‹ Clarisse Harlowe. Traduction nouvelle et seule complète (volume 3)Chapitre 14 sur 39 · H A R L O WE · texte numérisé non relu

H A R L O WE

( Toujours adressée , à Mde, Lovelace. )

Au château de M... Lundi, ï6 Juin,^

N C O R E une fois , ma très- chère vie ,, je vous conjure de m 'envoyer les quatre mots que je vous demande. Il n'y a plus de momens à perdre. Je ne voudrois pas pour le m<on de entier que jeudi prochain se passât sans avoir obtenu^ le droit de VQus ■<\V)Vq\-^y mon époupe. Et cela autant pour vous que pour moi. Ce qm s'est passé jusqu'ici est resté entre nous deux ; mais paste î.euQi , si me-; vœux n'étoient pas remplis, tout seroit dévoilé- à la face de l'univers.

Muor<îr est extrêmement mal , et il n^ peut SQuifiir de me perdre de vue jpliu

DE Clarisse Harlowe. 179 d\me demi-heure. Mais cettte considération même ne sera d'aucun poids sur mo' , si vous daignez m'envoyer le gage de paix dans le peu de mots que je sollicite de vous.

Le capitaine Tomlinson m'a fait savoir que toute votre famille est chez votre oncle Harlowe. Votre oncle ne peut venir à Londres , et il a prié le Capitaine de tenir sa place. Il se propose de garder tous vos parens chez lui , jusqu'à ce qu'il soit assuré par le Capitaine , que la cérémonie est faite.

Il a déjà comm.encé , avec quelques espérances de succès , à tenter de réconcilier votre mère avec vous.

Milord vient de me dire qu'il se croiroit heureux de pouvoir, avant de mourir , vous saluer comime sa nièce. Je lui ai fait espérer qu'il auroit la satisfaction de vous voir , et je lui ai dit que j'irois mercredi à Londres vous prier de m'accompagner au châterau jeudi ou vendredi, J ai Cié'yk fait préparer une voiture à six chevaux pour m'y conduire , et si Milord n'étoit pas aussi m.al , m.a cousine Mcntaigu me dit qu'elle auroit été flattée de m'accomragner. Si cela vous fait plaisir, nous partirons pour le château le mom.ent d aprèo la cérémonie.

De grâce , adorable créature , n« faites, pas évanouir toutes ccs heureuses apparences , en refusant de sauver aux yeux

:iSo Histoire

du monde votre réputation et celle de votre famille ; ne vous faites -pas plus de tort que ne vous en a fait le plus misérable et le plus ingrat des hommes. Car lorsque nous serons mariés , toute la dis- •grace ^ue vous avez pu souffrir lorsque vous étiez demoiselle , retombera sur moi, et ne sera connue que de nous seuls.

Encore une fois daignez bien considérer la situation ou nous sommes tous les deux, et ressouvenez-vous , ma chère vie, •que jeudi sera bientôt venu , et que vous n'avez pas de temps à perdre.

J ccris par le même exprès à M. Belfbrd , votre admirateur et mon ami , qui connoii tous les secrets de mon cœur; ^e le prie de vous voir et de savoir de Jirous-même quel fonds je dois faire sur vos ]disp05i>'ons pour jeudi.

Certainement, ma chère, vous ne poury-^z jamais souffrir les maux que me fait endurer cchq cruelle incertitude.

Si vous ne m^honorez pas d'une ré* ;|)onse à celle-ci , soit de votre bonté ,. soit par l'intercession de M. Belford , il -sera trop tard pour que je puisse partir : ^t le capitaine Tomlinson qui va exprès â Londres pour exécuter vos ordres , sera: ^cruellement trompé.

Un de; mes motifs pour l'espèce de dé^ tentioa où j'ai pris sur moi de vous tenir , est de prévenir les malheurs qui |3Qurroieni; arriver (autaat à celle qui k

DE Clarisse Harlowe. iSt mérite le moins, qu'à celui qui le mérite le plus ) si vous alliez écrire à quelqu'xm dans cet excès de chaleur et de ressentim.ent qui vous enflamment contre moi.

Vous ayant fait part des ordres que j'avoi^ 'donnés aux femmes de la maison sur cet article , je m'étonne que vous ayez essayé d'envoyer ( * ) une lettre à Miss Howe , quoique sous une enveloppe à l'adresse de sa domestique : vous deviez bien penser qu'elle tomberoit entre mxes mains.

Ne p-^uvant me dissimuler ce que je mérite , je ne pu'rs douter de la manière dont je suis traité dans cette lettre. Cepentlant je vous la renvoie dins la mienne , et vous verrez que ie ca: het a été respecté.

Daignez, Madame et très-chère personne , soulager par \zs quatre mots que ie vous demande , ou par M. Belford , l'inquiétude miOrteile de votre ajïectionni et reconnoissant

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