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même à présent après les avoir prodiguées pendant trois ans par ses achats pour parvenir à ses fins et pour se rédimer de sa brûlûre de 1712. (1).
Il débuta dès qu’il fut arrivé ici en lui parlant de police par dire que le roi lui avait expressément ordonné de l’empêcher, S. M. voulant que le commerce fut libre entre tous les sujets ; en 1713 il eut le vent que la disette de blé était grande en France; en 1714, le 24 janvier il fit publier une ordonnance dé laquelle je prend la liberté d’envoyer une copie à votre Grandeur.
Sur ce principe et ce spécieux prétexte opposé à la teste de son ordonnance qui n’avait rien que de bon en soi s’il avait eu aussi bonne intention qu’il le faisait paraître, il avait déjà pris les devants et s'était fait assurer par ses commis les blés généralement de toutes les côtes autant que cela s’était pu faire pour continuer comme il fit pendant le reste de l'hiver et du printemps en le payant jusqu’à 8 à 9 francs le minot qui ne devait pas en valoir 4 par l’abondance qu’il y en avait. au pays de reste de 1712, de la même année 1713, et de la belle apparence pour l’année 1714.
Cela, Monseigneur, nous causa la famine dans l’abondance. Il fut tout le printemps à Montréal, distant de 60 lieues de cette ville, aussi bien que M. le Marquis de Vaudreuil, pendant lequel temps personne
palais de l'’intendant avait été ponts en 1712. M. Ed avait subi alors des pertes co
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ne pouvait avoir ni blé, ni farine, les boulangers pour en fournir au public, le marchand pour son commerce et sa nouriture, non plus que le bourgeois pour sa famille qu’en l’achetant jusqu’à 10, 12 et 14 livres le minot, pour moi-même je ne l’ai pas acheté d'avantage que 8 livres lui-même me l'ayant toujours fait délivrer à ce prix là jusqu’à présent. Il n’a pas laissé de m’en falloir pour 500 L au lieu que j’en aurais dû être quitte pour 200.livres.
Nous eûmes pendant tout l'été de l’année dernière 29 à 30 vaisseaux, non pas tous à la fois, mais alternativement et toujours 10 à 12 en rade qui nous consommaient en vivres et qui ne pouvaient être chargés de farines pois et biscuits qu’il étaient venus chercher de France ou des îles Saint-Christophe que par les ordres et la permission de M. Bégon, qui exigeait d'eux certaine quantité de farine par quintal, à la réserve d’un qui fut plus opiniâtrs que les autres marchands. Il . eut beau le menacer de prison s’il ne faisait débarquer ses farines, il tint ferme et sans payer ce tribut il fit partir son navire ayec ses farines disant qu’il lui était aussi bien permis d’en faire le commerce et d’en sortir hors de la colonie qu’à mon d. S. Bégon : c’est un nommé Gressac que M. Vaudreuil connait bien.
Ce qui faisait désespérer le public c’est. qu'on ne pouvait avoir de blé que du Gouvernement de Québec, encore comme si on le dérobait, quoiqu’on l’achetât bien cher car il était tout retenu par mon d. $. l'Thtendant
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qui en voulait seul faire le commerce comme du pain dont il tenäit boulangerie aux magasins du roi, la plupart du temps de la plus mauvaise qualité du monde, d'autant que toutes sortes de blés lui étaient propres pour ses cärtes dont il faisait seulement tirer la fleur pour la négocier faisant du biscuit dessecondeset du gru, car il n’était pas permis d’en faire descendre des Gouverhements de Montréal et des Trois-Rivières ni à ces deux gouvernements de se le communiquer l’un à l’autré pas même à ceux qui en avaient acheté, ni aux propriétaires des lieux qui y én avaient recueilli.
__ Et comme MM. Vaudreuil et Bégon étaient à Montréal, que feu M. de fangloiserie, lieutenant de roi commandant ici, auquel on avait refusé de faire descendre 100, minots de blé du cru d’une terre qu’il avait au même Gouvernement aussi bien qu'à MM. du Séminaire et aux Jésuites de cette ville, que les péuples souffraient la faim et ne sav ient à qui s’adressér pour étre pourvus à leurs besoins : s’étant imaginés comme il était tout nalurel aussi, étant un fait de police, que le Conseil devait avoir Pautorité de leur en faire délivrer, tourmentaient sans relâche les Conseillers les uns après les autres et moi beaucoup plus qu'eux, comme premier, tantôt par prières tantôt par menaces de sédition et de révolte.
Cela m'obligea, Monseigneur, d’en écrire à M. ‘Bégon | au lieu de Montréal là léttre dont j’ai l'honneur de vous envoyer lé Coplé, iiaië comme la réponse qu’il
me fit rengrégeait plutôt le mal que de le soulager m'’attendant que pour les raisons dont je me servais, il écrirait au S. d’Artigny son sub délégué en cette partie et moi celui au fait de la justice de faire ponctuellement exécuter son ordonnance, ce qui ne tendait qu’à tenir les blés plus resserrés que jamais et que les clameurs publiques continuaient toujours depuis le 12 mai que je lui avais écrit jusqu’au 16 juillet sans qu’il y fut apporté aucun remède.
Je fis ce même jour-là à l’audience du Conseil la remontrance dont j'envoie la copie à votre Grandeur sur laquelle et sur un discours que fit le Sr. Sarrasin, médecin et conseiller, à cause de huit pains que huit pauvres femmes nous présentèrent dont des chiens de meute auraient à peine mangés, il fut rendu un arrêt préparatoire portant qu’il serait dressé des mémoires par le procureur général concernant la police pour être présentés au premier Conseil qui s’assemblerait après le retour de ces messieurs, à laquelle assemblée M. le marquis de Vaudreuil et M. l’évêque seraient priés de venir prendre leurs places. ‘
Vous allez voir, monsieur, en quelle horreur la police est dans l’esprit de M. Bégon, votre Grandeur va découvrir sans doute que cet arrêt n’en était qu’une simple disposition ne décidant de quoi que ce soit au monde et elle aura la bonté de conver : que mon d. $. Bégon étant président n’avait au premier Conseil qui s’assemblerait qu’à étaler l’ordre de. $ M. d'empêcher
læ police, supposé qu’il en eût ou de l’éluder civilement, cependant que fait-il ?
Il arriva le 18 du mois de juillet et le lendemain matin, l’étant allé voir pour lui rendre mes respects, il me traita d’abord de cabaliste il me dit qu’il connaissait alors mon esprit et mon caractère, que l'arrêt que le conseil avait rendu était de mon génie seul, et ne s’en prenait qu’à moi qu’en qualité de son subdélégué j'avais été contre ses intentions, que nous avions excédé notre pouvoir, que c'était une entreprise sur l’autorité de M. le Gouverneur Général et la sienne étant les deux seuls à qui appartenait l'attention de la subsistance de la colonie en général, qu’il en écrirait contre moi au Ministre, à votre Grandeur et à feu M. le duc de Beauvilliers, qu’il se repentait de toutes les honné- tetes qu’il avait eues pour moiet qu’il ne m'en ferait jamais aucune.
De mes jeurs, monseigneur, il ne m'en était autant arrivé et j’en fus d'autant plus surpris que je m'y attendais le moins, au contraire j'espérais qu'il m'en applaudirait ayant empêché par ma prière et mes exhortations à la patience les peuples de s’émouvoir, comme ils se sont émus quelque temps après son retour contre lesquels il a été .obligé de procéder extraordinairement au conseil même et dont il doit envoyer la procédure en France, auxquels délinquants il a fait distribuer du pain ensuite de diverses rumeurs et de menaces contre lui faites.