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LES ORIGINES DU RCHVIANTISME

Saint- Valry, Amédée Pommier, Evariste Boulay- Paty, Durangel, Gaspard de Pons, Joseph Rocher, Mme Tastu... il correspondrait avec la terre entière ; sa cordialité, que relève une pointe de dédain aristocratique, s'accommoderait de conquérir le monde. Il est accueillant à tous ses confrères et ne leur ménage pas le concours de son influence ; songez donc : « vers 1820, c'était, pour un écrivain, aussi flatteur de recevoir la couronne de Clémence Isaure que d'être proclamé lauréat par l'Académie française » ; en 1820, la France révérait les lauréats de l'Académie française, et n'était point blasée sur la fréquence des faveurs académiques. Et Victor Hugo sollicitait le lys d'argent, le souci, l'amarante ou l'églantine d'or! Aujourd'hui nous sommes plus avares de nos admirations ; une sotte centralisation n'est favorable ni à l'Académie, ni aux Jeux-Floraux, ni au public, ni à l'intérêt supérieur des lettres et de la poésie.. Jules de Rességuier, vers 1820, célèbre Toulouse hospitalière à tous les rimeurs de France ; quel enthousiaste éloge de Clémence Isaure !

Ils y sont venus tous ; ils y viennent encore ! L'œil fixé sur les fleurs qui brillent dans ta main,

Du beau pays où l'on t'adore Les poètes rêveurs prennent tous le chemin.

Ils y viennent tous :

Il vint, ce jeune Hugo, s'essayer à combattre

Sous ton poétique drapeau ; Et couvrit d'un laurier la tombe d'Henri Quatre,

Non loin de son royal berceau.

Elle vint, Mme Tastu :

Puis une de tes sœurs, en écartant ses voiles, Courba son jeune front sur ton plus beau laurier ; C'est elle qui, la nuit et parmi les étoiles, Avait vu sa lyre briller.

Mais alors Jules de Rességuier rêve de s'en aller; l'ingrat Toulousain ambitionne de plus retentissants triomphes, toutefois il est heureux : il reste.

Or, se rendant aux eaux de Bagnères-de-Bigorre, il y rencontre le comte de Peyronnet. Nous ne rencontrons plus guère dans les stations thermales qu'un pesant ennui ; Jules de Rességuier, à Bagnèresde-Bigorre, acquiert un nouvel ami — et quel ami ! Ch. de Peyronnet devient ministre de la Justice ; son premier geste appelle à Paris notre Gascon. M. Paul Lafond conte cette aventure avec une simplicité charmante : « Peyronnet offrit à Jules de Rességuier une place d'auditeur au Conseil d'Etat, que celui-ci ne put faire autrement que d'accepter, et qui, bientôt après, le fit monter à la situation de maître des requêtes. »

Auditeur, maître des requêtes, Jules de Rességuier est le plus élégant des fonctionnaires, et le plus raisonnablement correct des romantiques. Car il est romantique, il est un romantique infiniment sage, soucieux du décorum, ennemi des excentricités de costume ou de prosodie ; M. Paul Lafond s'indigne à la seule pensée que l'on puisse compai-er Jules de Rességuier à Petrus Borel ou à Jehan Dusseigneur : « s'il assista à la première d'Hernani, s'il y témoigna hautement son admiration pour l'auteur, il ne s'y fit remarquer ni par l'étrangeté du costume, ni par des apostrophes violentes et déplacées. » Nous n'at-

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