I Tout est ranimé par la joie et VespA' lance. Ton ami se flatte encore d'être heureux. J'ai reçu une lettre de ma chère miss Harlove qui est, je suppose, l'effet des avis de sa sœur, dont je te parlais dans ma dernière. Dans le transport de ma joie, je pars surle-champ pour Berkshire. Je vais la faire' lire à milord et recevoir les félicitations de toute ma famille.

Hier au soir, je me rendis chez Smith, comme je me l'étais proposé; mais la chère personne n'était pas revenue à dix heures. J'allai prendre Tourviile, qui vint passer une partie de la nuit avec moi et que je fis duinter pour charmer ma migraine. Mes songes ont été légers, agréables ei fort difféiens de ceux dont je t'ai fait le récit. Ce matin, à huit beorest

flff^mM— BAAUIVB* 4tt

%sqae je mliabinais pour être prêt à rarrirée de Will» que j'arais en* '^yé aux informalicDay un porteur de chaise m*a remis cette lettie :

A ■• UOIfELACB.

■ardUoiolr.

« MonsieuTi

» J*al d'heureuses nouvelles h vous coromuuiquer. Je me dispose k partir pour la maison do mon përe. On me fait espérer qu'il rece?ra une fille pénitente, avec toute la bonté paternelle. Imaginez-vous quelle est ma joie 9 de pouvoir obtenir une parfaite réoonciliaiion , par l'entremise d*aa cher ami pour lequel j*ai toujours eu du respect et do la tendresse. Je suis si occupée de mes préparatifs , pour un voyage si doux et si désiré, qu'ayant quelques affaires importantes à régler avant mon départ, je ne puis donner un moment à d'autres soins. Ainsi , monsieur, no me causez pas de trouble ou d'interruption. Jo vous lo demande en grâce. Lorsqu'il en sera temps, peut-être me verrez-vous chez mon père, ou du moins, ce serait votre faute. Je vous promets une plus longue lettre, lorsque j'y serai arrivée et qu'on m'aura fait la grâce de m'y recevoir. Je suis , jusqu'à cet heureux jour, votre très humble , etc.

« Clarisse Harlove. »

Je me suis hAlé de répondre à ma divine Clarisse , pour l'assurer, avec reconnaissance, que j'allais quitter Londres, attendre le succès de l'heureuse réconciliation , et me rendre digne de mes espérances. Je lui ai protesté que toute l'élude de ma vie serait de mériter cet excès de bonté, et que son père , ses amis, n'exigeraient rien à quoi je ne fusse prêt de me soumettre, pour arriver à celte délicieuse un. J*ai donné ma lettre au porteur, sans prendre le temps d'en tirer une copie , et j'ai fait mettre aussitôt les chevaux au carrosse de milord. Apprends-moi seulement comment se porte Belton. Si le pauvre diable peut se passer de ton secours , vole h Londres , je t'en cor jure , pour offrir tes services à ma divinité. Hâte-toi, te dis-je, je te le conseille, si tu ne veux être exposé à ne pas la revoir de plusieurs mois , en qualité du moins de miss Harlove. Ne manque pas non plus, s'il est possible, de m'écrire avant son départ, pour confirmer mon bonheur, et pour m'expliquer ce généreux changement. Mais qu'ai-je besoin d'explication ? Ma chère Garispe ne peut recevoir de consolation , sans désirer que d'autres la partagent. Quelle noblesse ! Elle n'a pas voulu me voir dans ses disgrâces ; mais le soleil de la prospérité ne commence pas plus tôt à luire , qu'elle me pardonne.

Je sais à la médiation de qui je dois ce bonheur. C'est à celle du colonel Morden. Elle m'a toujours dit qu'elle avait pour lui du respect et de la tendresse, et je n'ignore pas qu'il en a plus pour elle que pour tous ses parens du môme nom.

Je serai convaincu à présent qu'il y a quelque réalité dans les songes. Le plafond qui s'est ouvert, c'est la réconciliation en perspective. La figure brillante, qui est venue l'élever vers un autre ciel , environnée de chérubins d'or et d'azur, marque la charmante petite famille qui fera le fruit de notre union. Los invitations, trois fois répétées par le chœur d*anges, sont celles de tous les Harlove, qui auront cessé d'être implacables ; cependant, c'est une race avec laquelle mon âme répugne à ao

mêler. Mal& que^aîfi^'iiia cbuie.i an tra¥ei»dtt plnidMr, dMi^u»)^^ rible abîme? ï^ousquoi suis-je descendu peudaot qii/eUe^inoAUi^îOht le voici: c'est une allusion à mon dégoût pour le manage, qui me paraît un gouffre, un abîme sans fondra tout ce. que tu youdras. Si je ne m*étais ^ pas éveillé dans un ridicufe mouvement de frayeur, je serais tombé , au fond dd^tron, dkus quelque belle rivière, où je me serais lavé, purifié de toutes mes ordures passées. La même figure m'att^nlifilrsilÉ ime hve parsemée de* fleurs, 4l'oàeUam.*ausait condoi* entre lea bras de nm,i;haririanle^ et nous nous serions élevés ensemble triomphans^ faisant.^ chérubins jusqu'à la fin de notre carriérek

Maià quelle expiication donner à cette mante ,• à ces robes m)irefr4o milord, q;>'il m^a jetées sue le visage , et que penser de celles des^dàBMS? Oh l BeSord'I je les explique aussi. Elles marquent uniqitiemeat que milord aura, la bonté de se laisser mourir » et de m'abandonner tout ce. q^'il possède. Ainsi ,^ honnête milord M..>., que le. ciel fasse paix à vos-jcendres I Mîlady âaldes et milady Lawrance ne survivront pas lougrtemps , et me laisseront des le^s considérables. Que ferons-nous de miss Charlotte et de sa sœur ? Oh I leur habits noir» marquent le deuil qu'elles prendront, comme il convient, pour leur oncle et pour leurs tantes. A regard de Mbrden qui se précipite vers moi par une fenêtre en criant : a Meurs , Lovelace , si tu ne répares pas Tôutrage que ta as fait à ma pateirtëf » c^est-â-dire, seulement qu'il aurait voulu.se couper la gorge trvee moi, si je n'avais pas élé disposé à* i^endife jtisfice' U âa cousine. Tout ce qui me déplaît, c'est cette» partie de mon songe ; e^r , e» songe néme^ je n^'aime point les menaces, ni Tairde contrainte dans ce qtii ftaittcrait ï& plus mon penebant. Mais qii*en dis4U? mon songe prophétique n'est-ii pas bien expliqué?

Obère et charmante Clarisse I Quelle scène, que* celte entrevtie avec son père,- sa mère et ses onoles! Quels transports I combien de pfeiisirs cet heureuic jdar d'une réconciliation si long-temps désinâe ne va^<-i!pas faire: goûter à son cœur t<endre et respectueui. Vo« à présebt, Belfoivi : je* n'ai pas été si blâmable que tu l'as pensé. Si je ne l'avais pas jetée dans uA^ si grand nombre â'embarras, elle n'aurait pu recevoir ni causer toute la jeie dons laquelle ils vont nag^r tous ensemble. Ainsi , voilà un grand bien, un bien dur&ble, qui va naître d'un mal passager, le n'ai jamais douté qu'ils ne Mmasdeut, elle qui fait rorâement et \\x gtbire de tenr fàmiUe.^

Que ne donaeraisf-je pas pour lire la lettre* d'Arabelle l elle a toujours été si' mortifiée de se voir éclipsée par sa sœiir, qu'elle n'aura pu ^empêcher dé méiër un peu de fiel à'ilienreuse invita tionr. ^ brQle atis&i de iBeevo» la lettre^ qu^la chère Clarieset me promet, lorsqu'elle fem sa rentrée ches 8D« pète. Elle me rendra compce*, apparemmett^de Taccueiitqu^eUe fmw reQiu

Cependant il me semble qu'eu me communiquAikt le scqet do sa joie, son si^e «t uni peu gtave. Il me plitlt et me c&agrine* h la fois« MaiSf comme^ il ot évident - fuTeUé m'aim» encore , et qu'dle espère de mer leiKÔD bieatdt ehes soo! pèr»* e!» n'a pn , mm quelque embavrafi^ f a^Muer ' son amoor après lot! petite escèe auxqads je me sui» emporté : et Iiersqv^oft fidissiiit,' j^ aii<»9 dit^eUe'^ jmgu'à eêt ^k^tma ftmr^ tatfBy 9te. CkiHêie flMtfw; n?e0l-ce pas étêe : ee^ seva Votre faille, aprèar celb, fi ja ne sois ptB' (?liirùa# ArMAie»?

-i4hiitoclibiraiÉoart «M gétiéreo», mon admahte éaciasb !:Que «Ifl flMtim facilité à- jMBnkmnet bous fait é'honimiir k tous demi A. mûJk pour t'en avoir donné FoeeasÎMi I A)takj pour la faite' tournersi glorieiM «emeptii Uavantage de l'un et de l'autre !

; ifowfitayarriveaivéC fe§ lettres, Je^ quitte m\3n agréable sujet, pouf éh ïââre succéder un <}uî me plaira Aoins, feii suis sdr. Le pesaot Mbwbray s'est engagé à me tenir compagnie pendant mon voyage, et je lai promelaf dérdifiSi^F le^rapeursr qulf a contractées pt^s d'à» malade. Il me dit fft^aprè» af oitf fèspîrè Pair en<re les ^missene»» do Beltoii et Jm ^drftHHlB de Bblfofd , il aéra frôié" jbuis sans revenir à- son état natUMl; ff te r^pfroclie d^àugmentef hiî ftiil^lesse^ da panvre moribond, an- Heu êè Ato<fcnnniger èr silÉ)kporter sa- destinée, le sais fôclté que 1» fermeté hii itïéfÉqttte au demief acier mais sa mftladie af duré IbngleAQf^s, et FespyK s'en ressent comme le corps.

Mercredi au soir.

jrai latalameataUe lettoe. Paavse Beitonî que d'heunes Tives- et plov» «wtes nous avonB passées ensemble l c'était un caractère libre et déler'*miiié. Qui se serait attendu à le voif finir par des faiiilesses et des tei^ reurs? Mais pourquoi ne lui remets-tu pas Tesprit, sur la mort de quelques braves qu'il a tués? Il s'y est toujours ^m en homme d'honneur, et comme j'aurais fait dans les mêmes circonstances. Voilà ce que tu lui devais dire, et lui r^f^enier, qu'il. ii'a> poinkr 2^ répondre du malheur d*autrui.

La mtôfiy dif trtf de nos poètes, comidérée simplement en elle-même y ni^époHt<m4e poitU la taiton* le crois cette idée fausse ; et tes peintures iéraées', tes graves réflexions sur les r^ugnances de la nature en sont nw preuve. Pour moi , qui ne t'apprendrai rien de nouveau en t'assarant qiue personne ne redoute moins la mort qve moi dans une occasion d'hon*- ]ie«r, ie ne laisse pas de t'avouer ingénument q^e ce bas monde me yla)l si foet (quoique j/d n'aie pas toujours eu sujet de m'en louer), et que jiB prends tant de goût aux délices de mon âgs, >• mes espérances de for» tuoe i ei surtout à< oelies que j*ai conçues nouvellement du côté de ma Mroy de ma* trdis fois chère miss HarK)ve,que, quand je me supposerais sûff 4e n'être pas mal dans un autre état, je serais très désespéré, très effraya si tu veux, de perdre mon bonheur avec la vie. Mais je n'ai ni le temps ni la volonté de répondre à tes lugubres argumens. Je remets ce soiii' spcèstmnn mariage.

Après mon mariage, ai-je ditt chamanco idécr? il faut m'amerde pa^ tUnoe ,: pour demeurer privé de 1» vue de ma déesse , jusqu'à ce* qu'elle seiti dinz sto père. Cependant, conune tu m'assure qu'il ne ki reslit ^19 Nombre de sa beauté, j'aurais pris un plaisiD extrêÉse: à la- voir h [tté^oitl, tonales jours qm me restent à compter jusqu'à Éotre mariagei^ pdiiv avoir la satisfaetion d^observer , par quels cbarmaiis degrés le r^pes ds cœor et d'esprit ,, et la joie de' se* voir Bécnneiltëa avec ses ami», voiil là ffétiMiv dann toute ss'sptendeur^

km loml,. je crois te derois des remerciemens|Kwrhiiff^r fair éviter ma visite. Ofâoesa l'amour,, tout est en si bon tnAn, que je consens mené à te pardonner tesnoifés idfldélitéa: antsemea^, je t'a^irsts apj^ris l^obéissftnce que tu\doi8i.k ton géoémLGrokaîBHto que cet é^is Mow« bray s'afflige de me voir si près de mon bonlwiir at^eo sriss HailoYo:?

196 CLAUS» BMbOfS.

D me lient des raîscmnemens qui soot quelquefois capables de m*f rasser. Mais , à tout hasard , je m'en tieudrai à mes ràsolulious , car f ai tiop éprouYÔ qu'il m'est impossible de vivre sans elle*

M. Belfort raconte les dernières circonstances de la rie de M. Belton et celles de sa mort. Il môle à ce récit des peintures qui ne seraient pe$ supportables dans notre lanj^ue.

<c Vous me pressez extrêmement de tous marquer, avant votre départ pour Berckshire, ce que je pense de votre nouvelle situation. Le sommeil qui me presse ei le triste spectacle que j'ai encore devant les yeux ne me laissent guère le pouvoir d*y faire toutes les réflexions qu'elle mérite. Votre joie, dites- vous, va jusqu'au transport. Elle est juste si vous ne me déguisez rien, et je ne voudrais pas vou3 la dérober ; mais je ne puis vous dissimuler que j'en suis surpris.

» Sûrement, Lovelace, la lettre que tu me communiques ne saurait être une imposture de ta façon pour couvrir quelque nouvelle vue et pour me tromper. Non, le style me fait rejeter celte idée, quoique d'un autre côio je te croie capable de tout. Je veux suspendre mon jugement et me contenter aujourd hui de to souhaiter toutes sortes de hiens. »

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