T) LETTRE DXXIV
M. Belford à Miss H o w e.
Jeudi soir , j Octobre,
J E VOUS fais , Madame , mes respectueux remercîmens de l'intérêt que vous voulez bien prendre à Taccomplissement des vœux charitables de votre sublime amie pour la réforme de ma conduite.
Tout ce que je vous dirai à cet égard , c'est que le but de tous mes efforts et de mes soins infatigables sera désormais d'effectuer ce généreux souhait , et j'espère que le Tout- Puissant bénira mes efforts ; car sans le secours du ciel , je sais que tous mes efforts seroient vains.
Je ne peux vous exprimer , Madame , combien j'ai été flatté et satisfait de votre extrême condescendance , à m'exposer avec tant de franchise l'état présent et passé de votre ame , et vos vrais sentiniens sur le mariage et sur le célibat. Si la jeune daine qui daigne honorer de cet
If* Histoire
■excès âe confiance l'exécuteur testamentaire de son inimitable amie , a quelques défauts , jamais femme n'eut des défauts si aimables. — Plus aimables mille fois que les vertus de la plupart des personnes de son sexe !
J'aurois pu sans difficulté confier à une dame de ce caractère la Lettre entière du Colonel. Ce digne gentilhomme a la plus grande admiration pour vous, et sa précaution n'a été qu'un effet de sa politesse et de son respect.
Je vous envoie. Madame , une lettre de Lord M. à moi , et les copies de trois autres écrites en conséquence de la première. Elles vous apprendront le départ de M. Loveiace , et quelques autres particularités que vous serez curieuse de connoitre.
Je laisse à votre discrétioti et à votre prudence le soin de garder pour vous seule ce que vous croirez qui ne doit être communiqué à personne.
Je suis, Madame, avec le plus profond respect et la plus vive reconnoissance ,
Votre , etc.
J. Belford. Qt)
BE Clarisse Harlotte.