‹ ClartésChapitre 7 sur 22 · LUSTRE · texte numérisé non relu

LUSTRE

Bijoux^ rubans, épaides nues

et le bouquet vivant qui fleurit aux corsages;

des femmes, ondulant la molle mélodie

dhm geste qui languit et plie^

et le vain ballahile épars des j^cif oies...

Des soies qui flottent ^ de clairs visages; furtifs propos^ regards glissants^ baiser futile des yeux qui voltigent, se posent^ et fuient et reviennent en coquetterie;

Lustre. 43

rires, mensonges,., et tout s'envole aux musiques ou vire V essaim frivole.

Or voici que V ardente beauté dhme rose

est tombée...

et faible en sa grâce inutile^

épuisant les parfums de sa splendeur meurtrie^

comme V amour parmi les sourires

elle meurt.

Remous de jupes, gai vertige... la fête est close. Dans Vlieure oii tremble encore un peu dHnquiétude nul vide ne subsiste des voix disparues; et rien, sur le plancher sali, rien 7i'est resté qiCune tige, un calice, — autrefois une rose.

Mais le Lustre oublié dont Vcime grandiose dédiait sa pleyideur aux jeux de la beauté, — gerbe de feux sajis but aux salles désertées, émerveille la solitude oit le matin naissant verse sa brise pure.

Et Vaube tisse au loin les fils de la clarté.

44 Cristal.

SaiS'tu qu^à V orient j grave^ ingénue et belle., œUe dont Vàme ardente apparaît immortelle se lève?

.... (Oh lumière!)

Là-bas, là-bas encore.

celle qui naît, celle qui meurt et renouvelle,

la vie éperdiiment se lève sous le ciel!

L'onde fuyante a miré dans ses moires

le jeune sourire du matin d'or

qui s'en vient par la plaine où verdit le méteil

et s^ entrelace à la blonde aurore...

Regarde : consumé sous V apparat vermeil où s"* épuise V aride flamme de sa gloire., le LxLstre., pâlissant au souffle de la mort, brûle son agonie en face du Soleil.

REPRIMANDE A BILITIS.

Dans quel pays suis-je venue, et quelle est cette île-ci. où l'on entend ainsi l'amour ?

Pierre Lodys. Les chansons de Bilitis.

les Baisers. 47

LES BAISEES.

Ferme doucement tes bras, comme une ceinture sur moi !

Lève tes bras nus, Bilitis !

Une ombre aux lèvres cajoleuses, tiède comme une haleine dHris, de courbe en courbe rode et se glisse vers ta bouche, en douce joueuse.

48 Réprimande à Bilitîs.

Four te ravir elle dénoue

aux flouves mollement sa vêture,

et souples, en onde à tes joues.

les boucles longuement déroulées désavouent

Vazur prédestiné qui glace tes yeux durs.

Bïlitis amoureuse, amoureuse d^ amour !

Vombre aimée, en tes mains captive, captive ta bouche à son tour:

docile, en tes lèvres aux subtils détours, un baiser lancinant hésite, que tu guides....

Et la courbe immortelle où s'enroule le Jour pour f abuser dévide au sil&nce des rives des écheveaux mêlés de ténèbres perfides.

Silence. 49

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