‹ Clarté; romanChapitre 31 sur 32 · CL A ÉTÉ · texte numérisé non relu

CL A ÉTÉ

méti^, ea|>k>itesit le sxialbeiix. aa spéoalent snr le beeola. Il y a une nouvoUe lûérastftiifi à faire des fastes, des dâits et des oiinies : la/viraie.

On lie ae4oiite pas de la be&aié poasible ! On ne se doute paa de ce «que. pmveaxt donssr tons les tsésor^ gaispiUéB ; de oe <^e peut joaraener ia: zésurreotion. <le Tinteiligenoe humaûie éévofyéo^ écrasée et tiiée jusqu'ici à aiesure, par Tesdavac^e infâfoe, par leB basses néceaatéa coniagieiises de» attaïqiies et.d« ^feases ii main armée, et par les piivâègee qui d^ipcadentie mente; on ne se dcAite pas de ce qu'elle peut trouver un jour, et des adorations nouvelles. Le règne absolu du peuple donnera aux lettres et aux arts,.de«bia fosnie: sympSuanqne est à pcane ébaacbêe eoooreijHUie spiendeur sam^bomes comme le reste. Les coteries aailBDnakA'Cidttveat^l'étcQstefi^ et l'igiK»ance, et artro* ^ent l'origkta2ité,/etieB^3caâéDCtâeB natioziaies, qu'un reste de «iiperstitÎQn -fait xespecter^ ne sont que des mc^^ets pompeux de mainteBair des iBiraesiks dômes des los^tnts qui« de tout, près, <mt llair ^^cands, simt ridicules comme des éteig^QoirS;. Il ^Ësiit élargie, intematkaialiser sans a^rêt, sans ImûtatîoQ* ixmt^i» qui peut f^êtie, B faut remplir la eociété de bai3ièi£S.ésxailéesB^de pkan jour etd*e^[iaioe9 ms^gniâquea, libémxïjLTScpBtieaace, avec hto>ï[^Qie, la voie qai oonednit de ÏÀoiâàsàdxL à .l^ixumanité et <|ai était obs^ifïée par les iîadavnes. d'idées, .et les images de pierre, sur les gff:aads boriaons courbes. Qae:isaat «pit refait se3<m la simplicité. II. n'y a ^'un.penple, ii u^y ^qn-uu peuple*!

Si ÊKi fais C€^ tu diras qa'au mom^it du temps où tu SMms concerté ton seibrt «t pris ta décision^ tu auras sauvé legenifi bnmaan aRzteint qu'il «stpoesil^e de le iai3?e id-bas. Tu n'auras pas BSiumé le Ixtfiheur. Les sophistes ne nous intimiicknt pas en. prêdiaxxt. la résignation et la paralysie sous prétexte qn 'aucun diangement spcîai n'amènera le .^??^^^"'* ®*^^ Joiuiuit:aveç ces choses profondes. Le bonheur

fait partie de la vie intérieure : c'est un paradis intime et personnel ; c'est un éclair de hasard ou de génie qui naît doucement entre ceux qui se coudoient, et c'est aussi le sentiment da la gloire. Non, il n'est pas entr^ tes mains ; il n'e»t donc entre les mains de personne. Mais la vie équilibrée et soigneuse 6$t nécessains à l'hcmoie pour coiistruire la maison isolée du bonlieur, et la mort est le contact efFio^ble de» événements qui passent, avec nos pr^ofondeurs. Iss choses extérieures et les choses jçacbées sont <l'essence$ diSérentes^ mais elles se tiennent par la paix et par la: mort^

Four açcc9»plir l'œuvre majestueusement pratique, pour pétdr l'architecture totale ccname une stalwe, ne fonde rien sur de» znodi^c^tions imposslâcs de la nature humaine^ n'at^tendji^: lien de la pitié.

I^. charité est un prjvjiièg^ qLui doit disparaître. Au iseste, pas phjs^. qu'on ne saurait aimer des incons^^, on n'est capable d'en avoir pitié. L'esprit humain est fait peur Tinfimté; le cœur> non^ L'être qui soufre réellement, dans vson -eamXj et. jms fiaule^oent ûaxm son espnt ou en paroles, de lâ sonl^raniâ df êtres qu'il ne voit pas et qu'il ne tjouehe paG, iè9t tin nerveux anormal dont l'exemple ne pi&ut pas ee généraliser. L'^hec à la raison^ la- t^cha de rabsurdité, torturent rinteîligence d'une façon plus féconde. Pouf simple qu'elle ^oit^ la science asociale est uae géométrie. N'ao^pte pas q^'on donne au mot humanitoisme un sens «esntimentel* et dis q^e lapr4dic^tion de.lajfratermté et de Ifamoiir çst vaine ; ces mojts perdent leur sens an mi- .lieu <l^ graiid8JD<mibi!es. C'est dai^ ces confusipn^ déréglées - xie3 aen^timent^ «t d£S idées qu'on sent l^ pcésj^nçe de l'utopie^ Lavsolidàrité et la muluaUté sont infieUb&ciueilcs. Bon ^ens, logi<p0^ rigueur méthodique^ oi;4re sans 4éfaiJI«uice ; «perfection, i^évitabl^» impitoyable, d^ la clarté !

Pans miQ9a> ar4e^d:>.4ans sjpyQn besoin,^ et du fond de mon ^bîme^ jfai proféré ç^ mot&tout haut, an milieu du silence. Ma grande, ijêverie s'est m^ée de voix haute, comme la ..neuvièiQae. symphonie*

Je me suis accoudé à la fenêtre. Je regarde la nuit qui est partout et qui me touche, moi, bien que je ne sois que moi, et qu'elle soit la nuit infinie. Il me semble que je n'ai plus rien d'autre à penser. Les choses se tiennent; elles se délivreront l'une l'autre, et feront leur ordonnement.

MaiSf de nouveau, je suis saisi par la plus poignante de mes angoisses : J'ai peur que la masse se contente des satisfactions incomplètes qu'on lui consentira partout..* Ils emploieront toute leur puissance cramponnée et subtile pour empêcher le peuple de comprendre, puis de vouloir. Le jour de la victoire, ils verseront en lui l'ivresse et réblouissement, ils lui mettront dans la boucbo des cris presque surhumains : c Nous avons délivré l'humanité, nous sommes les soldats du Droit ! ; sans lui apprendre tout ce qu'une pareille affirmation comporte de gra\dté, d'immenses engagements et de génie constructeur, ce qu'elle comporte de respect pour les grands peuples quels qu'ils soient, et de reconnaissance pour ceux qui tentent de se délivrer eux-mêmes. Us reprendront leur mission étemelle d'abêtir les grandes forces conscientes et de les détourner de leurs fins. Ils feront appel à l'union, à la paix, "a la patience, à l'opportunisme des changements, au danger d'aller trop vite, ou desWcuperdes affaires du voisin — et à tous les sophismes de cette espèce. Ils tenteront encore de ridiculiser et d'abattre ceux que les journaux à leur solde appellent des rêveurs, des sectaires et des trsdtres ; ils agiteront encore une lois tous leurs vieux talismans. Ils proposeront sans doute, sous des mots à la mode, des parcdies officielles de justice internationale qui s'effondreront un jour comme des décors de théâtre, on droit des gens tron« que avec quelques restrictions puériles et des acceptations monstrueuses, semblable au code d'honneur des bandits. Le mal arraché des autocraties avouées couvera ailleurs : dans les fausses républiques et les pays soi-disant libéraux qui auront caché leur jeu. Les concessions qu'ils feront rhabiL

leront la vieille autocratie pourrie et la perpétueront. Un impérialisme remplacera l'autre, et les générations futures seront marquées au fer. Soldat de partout, ils tenteront d'efîacer ton souvenir ou de l'exploiter en l'égarant, et Toubli de la vérité est la première forme de ton malheur I Puisse ni la défaite, ni la victoire n'être contre toi. Tu es au-dessus de l'une et de l'autre, puisque tu es le peuple entier. '

Les deux sont peuplés d'étoiles; cette harmonie qui étreint la raison et applique l'esprit sur l'idée adorable de l'ensemble, doit-elle nous donner l'espérance ou le doute I

Nous sommes à un grand soir du monde. Il s'agit de savoir si nous nous réveillerons demain.Nous n'avons qu'un secours :* nous savons, nous, de quoi la nuit est faite. Mais sauronsnous communiquer notre foi lucide, alors que les avertisseurs sont minorité partout et que les plus sacrifiés haïssent et traitent d'utopie le seul idéal qui n'en soit pas une ! L'opinion, publique qui flotte, incertaine et soumise au vent sur la surface des peuples, et qui prête une conviction et une conscience passagères à la plupart des hcmmes, crie sus aux inventeurs ; elle crie au sacrilège parce qu'on lui montre dans sa vague pensée ce qu'elle ne savait pas y voir, elle. Elle crie qu'on la déforme, mais non, on l'agrandit.

Je n'ai pas peur, comme beaucoup ont^peur et comme j'avais peur moi-même autrefois, d'être honni et déchiré. je ne tiens pas pour moi au respect et à la reconnaissance. Mais je voudrais que les hommes, si j'arrivais jusqu'à eux, ne me maudissent pas. Pourquoi, puisque ce n'est pas pour moi? C'est seulement parce que je suis sûr d'avoif raison. Je suis sûr des principes que je vois à la source de tout : la justice, la logique, l'égalité, toutes ces vérités divinement humaines dont le contraste avec la vérité actuellement réalisée est déchirant — et je voudrais faire appel à vous tous, et cette certitude qui m'emplit d'une

joie tragique, vous la dcamer à la fois comme un ordre et comme une prière. Il n'y a pas plusieurs façons d'y atteindre à travers tout, et de rattacher la vie à. la vérité : Il n'y en a qu'une, la droiture. Recommencer la Règle pctr le sublime contrôle de l'esprit, et se livrer à l'audace sans bornes de la raison. Je suis un homme comme les autres, un homme comme vous. Vous qui, en m'écôutant, hocheriez la tête ou hausseriez les épaules, nous deux, nous tous, pourquoi sommes-nous si étrangers puisque nous ne le sommes pas?

Je crois, malgré -tout, à la victoire de la vérité. Je CR>is à l'importance désormais intangible de c^ qoetqfues hommes vraiment fraternels qui, dans tous les pays du monde, diftâB le va-et-vient des égoïsmes nationaux déchaînés, se dressent, fixeS comme les statues magnsflqnes dis droit et do àevfAr. Ce soir, je croîs, jissqa'à la certittcde, que la société nouvelle s'édifiera sur cet af chipe! ô'honmies. Même si maas devons encore soufirir à perte de me, lldée ns pe«st pas pins cesser de battre et de s'accfoHre qoe le ccs^humam, et la trolonté qui s'élève déjà par places, on ne peut plus la dânolir.

J'annonce l'avènement fatal de la république nsiver' selle. Ce ne sont pas les réactions passagèses^ ies t^tèbtes et les terreurs, ni la tragiqne -difficulté de sou^êwr le monde partout à la fois, qui empêcheront de s'aeçoflo^Ur la vécité internationale. Mais si les grands ponvoirs d'ombse s'obstinent à rester à: leur place, si ce»x qui cneitt dairem^it criaient dans le désert, ô peuples, infatigables vaincus de rinfâme Histoire, j'en appelle à votre justice, j'en i^pelle à votre colère. Sur les vagues disputes qm ensanglantest les grèves, sur les pillards de naufrages, sur les épaves et les récifs, et les palais et les xnomimeifts fondés dans le sable, je prévois Ia venue de la marée hairte. La véritén'est révolutionnaire qu'à cause du désordre de l'erretir. La révolution, c'est l'ordre.

Mm

fin du )oar. On voit les dernières maisons de la ville dans le commencement de la vallée : des maisons basses dans des enclos, des cours, des jardins meublés de cabales. L'automne rend tout transparents les jardins et les réduità rien à travers leurs arbres et leurs baies ; cependant çà et là, il fleurit magnifiquement des feuillages. Ce n'est pas le vaste sp€<;tade dans son ensemble qui nous sollicite. Il vaut mieux choisir chacune des maisons pour la regarder bien.

Ces maisons en qui s'achève le faubourg ne sont pas grandes et ne sont pas riches ; mais on voit celle-ci s'orner de fumée, et on pense au bois mort qui ressuscite dans râtre, et au travailleur assis, les mains récompensées par le repos. Et celle-ci, quoique immobile, remue toute d'enfants : la brise égrène les rires de leurs jeux et semble jouer avec; sur Taire sablonneuse, les traces de pas d'enfants sont émiettées. On suit des yeux le facteur qui rentre chez lui, son travail terminé ; il a surmonté héroïquement sa longue route ; après avoir porté toute la journée des lettres à ceux qui les attendent, il s'apporte lui-même aux siens qui le guettent aussi : la famille sait ce que vaut le père ; il pousse la barrière, il pénètre dans le couloir du jardin, il a enfin les mains vides !

I-e long du vieux mur gris, le père Eudo, le veuf incurable avec sa mauvaise nouvelle obstinée, qu'il emporte autour de lui, qui ralentit sa marche et qu'on voit, suit son chemin ; et il prend plus de place qu'il n'a l'air d'en prendre. Une femme le croise, et dans le crépuscule, sa jeunesse se révèle et s'épanouit en sa hâte. C'est Mina. Elle va à quelque rendez-vous. Elle croise et serre son petit fichu sur son cœur; on sent la distance qui devant elle se rapetisse tendrement ; on voit la force de son cœur, tandis qu'elle va, penchée, souriante et les lèvres mûres.

La brune descend par degrés. On ne voit' plus bien, maintenant, que les choses blanches : les parties neuves des maisons, les murs, la grande route attachée à l'autre par des sentiers, éparses dans le champ noir, les grosses pierres blanches, douces conmie des moutons, l'abreuvoir

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combien on se trompait quand on disait : on les sait par cœur. Celle-ci n'a pas de date : aimpiementle jtoni difsn jour : hindi ; et on avait cm que cela pourrait ^ssfiSxe ! Maintenant elle est tout à faîtpenlue et sfcérilîsée^oettelettie anonyme, au milieu des aaties.

— On ne les sait pins par cour, avoue Marie. Sesoinnenîr de soi... Comment poorrait-on se sonvraxir de^ut o^al

Cette lecture, c'était comme celte d*on livre lur d^à une fois jadis. Elle ne pouvait pas faire revivre les heures plapiquées et ferventes où la plume remuait et aussi, un peu, les lèvres. Elle retraçait confusément avec des trous insondables, Taventare vécue là-bas par d'antre? : les autres, ceux que nous étions. A une lettre d^eile qui parlait des caresses futures, Marie balbutia : t Celle quia écrit cette lettre a osé dire cela l », mais eUe ne icmgit pas et ne fat pas confuse.

... Puis elle remua la tête et fit plaintiveroratt :

— Toutes ces choses que malgré mcax^, peit à peu, mxis cachons l... Quelle force il faut ata créatures pour tant oublier l...

Elle commençait à oitcevoir un al^ne sans fond et à se désespérer. Tout d'un coup, elle m-'iiEtenrompit,

— Assez! Onnepeutpas relire. On ne peut pas savoirce qui est écrit. Assez ! Ne me retire pas T^irâon.

Elle parlait comme la pauvre folle des mes, et ^le ajouta tout bas :

— Ce mattn^ quand j'ai ouvert la boîte où étaient enfermées ces lettres, il s'en est échappé des moucherons.

On s'axrête un instant de lire les lettres po&rles regarder. La cendre de la vie ! Tout ce. qu'an se rappelle^ ce lï^eeit à peu près rien. Le souvenir est plus grand que bobs, mais il est vivant et mortel, lui aussi. Ces lettres, ces Heurs incompréhensibles, ces bon^ âedexEteHe etdepapieriqu^estce que c'est? Autour de ces objets légers, que rcste-t-ff? Nous manions le cofFret ensemble. Ainsi, siotts tenoisi teot ! entiers dans le creux de nos mains ,

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