‹ Classification et résultats du traitement chirurgical des artères des membresChapitre 36 sur 66 · LEUR · texte numérisé non relu

LEUR

maladie de Vaquez avec thrombose artérielle, ce qui est rare mais classique.

Les éléments blancs nous ont paru un peu plus souvent augmentés que les rouges, mais cette augmentation, lorsqu’elle existe, se situe, en général, entre 10 à 12.000 et ne dépasse pas 15.000. La formule blanche nous a semblé à peu près toujours normale.

Ainsi, nous pouvons affirmer n’avoir jamais retrouvé le syndrome «en hyper» de von Oppel, du moins dans son ensemble, Il existe parfois des augmentations, mais elles portent, le plus souvent, sur l’un ou l’autre des éléments de celte formule et toujours dans des proportions modérées. Tout en n’accordant à nos observations qu’une valeur limitée * du fait du nombre réduit des malades, et du fait que les examens biologiques ne sont ni très complets ni très fréquemment répétés, il nous apparaît que le bilan biologique ne peut fournir, pour la pratique courante, aucune base au diagnostic de thrombo-angiose.

40 Les données artériographiques.

Nous avons indiqué quelles étaient les localisations cliniques de la thrombose. Ces localisations sont précisées par l'examen artériographique. Nous relevons une oblitération aortique (observation 108) le niveau de la thrombose remontant presque jusqu'aux artères rénales chez un malade de 43 ans. Les thromboses iliaques sont au nombre de cinq. Trois fois il s’agit de thrombose iliaque isolée portant une fois sur l’iliaque primitive droite (observation 38), une fois sur l’iliaque externe gauche (observation 133), une fois sur l’iliaque primitive gauche et externe droite (observation 148). Deux fois la thrombose iliaque est associée à une thrombose fémorale (iliaque externe gauche et fémorale droite dans l’observation 71 ; iliaque primitive gauche et fémorale droite dans l’observation 104).

Ainsi les oblitérations iliaques apparaissent-elles assez fréquentes : une fois sur 9 malades environ, mais ce rapport ne diffère guère de l’ensemble des artérites. L'oblitération iliaque primitive ne paraît pas non plus spécialement fréquente. Nous la relevons 3 fois sur 5, une

fois isolée, 2 fois associée à d’autres thromboses, iaque externe ou fémorale.

L'’oblitération distale est notée 5 fois, poplitée une fois ; la fémorale est intéressée 14 fois, 7 fois unilatéralement, 7 fois bilatéralement. Mais ici encore, la fréquence de l’oblitération fémorale n'apparaît pas plus grande que dans l’ensemble des artérites, si bien qu’en définitive, la localisation topographique de la thrombose telle qu’elle est précisée par l’examen artériographique n’imprime aucun caractère bien particulier à la thrombo-angiose.

En réalité, ce n’est pas le siège de l’oblitération qui paraît . présenter de l’importance au point de vue de la discrimination nosologique, mais l’image même de l’artériogramme. On sait que Fontaine a individualisé l’aspect artériographique particulier de la thrombo-angiose. Elle se caractérise par une gracilité très marquée du réseau artériel, aussi bien au stade pré-oblitératif, qu’au stade d’oblitération constituée. La gracilité serait la traduction artériographique du spasme artériel qui est à la base de la thrombo-angiose, selon l'hypothèse de von Oppel, admise par Leriche et son école.

De l'étude de nos documents artériographiques, il nous est apparu que l’aspect de gracilité se retrouve le plus souvent. Il existe cependant des exceptions à cette règle. Les artères sont de calibre absolument normal dans un quart des cas environ. D'autre part, la gracilité artérielle se manifeste à des degrés très variables. Le plus souvent elle est moyenne, rarement elle apparaît d’une finesse extrême et alors l’artériogramme présente un aspect absolument caractéristique.

D'autre part, il nous a semblé qu’à côté de la gracilité artérielle se retrouvait un caractère au moins aussi constant, c’est le manque de souplesse des troncs artériels ; en particulier dans un nombre de cas élevé, même si le calibre est normal, l'artère fémorale ne dessine plus sa courbe habituelle, au niveau du canal de Hunter. Le tronc fémoro-poplité est presque rectiligne, comme si l’on avait étiré l’artère.

A côté de ces caractères positifs, de très grande importance, mais qui ne se retrouvent pas toujours, existent des caractères qui nous ont semblé plus fréquents, pour ne pas dire constants. Presque toujours on note la régularité du

Bruguier 6

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