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vention dans les 48 heures, découverte de la fémorale qui cesse de battre, à sa partie intérieure. La libération est très difficile en raison de la périartérite et de nombreuses veines plexiformes. L’artère est dure, calcifiée par place ; résection sur 4 centimètres. Les jours suivants, infiltrations lombaires répétées. Amélioration, mais le réchauffement du pied est incomplet. Deux semaines, plus tard sympathectomie lombaire, avec amélioration considérable. Mais il apparaît une gangrène des quatrième et cinquième orteils qui s’accuse les jours suivants et oblige à une amputation de cuisse un mois après la première intervention. La dissection de la pièce montre une oblitération partant de la poplité jusqu’à la terminaison du tronc tibio-péronier. Le malade devait décéder 2 à 3 mois plus tard d’accidents cardiaques.
OBSERVATION 26-D : Homme de 66 ans, présentant des antécédents bacillaires. Après quelques jours de claudication, douleur brutale dans la jambe gauche qui est pâle, insensible. Le pied et la jambe sont livides avec des marbrures. Le cœur est rapide mais régulier. On pratique une amputation de cuisse au tiers moyen.
OBSERVATION 31-C : Homme de 53 ans, présentant une claudication intermittente depuis 3 ans. Brutalement dans la nuit, douleurs paroxystiques, avant-pied droit froid, mollet légèrement œdémateux. L’artériographie montre une oblitération au tiers moyen de la fémorale ; pas de réhabitation, collatéralité grêle et rare. D’après l’électro, il existe une myocardite dégénérative. On fait des infiltrations lombaires à titre pré-opératoire, mais le malade refuse tout traitement chirurgical.
OBSERVATION 87-D : Homme de 51 ans, sans antécédent. Brutalement le 22 juillet 1949, syndrome d’ischémie aiguë du membre inférieur droit. L’état général à l’entrée est très mauvais. L’artériographie montre une oblitération vraisemblablement située à la bifurcation fémorale, ce que confirme l'intervention pratiquée le lendemain. On aspire en effet un caillot en Y obstruant l’origine de la fémorale. L’état général s’aggrave cependant et le malade présente une syncope mortelle à la 18° heure.
OBSERVATION 90-E : Homme de 70 ans ; depuis 2 ans apparition de claudication intermittente du membre inférieur droit. Après essai de désobstruction, amputation de cuisse en février 1948. Le 22 août 1949 après deux mois de claudication intermittente, le malade est hospitalisé avec des lésions gangréneuses au niveau du membre inférieur gauche. On pratique une artériographie qui montre une oblitération complète de la fémorale superficielle. Pas de réhabitation. À l’électro, bloc de branche. Anastomose artério-veineuse fémorale le 27 août. On doit cependant pratiquer une amputation de cuisse.
OBSERVATION 57-F : Femme de 72 ans, sans antécédents particuliers. Assez brutalement, syndrome d’ischémie aiguë bilatérale obligeant à amputer successivement les deux cuisses. Meurt de choc opératoire.
OBsERVATION 119-G : Femme de 75 ans, thrombose brutale se traduisant par des douleurs et de petites lésions gangréneuses des orteils. A son entrée 3 semaines plus tard la gangrène remonte sur la jambe. On pratique une amputation de cuisse. La thrombose est
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à la fois artérielle et veineuse. Huit jours après, décès, dans ur tableau d’azotémie et de collapsus.
OBSERVATION 129-H : Homme de 70 ans, présentant depuis quelques mois une claudication intermittente. Il y a 15 jours, brutalement, douleurs intolérables au niveau des orteils. Un ulcère: apparaît, gagnant peu à peu le dos du pied. A l’artériographie, oblitération à l’origine de la fémorale. On pratique une amputation de cuisse au tiers moyen. .
Commentaires
La lecture de ces huit observations nous amène à faire quelques remarques à propos de la thrombose aigue.
a) La première question qui se pose est de savoir s’il s’agit réellement d’une thrombose aiguë. Toutes nos observations décrivent un tableau commun d’ischémie complète apparue brutalement au niveau d’un membre. L’embolie artérielle réalise un tableau identique, du fait que, dans les deux cas, le mécanisme est le même. Il existe une interruption soudaine et complète du courant artériel dans la voie principale, qu’elle provienne d’une thrombose in situ ou d’une embolie partant du cœur gauche. A telle enseigne que, si l’on ne veut pas faire intervenir les possibilités éventuelles de discrimination artériographique entre l’une et l’autre, le diagnostic repose, dans le cas qui nous occupe, sur la notion d’une artérite préexistante, dans l’autre cas, sur la notion d’une cardiopathie emboligène. Mais il n’est pas toujours possible d'affirmer l’existence antérieure de l’élément responsable : artérite ou cardiopathie selon le cas. Bien plus, souvent les deux éléments préexistent simultanément, la vascularite pouvant frapper le cœur et les membres. Si bien que l’on ne saurait affirmer, à coup sûr, qu'il s’agit d’une thrombose aiguë. Le diagnostic ne peut done, bien souvent être avancé en toute certitude. Nos huit observations comportent ainsi nécessairement, un coefficient d'incertitude. Il nous paraît plus simple de les considérer telles qu’elles, compte tenu des réserves que nous venons d'exprimer.
b) En ce qui concerne l’âge, 6 fois sur 8 il s’agit de malades âgés : 66, 68, 70, 72, 75 et 77 ans. Deux fois de malades plus.
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jeunes : 50, 53 ans. Chez ce dernier seulement, il existait une artérite chronique indiscutable se manifestant depuis trois ans, par de la claudication intermittente (observation C). En définitive, 6 fois sur 8, la thrombose aiguë apparaît chez des artéritiques âgés. Sur ces 8 cas, il s’agit 6 fois d'hommes, 2 fois de femmes.
c) Du point de vue clinique, 4 fois sur 8, c’est-à-dire dans la moitié des cas, la thrombose aiguë est précédée d’une claudication intermittente typique (datant de quelques mois à trois ans). Dans trois cas, rien, avant l'accident brutal, ne traduisait l’existence d’une artérite. Une fois, l’oblité- - ration artérielle affectait une localisation segmentaire (fémoro-poplitée) avec thrombose veineuse satellite. Dans ce cas, les interventions conservatrices (sympathectomie, puis artériectomie) donnent un bon résultat immédiat mais l’évolution se poursuit et quelques jours plus tard, une nouvelle thrombose se constitue (vraisemblablement cardiaque) qui emporte le malade. Dans les deux autres cas, une fois la thrombose est unilatérale, une fois bilatérale; dans ces deux cas, le malade ne peut faire les frais d’une amputation de cuisse.
d) Du point de vue du pronostic, un même caractère de gravité se retrouve dans la plupart des cas de thrombose aiguë. Venant compliquer une évolution artéritique jusque-là chronique (4 cas), l’amputation est ici encore, de règle : deux fois d'emblée, deux fois après échec de traitement conservateur (en particulier une fois après une tentative d’anastomose artério-veineuse. Et l’avenir est grevé des mêmes accidents viscéraux mortels (observation A, décès deux à trois mois plus tard de thrombose coronarienne).
En définitive, la thrombose aiguë paraît singulièrement -univoque. Elle est le fait de l’artérite des sujets âgés, de l’artérite artérioscléreuse, quelle soit latente ou patente ; dans tous les cas, son évolution est marquée d’un même sceau de gravité, tant immédiate car elle aboutit, en pratique et quoi qu’on fasse, à l’amputation, qu’éloignée, car souvent elle n’est que l'accident avant-coureur d’autres thromboses vasculaires, coronariennes ou cérébrales, en général, mortelles.