SILENCE
La nuit est si profonde, qu'elle entre dans mes yeux.
Vaw est muet; la brise immobile.
Les astres suivent lentement leur cours.
Une eau froleuse à i)eine se joue
à tes pieds de paresseuse
et Vessaim des baisers légers en ballabïle
hésite de te voir pensive.
50 Réprimande à Bilitis.
Cette heure est inquiète et douce
d/tm silence qiCon sent errer ^ et qui devine.
Et tu lèves les Iras, Bilitis,
pour repousser ])eut être une ombre ardeyite qui f invite
et insiste^ couchée à tes hanches divines...
et tu lèves tes mains divines
vers ton front quhm instant la folie a hanté...
Tes yeux s'ouvrent; tes yeux frémissent Mais Vazur qui s'émeut eyi leur céleste iris jette un vierge regard vers Vomhre taciturne., et, soudain, se noircit dhm effroi mal dompté au reflet de ces eaux profondes et nocturnes où ton âme flotta pendant la volupté.
VAube inconsciente. 51
VA UBE INCONSCIEXTE.
Écoute, Bilitis, écoute et lève-toi.
Rassemble toutes tes pensées
éparpillées
qui voltigent pareilles à des abeilles étonnées.
Elles se posent de ci^ de là,
en désarroi,
lasses, déjà, de leur fol élan d^ ailes,
et pesantes d^ errer aux vagues de la mort.
52 Réprimande à Bilitis.
Toutes tes pensées sont loin de toi;
mais voici que iu les rappelles
et qiCélles reviennent^ essaimées
du plus loin des hautes feuitlées
où ton désir sauvage effraya leur essor.
Bourdonnantes, elles reviennent ;
et la ruche à leur frêle tumulte s'éveille^ —
la ruche si longtemps silencieuse d'' elles,
mais riche d^elles et tiède encore
du blond parfum des infidèles.
Légères^ mobiles^ rieuses du sort^
elles s'y blotissent en familières;
et Von dirait que tes paupières
où glissent et brillent des points d^or,
trop faibles pour garder captives les rebelles^
voltigent du léger caprice de leurs ailes.
Avertissement. 53