‹ Classification et Traitement des Anorexies du NourrissonChapitre 13 sur 20 · NE RELEVANT D'AUCUNE CAUSE CONNUE À CE JOUR · texte numérisé non relu

NE RELEVANT D'AUCUNE CAUSE CONNUE À CE JOUR

L'anorexie dite « mentale » est un syndrome très spécial où le refus de l'alimentation existe seul, au: début, puis se complique de la perte de la sensation de faim. Diverses théories ont été émises : l'école lyonnaise, avec Weill, croit à des difficultés de déglutition, mais ne peut le prouver organiquement ; pour R. Mathieu et E. Leroy, il s'agirait de « perturbations organiques de la nutrition » par carence de vitamines B, C, D passant par les stades suivants : anorexie, arrêt de croissance, troubles nerveux; pour Schachter, il s'agirait d'un dérèglement endocrinien (hypovhysaire, thyroïdien ou autre). Pour la plus grande majoriié des auteurs (Comby, Marfan, Dr. Moulédous [Thèse de Toulouse, 19438]), ii s'agirait d’une névrose, malgré la précocité de celle-ci. En effet, si la vie intellectuelle du nourrisson est, jusqu'à six semaines, nulle et simplement animée de réflexes bulbaires, dès le quatrième mois, ce dernier! reflet de son entourage, devient rapidement un petit singe savant doué de réflexes, condilionnels d'abord, imitatifs, puis sélectifs : ébauche d'obéissance et de désobéissance aussi. Intslligence, mémoire, Volonté allant jusqu'à l’entétement, ‘ont épparaître déjà une personnalité consciente de ion

: mère. ébauche der l'oruei ne de

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Le syndrome débute: rent avant “rois: mois de He 7 enfants: nerveux, « gais et bien portants > (Marfan), dans un milieu aisé où | enfant est roi. On peut relever

ie hérédité neuro- -arthritique où même. névropathi-

que. On invoque un. traumatisme, un changement

brusque de nourriture ou des incidents pathologiques.

Le début est toujours brusque, l'enfant refuse. obstiné-

: ment le biberon ou le sein :-c'est un négativisme

absolu, irréductible. Si, à ie de simagrées, l'enfant | ingère quelques aliments, il le vomit. et fait même

“à quelquefois des efforts pour cela. On note, à l'examen

clinique, un peu de päleur et de l'amaigrissement, mais

Fe on ne trouve aucune lésion organique. Il s'agit donc là. : * d’une psychose « constitutionnelle » liée à un terrain F0

spécial (Dr. Moulédous). Le pronostic reste conditionné à . par l'évolution du syndrome anorexique, qui peut aboutir rapidement à l'hypothrepsie et à la cachexie . quand l'anorexie est totale; si elle est sélective, le pronostic est moins grave.

La thérapéutique devra combattre la cause provo-

-catrice si celle-ci se révèle : troubles digestifs par cor-

= rection des erreurs de diététique ; lavages d'estomac

qui peuvent agir aussi par un mécanisme psychique ; excitation des fonctions digestives par un traitement vitaminique et l'administration de boissons alcalines

(Vichy, solution de Bourget et solution Nobécourt- Maillet, calomel à faible dose et les amers), stimulation de l’état général par héliothérapie, R.U.V. et ergostérol, injections de sérums alucosés ou salés isotoniques,

vie au grand air et promenades dans un endroit « aéré

et tranquille. » (Lelong), insulinothérapie (10 u. pendant dix jours), calmer le système nerveux: par le gardénal à doses filées.

fi = ”

© Cette psychose mentale relevant souvent beaucoup us de lo mère que du nourrisson, il faut éloigner ce dernier du milieu familial pour faire un traitement psychothérapique étiicace: isolement qui permettra d' agir, envers l'enfant, avec fermeté, sans essayer de l'amuser ou de le distraire pour l'alimenter. Le gavage sera utilisé en dernière ressource si le traitement se montre inefficace ou en cas d'inanition.

Parmi d'autres psychoses non classées, nous pouvons publier ici une ‘observation du docteur À. Azémar (Carmaux) : Le nourrisson Pierre S.., âgé’ de 3 mois et demi, pesant à la naissance 5 kg. 750, est nourri au sein par sa mère couchée dans un lit, plâtrée à la suite d'une rupture du ligament pubien au cours de l'accouchement. L'enfant tète sa mère allongé parallèlement à celle-ci, alternativement à gauche et à droite. Au bout de cinq mois et demi, sa mère, autorisée à se lever, donne le sein à son nourrisson assise dans la position habituelle. L'enfant refuse systématiquement le sein, perd du poids rapidement, s'anémie et crie. Après bien des hésitations compréhensibles, ayant acquis la certitude que, tant du côté de la mère que du nourrisson, aucune raison organique ne pouvait être envisagée, nous remîmes le nourrisson dans la position première ; ce dernier reprit avidement le sein et ratfrapa rapidement son retard. Une nouvelle tentative de reprise alimentaire dans les conditions normales nous permit d'assister aux mêmes refus, plus obstinés

encore. Seul un changement total dans l'alimentation

Par un sevrage précoce et progressif permit de l'alimenter normalement.

Comment classer cette observation? Nous en ferions

volontiers une « psychose du type maniage » (reflexe conditionnel d'habitude).

Marco, 27 mois. pen RA

| gime, vitaminothérapie ; UV. rien n'y fait; fé de temps à à autre,

alternance de constipation et de diarrhée ainsi que des vomissements alimentaires au cours du repas. PE D ne LES Examen du malade : Poids! 10 kg. 100, gros ventre avec

diastasis des droits, l'examen radiologique montre : OCR

1) Un énorme mégacolon distendu occupant tout l'angle splénique et refoulant à droite l'estomac ;

re) Retard considérable de l'évacuation gastrique ; estomac encore plein 4 heures après le repas.

Lavement baryté : confirme le diagnostic ’

Mégacolon avec volvulus congénital intéressant le transver-.

se et l'angle splénique.

Traitement : Une série de 5 infiltrations. splanchiques bilatérales amène une guérison immédiate Aéfinitive et spectaculaire, 4

not. fe au sein a jus À qu'à 12 mois. À 6 mois, maladie de Leiner-Moussous ; à à l'âge i de 8 mois, débute une anorexie rebelle É changement de ré-:

OBSERVATION N° Il

(Docteur A. Bardier) Mégacolon. :

Monique, 8 mois. Antécédents R.A.S. Premier enfant, accouchement normal. Poids à la naissance, 3 kg. 500, nourrie au lait concentré sucré. Anorexie à partir du 4me mois.

Examen : poids actuel : 6 kg. 750, anorexie presque totale sauf pour le premier biberon du matin qui est absorbé en totalité ; de temps à autre, vomissements. Toutes les thérapeutiques ont échoué : changement de lait, changement d'air. L'examen radioscopique montre un dolicho“mégacolon refoulant l'estomac. Gêne et retard considérable à l'évacuation gastrique.

Traitement : 5 infiltrations splanchiques bilatérales font disparaitre l'image de distension colique ; amélioration notable de l'anorexie, l'enfant prend 800 grammes dans le mois. Puis, rechute ; nouvelle série d'infiltrations amenant, non une guérison complète, mais une amélioration suffisante, À 1 an, l'enfant pèse 9.kg. 870.

OBSERVATION N° lil

(Docteur A. Bardier) Mégacolon.

Monique. Antécédents héréditaires R.A.S. Poids à la naissance : 2 Kg. 300. À la naissance, vomissements habituels nécessitant pendant 2 mois le régime : bouillie épaisse, qardénal. Nourrie au sein. ;

Au 3me mois, coqueluche qui dure Î mois, pendant laquelle l'enfant ne grossit pas ; puis otite nécessitant une paracenthèse.

Au 6me mois, l'enfant pèse 4 kg. 520, état hypothreptique. L'allaitement maternel s'est\en partie tari et nécessite un ré- Gime mixte au lait concentré sucré: bruüsquement, ano:exie totale pour le lait Nestlé, je l'ai remplacé par du Pélargon, puis par du Guigoz, sans aucun succès.

Examen clinique : négatif.

Examen radiologique : existence d'un petit mégacolon.

Traitement : infiltration splanchnique ; à la 4me : amélioration considérable.

mn OBSERVATION N° IV (Docteur A. Bardier) Mégacolon.

Georges, 7 mois. Antécédents héréditaires : Père et mère en benne santé; antécédents collatéraux : rien à signaler. Accouchement normal, poids à la naissance : 2 kg. 900, nourri au Pélargon jusqu'à 6 mois ; actuellement, 4 Pélargon, 2 bouillies, n'a jamais été malade, pèse actuellement 8 kg. 200.

Maladie actuelle : Anorexie totale sauf pour le premier biberon datant du 6me mois. Examen clinique R.A.S., ventre ae volume normal, pas de troubles digestifs, selles normales, pas de signe de rachitisme.

Examen radiologique : Petite distension colique gauche, retard à l'évacuation gastrique..

Traitement : Infiltrations splanchiques, guérison en 8 jours.

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