II. — Les résultats connus
19 Les mauvais résultats.
Nous relevons une observation de mauvais résultats après sympathectomie lombaire isolée. C’est une éventualité assez rare, puisqu'il n'existe qu'un seul cas sur un total de 19 sympathectomies lombaires pour oblitération du membre inférieur proprement dit.
OBsERVATION n° 73 : Homme de 71 ans, hospitalisé en février 1949 pour artérite du membre inférieur gauche. Le début des troubles est récent puisque la claudication intermittente a commencé à la fin de 1948.
L'évolution a été rapide puisque en novembre de cette année sont apparues des douleurs de décubitus et en décembre une gangrène des troisième et quatrième orteils. -
A l'entrée, le quatrième orteil est gangréné en entier. L’artériographie fémorale gauche montre une oblitération de la fémorale à la partie supérieure du Hunter sans réhabitation. Pourtant, la vascularisation de la jambe paraît assez fournie. On pratique cependant d'emblée une amputation de la cuisse gauche, dont les suites sont normales.
En août 1950, apparition de crampes à la marche et de douleurs nocturnes dans le mollet droit. Si bien que le malade se fait à nouveau hospitaliser en février 1951. À ce moment, on note un
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gros œdème du pied et une érythro-cyanose des orteils sans lésion gangréneuse. L’artériographie droite montre que la fémorale superficielle est thrombosée dès l’origine. Pas de réhabitation, mais la collatéralité est assez riche et à la jambe on voit des troncs artériels bien injectés. On décide donc de tenter une intervention conservatrice et l’on pratique le 20 février 1951 une sympathectomie lombaire droite. Amélioration immédiate très sensible. Cependant, le 15 avril, c’est-à-dire moins de 2 mois après la sympathectomie, le malade est hospitalisé à nouveau avec des troubles ischémiques important au niveau du pied et en particulier une escharre talonnière. On se décide donc a pratiquer le 2 mai 1951 une amputation de la cuisse droite.
Dans ce cas, le résultat peut être considéré comme mauvais, en ce sens que la sympathectomie n’a pas empêché qu'on ne soit contraint à une amputation deux mois plus tard. Mais il faut noter que cliniquement, les troubles ischémiques étaient déjà accentués et artériographiquement la vascularisation artérielle assez pauvre sans réhabitation véritable. C’est sans doute un échec de la sympathectomie secondaire, mais un échec relativement prévisible et, en tout cas, ce n’est pas l’intervention qui a précipité l’évolution, elle a tout au plus été impuissante à l’enrayer.
29 Les résultats moyens.
Ils sont au nombre de deux contre dix bons résultats. C’est déjà un rapport favorable. En fait, il peut être considéré comme encore moins élevé. Reprenons, en effet, ces observations.
OBSERVATION n° 69 : Homme de 59 ans, hospitalisé en juillet 1949, présentant depuis 1945 une claudication du membre inférieur gauche. Une gangrène du gros orteil gauche, oblige à l’amputer après échec d’une sympathectomie péri-fémorale. En juin 1949, impotence brutale et complète du membre inférieur droit avec très vite de petites lésions gangréneuses des orteils.
A entrée, le pouls fémoral droit ne bat pas. À gauche pas de pulsations à partir de la poplitée. L’aortographie montre une oblitération de l’iliaque primitive droite et une oblitération haute de la fémorale gauche. On pratique le 2 août 1949, une sympathectomie lombaire droite. Bons résultats immédiats.
Deux ans plus tard, le malade signale que la claudication persiste toujours très marquée et qu’il existe depuis peu de temps quelques douleurs nocturnes avec une sensation presque permanente de froid aux pieds. Par contre, les ulcérations débutantes ont cicatrisé.
L’oblitération porte dans ce cas sur l’artère iliaque et l’on s’est contenté d’une résection sympathique sans l’associer