SAP A
20 Les arrêts évolutifs de l’artérite oblitérante.
Il est classique d’admettre que l’oblitération artérielle peut exister d’une façon absolument latente. Mais, qui plus est, une oblitération artérielle après s’étre extériorisée cliniquement, peut redevenir silencieuse et le rester longtemps.
Nous relevons cinq observations qui correspondent d’une facon ‘indiscutable à ce fait. Quatre fois, le malade a été soumis à un traitement ; une fois par injections de curare intra-artériel (91); une fois par infiltrations lombaires (observation 27); deux fois, il s'agissait d’une artérite diabétique avec lésion de gangrène limitée ayant nécessité une amputation d’orteil et, dans ces deux cas, depuis l’amputation, le malade s’est considérablement amélioré et ne présente plus aucun trouble. Dans l’observation 29, de beaucoup la plus instructive, le malade n’a subi aucun traitement quel qu’il soit et pourtant son artérite est redevenue absolument latente. Cette observation illustre au plus haut point la notion capitale de l’arrêt évolutif spontané au cours des artérites oblitérantes.
OBSERVATION 29 : Homme de 49 ans, hospitalisé en décembre 1948, pour troubles artéritiques du membre inférieur gauche. Le malade n’a jamais présenté de claudication intermittente. Il accuse depuis deux mois des douleurs nocturnes importantes au niveau du troisième orteil gauche qui présente un aspect cyanotique. L’artériographie gauche, montre une oblitération de la poplitée avec une bonne réhabitation du tronc tibio-péronier. On propose au malade une sympathectomie lombaire qui n’est pas acceptée. Il quitte le service sans avoir subi de traitement.
Revu en juin 1951, un an et demi après l’hospitalisation, ce malade n’accuse toujours aucune claudication intermittente. Les. douleurs dans l’orteil ont pratiquement disparu. Le malade n’éprouve donc aucun trouble si ce n’est une impression de froid aux pieds.
Nous pratiquons une artériographie de contrôle, qui nous montre une image rigoureusement identique à celle constatée lors de l’hospitalisation.
Ainsi, ce malade présente une thrombose inchangée mais, cliniquement, la maladie ne se traduit presque plus par aucun trouble. Il y a là, avec un recul de un an et demi, un véritable arrêt évolutif de l’artérite oblitérante. Une telle constatation conduit évidemment à interpréter, avec réserve les résultats des thérapeutiques chirurgicales que l’on peut
être amené à mettre en œuvre.