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Ensuite est venu " le bien immense de ?) M. Solmes , son habileté k le ménager. >y ( d'un peu trop près , étoit le mot. Oh ! comme on est porté , ai-je dit en moimême , à excuser ceux qui aiment l'argent, quand on ne le hait pas soi-même ! Cependant , pour la générosité , ma mère est une reine en comparaison de Solmes. )
« Quels étranges eifets , a-t-elle ajouté, « la prévention et Tamour font sur le cœur » des jeunes personnes ! ?>
Je ne comprends pas , ma chère , pourquoi Ton prend tant de plaisir à supposer toujours de l'amour aux gens. La curiosité engendre d'autres curiosités. Voilà tout, je m'imagine.
Elle a vanté de fort bonne foi la personne de M. Lovelace , et ses qualités naturelles et acquises. Mais elle est revenue à dire qu'une fille en devoit juger par les yeux d'une mère , et non par les siens. Cependant , elle n'a su que répondre à l'offre que vous faites de rester dans le célibat , et de rompre avec lui : savoir , a-telle dit , si , si ( en faisant trois ou quatre si d'un seul ) si l'on peut s'y fier.
Mais toujours l'obéissance sans réserve.
Sans aucun égard aux raisons , est le refrain de la chanson de ma mère ; et l'application , ma chère , me regarde comme vous.
Je reconnois volontiers que l'obéissance aux parens est un devoir tres-méritoire. Je hénh même le ciel de n'être pas mise aux
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mêmes épreuves que vous. Il est aisé pour tout le monde de faire son devoir , lorsqu'on n'a ni tentation , ni intérêt qui nous pousse à nous en écarter. Mais peu de jeunes personnes, avec le pouvoir de secouer honnêtement le joug , seroient capables de votre patience.
La crainte de vous offenser me fait rejeter tout ce qui se présente à mon esprit sur la conduite que votre père , vos oncles et tout le reste , tiennent avec vous.
Mais je commence à prendre une plus haute idée que jamais de ma pénétration , sur ce que je ne me suis jamais senti d'amitié sincère pour aucun de toute votre famille , que pour vous seule. Je ne suis pas née poiir aimer ces gens-là. Mais mon devoir est d'être sincère avec mon amie ; et c'f*'-* / excusç qui justifiera Anne Howe aux yeux de Miss Clarisse Harîowe. J'aurois pourtant dû excepter votre mère , femme respectable , et qui à présent mérite de la compassion. Quel traitement elle doit avoir souffert, pour se trouver aujourd'hui si complètement subjuguée ! C'est le mot. Le bon vieux vicomte ne s'attendoit guère , lorsqu'il maria sa chère fille , sa fille unique , à un homme de si belle apparence , et qu'elle trouvoit elle-même de son goût , qu'elle seroit si fort opprimée sous le joug ! Un autre que moi traiteroit votre père de tyran. Tous ceux qui le connoissent lui donnent ce nom , et si
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vous aimez votre mère, vous ne devez pas trop leur en vouloir. Et cependant , après tout , je ne saurois m'empêcher de la trouver moins à plaindre , lorsqu'on se rappelle que c'est elle-même qi s'est attiré ses disgrâces ( que la mauvaise humeur de votre père vienne d'où elle voudra, de sa goutte ou de toute autre cause) par une longue suite de foiblesses , indignes de sa naissance et de ses belles qualités , en cédant tout à des esprits entreprenans et présomptueux ( bornez cette réflexion à votre frère , si c'est pour vous une peine de l'étendre plus loin ) ; et cela dans quelle vue ? pour se procurer une tranquillité passagère, qui méritoit d'autant moins d'être considérée , que ses efforts n'ont servi qu'à fortifier l'ascendant des autres, à proportion qu'ils ont afFoibli le&ien; e*.:]^ l'ont rendue enfin l'esclave d'un empire arbitraire, qui s'est établi sur sa patience. Et quel en est le fruit ? de se voir forcée au- "jourd'hui, contre son propre jugement, d'abandonner le plus digne de ses enfans , et de le sacrifier à l'amour-propre et à l'ambition du plus indigne. Mais je me hâte de quitter ce sujet. Je crains même qu'on ne me pardonne pas ce que j'en ai dit. Et pourtant , ce n'est pas la moitié de ce que j'ai dans le cœur sur l'article de cette fatale douceur.
On attend ce soir de Londres M; Hickman. Je l'ai prié de s'y enquérir un petf
DE Clarisse Hariowe. 341soigneusement de la vie et des sociétés de Loveîace k la ville. S'il ne Ta pas fait , il n'aura pas lieu d'être content de mon humeur. Ne vous attendez pas k des récits fort avantageux. Loveîace est une créature intrigante et remplie d'artifices.
En vérité , je méprise ce sexe bien cordialement. Que ne laissent-ils en repos nos pères et nos mères , au lieu de les venir tourmenter, pour qu'ils nous tourmentent après, par leurs offres dorées , par leurs protestations, par leurs belles peintures d^établissement, et par toutes leurs ostentations ridicules ! Quelle charmante vie nous pourrions vous et moi mener ensemble , en les méprisant tous ! Mais se voir bercer par leurs flatteries y et nous laisser prendre au piège , comme les plus sots de tous les oiseaux , pour tomber dans un ét?t d'esclavage ou de vile subordination ! Etre traitées en princesses pendant quelques semaines , pour l'être en esclaves pendant tout le reste de notre vie ! .... de bonne foi, ma chère, je dirai d'eux tout ce que vous dites de Solmes; je ne puis les souffrir. Mais vos proches , ( car je ne veux plus leur donner le nom de vos parens , dont ils sont indignes) vos proches, dis-je, qui sont capables de vous vendre au prix qui leur est offert par un misérable, et qu'il ne peut leur compter qu'en dépouillant tous les siens de leurs espérances naturelles, faut-il plus qu'un ,
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sentiment de justice le plus ordinaire pour être révolté d'un pareil marché ?
M. Hickman sondera Milord M sur
l'article que vous me recommandez. Je pourrois vous dire d'avance que Milord répondra, lui et les siens, lorsqu'on les fera tomber sur cette Liatière : Qui ne se trouveroit pas honoré d'une alliance apec Miss Clarisse Harlowe ? Mde. Fortescue m'a dit qu'ils ne parlent de vous qu'avec admiration.
Si je ne me suis pas expliquée assez clairement dans mes avis sur le parti que vous devez prendre , je vais vous le répéter en deux mots ; reprenez vos droits. Si vous le faites , tout le reste suivra naturellement.
On nous a dit ici que Mde, Norton , comme votre tante Hervey , s'étoit déclarée pour le parti de l'obéissance aveugle. Si elle a pu penser que la part qu'elle a eue à votre éducation y et vos admirables qualités naturelles et acquises, doivent être prostituées à un misérable tel que Solmes , je lui dirois volontiers des injures. 11 peut vous venir à l'esprit que je cherche à diminuer un peu la considération que vcus avez pour cette digne femme. Peutêtre ne vous tromperiez-vous pas tout-à fait ; car , pour vous avouer la vérité , je ne l'aime pas autant que je l'aimerois , si , vous la voyant chérir un peu m.oins , j'étcis bien sûre que vous m'aimiez plus qu'elle.
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Votre mère vous a déclaré que vous aurez à souffrir de rudes épreuves ; que vous êtes désormais sous la discipline de votre père ( ce mot seul me suffit pour que je méprise ceux qui donnent occasion de l'employer ) ; qu'il n'est plus en son pouvoir de vous secourir , et que si vous avez quelque faveur à espérer , ce n'est plus que par la médiation de vos oncles. Je suppose que vous écrirez à ces deux Catons , puisqu'on vous a défendu de les voir. Mais est-il possible qu'une telle femme, une telle sœur, une telle mère, n'ait aucune influence dans sa propre famille ? Si cela est , qui voudra se marier , comme vous le dites si bien, pouvant vivre dans le célibat ? Ma bile recommence à s'échauffer. Reprenez vos droits , ma chère : c'est tout ce que je puis vous dire à présent , de peur de vous offenser , lorsque j'ai le malheur de ne pouvoir vous servir.
A NM E Ho W E.