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rôle de la soupape expiratoire de Chevallier-Jackson dans la production de cette variété de bulles. Du reste, ni DROUET, ni PRUVOST, ni GALY n’ont mis en évidence le clapet dans ces bulles. Ici le parenchyme est en état d’atrophie destructrice, ‘le seul jeu normal de la mécanique respiratoire avec rétrécissement expiratoire de la bronche suffit à expliquer le gonflage des cavités bulleuses.
La théorie mécanique invoquera donc ici un autre mode de production des bulles par étirement du système élastique pulmonaire : le tronc broncho-vasculaire, axe de l’alvéole dans sa gaine fibreuse, représente un point d’appui à peu près fixe; la partie périphérique ou manteau (plèvre viscérale et cloisonnement des lobules) est le point d'appui externe mobile solidaire de la partie thoracique, ébranlé par l'inspiration, ce qui met en tension les dispositifs fibro-élastiques inter-alvéolaires. Si ce dispositif est rendu fragile par un processus pathologique, les cloisons sont dilacérées et la rupture crée l’emphy- . sème bulleux. Mais encore une fois, pourquoi la trame étaitelle rendue fragile ?
Au total, qu’il s'agisse d’hypo-élasticose congénitale, qu'il
s'agisse de destruction acquise fonctionnelle des alvéoles, il s’agit toujours d’une dystrophie, aboutissant à la formation de sacs secondairement gonflés d’air.
Symptômes.
Les bulles de la maladie emphysémateuse peuvent être découvertes dans des circonstances cliniques différentes.
Tantôt, c’est le tableau banal de l’'emphysème diffus. Chez un malade essoufflé, à l'expiration prolongée, au thorax élargi, aux côtes écartées, la radiologie montre d'emblée une clarté excessive des poumons, une clarté diffuse et homogène. Il est difficile de discerner dans cette image les fins contours des bulles. C’est en pensant à les rechercher sur des clichés nets et sur des tomographies qu’on les découvrira à leur siège d'élection, en bordure le long de la paroi (PRUVOST et Mme
BLANCHY-ROUX-BERGER, PRUVOST, DELAFONTAINE, POUJOL). L’emphysème bulleux est alors vraiment noyé dans le tableau d'emphysème diffus dont il ne modifiie ni l'aspect général ni le pronostic.
Tantôt, l’emphysème bulleux est plus évident. Les bulles, ” bien visibles sur les clichés, peuvent être généralisées à un ou aux deux poumons, comme dans l'observation de PRUVOST et MEYER rapportant un cas mortel de bulles farcissant les poumons d’un enfant de cinq ans, et celle du professeur DEBRÉ et Mile GRIMBACH où l’emphysème bulleux bilatéral se compliquait de pneumothorax asphyxique. Dans ces cas, où les images peuvent simuler la maladie polykystique, du moins avant les examens complémentaires, les bulles prennent une individualité clinique et aggravent le pronostic d’une asphyxie menacante.
Tantôt enfin, c’est le tableau de la bulle géante, parfois dyspnéisante, avec son image simulant le pneumothorax, qui domine l'expression clinique de cette variété d’emphysème. L'analyse minutieuse de cette image montre parfois que cette bulle qui occupe la moitié, les deux tiers ou la presque totalité du poumon, est faite de plusieurs bulles plus ou moins volumineuses que dissocie très bien un pneumothorax explorateur. La tomographie permet aussi de découvrir d’autres bulles dans le poumon opposé. L'étude anatomique, nous l’avons vu, a précisé en effet la multiplicité des bulles (4 et 5).
Evolution.
Le pronostic de cette variété d'emphysème bulleux est celui de la maladie emphysémateuse. Il n’est que l’exagération locale d’un processus général diffus le plus souvent, bilatéral et pro-
(4) R. BÉNARD, POUMAILLOUX, HAUTEFEUILLE, Mme DEBAIN, S. H. P., septembre 1944, p. 198.
(5) RIsT, PRUVOST, Mme BLANCHY-ROUXx-BERGER, Mlle AUBIN, MA- BILEAU, S. H. P., septembre 1944, p. 197.