‹ ClartésChapitre 9 sur 22 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Immobile attachée à tes pieds immobiles^

Vombre que tu voulus, ô Bilitis, n^était qu^une ombre,

vaine sœur cVun reflet sur les lignes de Vonde

et menteuse et qui fuit, si Vonde vacille.

Amante déçue ^ oublieuse des Joies

qui songent dHci jusqu^aux astres,

ton désir n\i-t-il plus le visage dhm Dieu

et crois-tu que Vamour cache son front de feu

aux plis vagues oit flotte et se rit de ta peine

le fantôme que tu regardes'^

54 Ecprimanle à Bilitis.

Ta te penches^ il va vers toi;

tu aspires le doux venin de son Jtalcine.

Comme des roses qui se mêlent

vos longs vœux ont noué leur double volupté

que visite V épine aiguë de la folie...

Mais ton ardeur avide en vain se multiplie;

et les beaux yeux de l'aube floréale

mouillent de leur rosée un regret nuptial.

Car le pollen vivant qui vole

s'' épuise pour V espoir des jardins à venir,

et Vinsecte au vent qui se donne

porte à la ruche, sous ses ailes,

la joie des futures abeilles.

Aridité.

ARIDITE.

Uanhe a rempli les deux cVun ineffable arôme.

Atteste la clarté des mourantes étoiles;

découvre de tes mains Vomhre évasive qui se voile,

et pénètre son front de fantôme.

Begarde, regarde : voici son visage...

à Bilitis, c'est ton image!

Sa parure d'amante amoureuse,

ses yeux, ses boucles ballantes, sa bouche. —

Réprimande à Bilitis.

toute sa bouche est un mensonge où langiiissamment tu prolonges le mal de ta bouche amoureuse.

La merveille d'aimer, hélas tu la détournes des échanges divins dont tu connus le songe; et V amant, 'parmi la rosée des prairies, apparaU... — il vient vers toi Centre les saules et sa grâce est parée de guirlandes fleuries. Sa main, comme une aile qui se pose, frémit sur ta fragile épaule...

mais tu crains la beauté de ses roses meurtries et sa main pèse à ton épaule.

Ta seule image rit, lascive, et tu V écoutes; mortellement en pleurs, c^est elle encore qui te frôle si tes larmes ont plaint ton cœur inattentif.

Livre ton sein, livre tes yeux, oh livre-toi toute... tente le front qui fuit; ouvre la molle robe : une ombre te déjoue au vent qui la dérobe. Regarde bien; nul n^est ici.

Rien n^est que le désert, et la flamme, ei le vide de ton regard penché sur son néant torride.

Aridité. 57

Une omhre sur les flots errants s'est effacée au souffle dit matin ^mr qui les ride... et ta bouche^ tendue vers le vain baiser^ cruelle^ avide, inapaisée., épuise, sans toucher le décevant délice, toute V aridité stérile du désir.

58 Réprimande à Biîitis.

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