SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
lent pas (ü partir de la seconde année) de racines pivotantes proprement dites ; presque loiites n’oITrent (pie des racines accessoires ou 'racines adventives.
Ce fait général a cependant à peine été signalé, et, pour citer des racines adventives, on a soin (dans les livres dits é/énuaifaires) de parler de racines adventives produites sur des liges aériennes, tandis que les racines nées sur les rhizomes (ou tiges souterraines) n’en dilTèrent nullement.
I.a racine iiropremeiU dite, ou racine pivotante, a été, tout à fait à tort, décrite comme dilféraiit de la tige par l’absence d’un canal et d’un cylindre mcidullaires. Ce canal et ce cylindre se trouvent, il est vrai, souvent réduits dans la racine à de faibles proportions ou atrophiés, mais le cylindre médullaire est, chez les racines, parfaitement susceptible de développement ; souvent ce cylindre est presque nul ou réduit à quelques séries de cellules chez les plantes spontanées à racine pivotante grêle ; mais, chez les plantes à racines pivotantes hypertrophiées par suite de la culture (la Rave, la Carotte, le Radis, le Panais, la Betterave, etc.), le canal elle cylindre médullaires sont trèsdéveloppés ; le cylindre médullaire, moelle ou tissu cellulaire central, constitue chez cas plantes une partie très-notable (souvent la partie la plus considérable) de la masse générale.
Chez les plantes annuelles ou bisannuelles à racine pivotante, l’insertion des feuilles cotylédonaires, ou la cicatrice qui résulte de leur chute, indique nettement, dans les premiers temps surtout, le niveau qui correspond au nœud vital ou collet apparent.
Ciiez les plantes vivaces à raciiU'S pivotantes (soit à tiges herbacées, soit à tiges ligneuses), il est très-dilïicile, au bout de quelque temps, de reconnaître ce niveau. Néanmoins, chez les plantes herbacées à tiges pivotantes vivaces, des bourgeons axillaires latents ((|ui se développent plus ou moins tardivement) indiquent que le point où ils naissent appartient à la tige ; mais on peut être induit en erreur par la production de bourgeons adventifs qui viendraient se
dévelopiM-r accidentellement et irrégulièrement sur la racine, c’est-à-dire audessous (lu collet.
Une racine pivotante est grêle ou robuste, ligneuse ou charnue, presque simple ou rameuse, mais elle ne présente pas de formes très-variées; et les mots cjualilicatifs (pii désignent leurs diverses manières d’être, ne sont pas bien nombreux. Tout le monde connaît les sens attribués aux mots racine jiivotante fusiforme (en forme de liiseau), dauciforme (en forme de racine de Daucus),eic,. Des observateurs siiperliciels se sont souvent extasiés sur des jeux de la nature dans les racines pivotantes dont ils ont comparé la forme à la figu'C humaine (des divisions ou ramifications figurant les membirs) ; ce sont des foi mes accidentelles de cette nature (formes modifiées par l’industrie des chailatans) (pii ont fait (au moyen âge) la réputation de la racine (charnue, pivotante, souvent rameuse) de la Mandragore, plante à propriétés très-actives tanalogiies à celles de la Belladone), mais dont l’aspect bizarre causait l’adini-