‹ ClartésChapitre 11 sur 22 · ONDINES · texte numérisé non relu

ONDINES

Lors, jadis, que nous fleuretâmes

Aloïse,

et vous, la très nohle Isaure,

ce fut comme une eau sans rives...

et nos lèvres, sœurs de nos âmes,

lentes nageuses vers V aurore

s'' entrelaçaient à la dérive.

Des ondines, parfois, les joueuses!

par fol caprice, avec des rires,

64 la Joie (U chanter.

fartives nouaient parmi vos chevelures les douces corolles des scahieuses; et si Vonde jalouse où les belles se mirent laissait à vos fronts leur parure, toutes, perfides, par voltes. par vires, elles fuyaient, avec des rires.

Mais votre chevelure.

noble Isaure, et vous Aldise,

si longue, et mêlée aux fleurs qiCelle divise,

garde vos fronts de leur brûlure.

Moi f avais vu les couronnes, leurs mains, leurs mains pâles nouant des couronnes... — jf avais vu, f avais vu les vierges filles du matin!

Une effleura mon front, en jouant; hélas! il avait touché la couronne — et je pleurai dans votre sein.

Une effleura ma bouche en glissant;

hélas! je gardai sa couronne —

et je m^ enfuis ! ah! je m'enfuis de votre sein.

Ondines. 65

Une, alors, me fit un signe,

cVentre ses sœurs qui tressaient des tiges;

(elle chantait d^ étranges paroles;

elle était svelie comme une tige

et blanche et claire, imreille aux cygnes...)

Et moiy j'avais lu tout mo7i être au vertige

de ses longs yeux pâles d^azur;

et mes bras ignorayits se tendaient vers elle...

Mais la belle et ses sœurs naïves, (les cruelles!)

en guirlande serties au vol des chevelures,

toutes, toutes, les douces rebelles

aux plis sans fond des vagues déclives

avec des rires disparurent.

Et depuis, souvent, sous C ombre des rives, fai vu les heures planer une à une.

L'onde sur Vonde courait en dérive, la brise, à la brise cachée aux ramures, disait la marche sans bruit du destin — et vous, noble Isaure, blonde Aloise, vous ne parliez plus de mes songes lointaifis.

66 la Joie de chayiter.

Mais elles ^ pei-fides ! les foUes, les folks! un jour je les vis^ dans l'aube indécise: elles chantaient d^ étranges paroles, elles cliantaient Vunique destin,

— et depuis, depuis, Isaure, Alaise,

mon âme est captive eyi leur chant lointain.

à clair Matin. 67

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