‹ Clarisse HarloweChapitre 3 sur 14 · XV · texte numérisé non relu

XV

les livres où l'intérêt est excité par des noirceurs , par des peines , et mêlé du tourment de haïr * . -

Quoi qu'il en soit , l'idée de M. Panckoucke était une de ces bonnes et belles idées qui peuvent produire de très-beaux livres , mais le moyen de rencontrer des génies créateurs qui consentent à se mettre obscurément , à la suite des belles choses créées avant eux !

Dans les pages qui servent d'introdvciion à mon livre , vous verrez avec quel respect enthousiaste j'ai osé toucher à ce monument du vieux génie anglais, vous trouverez, j'imagine, dans ces recherches que j'ai faites complètes, autant que je l'ai pu, que toute justice est rendue à cet aimable et moral génie, digne pour sa naïveté, d'être comparé à La Fontaine ; La Fontaine moins le style , moins la brièveté et l'élégance. Chemin faisant j'ai donné à mon lecteur, bien des explications de cette tentative , qui m'a toujours causé une certaine terreur , et qui m'épouvante, maintenant surtout que je comprends la responsabi-

' Clarisse Ihirlowe est une obsesàion coutinuelle pour l'auteur de la Nouvelle Héloïse : « Je ne saurais concevoir quel plaisir ou peut prendre à imaginer et composer le personnage d'un scélérat, de sa mettre à sa place, tandis qu'on le représente, à lui prêter l'éclat le plus imposant. Je plains beaucoup les auteurs de tant de tragédies pleines d'horreurs , lesquels passent leur vie à faire agir et parler des gens qu'on ne peut écouter ni voir sans souffrir. — J'admire de bon cœur leurs fables et leui-s beaux génies, mais je remercie Dieu de ne me les avoir pas donnés ! »

( Héloïs\ VII' et di'rnicre paitie. )

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