SÉANCE DU 10 DÉCEMBRE
ration et motivait, chez les ignorants, la croyance à des propriétés surnaturelles cl merveilleuses.
Toutes les racines pivotantes no présentent pas cependant la forme cylindrique d’un pivot ; il en est de globuleuses'-dépiiinées ; telle est la racine vivace et charnue dans le genre Cyclamen ; il en est d’irrégulièrement globuleuses : telles sont celles de certaines Ombellifères, le Bunium Bulbocustanum par exemple. C’est tout à fait à tort que ces racines ont été quelquefois désignées sous le nom de tubercules, elles n’ont du véritable tubercule que la conliguration générale ; la dénomination de tubercule doit être exclusivement réservée à certaines dépendances des tiges souterraines dont je parlerai dans une prochaine communication.
Toutes les racines qui ne sont pas de véritables racines pivotantes sont des racines adventrves, qu’elles naisserit, comme cela a lieu quelquefois, sur les parties aéricnnesde la tige, ou qu’elles naissent sur les parties souterraines, sur les rhizomes.
Le mot rhizome (tige souterraineiwrtant des racines advenlives) ne doit pas s’entendre seulement d’une tige souterraine plus ou moins charnue et plus ou moins longuement rampante ; un rhizome peut ne consister que dans la base d’une tige à racine primordiale détruite et émettant une couronne de fibres radicales advenlives.
Un bulbe est, dans ce sens général, un rhizome ; c’est un rhizome court (plateau) à feuilles extérieures squammiformes, charnues, imbriquées ou concentriques, dont la circonférence émet chaque année une couronne de fibres radicales. Les Monocotylédones ligneuses ne se comportent pas autrement : la tige d’un Palmier, par exemple, n’est que l’analogue du plateau d’un bulbe qui s’allonge chaque année par le développement du bourgeon terminal, et qui s’élève au-dessus du sol : les feuilles d’un Palmier présentent la même dis[K)sition que les feuilles squammiformes d’un bulbe ; c’est toujours une rosette de feuilles (c’est-à-dire des feuilles disposées en spirale et rapprochées sur un axe court) ; la forme, la taille, le développement, la consistance, etc., de ces feuilles, diffèrent seulement.
Les RACINES ADVENTIVES présentent des formes diverses : on les désigne communément sous le nom de fibres radicales, parce qu’elles sont généralement grêles, allongées, cylindriques ; souvent simples chez les .Monocotylédones, simples ou rameuses chez les Dicotylédones.
Ces racines sont, on le sait, souvent |charnucs et renflées r elles affectent alors la forme en fuseau (fusiforme) ou la forme ovoïd(‘ ou subglobuleuse ; très-généralement, elles sont atténuées à leur point d’attache ou d’émission ; elles sont atténuées ou non à leur extrémité; telles sont les racines advenlives du iJahlia, celles du Ficaria ranunculaides, cqW es de VAsphodelus microcarpns, etc. Le nom de racines fasciculées, qui leur est souvent donné, leur convient parfaitement ; il serait plus exact encore de dire : racines adventives
t'OCILTÉ BOTANIQUE DE FRANCE.
fiisiforrnes fasrmdées.
Mais c’est par suite iViine confusion regrettable,
sinon dans les faits, du moins dans lesmols^fjue ces racines, subglobuleuses et charnues, sont encore aujourd’hui fréf]uomnient mentionnées sous la dénomination de tubercules; les bourgeons cpii ;sont produits sur la souche des plantes qui présentent ces racines, naissent sur le rhizome court ou sur le fragment de rhizome adhérent à la racine, mais non sur les racines elles-mêmes, à moins, comme nous l’avons dit, en insistant sur les caractères généraux des racines, que les bourgeons qui se développent ne soient que des bourgeons (uJeentifs.
Je n’ai rien de particulier à dire ici sur les racines advenlives aériennes, qui, étatit les plus apparentes, ont surtout frappé l’attention des observateurs. Cl ont été le mieux étudiées : telles sont les racines adventives réduites à des crochets et qui aident la plante à se fixer sur les corps étrangers placés dans leur voisinage (ces racines sont, en quelque sorte, des vrilles radicales') ; telles sont les racines adventives aériennes du Lierre, et aussi toutes les racines, de formes variées, qui Jouent à la fois le rôle de supports et le rôle de suçoirs chez les plantes parasites, que ces racines soient très-développées ou qu’elles soient réduites, comme chez les Cuscutes, à de simples petits mamelons en forme de ventouses.
De toutes les racines des plantes parasites, l’une des plus bizarres et des plus curieuses est celle du Gui. La racine du Gui est, dans l’origine, un mamelon conique ; c’est en réalité une racine pivotante, mais une racine pivotante en
mucilagineusc, un épanche¬
ment de cambium ou substance végétale ci l’état naissanf, fini s’étend entre le bois et l’écorce de l’arbrc-victime (comme s’étend le cambium, sève descendante ou tissu naissant, élaboré dans les feuilles de la plante-victime ellemême). J’ai constaté que cette racine diffusible du Gui émet c'a et là des bourgeons adventifs qui percent l’écorce de l’arbre, et reproduisent la plante
parasite souvent à une assez grande distance du point d’implantation de la plante parasite-mère.
Dans une prochaine communication, je passerai en revue les organes souterrains qui appartiennent au système caulinaire : les rhizomes et leurs dépendances.
A l’occasion de la racine du Gui, regardée par M. Germain de Saint-Pierre comme une sorte de racine pivotante, M. de Schœnefeld fait remanjuer que le mol jnvot semble devoir s’appliquer à un organe do lorme cylindroïde ou fusiforme, plutôt ([u’à un tissu mucilagineux épanché irrégulièrement.
M. Germain de Saint-Pierre répond que la forme plus ou moins cylindrique est en effet très-généralement celle que présentent les