‹ Clarisse Harlowe. Traduction nouvelle et seule complète (volume 3)Chapitre 24 sur 39 · LETTRE CCXCIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCXCIV

M. LovELACE à M. Belford.

Vendredi , 3c Juin.

J E suis perdu , perdu sans ressource , pis que si j'étois anéanti ! C'en est fait. Mais crois-tu que la nouvelle seule n'étoit pas assez accablante , sans en charger encore le poids de barbares reproches , que tu n'as acquis le pouvoir de me faire que par mes propres communications volontaires ?

et dans un temps siirtout où fai encore à soutenir un autre chagrin des plus sensibles.

{%) J'imagine que s'il est quelque chose de ce qu'on dit des peines d'une autre vie , ce ne sera pas une des moindres mortifications pour un damné tout nouveau , de se voir punir par un damné plus méchant et plus vieux que lui , et que le pauvre soulTrant couché avec un chat à neuf queues , chacune armiée par le bout d'une étoile de brcnze ardent , s'ent.nde crier aux oreilles par le vieux satyre : subis ton châtiment, subis ton châtimiCnt. —Et pourquoi ? pourquoi ? Four^ aiioL? S'il disoit la vérité, il répondroit : pour n''étr© p^s un démon aussi méchant que nioi^

Tu es sûrement assez bon casuîste ; pour savoir , et j'ai déjà insisté sur ce point , { * ) qne le crime de séduire une jeune Elle crédule et foible , est aussi grand qu« celui d'attirer dans ses pièges une fille incrédule et vigilante.

Et quelque peu généreuse que puisse paroitre la réflexion que je vais faire, surtout venant de ma plume , permets-moi de te la dire ; la voici. Si une femme , telle que Miss Harlowe, étoit dans l'intention d'entrer dans l'état du mariage , ( je suis résolu de tromper ton attente , et de te priver du triomphe dont tu te flattois , à voir ma rage et mon désespoir ) et de contribuer , suivant le systêmiC des anciens patriarches , à la génération de fAs et de filles , sans autre vue que de les élever dans la piété , et d'être des membres utiles de la société , que diable avoitelle altaire délaisser son imagination vaguer et courir après un libertin ; après unhom.me qu'elle savoit être un libertin.

Oh , diras tu ; elle espéroit avoir le mérite de le retirer du vice ! Elle s'étoit fait tme charmante idée d'avoir un pénitent de sa façon pendu à ses côtés à l'église , sous les regards applaudissans des voisins; et de le voir , à mesure que leur famille augmenteroit , marciier avec elle à la tête de ses petits garçons et de ses petites filles ,

( * ) Voyez Lettre CLXXiv.

DE Clarisse Harlowe. 223 comme en procession , et se gioriiiant des fruits de leurs honnêtes désirs , suivant l'expression démon bon Seigneur Evéque^ <]ans sa pcmûssion.

Quel cha-mant spectacle de voir tout ce •groupe nombreux s'agenouiller ensemble dans un banc , depuis Famé jusqu'au cadet; comm.e cette fan^ille que nous avons ^'ue un jour sur un antique monument , 011 rhonnéte chevalier est représenté vêtu <le son armure , à genoux^ les mains levées en haut, avec une demi-douzaine de gros poupons tondus , rangés derrière lui ; suivant les degrés de leur âge et de leur gr;aideur, tous dans la n-;éme posture. — Et en face , sa pieuse Dame , avec une fraise autour du cou , et autant de petites filles au visage couleur de petit- lait, toutes à genoux derrière die : ùu autel au milieu des deux , et dessus un gros livre ouvert : sur leurs têtes , des rayons d'une lune dans son croissant , sortant du milieu (\qs Jîuages argentés , et environnant les armoiries avec cette inscription : Vans le ciel le salut — ou le repos peut-être , supposé qu'fî leur soit arrivé de passer ensemble la vie ordinaire des mariés , dans les querelles et la contradiction.

C'est certatnem.ent un aussi grand malheur pourmoi d'avoir rencontré Miss Harlowe, pour peu que j'eurse fait cas de ma réputation et de ma tranquillité , quQ pour éi\^ de m'avoir jamais connu. Apnès

ii4 Histoire

tout, qu'ai- je fait que suivre les maximes eue toi et moi et tout autre libertin pratiquent ? et que nous avons , avant que je connusse cette belle , suivies ccyistamjinent de jolie fille en jolie fille , courant en attaquer une autre , iès qu'une avok été subjuguée , — à~peu-près comme font ces marchands de foire de campagne, avec leurs chars voians et leurs chevaux ailés , que vous entendez crier sans cesse : qui monte à la file ? qui veut monter à la file 1

Mais ici dans le cas actuel , pour continuer la métaphore volante , ( car il faut que je plaisante , ou que j'enrage ) c'est une jolie petite Miss , tout fraîchement sortie de la robe de l'enfance , et amenée pour acheter quelque joli bijou de foire : car le monde , Belford , n'est , tu le sais , qu'une vaste foire : et pour te rendre sérieux pour sérieux , tous ses plaisirs ne sent que des chevaux d'enfant , enjolivés de clinquant , que pains d'épice dorés , que trompettes bruyantes , que tambours peints , et autres brillantes et vaincs bagatelles.

Vois à présent cette jolie petite Miss , trottant légèrement de loge en loge , d'une allure tout-à-fait jolie. D'abord se présente à elle un petit jeune homme, nommé comme qui diroit Wicrley ; suit un autre faquin , toujours dansant , nommé Biron ; ensuite un troisième souriant et grimaçant , nommé SyiunKS ; et puis un

DE Clarisse Harlou^e. 225

monstre y le plus hideux de la bande , avec un large coffre sons son br^as , et des contrats de parchemin de la ceinture jusqu'aux talons , appelé Solnies. Tous la poursuivant de curiosité en curiosité , se pressant sur ses pas à chaque tour qu'elle fait , s'arrêtant quand elle s'arrête , et se remettant en mouvement quand qWq marche. C'est ainsi , ayant toujours des galans pendus à sa ceinture; mais toujours sous l'œil de ses vigilans gardiens , que la jolie petite Miss traverse toute la foire , donnant et recevant du plaisir , jusqu'à ce qu'à la fin , éprise de l'invitation de l'orateur au chapeau bordé , et voyant plusieurs jolies porteuses de bavettes rangées en file dans le char- volant ,• et fendaat sans danger l'air obéissant ; dans ces voitures où l'un s'élève tandis que l'autre iîescend , vraie peinture du monde , et toutes les petites aventurières ayant aussi peu de crainte que de prévoyance : elle «st tentée de s'y hasarder aussi et d'y monten

Suppose qu'alors elle se glisse adroiteineut , au m.oment où elle n'a près d'cî;e ^ucun de ses parens ; s'il arrive qu'après dieux ou trois courses de haut en bas et de bas en haut , sa jolie tête commence à s'étourdir , et qu'elle se jette elle-même hors du char , lorsqu'il est à sa plus grande élévation , et qu'elle se brise sa iolie petite cervelle. Qui oeut r.em.pêcher i Et

226 ^ Histoire voudrolt-on pendre le pamre diable., dont le niétier public est de faire cheminer dans son char volant les jolies petites filles ? Il est vrai que cette petite Miss , étant une fort jolie petite Miss , une petite Miss universellement admirée , une benne petite Miss, qui avoit toujours bien su par cœur • -sa leçon , qui avoit passé par tous les de- :grés de doctrine exemplaire avec les ap- ^laudissemens 'de tout le monde , qui •avoit brodé avec les couleurs les plus Traies et les mieux nuancées , un Abraham «offrant Isaac en sacrifice;, un Samson con> •battant les Philistins ., et des fleurs , et <)es nœuds, -et des arbres, et le soleil et .la lune , et les sept étoiles . tous tableaux 'oharmans , suspendus derrière leurs gla- <;es , pour Tadm-iration de ses futurs petits «nfans ; une petite Miss qui devoit hériter •d'une fort jolie fortune , qui descendoit 'c'une fort jolie famille de plus de cent -ans de noblesse , laquelle vivoit fort jolianent , fort peu respectée pour son propre <:ompte ; mais beaucoup à cause de la petite Miss, — de voir qu'aine aussi merveilleuse petite Miss soit tombée dans une ^ijssi grande infortune : c'est vraiment ^ne bien déplorable chose. Mais , dis-moi,^ iîa perte d'un enfant ordinaire , de toute vsutre famille moins distinguée :, avec des ^qualités mioins brillantes ou mioins aimaibles , ne seroit-elle pas une perte aussi grande jpour -cette humble famille., gue

DE Clarisse Harlôwe. 227 peut rètre pour celle-ci la perte de sa jolie petite Miss ? Et pour descendre à un exemple fort bas à la vériti , et ne considérer que la personne : doutes tu le moins du monde que ta lourde face, dans sa grossière et forte char]?cnte , n'ait pas été autant admiré de ta mère, que si tu avois eu le visage d'un Loveiace , ou de quelqu'autre joli cavalier ? Si elle avoit fait faire ton portrait , auroit-clle pardonné au peintre , s'il n'avoit pas rendu tous tes traits avec assez d'exactitude et de vérité , pour que chacun t'y reconnût ? Une belle ressem.blance est tout ce qu'on demiande. La laideur que l'habitude nous a rendue familière , surtout pour des parens qui ont une partialité aiauirclle et aveugle ■pour leurs enfans , sera la, beauté par toute iterre. — Fais l'applicatiQu.

Mais, hélas , Bcîford ! toute cette dépense d'imagination ne sert qu'à t'oHrir îa peinture de ma propre contenance,, que je te fais moi-même, pour échapper h ta malignité. —Quoique ce soit répondre à tes vues, peu dignes d'un ami , que de faire un pareil aveu , je ne puis mi\'mpêcher de t'avoucr, que je suis percé jusqu'au fond du cœur par ce malheureux...

dirai-je accident ? Oh ! ny aura-t-il donc ipersonne gue je puisse. égorger , à titre de

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négligence ou de trahison, pour'cah-ncf mes transports de ven;;^eance? (J^)

Lorsque je réfléchis sur le dernier de mes criminels projets , après avoir vu le premier attentat si noblement ressenti , repoussé mên-ie arutant qu'il étoit possible à son état , avec un si noble courage, je suis forcé de conclure que j'étois possédé, fasciné sous le pouvoir de ces détes^ tables Circé , qui prétendant connoître leur scse , ne cessoient pas de ine répéter, qu'il y a pour chaque femme un moment de fbibîesse ou de m.olle ré.-^istance , qu'il falloit trouver et saisir : (^) et que je n'avois pas encore , et encore , et encore a£S3z m/ultiplié les épreuves.

Mais que si enfin ni Tam.our , ni la terreur ne pcuvoient faire sortir pour moi }a c'iance de Theureux momeiit , qu elles sauroient la réduire par leurs maudites luscs , et qu'une fois domptée , elle le seroit pour toujours ; et qu'elles en appeloient à ma propre expérience , à ma connoiîrsance de leur sexe , pour la justification de leur principe, (j^) J'avoue qu'il me paroitso't confirmé par cette cxpér ricnce qu'elles invoquoient : car pensestu que je me fusse obstiné dans htjCs résor lutions contre un tel ange , si j*avois connu jusqu'alors une seule femme , qui eût reflété si constamment aux artifices , et à la persévérance d'un amant chéri ? Pourquoi ài^.c kâ exemples d'une yertu si inébiaa^

DE Clarisse Harlowe. 219 Inbîe ne sorit-ils pas plus communs? (^) Ou , pourquoi faut- il que 1« seul , qui ait peut- éîre jamais existé, me tombe en partage , à moins que ce ne fût pour eloubler Kion crime et en m^ême temps pour convaincre tous ceux qui viendroient à savoir son histoire , qu'il est des anges , com.me il est des démons , incarnes dans l'espèce humaine? (]^)

Mais c'en est assez pour î'aveu que je ne balance point à te faire ; assez pour alléger et égayer un peu ma conscience, et pour désarmer aussi ta malice , en reconnoissant ma faute; car personne ne peut dire autant de mal de moi , que j'en dirai nioi-mêm.e dans cette fatale occasion.

J'ajouterai encore , pour te prouver la sincérité de mon repentir , que si dans l'espace de trois jciirs , ou dans tout autre temps , avant qu'elle ait découvert la faus* •seté des histoires qui regardent le capitaine Tomlinson et son oncle , tu peux la retrouver, et la dii-poserà me faire grâce, je réponse à Tinsrant en ta présence et devant le Capitaine qui doit représenter -^on oncle.

Je ne désespère p?s enco?e de ce déîîotiemeiît. Dans queique lieu que soit ma Clarisse , ^lie n'y |.>eut être cachée longtemps. J'ai déjà mis tou.es m.es macliines en mouvement pour la découvrir- , et si j'ai le bonheur de tombe? sur ses traces , Jwsq^u'aucuii de ses parens , de- ses anii§ „

i.'^o Histoire

comme tu Tobserves , ne lui offrira sa protection ; -quel est Thom^me indifférent qui se souciera de se commettre avec un homme de ma figure , de mjon rang et ■àe ma résolution ? Montre-lui donc ma promesse , et tout autre endroit de cette lettre que tu croiras propre à faire impression sur son cœur, si tu peux la découvrir. Indépendamment de Tamour et de la justice, je serois bien aise, après tout, que cette affaire , qui est assez mauvaise en elle-même , finit sans aucune suite plus fâcheuse : et je ne sais pourquoi il me vient à Tesprit , que si nous me la terminons pas entre ma charmante et moi., elle fera couler tôt ou tard quelques goûtes de sang. C'est une autre raison qui ne doit pas lui permettre de pousser le ressentiment trop loin : non que je fusse bien fâché d'ailleurs d'une pareille affaire , si je

j)ouvois choisir luon hom.me , ou si tu

veux , mes hommes ; car à Texccption d'elle , je déteste cordialement cette famille, et je lui voue éternellement la même haine.

En réfléchissant sur ta lettre , je ne trouve pas que ce plan de fuite ait rien d'extraordinaire. Elle doit avoir compté sur son bonheur plus que sur les vraisemblances , puisqu'elle n'a pu se promettre de réussir qu'en trompant Dorcas , Will., la Sinclair et les nymphes , ou dans la supposition gu'clle les trouveroit hors de

DE Clarisse Harlowe. 231 garde. Ainsi je ne suis pas jaloux de Tinvention. Mais c'est à moi , lorsque je verrai ces fidelles dépositaires, à- les remercier de leur vigilance , et d'avoir jugé à propos pour leur sûreté future., de laisser la porte de l'allée à demi-ouverte. Malédiction sur celte troupe d'imbé4:iîlcs !

JVlabel mériteroit une robe de poix et un bûcher , phuôî que la robe de taHetas qrti «st le prix de sa trahison. ComjKe on a rapporté ses habits , je veux que cette robe soit renvoyée à sa maîtresse avec les autres^ lorsqu'on aura découvert sa retraite. Qu'on attende néanmoins mes or- -dres ; car il fc-;ut ramener , s'il est possible^ cette chère fugitive.

Je suppose que rron stupide coquin , .qui n'a pas su distinguer Pair noble et la taille divine de ma charmante , de la formie -épaisse et voûtée de Mabel , a couru d'abord vers Hamstead. Cependant j'ai peine à croire quelle ait pris cette route. Il devoir aller de rue en rue , à toutes les affiches des ciiam.bres à louer , et s^nforiner des nouveaux venus : particulièrement chez les marchan.ies de modes , et dans toutes ies-maisons oùl'on travaille à l'usage des femmes , celles où l'on prend le thé , le café , etc. Si je ne reçois pas bientôt quelques nouvelles , je ne conseille pas à Dor- 'Cas j à Will , à Miabel de paroitre devant ;moi , quelque parti que prennent à kuî' xgard-les maîtresses de la maison.

23^ Histoire

(^) Cette lettre , qiioiqu'écrite' par abréviation , est fort longue , su-tout ne contenant ni narration , ni journal d^ mes démarches : car celles-là sont d'une longueur toute naturelle , et je pourrois dire inévitable. Mais depuis quelque temps je me suis tant habitué à écrire longuement, que je ne saurois plus m'en empêcher. Il faut pourtant que j'allonge encore celle-ci d'une explication que je te dois sur un autre accident que cette fuite de Miss Harlowe , et que je t'ai dit en commençant , qui me chagrinait crueilement. ( ji ) Le vieux Pair ( maudite soit sa constitution de fer ; car cette maladie devoir l'emmener ) est parvenu à force de soufre , de feu , et le diable sait de quoi , à forcer la goutte de quiiter la con^r^es^ carpe de son estomac , justement lors- <3u'elle avoit rassemblé toutes ses forces pour donner l'assaut à la citadelle de son cœur. En un met , ils ont trouvé le moyen , par toute rartillerie de leur art, de chasser le mineur trop lent du centre aux extrémités , où il s'est cantonné sur le gros orteil qu^il s^amiise à ronger, dans le temps que je me croyois heureusement délivré xle la maladie et du maljdc.

Ainsi , moi qui te pariais de laudanum pour le tien, et prccéde^ninent de l'expédient du irap mouillé , et qui n^en ai pa^ moins eu la folie de laisser glisser d entre îiîes doigta huit ii^.ille livres sterliags de

DE Clarisse Harlowe. 233 rente , lorsque j'en avois déjà pris possession autrement qu'en imagination , ayant déjà demandé des éclaircissemens aux gens d'affaires , que j'écoutois me parler de sommes à recueillir , de renouvellement de baux et d'autres soins de cette espèce. Je mérite bien d'être mortifié. — Tu ne t'imaginerois pas de quel œil différent tous les domestiques et mes cousines mimes , me regardent depuis hier. Les révérences ne sont pas la mjoitié si profondes. On ne m'honore plus du titre de Milord. A pré-, sent je suis redevenu le cousin Lovelace ; on me traite avec la familiarité ordinaire, sans titres , sans formules respectueuses. lis ont mém.e l'insolence de me féliciter sur le rétablissem.ent du meilleur des oncles y et je suis forcé d'en marquer autant de joie qu'eux; tandis que si les plaintes pou voient être utiles à quelque chose , j'en pleurerois volontiers de douleur et de rage.

J'avois déjà réglé mon deuil en imagination ; à l'e:^£mpie d'en certain tiiinistre étranrrer ^ qui , suivant le récit de i'hounote Kennet , avoir à dém.i-épuisé toutes les boutiques de Black-Well de ses étoffes noires , avant la mort , et même avant la dernière maladie de Charles IL ; preuve , dit Ihisîorien , que le monarque devoit erre eirvpoiçonaé , et que cet ambassadeur étoit dans le secret. Insensé que je suis 1 Je n'ai pas pu profiter de cette idée. Que sert d'avoir lu i' histoire , quand 00 u'ea

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tire pas d'utilité pour soi-même? Cest ainsi , mon pauvre Beîford , que s'est vérifiée une des profondes observations du vieux Pair ; un malheur ne vient jamais seul ; et que la patience de ton ami est exercée par un double chagrin.

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