‹ Clarisse Harlowe. Traduction nouvelle et seule complète (volume 2)Chapitre 22 sur 37 · LETTRE DXXV · texte numérisé non relu

LETTRE DXXV

MiLORD M à M. Belford.

Au château de iW. . . . , . Vendredi , 2f Septembre,

o xV neveu , cher M. Bciford , est à la veille de partir pour Londres , dans le dessein de vous embrasser, et de se rendre aussitôt à Douvres pour s'embarquer. Que Dieu l'accompagne et le conduise heureusement hors du royaume ! Je crois que vous le verrez lundi. Faites-moi la grâce de m'informer de votre entretien , et de m'écrire naturellement si vous le croyez tout- à-fait revenu à lui-même. M. Mowbray et M. Tourville l'accompagneront jusqu'à la mer. Mais ce que je vous recommande instamment, c'est de lui faire éviter la rencontre du colond Morden , et c'est ce qui m'engage à vous donner avis du jour de son départ. Je serois au désespoir qu'il arrivât quelque désastre entre eux. Vous m'avez donnç avis que le Colonel laisse échapper des menaces. Mon neveu ne les souifriroit pas. Il faut bien se garder de l'en instruire. Mais je me flatte qu'il n'y à rien à craindre, parce qu'on m'assure, d'un

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autre côré , que le Colonel a cessé de menacer. C'est pour son propre intérêt que je m'en réjouis ; car au jugement de tout le monde, il n'y a personne qui égale mon neveu à toutes sortes d'armes. J'aimerois autant qu'il fût moins brave , il en seroit moins entreprenant.

Nous nous appercevrons bientôt ici que ce jeune fou nous manque. Il est cestain que personne n'est de meilleure compagnie , quand il le veut. Mais ne vous arrive- t-il jamais de faire un voyage de trente ou quarante milles ? Je serois charmé de vous voir au château de M. .. . Ce seroit une charité, après le départ de mon neveu ; car nous supposons que vous serez son principal correspondant. Il a promis néanmoins d'écrire souvent à mes nièces ; mais il oublie facilement ses promesses , surtout celles qu'il f^it à ses païens. Que le ciel nous conserve tous!

ainsi soit-ii! C'est la prière de votre, etc.

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