‹ Classification des images kystiques du poumonChapitre 38 sur 54 · ART LU · texte numérisé non relu

ART LU

obstructif. L'existence de bronchite, la bronchoscopie, la bronchographie lipiodolée, ne parviennent souvent pas à prouver l’obstacle. Seule parfois l'existence d’atélectasie associée aussi labile que l’image de pneumatocèle évoque l'obstacle comme dans le cas de R. WorMs et Madame MASSE (14), où des images bulleuses nombreuses, bilatérales et des images opaques plus rares survenues au cours d’une staphylococcie maligne de la face chez un garcon de seize ans, disparurent complètement les unes et les autres après un traitement de pénicilline.

Les défenseurs de cette théorie qui identifie le pneumatocèle à une bulle d'emphysème alvéolaire, tirent argument de l'observation anatomique de PAISSEAU, WEILL, GOUTNER (15). Une hernie trans-thoracique d’une volumineuse bulle put être prélevée et examinée. Sa paroi mince, vasculaire, sans trace d’inflammation, rappelait la structure de l’emphysème alvéolaire, si toutefois c'était bien la formation bulleuse qui faisait hernie. |

Ils s'appuient aussi sur le mode d'installation de l’image qu’ils ont vu apparaître d’abord comme une bulle sèche (Worms) et s’infecter secondairement (DROUET) (6) alors qu’en cas d’abcès soufflé, l’aspect pyo-aérique aurait précédé le stade de cavité sèche.

De plus, dans l’observation de DROUET, HERBEUVAL et FAI- VRE (6) et dans celle de LANDRÉAT (16), des pneumatocèles rompus dans la plèvre n’ont pas infecté cette dernière comme l’auraient sans doute fait des abcès.

Convaincue de l'identité des pneumatocèles et des bulles d'emphysème alvéolaire, l’école de Nancy explique leur formation par l’irritation du système neuro-végétatif. En cas de staphylococcie par exemple, elle envisage non point une complication pyohémique du poumon, mais un intermédiaire ner-

(14) R. Worms et Mme M. MASSE, Bulletin et Mémorres de la Soc. des Hôp. de Paris, octobre 1947.

(15) PalssEAU, WEILL, GOUTNER, Bulletin et Mémoires de la Soc. Médicale des Hôp. de Paris, mars 1939.

(16) LANDRÉAT, fhèse, Paris, 1949.

LR CE

veux qui s’est glissé entre le microbe et la lésion pulmonaire : il s'agirait d’un trouble réflexe dont le point de départ périphérique se trouve être le foyer staphylococcique et le résultat du spasme bronchique et des altérations des cloisons alvéolaires responsables de la bulle d'emphysème.

D) Faisant la synthèse de ces pathogénies, LANDRÉAT dans sa thèse (16) essaie d'expliquer pourquoi l'étude anatomique montre parfois la structure de la bulle, parfois celle de l’abcès, pourquoi les pneumatocèles rompus dans la plèvre donnent parfois des pneumothorax secs, parfois des pyopneumothorax.

« On conçoit, dit-il, qu’un abcès miliaire au voisinage d’une bronchiole, drainé par elle, y détermine un encombrement par débris desquamatifs et muco-pus, qu’à partir de cette obstruction partielle, suffisante pour empêcher la sortie de l’air inspiré, se développent dans le territoire de la bronche atteinte :

— au niveau des cavités vidées de leur contenu, des images

d’abcès soufflé;

— en parenchyme simple à distance de la lésion bronchique, des bulles d'emphysème alvéolaire ; À

— à un degré de plus, l’oblitération Dr déterminerait une atélectasie localisée.

Quant aux complications pleurales, elles résulteraient de la situation corticale :

— soit d’un abcèS aboutissant à une pleurésie banale ou purulente;

— soit d’une bulle dont la rupture déterminerait € un pneumothorax pur ». A

Page 1