ETES
La majorité se situe aux alentours de 65 ans. Les deux observations d’artéritiques jeunes traités par la seule sympathectomie lombaire sont particulièrement intéressantes à considérer.
OBSERVATION n° 43 : Ce malade âgé de 48 ans, avait commencé à éprouver une fatigabilité à la marche à l’âge de 38 ans. Mais l’évolution avait été particulièrement lente, coupée de périodes de rémission et n’aboutissant en 10 ans qu’au stade III avec des troubles trophiques discrets. Le caractère oblitérant de l’artérite était des plus réduits puisque les oscillations étaient partout excellentes et que seuls étaient abolis les deux pouls pédieux. L’artériographie gauche révèle un arbre artériel sensiblement normal. On doit regretter à ce propos l’absence d’artériographie en série qui aurait pu authentifier une thrombose distale de l’artère tibiale ‘ inférieure. Le 24 juillet 1948, sympathectomie lombaire bi-latérale
en un temps. Le résultat constaté 2 ans après est excellent, avec
. disparition totale des douleurs noctrunes. Pratiquement plus de claudication (en marche rapide arrêt au bout de un km. seulement), une reprise complète d’une activité normale.
Le problème se pose néanmoins, à ce sujet, de l’authenticité d’une artérite oblitérante. Elle nous paraît hors de doute, du fait de la symptomatologie et de l'abolition bi-latérale des pouls pédieux. Mais l’évolution se singularise, en dépit du jeune âge du malade par une lenteur toute spéciale.
OBSERVATION n° 85 : Homme de 50 ans, présentant depuis quelques mois un syndrome de fatigabilité des deux membres inférieurs sans claudication véritable. L'examen établit l’abolition du pouls à la pédieuse et à la tibiale postérieure des 2 côtés. On pratique le 8 septembre 1949 une sympathectomie lombaire droite, de ce côté. Un an et demi plus tard le résultat est bon. Par contre du
côté gauche les troubles fonctionnels demeurent un peu exagérés et on propose au malade une sympathectomie de ce côté.
Là encore, il s’agit d’une artérite chez un sujet relativement jeune à prédominance distale et assez bien tolérée. Il faut noter que le côté opéré est très amélioré par rapport à l’autre, ce qui paraît établir que cette amélioration est bien le fait de la sympathectomie et non de l’arrêt évolutif spontané de la maladie artérielle. La majorité des bons résultats concerne les malades aux alentours de 65 ans ou entre 65 et 70 ans. Mais les deux observations que nous venons de résumer établissent que la sympathectomie lombaire pure peut indiscutablement assurer des résultats satisfaisants et même excellents (observation 43) chez des arté-
ritiques jeunes. Notons que chez ces deux malades, les oblitérations étaient purement distales, que l’artérite était assez bien tolérée; enfin, qu'il n'existait pas d’image artériographique de thrombo-angiose. On doit cependant, reconnaître qu’un. recul de un an et demi et deux ans n’est peut-être pas suffisant pour affirmer que l’évolution de l’artérite est définitivement stoppée. Il apparaît malgré tout, que la sympathectomie lombaire isolée peut trouver son indication et prétendre à de bons résultats chez des malades relativement jeunes et spécialement chez ceux pour lesquels la surrénalectomie ne trouve pas ses arguments habituels.
B. Le stade clinique.
Un malade seulement était au stade 2. Trois fois le stade 4 était atteint. Le plus souvent donc, le malade se trouvait au stade 3. La sympathectomie lombaire isolée paraît ainsi pouvoir donner des résultats satisfaisants à un stade relativement avancé. Envisageons ses effets sur les diverses manifestations cliniques.
a) Sur la claudication intermittente : dans un certain nombre de nos observations elle n’existe pas de façon nette. Il y a seulement une fatigabilité très accusée à la marche qui en tient lieu d’ailleurs. Nous considèrerons cette manifestation comme rigoureusement similaire. La claudication intermittente ou la fatigabilité à la marche a tout à fait disparu dans cinq observations (observations 13, 32, 43, 79 et 91) ; elle existe encore, mais ne survient que de temps en temps (observation 15) ou après une plus longue distance (observations 80 et 85).
Une seule fois, elle demeure inchangée (observation 52). L'influence de la claudication apparaît donc comme très remarquable.
b) Sur les douleurs de décubitus : elles sont, en général, très heureusement influencées. Parfois, elles disparaissent totalement (observations 32, 43, 52, 79 et 80) même lorsqu'elles étaient très intenses (observation 13). Très rarement, elles
demeurent mais ne surviennent alors que par intermittence (observation 15).
CT
c) Sur les ulcérations : dans l'observation 15, un malade présentant une artérite diabétique bi-latérale voit guérir une ulcération du deuxième orteil droit ; depuis l’opération est apparue une ulcération du 5e orteil gauche, mais celle-ci a complètement cicatrisé. Dans l’observation 80, l’ulcération du 42 orteil gauche a totalement et définitivement séché. Dans l’observation 85, une infection traînante à la suite de l’ablation d’un ongle incarné, guérit d’une façon complète. |