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: pain, ni blé pour son argent et que vous n’êtes descendu de Montréal que le 19 juillet dernier ; jugez, s’il vous plait, Monsieur, de combien ce désordre pouvait être augmenté en 2 mois de temps qu’il n’y avait été apporté aucun rémède, car votre subdélégué, Monsieur ne pouvait pas être partout pour l'empêcher et en tenant par lui la main à l'exécution de votre ordonnance, comme vous lui mandiez de le faire, ce n’était pas un remède présent, au contraire un meyen pour retenir le bié et farines plus réserrés que jamais.
N’était-il pas temps, Monsieur, et ne l’est-il pas encore plus que jamais d’avoir l’attention du monde la plus sérieuse à ce qu’il ne sorte point de blés et de farines hors de la colonie ? Quelle consommation n’ont pas faite les bâtiments qui s’en sont déjà retournés chargés, la quantité de ceux qui sont en cette rade depuis environ 2 mois, sans.ce qu’ils y seront encore, qui sont au nombre de 20, tant gros que petits, 2 ou 5 que l’on attend encore ef 2 ou 3 qui sont ici sur les chantiers que l’on dit devoir être en état cette année de faire voile. N’a-t-on pas fourni et ne fournira-t-on pas encore à tous ces vaisseaux des vivres pour leur séjour et retour, combien s'est-il transporté de farines, de pain: ei de biscuits par ceux qui sont partis à l’insu de ceux qui y pouvaient avoir inspection, les autres s’en retourneront-ils vides, ne doit-on compter pour rien tous les vivres qu’il faut que ce pays fournisse à l’Ile Royale pour sa subsistance ? En vérité, Monsieur, cela doit faire trembler tout le public.
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Mais, Monsieur, ils ent encore beaucoup plus lieu de trembler quand ils envisagent la grandissime peine qu’on a eues à faire les semences, qu’il n’y a presque pas eu un jour seul sans pluie, que dans tont le reste du printemps et de l’été il n’y a pas eu jusqu’à présent deux jours de suite de beau temps, que les blés sont actuellement tout verts, n’ayant fait que monter en herbe, que le grain n’est encore qu’en herbes dans plusieurs contrées, que le plus avancé ne viendra qu’à peine en maturité, que celui des fonds et terres basses ne produira que presque que de la paille, ayant toujours eu le pied et la racine à l’eau, outre que l’herbe nommée gerdeau y est en si grande quantité qu’elle l’étouffe, qu’il y aencore quantité qui ne sont qu’en fleur et d’autres qui ne sont pas encore fleuris,
Qu'il gela à glace la nuit du dernier de juillet, et celle du premier jour de ce mois, laquelle gelée a causé un très grand dommage aux blés d'Inde, fèves et autres légumes, que si par mMheur le reste de ce mois et celui de septembre prochain étaient aussi pluvieux que tout le printemps et l'été il faudrait engranger les blés tout mouillés et germés, que si au contraire les gelées les prennent ils seront petits, vides et légers ; qu’il en faudra un nombre infini de gerbes au minot qui ne produira presque pas de farine et fera de très mauvais pain, outre que les pois par la même abondance d’eau et de grêle seront extrêmement rares. Jugez, s’il vous plait, Monsieur, si le conseil dans l’état où les choses lui paraissaient a eu tort de les disposer, en
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sorte que M. le Gouverneur Général et vous, Monsieur, . y remédiassent au plus tôt.
A l'égard de mon écrit, Monsieur, je suis prêt À jurer sur les saints Evangiles que je n’ai jamais eu la pensée de vous déplaire, et que je n’ai songé qu’à mon devoir; l’enrégistrement s’en est fait d’une voix unanime en présence de M. le Procureur général sans qu'aucun de la compagnie y ait témoigné avoir la moindre répugnance, après que la lecture en fut faite, quoiqu'il fut exposé à la censure, et si j'ai parlé dans le même éerit de M. le comte de Frontenac, & ne fut que parce qù'il avait travaillé lui-même en particulier à des réglements de police dont plusieurs articles furent joints à ceux de M. du Chesneau et du Conseil, mais cela ne diminuait en rien l’autorité de M. le Général qui a trouvé ces règlements tous faits, non plus que la vôtre, Monsieur, puisque l’on n’en avait pas eu besoin jusqu'à présent.
Cependant, Monsieur, je me trouvai le 20 juillet dernier, lendemain de votre arrivée, en vous allant rendre mes respects, dans la plus grande surprise du monde et la plus forte consternation où j'aie jamais été de me voir la première fois de mes jours, après 53 ans de services, dans la judicature, traité par vous, Monsieur, dans votrs cabinet de cabaliste, sur un fait qui ne s'était passé qu’au Conseil, en pleine assemblée, travaillant aux affaires publiques, me disant que vous connaissiez à présent mon esprit et mon caractère, que
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vous ne vous en preniez qu'à moi seul de l'arrêt qui s'était rendu en votre absence, que vous écriviez contre moi au ministre, à M. le duc de Beauvillie:s et à M. le duc de St-Simon, me reprochant les grâces que vous m'aviez faites, avec m2naces de ne m'en faire jamais aucune, vous repentant de celles dont vous m’aviez honoré autrefois.
Je vousavoue, Monsieur, qu’étant né gentilhomme, honoré de la charge de premier Conseiller, âgé de 78 ans passés, sans avoir jamais eu aucun reproche de mes Supérieurs dans les fonctions de mes emplois et ne me reprochant rien à moi-même, jamais rien ne m'a été si sensible, Je n’ai jamais, Monsieur, mérité un si mauvais traitement, tous M. M. vos prédécesseurs, 1: m'ont toujours connu comme homme d’honneur, et de probité, cela est assez probable puisque de juge subalterne je suis monté, je suis monté, par la grâce de Dieu de dégré en dégré jusqu’à celui de premier conseiller. Cela, Monsieur, justifie ma conduite.
Je ne vous ai point trompé, Monsieur, quand vous m'avez fait l’honneur, dans les commencements de votre intendance, de me dire que vous vouliez souvent prendre de mes avis, et que j’ai eu celui de vous répondre que j'en étais fort incapable ; vous y avez ajouté foi, Monsieur, et vous vous en êtes fort bien passé, n’ayant pas besoin d’un homme comme moi dans votre cabinet, ainsi ne m'y suis-je pas rendu importun m'’étant contenté, quand j'ai voulu avoir l’honneur de vous voir,