LENS
l’oblitération distale. Il nous paraît, d’autre part, difficile d'admettre que l’oblitération diabétique soit habituellement bilatérale : elle l’est 7 fois contre 19 fois unilatérale. Au contraire pour l’ensemble des artérites, la bilatéralité est plus fréquente que l’unitéralité : 63 cas contre 27, ainsi que nous le verrons plus loin.
Il semble donc difficile d’accorder une valeur spécifique aux caractères topographiques classiques de l’artérite diabétique. Notre petite série nous incite à les considérer comme très sujets à caution. Nous tendons à conclure que la thrombose dans l’artérite diabétique s'établit avec prédilection sur le domaine fémoral d’une part, sur le domaine distal d’autre part, un peu moins souvent sans doute. Mais tout de même l’oblitération fémorale est dépourvue de la fréquence toute spéciale qu’elle revêt dans l’artérite non diabétique. Soulignons cependant, qu’en général, l’oblitération est courte : le caractère très segmentaire de la thrombose nous a paru assez particulier à l’artérite diabétique. |
6° Manifestations cliniques.
Hormis un Cas de thrombose aigue, on est frappé par la fréquence des malades présentant des lésions ulcéreuses ou gangréneuses. C’est le cas de 4 malades sur 5. En fait, ces lésions ne correspondent pas toujours ici à l’état d’ischémie grave qu'elles traduisent, en général, dans le cas d’artérite oblitérante non diabétique. Souvent, il s’agit de lésions distales, très limitées, sans grande tendance extensive et de bon pronostic. Parfois, au contraire, elles manifestent une propension particulière à l’extension et à l’humidification que leur confère l’hyperglycémie. Ces caractères trouvent leur écho sur le terrain de la thérapeutique. Pour 20 malades au stade 4, il fut pratiqué 14 amputations et 6 fois on put obtenir la cicatrisation sans amputation. D'autre part, dans la moitié des cas, une amputation limitée (1 ou plusieurs orteils) fut suffisante.
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Conclusion
Sur le terrain clinique où nous nous cantonons, il apparaît que l’artérite diabétique présente certains caractères particuliers, en premier lieu quant à la topographie des oblitérations, en deuxième lieu quant à l’évolution clinique. Pourtant, il ne nous semble pas qu’elle diffère foncièrement de l’artérite artérioséléreuse banale. En particulier, il nous paraît difficile de maintenir, dans toute sa rigueur, la distinction anatomo-clinique classique entre artérite distale, véritable artérite diabétique, et artérite oblitérante des gros troncs, qui correspondrait à une artérite artérioscléreuse du type sénile chez un diabétique.
Au point de vue de la classification, l’artérite diabétique relève, en fait, de l’artérite sénile ou, pour utiliser le terme anatomo-pathologique, de l’artérite artérioscléreuse.
Les cas d’artérite diabétique où fut institué un traitement chirurgical conservateur ne nous paraissent donc pas devoir être envisagés indépendamment des artérites artérioscléreuses en général.