PHYSIOLOGIE
Le calcanéum est le plus important des appuis du pied. Il forme le pilier postérieur de la voûte plantaire, constitué par les quatre derniers métatarsiens, le euboïde, le calcanéum. Quel est le noyau architectural, quelle est la clef de la voûte plantaire ? Pendant longtemps on consiäérait l’astragale comme la clef recevant la pression du tibia et la répartissant ensuite à la surface de la voûte. Cette conception était d'autant mieux acceptée autrefois, qu'à priori elle avait toutes les apparences de la simplicité et de la logique. Quelque séduisante que fût cette théorie, elle a évolué complètement. Destot a démontré dans une magistrale étude que ce noyau central, le sommet de cette voûte, n'était pas l’astragale, mais le modeste cuboïde, et que le: tronc ibio-péronier ne venait pas prendre appui sur le sommet de celle voûte, sur le cuboïde, mais en arrière sur lPastragale ; «cet os, dit l'auteur, est le centre traumalique duquel les lésions rayonnent vers le calcanéum et les autres os ».
Nous savons que l’are postérieur où calcanéen est plus court que l'arc antérieur du métatarsien ; il est donc
: bte se La de articulaire pos- | « ne. cylindroïde pour ka plupart des auteurs, ircique pour quelques autres, reçoit les pressions maxima. Cette surface, beaucoup plus grande que celle . del articulation interne, est fonction non des mouvements bien peu étendus de Paatagale sur le calcanéum, mais des pressions. L’axe de pression maximum aboutit sur | la verticale exactement de l'axe calcanéen. Cette verticale traverse le corps de l’astragale dans son tiers externe
et non son milieu: par suite de ce fait, elle ne rencontre
: = pas la petite apophyse calcanéenne, et c’est ce qu nous = permet d'expliquer la rareté des fractures isolées de la petite apophyse. L'astragale, sous la force reçue du tibia, va peser sur la surface articulaire postéroexterne du calcanéum et tendre à s’enfoncer de haut en bas et légèrement d'avant en arrière dans le corps de cet os. Il ne peut glisser en arrière sous le poids de eette
pression verticale, étant retenu comme par un «taquet » grâce à la forme relevée en arrière du thalamus. À ce niveau la force se décompose en deux parties inégales :
la plus faible, transmise par le col au seaphoïde, met en jeu lélasticité des nombreuses articulations de Pavant-
‘pied; la Aus forte et la ie importante est ane ce la surface articulaire postéro-externe du calcanéum. Rappelons brièvement que l'astragale repose sur le. versant postérieur de la voûte plantaire, et que, d'autre part, le calcanéum repose sur ses tubérosités plantaires, la grande apophyse étant nettement relevée, puisque, d’après Morel, le grand axe du èalcanéum, dans lPappui normal du pied, fait avec l'horizontale un le ouvert en avant de 30°. Donc la partie postérieure du thalamus supporte ‘presque toute la pression transmise par l’astragale. Elle la transmet aux régions de los verticalement, sous-jacentes, c'est-à-dire à la tubérosité postérieure et aux tubérosités plantaires.
Pour Morel, sous l'influence de la pression, la voûte plantaire s'affaisse, le calcanéum vient reposer sur le sol sur toute la longueur de sa face inférieure, et dans cette position il reçoit l’astragale qui produitles diverses lésions. Nous ne pensons pas que la voûte plantaire s’affaisse aussi facilement. Pour que le calcanéum puisse venir reposer à plat sur le sol, il faudrait une véritable désarticulation de cet os d'avec le cuboïde et la rupture ou l’arrachement des ligaments si solides de la plante. IT est probable que la voûte plantaire s’infléchit à un léger degré et que les pressions se repartissent suivant le trajet des travées osseuses.
Le calcanéum, nous l'avons vu, n’est pas un os complètement rigide ; en certains endroits on peut le déprimer avee une grande facilité. [est très flexible, élastique, puisque par compression on arrive à réduire sa hauteur de 10 millim. à l'état frais, sans le rompre, sans le déformer d’une facon définitive, C'est grâce à cette élascité, due à l’achiteeture de l'os, que Fimpulsion transmise par l'astragale se projette dans le faisceau divergent des
très. 4e qui oriit encore le traumatisme. el . répartit” les pressions dans tous les sens, De ce fait,
chaque élément de la région du talon ne supporte qu'une
T& fraction minimum du poids du corps.
“Se Preque toute l'impulsion transmise au es par Es D ol est donc supportée par la région postérieure du
calcanéum. Pourtant une petite partie de la pression
7 agit sur la grande apophyse et tend à l’abaisser, mais cette partie de l’os s'articule intérieurement avec le euboïde, elle s’archoute fortement à lui et ne subit pas de déplacement notable. D'ailleurs, le calcanéum n’est pas horizontal : il repose en équilibre sur ses tubérosités plantaires et ce sont celles-ci qui reçoivent presque en entier les forces agissantes venues de l’astragale.
Que devient la petite apophyseau point de vue physiologique”? On admet à peu près unaninementque, dans la position d'appui normal, l’astragale transmet l'impulsion au calcanéum exclusivement par le thalamus et non pas, contrairement aux idées anciennes, par la petite apophyse qui est nettement en dedans des lignes de forces allant du tibia au sol. Ici intervient le sustentaculum tali qui, d’après Destot, a une grande importance. Il soutient la joue interne de l’astragale et empêche le mouvement de rotation en dedans qui ferait tomber lastragale dans la gouttière interne du calcanéum.